LA COUR DE TOSCANE
bon goût, lui permit d'emporter deux manuscrits syriaques \ Mieux encore, il le fit transporter en mer sur ses felouques avec un officier pour le conduire et le défrayer. La traversée de Livourne à Marseille fut pénible : le mauvais état delà mer éprouvait la frêle santé du voyageur et obligeait la felouque à stationner longuement dans les ports. Renaudot débarqua enfin à Marseille le 22 octobre. Il y fut très bien reçu. Il visita Aix, Avignon, Nîmes. L'évêque de Montpellier, Charles Colbert, fils du marquis de Croissy et neveu du grand Colbert, lui fît fête toute une semaine^.
Le jeudi, 1" décembre, Renaudot, de retour à Paris, assistait à la séance de FAcadémie française, félicité par ses amis des honneurs qu'il avait reçus au-delà des monts. Le môme jour, à la réunion de la Faculté de théologie, à la Sorbonne, le syndic annonçait à ses collègues que le pape Clément XI, dans l'audience de départ qu'il avait accordée à l'abbé Renaudot, l'avait chargé de transmettre à la Faculté, dès son retour à Paris, toutes les bénédictions du Souverain Pontife et le témoignagne de la satisfaction qu'éprouvait le pape pour rémittente érudition, la piété, le zèle dont elle faisait preuve dans la défense de la foi et de la religion,
t. Ibid., i. 21. — On voit quelle valeur il faut attribuer aux insinuations malveillantes d'Étiennc-Évode Assemani, qui accuse «une main impie» d'avoir transporté au-delà des Alpes des feuillets arrachés à un manuscrit arabe {Bibl. medic. cod. mss. Orientalium Catalogus, p. 9à). L'un des deux manuscrits emportés par Renaudot est aujourd'hui à la Bibliothèque Nationale (Syriaque, n» 62). A la mort de l'abbé, il fut remis à l'abbaye de Saint-Germain avec ses papiers, bien qu'il fût accompagné d'une note indiquant la provenance et le véritable propriétaire.
2. Renaudot, pendant son séjour à Rome, lui avait procuré « un beau bref du pape ». Voir lettre de dom Lapane à Mabillon, du 3 mai 1701, dans Correspondance des D énédic t ins {B'ihl. Nat., manuscr. fonds fr. 19GÔ4, f. 55).
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et pour le religieux respect de soumission qu'elle marquait au Saint-Siège ^
1. Chose à noter, le syndic ajoutait qu'il n'aurait pas voulu transmettre ces félicitations pontificales à l'Assemblée, s'il n'avait eu d'abord l'agrément du roi {Arc/iives Nat., MM. 255). Je dois ces détails et beaucoup d'autres à l'obligeance de M. Urbain.