LA COUR DE TOSCANE
d'Imola qui affirmait, dans son commentaire sur le XXVIII® chant de Vinferno du Dante, que Mahomet fut cardinal, ou que Hugues Capet fut boucher avant de monter sur le trône ^
Il avait gardé toutefois un agréable et reconnaissant souvenir de la cour de Florence. Le grand-duc, Cosme III Médicis, cherchait à oublier dans le commerce des artistes et des savants ses déboires domestiques^ et la haine de son peuple. Il accueillit Renaudot avec une somptuosité vraiment princière. Dès Viterbe, une litière du grand-duc prit le voyageur. Arrivé à Florence, « on me mena, dit-il, descendre au Palais, où sur la porte je trouvai un officier qui me mena à un appartement, où on me donna des valets pour me servir^ ». Valets et officiers étaient à ses ordres ; un carrosse de la Cour était prêt, matin et soir, pour ses promenades. C'est à titre de savant que l'abbé recevait pareil accueil. On le traitait comme on avait autrefois traité d'Herbelot. On lui demanda aussi les mêmes services. On lui montra les
1. Manuscrits Renaudot, t. XXIX, f. 118. Dante avait enregistré, dans son Purgatoire, la même tradition sur Hugues Capet : Fifjliuol fui d'un beccajo di Parigi, chant XX, v. 52.
2. Sa femme, Marguerite d'Orléans, fille du second mariage de Monsieur, fn-re de Louis XIII, l'avait quitté et vivait à Paris, depuis vingt-cinq ans, aussi peu soucieuse de son mari que de la morale.