‹ L'Abbé Eusèbe RenaudotChapitre 74 sur 138 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

I. Les Publications de Renaudot. Défense de la Perpétuité de la Foi. — II. Geniiadii Homiliœ. — III, Tomes IV et V de la Perpétuité. — IV. Historia Patriarcharum Alexandrinorum. — V. Anciennes relations des Indes et de la Chine. Œuvres diverses.

Depuis longtemps l'abbé Renaudot tenait en portefeuille plusieurs ouvrages importants entièrement achevés. La mort d'Arnauld et la suspicion que ses puissants ennemis jetaient sur la doctrine de tous ceux qui avaient approché l'énergique vieillard, les changements qu'il apercevait dans l'état de l'esprit public, le détournaient de toute publication. Le continuateur de Moréri ajoute que « de nouveaux chagrins, tant personnels que publics, qui vinrent l'accueillir peu après son retour à Paris, le replongèrent plus que jamais dans Téloignement où il était de rien mettre au jour ». Le Nëcrologedes appelans et opposans dit de même que « ce généreux littérateur » était « harcelé par des calomnies secrètes » et que « des traverses, qui ne discontinuèrent point, lui firent en quelque manière renoncer à tout :

au moins perdit-il toute envie de rien donner au public ^ ». 11 ne laissait pas cependant de travailler. Il s'appliquait surtout à perfectionner cette œuvre de la Perpétuité de la Foi, à laquelle son intelligence, son cœur et ses souvenirs le liaient si étroitement depuis qu'il avait collaboré au troisième volume. Les adversaires de l'ouvrage ne s'étaient jamais avoués vaincus. La réponse de Claude, de l'aveu même de Renaudot, avait produit une assez vive impression, même sur un certain nombre de catholiques, qui crurent que concilier l'Eglise orientale avec celle d'occident était chose impossible ^. Renaudot se proposait donc de publier un recueil entier de toutes les pièces citées dans les premiers volumes ; et même de les donner dans leurs langues originales ; mais il s'y trouva des difficultés insurmontables. On n'imprima donc que le synode de Jérusalem ou de Rethléem, avec l'attestation solennelle du Patriarche de Constantinople, Denys, dont les originaux sont à la Bibliothèque du roi. Les homélies de Gennadius et quelques autres pièces étaient traduites et prêtes à imprimer dès ce temps-là^.

Il ne semblait pas fort nécessaire de traiter de nouveau de la conformité de la créance des Grecs avec celle des Latins sur l'Eucharistie. En effet, il n'avait rien paru de la part des protestants sur ce sujet, sauf les dissertations très courtes et sans aucune preuve de M. Smith ',

\. Op. cit., p. I4iî.

2. CoUectio Liturgiarum orientalhim, t. I, praefatio, p. ciu.

3. Elles parurent en 1709, in-i". Gennadii Patviarchx ConstantinopoUlani Homilix.

4. Thomas Smith (1G38-1710), orientaliste anglais, publia en 1G80 une I]istoire de V Eylise ijrccque, où il traitait de sa doctrine et de ses rites.

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