I. Journal des Stinuns du lundi 1:5 juin 1689, p. 261-2G
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les plus reculées de rOrient sont venues se prosterner devant lui, étonnées du bruit de sa valeur et de sa magnificence ; de qui avons-nous mieux appris que de vous la vérité de ces événements singuliers ! Tantôt... aujourd'hui... il y a peu de jours que vous Tavez reprcsenlé faisant partir son fils à la tête de ses armées, etc.. » VA le discours continue, sur ce ton de lyrisme échevelé, en riionneur de Louis XIV ^
Renaudot prit, et avec une extrême vivacité, parti pour les Anciens contre les Modernes -. On en peut juger par une lettre écrite, le 4 février 1714, à un jeune savant, le futur cardinal Quirini^ qu'il avait vu longuement à Saint-Germain-des-Prés. « Enfin, dit-il, VIliade de La Motte a paru avec un discours, où il juge d'Homère. Le poème est déjà mort, et le discours est à l'agonie. Il ne se soutient que dans l'esprit de quelques ignorants pour lesquels il est fort spécieux. Mais, comme il n'est bâti que sur des faux principes déjà souvent rebattus, il ne subsistera pas longtemps. Il est bon que l'on sache en Italie que nous n'approuvons pas en France des projets si insensés et si mal soutenus. » Et quelques mois plus tard, le 24 décembre de la même année, il écrivait au même correspondant : « On achève l'impression d'un
1. Bccueil des harangues prononcées par Messieurs de l'Académie française, édit. de 1714. Discours de Renaudot, t. II, p. 278-288 ; discours de Charpentier, ibid., p. 288-304.
2. Sur cette guei're littéraire, voir H. Rigault, Ihstoxre de la Querelle des Anciens el des Modernes.
2. Angelo Maria Quirini, né à Venise en 1080. littérateur, orientaliste, historien, en relations, dès 1700, avec les savants italiens les plus renommés, cardinal en 1727, évoque de Brescia, mort dans ceUe ville en 17a9. Il venait, à l'époque où Renaudot lui écrivait cette lettre, d'employer plus de trois ans (depuis septembre 1710) à visiter l'Europe occidentale et à lierconnaissance avec les savants les plus distingués de France, d'Allemagne, d'Angleterre et de Hollande.
ouvrage de M'"*^ Dacier, pour défendre Homère contre M. de La Motte. Elle n'a jamais rien fait de si bon, et il est difficile de mieux traiter la matière pour la solidité et avec plus d'agrément '. »
L'abbé Renaudot fut appelé de temps en temps par le sort, comme tous ses collègues, aux fonctions de directeur et de chancelier. En 1714, quand l'Académie songea à dresser de nouveaux statuts, il fut choisi avec Huet, l'abbé Dangeau et Valincour, pour leur élaboration. En 1717, il était désigné, avec Valincour, pour revoir, au sorlir de l'imprimerie, les feuilles de la nouvelle édition du Dictionnaire de l'Académie. Déjà il avait eu sa part dans la préparation de l'édition de 1694. Le procès-verbal de la séance du 2 juillet 1691 porte qu'après l'élection des officiers, comme on faisait au commencement de chaque trimestre, « on a réglé qu'on donnerait des lettres du Dictionnaire à revoir à chacun des Messieurs qui voudraient bien s'en charger, et pour cet effet on a remis l'A entre les mains de M. Dancourt, le B entre les mains de M. l'abbé Tallemant, le C à M. l'abbé Renaudot, l'F à M. de La Fontaine, etc.- ».
Notre abbé assista pour la dernière fois aux séances, le jeudi 18 juillet 1720.
1. Commoilarii de rébus perlinenl Unis ad... Cardinalem Quirinum, pars I*, cap. III, p. i 17-1 18. Brixisb, 1749.