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une dernière audience, le 3 septembre 1701. « Je reçus à dix-huit heures un billet par lequel le pape me fit mander d'aller encore prendre congé de lui. J'y allai à vingt heures. Il me fit entrer et me demanda si c'était tout de bon que je m'en allais, et que l'ayant su il m'avait encore voulu voir. Il était en simarre et à sa table. Je me jetai à ses pieds. 11 m'embrassa avec une bonté singulière par deux fois, et il me dit qu'il me donnait encore mille bénédictions et me souhaitait un heureux voyage. Ensuite il me dit qu'il me confirmait toutes les instructions qu'il m'avait données sur tout ce qu'il m'avait chargé de dire de sa part au Grand-Duc ^ »
Renaudot a passé sous silence dans son Journal un épisode que ses biographes nous ont conservé. « Dès le commencement de son séjour, écrit de Boze, le pape lui demanda à son tour une grâce et l'obtint avec peine ; ce fut d'accepter de sa main un prieuré vacant, à sa nomination, en Bretagne, pays d'obédience. L'abbé Renaudot s'en défendit vivement, alléguant le plan de vie qu'il s'était tracé. L'empressement du Saint-Père, la modicité du revenu et l'espèce d'ordre qu'il voulut encore avoir par écrit du cardinal de Noailles, son évéque, vainquirent enfin sa délicatesse, et il accepta 2. » C'était sans doute le premier bénéfice qu'il recevait ; il en reçut bientôt un deuxième, celui de Saint-Christophe de Châteaufort, au diocèse de Versailles, qui était dans la famille d'Aicqs^.
1. Ibid., f. H. — Le grand-duc de Toscane était alors Cosme III de Médicis (1643-1723); il légnait depuis 1670.
2. Gros de Boze, op. cit., p. 391. — C'était le prieuré de Sainte-Marie de Frossay, arrondissement de Paimbœuf, diocèse de Nantes.
3. Il nous a été impossible de savoir à quelle époque l'abbé Renaudot
L'abbé Renaudot prenait con^é de Clément XI, avec des marques de filial respect. Ravi des faveurs et des honneurs qu'il avait reçus, il se promettait de cultiver avec tout le soin désirable une si précieuse amitié, et d'en user pour le plus grand bien de l'Eglise, surtout pour obtenir l'amélioration des méthodes d'après lesquelles la Congrégation de la Propagande formait ses missionnaires. Il dédia au pape le quatrième volume de la Perpétuité. Clément XI répondit à V Épître déd'icaioire envoyée à part, mais ne fit point accuser réception du volume. Renaudot, froissé, ne lui fit plus présenter aucune de ses œuvres. Bientôt ce fut au tour du pape d'être mécontent. Les affaires de la Constitution Um'c/enitus en étaient la cause. Il accusait l'abbé Renaudot d'être parmi ceux qui, se prétendant mieux informés que le nonce Bentivoglio, prêtaient au Souverain Pontife des sentiments opposés à ceux de son envoyé sur l'affaire de la Bulle. L'abbé se vengea un peu mesquinement. Il éprouvait peu de sympathies pour le Saint- Siège et l'Italie. Pendant les difficultés entre la France et Rome, sous les prédécesseurs de Clément XI, il avait toujours pris parti pour le roi. Désormais, ce lui fut un plaisir de trouver les Italiens en défaut; il médisait volontiers de la formation trop superficielle que la Propagande donnait à ses missionnaires ; il recueillait malicieusement les naïvetés historiques échappées à l'ignorance des Italiens, comme celle de Benvenuto
reçut ce bénéfice ; on sait seulement qu'il le possède en 1704 ; à la date du 2 mai de cette année, il prend le titre de prieur de Châteaufort, et de vicaire général du cardinal d'Estrées, abbé de Saint-Gerniain-des-Prés, dans la désignation qu'il l'ait d'un titulaire pour la cure de Toutainville, en Normandie.