Perpétuité, t. V, 1. I, c. i, p
Le caractère sacramentel du mariage, prouvé par l'enseignement oral de TÉglise grecque et orientale, par les rites usités dans sa célébration, par la discipline, est étudié dans le VP, qui se termine par quelques chapitres sur diverses questions disciplinaires : les secondes, troisièmes et quatrièmes noces en Orient, le divorce en cas d'adultère, le mariage des diacres, des prêtres et des moines.
Le livre VII parle de l'autorité de la tradition, de la dévotion à la sainte Vierge et aux Saints, de la vénération des reliques et des images, du signe de la croix, de la discipline des Églises d'Orient touchant les traductions et la lecture de l'Ecriture sainte ; le livre VIII, de la communion sous les deux espèces et de la prière pour les morts, qui est faite par toutes les Eglises orientales et occidentales, quelles que puissent être les diversités de doctrine sur les points accessoires, par exemple sur le mode des peines endurées après la mort. Un IX^ et dernier livre traite principalement des collections de canons des Eglises orientales. On y trouve quelques reproches adressés à Abraham d'Ekhel et à Richard Simon.
Parvenu au bout de sa tâche, Renaudot se félicitait d'avoir montré si clairement l'identité de foi entre les Eglises orientales et l'Eglise catholique d'Occident sur l'Eucharistie, d'abord, puis sur les autres sacrements. Ce commun consenternent prouvait de toute évidence que la foi de l'Eglise catholique, la foi des Apôtres, était la seule véritable. Et il terminait par ces paroles vraiment chrétiennes : « Nous espérons que ceux qui examineront sans prévention des preuves aussi convaincantes
(lu consentement général de toutes les Eglises, sur les '
points qui ont divisé celle d'Occident, reconnaîtront la '
vérité de ce que saint Augustin a dit avec tant de raison '
contre les Donatistes au nom des catholiques : Je suis :
dans le corps de Jésus-Christ, je suis dans l'Eglise de ]
Jésus-Christ. Si le corps de Jésus-Christ parle en toutes ;
les langues, je suis dans toutes les langues : la grecque, |
la syriaque, l'hébraïque, et toutes les autres sont mes ;
langues, parce que je suis dans l'unité de toutes les ,
nations ^ » '
Telle est cette œuvre de la Perpétuité de la foi^ commencée par le grand Arnauld contre les calvinistes et i achevée par Renaudot. Elle porte la marque de l'esprit éminent qui la conçut et du temps qui la vit naître. On î doit la considérer comme un essai de vulgarisation de la théologie positive sur les sacrements et, en particu- ; lier, sur l'Eucharistie. Elle est comme la continuation ' de l'œuvre de Petau, de Morin, de Goar,et un peu aussi de Thomassin. Les protestants reprochaient à TEglise ' catholique d'avoir oublié ses origines et corrompu son '' enseignement ; ils se vantaient de remonter à la pure doc- : trine de Jésus-Christ, des Apôtres, des premiers dis- ; ciples; ils tournaient en dérision les interminables dis- 'i eussions de la scolastique dégénérée. Les besoins de la ] polémique obligeaient donc les défenseurs du dogme ; catholique à montrer, par des preuves capables d'éclairer ' même les esprits superficiels, l'inanité de ces reproches, j La Perpétuité de la Foi contribua dans une large mesure i à cet heureux résultat. ,>
1. Perpétuité de la Foi, t. V, liv. IX, c. ix, p. 637 fl782). ;;
HISTORIA PATRIARCHARUM ALEXANDRINORUM 141
La partie de cette œuvre qui appartient en propre à l'abbé Renaudot ne fut pas la moins érudite ni la moins remarquée. On peut juger de l'impression produite aux attaques dont elle fut l'objet de la part des protestants de toutes les confessions.
Pour en rendre l'action plus efficace, on forma le dessein de la traduire en langues étrangères. Sur la fin du pontificat de Clément XIV, il était sérieusement question d'en donner une traduction latine dont le pape avait accepté la dédicace'. Nous ignorons si cette entreprise a été exécutée.
L'année même où paraissait le tome V de la Perpétuité^ Renaudot publiait un ouvrage appelé à une moins grande diffusion, mais dont l'importance n'était pas moins considérable : Y Histoire des Patriarches d'Alexandrie 2. La matière de cet ouvrage était un sujet tout nouveau pour le public savant. Quelques années auparavant, il est vrai, le jésuite J.-B. du Sollier^ avait publié dans le tome VII des Acta Sanctorum de juin une
1. Comp. la Pri'face historique et critique, mise par Migne en tète de son édition de la Perpétuité, t. I, c. 198.
2. Hiatoria Patriarcliaimm Alexandrinorum Jacobitm^m a D. Marco usque ad finem sseculi XIII, cum cataloqo sequenlium Patriarcharum et collectaneis historicis ad ultima tempora spectantibus. Paris, François Fournier, rue Saint-Jacques, aux armes de la Ville, 1713, in-4'> de 612 pages.