‹ L'Abbé Eusèbe RenaudotChapitre 77 sur 138 · Supplément au numéro du 31 mai 1709, t. II, p · texte numérisé non relu

Supplément au numéro du 31 mai 1709, t. II, p

d'attirer l'attontion sur les bévues, les erreurs et les ignorances vraiment extraordinaires d'Aymon, comme celle qui lui faisait ranger les Coptes parmi les Nestoriens. 11 terminait en ces termes : « Enfin il y a peu d'endroits de Touvrage du sieur Aymon que M. l'abbé Renaudot ne réfute par des preuves de fait, tirées de pièces incontestables, tant manuscrites qu'imprimées, et imprimées par les Grecs mêmes en Moldavie. » Les Nouvelles de la République des Lettres^ rédigées par les amis de Bayle, furent moins aimables, comme on pouvait s'y attendre. « L'auteur, y est-il dit, y prend d'abord la chose sur un ton terriblement haut; et le lecteur est surpris de le voir tout d'un coup si élevé chanter luimême son triomphe... S\\r de remporter pleinement la victoire sur un ennemi méprisable, il traite M. Aymon, qu'il regarde déjà comme abattu sous sa puissante main, avec une extrême hauteur et avec le dernier mépris. 11 l'accable des reproches les plus vifs et les plus piquants, entre lesquels il n'a pas oublié celui d'avoir, dit-il, volé le manuscrit de son Coyicile de Jérusalem dans la Bibliotlièque du roi... Comme ce livre n'est point distribué par chapitres ni par sections, et que ce n'est qu'un texte suivi et continué depuis le commencement jusqu'à la fin sans aucune interruption, je n'entreprendrai point de vous dire ce qu'il contient. Je me garderai bien d'entrer dans cette forêt impraticable, qui n'a ni route, ni sentier. Il est trop facile de s'y égarera » Ce jugement superficiel et qui veut être spirituel, n'est pas entièrement faux, du moins en ce qui touche la forme toufTue et assez désor-

1. Nouvelles de la Jlépublicjue des LeUres, 1709, mai. p. 570-578.

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donnée de Tœuvre. Mais on sent trop chez le critique de Renaudot l'ami et l'avocat d'Aymon.

Renaudot lui-même n'attribuait pas une importance trop grande à son œuvre. Toujours désireux de publier ce qu'on pouvait appeler les pièces justificatives de la Perpétuité^ il donnait la même année et chez le même éditeur, un volume intitulé : Gennadii Patriarchse Consiantmopolitanï Homiliœ de sacramento Eucharistiœ ; Meletii Alexandrini^ Nectarii Hierosolymitani^ Meletii Syrigi^ et aliorum^ de eodem argiimento Opuscida^ Grœce et Latine^ seu appendice ad acta quœ circa Grxcoriimde Transsuhstantiatione fidem relata sunt in opère de Perpetuitate Fidèle

La préface nous apprend que les pièces contenues dans le volume étaient dues à des envois faits par M. Picques. Elles étaient rassemblées depuis longtemps ; elles auraient pu être publiées depuis plusieurs années, puisque le manuscrit en avait été déjà communiqué à l'évêque de Meaux. Puis on réfute l'accusation d'Aymon. Pour s'opposer aux arguments de la Perpétuité^ celui-ci divisait les Grecs en deux classes : les Grecs purs, en désaccord avec l'Eglise romaine, et les Grecs XaTtvo'j/povs^-, fidèles à la doctrine delà transsubstantiation.

1. In-4'', comprenant une préface de pp. xxxi, des textes grecs avec traduction latine, des dissertations et des notes variées.

i;]0 VIE DE RENAUDOT

I^^ii tète du volume étaient données les deux liomélies de Gennade, le premier patriarche qui occupa le siège de Constantinople après la prise de la ville par les Turcs ; le texte grec est accompagné d'une version latine, et suivi d'une longue dissertation^ consacrée à la personnalité de Gennade, qui portait avant son élection le nom de Georges Scholarios, et avait été juge au tribunal impérial, -apirhi t^ç ^'SaffiAtxîjç xptaewç. L'identité de Gennade et de Scholarios était surtout contestée sur la foi de Marguerin de La Bigne qui avait inséré dans sa Bibliotheca maxima^ sous le nom de Gennade, qui et Georgius Scholarius, des œuvres ouvertement favorables aux Latins. Thomas Smith en avait pris occasion pour qualifier l'auteur de V Homélie sur la présence sacramentelle de Notre- Seigneur dans V Eucharistie^ de Xanvotppwv. Renaudot exécute en quelques mots le compilateur de la Bibliotheca Patrmn, « quo nemo fortassis in ferenda de veterum scriptis sententia infelicior fuit » ; puis il raille Allatius dont les redites perpétuelles sont pieusement conservées à dix, vingt ou trente ans de distance, et sans que rien dans les ouvrages successifs indique une revision sérieuse du premier travail; enfin, il plaisante Thomas Smith, toujours si empressé à accuser de latinisme tous les Grecs dont la doctrine ne crie pas anathème à tous les articles de foi de l'Église occidentale ^

Les homélies étaient suivies de plusieurs pièces dont il serait fastidieux et inutile de donner ici l'analyse 2.

1. Ad Gennadii homiliam de corpore et sanguine Domini Nostri Jesu-Christi Dissertatio (p 37-08;. Cette dissertation de Renaudot a été insérée dans la Patrologie gréco-latine de Migne, au tome GLX, et dans la série latine au tome LXXX (p. 129-166).

2. En voici les titres: Monitum ad fragmentum : « Verba Marci Ephesii-

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Le Journal des savants et 1-es Nouvelles de la République (les Lettres se prononcèrent sur l'ouvrage. Le premier se contente d'une analyse, faisant ressortir, d'ailleurs soigneusement, que les Gennade, les Meletius Piga, les Nectaire étaient d'ardents adversaires des Latins'. L'autre est, à son ordinaire, plus piquant, et .cherche volontiers le défaut de la cuirasse. 11 s'attaque au discours de Meletius Syrigus contre la confession de Cyrille Lucar, discours qui était bien Tune des parties les plus désagréables aux protecteurs d'Aymon. Il l'accuse d'être forgé de toutes pièces a ou du moins largement interpolé ou modifié par les Jésuites^ ». Une des choses les plus dignes de remarque dans cet ouvrage sont les attaques dirigées par Renaudot contre Allatius, colosse aux pieds d'argile, extraordinairement surfait par l'emphase de ses compatriotes et par l'ignorance des Latins.

morientis ad Georgium Scholarium » ; le fragment lui-même et la Jiesponsio Sclwlarii; VApologia sfuictissimi Metropolitm Ephcsii Doniini Marci Eugenii, dicta ex tempore instante ejus obitu; Ex epistola Gennadii ad Maximum Monacimm, Sophiaiium in sxcido appellalum, et omnes ascelas montis Sina, sacerdotes et alios sanctissimos inonachos ; et ensuite, Gennadii sive Georgii Sclwlarii opeiMm notifia. On trouvait encore dans le même volume une notice biographique : De Meletio Piga Patriarcha Alexandrino, ohservatio (p. 91-99) ; Ex epislolis manuscriplis manu propjria... de immaculatis mysteriis (p. 100-116, texte grec et version latine); Meletius Papa et Patriarcha magnée Urbis Alexandrie et Judex orbis sanctissimo fratri et comministro Philadelphia;{^. 117-150, texte grec et version latine); De Meletio Sgrigo, dissertation (p. 151-155); Ex libro qui inscribilur Meletii Syi^igi de nomine McTOJT'.uiffîu; (p. 156-162, texte grec et version latine); une dissertation sur Nectaire, patriarche de Jérusalem, et l'Epître contre Claude (p. 163-186) ; la préface synodique, la sentence synodale, avec le texte grec à la suite de la traduction latine, et quel(iues observations finales (p. 199-213).

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