‹ L'Abbé Eusèbe RenaudotChapitre 40 sur 138 · Perpétuité, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Perpétuité, loc. cit., p

du P. Jean Morin, un pamphlet intitulé Vila J. Morini, satire très vive dirigée contre le savant oratorien. Le pamphlet fut attribué à R. Simone L'Oratoire s'émut. Le P. Simon fut exclu de la congrégation. 11 ne fut point découragé par cette mesure. En 1684, il publiait un nouvel ouvrage, intitulé: Histoire critique de la créance et des coutumes des nations du Levant. Il y attaquait directement les auteurs de la Perpétuité, en particulier Arnauld, qu'il accusait d'avoir, plus que personne, contribué par son influence à la suppression de VHistoire critique du Vieux Testament. Nul doute qu'il n'ait aussi fait circuler dans le public les récits qu'il inséra plus tard dans les divers volumes de ses Lettres choisies. D'après ces dernières, Renaudot lui aurait écrit que les modifications à introduire dans le volume de VHistoire critique étaient peu de chose, que Bossuet et l'abbé Pirot étaient tombés d'accord sur les quelques points sans importance qu'il devrait retoucher. Simon prétendait avoir en sa possession la preuve manifeste que son livre n'était point tel qu'on s'était plu à le répandre, et laissait entendre que ses adversaires, surtout Renaudot et Bossuet, avaient abusé de leur influence auprès de Le Tellier pour l'accabler d'injustes persécutions^.

La discorde entre les deux savants ne fit que s'accroître avec les années. Richard Simon, poursuivant le plan qu'il s'était tracé, publiait à Rotterdam, en 1089, VHis-

1. M. Margival ne parait pas adiucltrc celle allribulion. Simon, d'ailleurs, s'en défendit toujours. Voir Margival, liichard Simon et la critique biblique au xvii" siècle, dans la Revue d'Histoire cl de rJtlérature relifjieuses, 1898, p. 121, note 2.

2. Voir ces récits dans Lettres choisies de M, Simo7i, édit. Bruzen de La Marlinière, t. III, supplément, lettre 1", p. 261-205.

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toire critique du texte du Nouveau Testament. Celle Histoire fit accuser son auteur de socinianisme. On affirmait que Fabbé Renaudot condamnait sévèrement le nouvel ouvrage. Richard Simon prétend au contraire que ni Bossuet ni Renaudot n'en furent clioqués. Il écrivait à l'un de ses adversaires : « C'est sans doute avec ces mêmes yeux (qui voient partout des hérétiques) que vos bons amis ont vu du socinianisme dans ce que j'ai dit touchant le double sens de l'Ecriture dans mon Histoire critique du Nouveau Testament. J'ai à leur opposer des juges plus équitables et que je ne crois pas qu'ils osent récuser. Dès qu'on sut que cette Histoire^ qu'on attendait depuis longtemps, était imprimée en Hollande, bien des gens, surtout dans Paris, furent curieux delà voir. Voici ce que M. l'abbé Renaudot m'en écrivit à Dieppe, dans une lettre datée du i 7 février 1689 : (( Depuis peu .f J'ai lu enfin votre nouvel ouvrage. Je vois avec plaisir que le public en est assez satisfait, et M. de Meaux le paraît., quoique d'abord., comme je vous le mandais., il semblât craindre que Védition de cet ouvrage ne vous attirât de nouvelles affaires. Je suis extrêmement satisfait de lamanière dont vous avez traite' le chapitre du sens allégorique reçu par les anciens Juifs. Car celte matière est nouvelle., et je suis fort aise que 7Î0S pensées s accordent. » Loin que M. l'abbé Renaudot, qui s'était entretenu sur mon nouvel ouvrage avec M. l'évêque de Meaux, trouve du socinianisme dans ce que j'y avance touchant le sens allégorique ou spirituel reçu par les Juifs, c'est au contraire l'endroit qu'il approuve le plus ^ »

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