‹ L'Abbé Eusèbe RenaudotChapitre 65 sur 138 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

LE DlCTIONiNAlRE DE BAYLE lOâ

repousser avec horreur les moindres libertés, libertés cependant bien innocentes '. Bayle jugea cependant utile d'insérer dans les éditions suivantes quatre Eclaircissements sur les points qu'on lui avait le plus vivement reprochés.

Niceron nous apprend aussi que Saint-Evremond- composa contre le Jugement de M. Renaudot une petite pièce « où il le raille assez finement ». Cette pièce est digne sans doute de son auteur, et porte la marque de cet esprit léger, persifleur et facile; elle ne mérite pas néanmoins le compliment de Niceron; elle ressemble plutôt à une facétie^.

Telle était l'œuvre scientifique de Renaudot avant Tannée 1700. Ses relations d'amitié avec les savants de l'Europe entière, le rôle qu'il avait joué comme conseiller de Bossuet vis-à-vis de Richard Simon, la correspondance qu'il entretenait depuis longtemps avec les Bénédictins de Saint-Maur, le souvenir de sa collabora-

1. Réponse de Bayle, insérée à la fin de son Diclionnaire. J'ai consulté la 5' édit., t. V, p. 782 et suiv.

2. Ch. Marguerite de vSaint-Denys seigneur de Saint-Évremond (1613-1703), «libertin» célèbre, ami de Ninon de Lenclos. Il quitta la France en 1661 pour éviter la Bastille dont il était menacé à cause de ses plaisanteries sur la paix des Pyrénées et mourut à Londres.

'■',. On en peut juger par les passages suivants : Renaudot accusait le Dictionnaire de vouloir vlnblir le Pyrrhonisme, on répond que le public accuse, au contraire, Bayle de détruire tout... L'abbé n'aurait pas dû être scandalisé «des obscénités», lui qui, aimant les belles-lettres, doit lire «avec plaisir Catulle, Pétrone, Martial..., pleins d'ordures et de saletés», tandis qu'on ne trouve en Bayle que «de petites libertés fort innocentes». A propos des Pères, l'auteur fait dire à Bayle : « Je n'ai pas moins de vénération que vous pour le grand zèle des Pères; je m'assure que vous estimez aussi peu que moi leur science. Les Pères sont bonnes gens, disait Scaliger, mais ils ne sont pas savants. Saint Augustin était un novateur sur la grâce, au sentiment du P. Simon..., et vous devez permettre aux Français qui ont souffert la persécution de n'approuver point un Africain qui la conseille. » {Œuvres de Saint-Evremond, Londres, 1711, t. V, p. 407-410.)

llO VÎE DE ÏIENAUDÔT

tion à l'œuvre si importante et si bien accueillie de la Perpétuité de la Foi; la connaissance que Ton avait des travaux considérables accumulés dans ses portefeuilles sans qu'il se décidât à lespublier, avaient répandu son nom dans le monde savant. Son voyage en Italie devait donner un nouvel éclat à sa renommée.

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