‹ L'Abbé Eusèbe RenaudotChapitre 50 sur 138 · Racine, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Racine, loc. cit., p

Quand Racine fut atteint par la maladie, l'abbé Renaudot venait souvent s'asseoir à son chevet, lui apportant les sympathies qu'un homme visité par la douleur sait si aisément exprimer à ceux qui souffrent comme lui. Racine lui-même l'écrit à son fils Jean-Baptiste. La lettre est du 24 octobre 1698. u Enfin, mon cher fils, je suis, Dieu merci, absolument sans fièvre dequis cinq ou six jours. M. de Valincour et M. l'abbé Renaudot m'ont tenu la meilleure compagnie du monde : je vous les nomme entre autres, parce qu'ils n'ont presque point bougé de ma chambre. M. Despréaux ne m'a point abandonné dans les grands périls ; mais, quand l'occasion a été moins vive, il a été bien vite retrouver son cher Auteuil, et j'ai trouvé cela très raisonnable, n'étant pas juste qu'il perdît la belle saison autour d'un convalescent, qui n'avait même la voix assez forte pour l'entretenir longtemps ^ » La convalescence ne fut pas de longue durée. Racine mourut le 21 avril suivant, presque entre les bras de l'abbé Renaudot, qui avait passé de longues heures auprès de lui. A partir du mois de mars, l'abbé ne le quittait plus.

La mort du poète fut une cruelle épreuve pour l'abbé Renaudot. La Gazette du 25 avril contenait, sous la rubrique Pa?7>, la note suivante : « Le sieur Jean Racine, secrétaire du Roi, gentilhomme ordinaire de la maison de Sa Majesté, un des quarante de l'Académie française, mourut en cette ville, le 21 de ce mois, âgé de cinquanteneuf ans, autant recommandable par sa piété que par son esprit, son savoir et son génie merveilleux, qui

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