Né en 1009, dans le Courtraisis, mort en
longue dissertation sur les Patriarches d'Alexandrie ^ Mais le P. du Sollier, disciple de Papebrocli, n'avait pas le génie de son maître ^. Sa dissertation péchait par insuffisance à la fois de critique et de documentation. Il avait consulté Elmacin*^, le Chronicon d'Ibn Rahib traduit par Abraham d'Ekhel '', et surtout V Histoire de V Église d'Alexandrie de Wansleb'\ Il connaissait les Annales d'Eutychius*^, éditées par Selden "^ et Pocock^.
1. Ad toin. VII Junii Tractalus prseliminnris de Palriarchis Alexandrinis cum appendice ; de initiis. errorihus insliiulis Copto-Jacubilicis (rimpiiinalur est du 28 juin 1709). Le tractatus fut lire à part, en 1708, à Anvers, p. 150.
2. Voici comment l'un des Bollandistcs actuels juge du Sollier : « Bien qu'on ne puisse admirer en lui le beau talent de Papebroch. ce n'était pas le premier venu. D'autre part, son époque, en particulier le temjjs où il dirigea l'œuvre en qualité « d'ancien », ne fut certes pas une des plus brillantes du Bollandisme... Si nous avions à signaler, dans la partie ancienne de la collection, quelques études où se remarquerait une moins grande fermeté, et une insuffisante rigueur dans la critique, c'est à lui que nous songerions tout d'abord. » {Analecta Bollandiana, 1903, p. 454, art. de A. Poncelet, sous le titre « Treverensin ? »)
3. El-Macin, historien arabe chrétien, mort vers 1273. La seconde partie de son histoire fut traduite et publiée en partie par Erpenius.en 102.i, sous le titre d'^îs^or/a saracenica... usque ad initium imper ii Atabecxi.
4. Abraham d'Ekhel ou Ecchellensis, Maronite, fut pendant plusieurs années interprète du Roi Très Chrétien pour les langues syriaque et arabe; il mourut en 1604, à Rome. Il avait donné une traduction du Chronicon orientale d'Ibn Rahib, avec un supplément sur l'histoire des Arabes avant Mahomet. Paris, 1653, in folio. C'est l'ouvrage que consulta du Sollier.
5. Wansleben ou Wansleb, protestant, né en Allemagne, en 1035, envoyé par Ludolf en Ethiopie, s'arrête au Caire, rentre en Europe, où il se convertit et se fait dominicain ; envoyé de nouveau en Egypte à la recherche de manuscrits pour la bibliothèque du roi, par Colbert, il y fait de longs voyages et publie à son retour définitif, en lf)77, une Histoire de t'Éylise d' Alexandrie, écvWe er\ 1072 et 1073, au Caire, d'après Abulbircat. Il mourut en 107;). Sa liste des patriarches coptes est poussée jusqu'en 1078. Renaudot connaissait Wansleb, dont il appréciait la science philologique, disant de lui:«Il sait fort bien l'éthiopien. » {Manuscrits, t. XXIII, p. 253 x".)
(j. Eutycliii ^gyptii patriarchx Orlltodoxorum Alex and rini... Ecctesise sux origines (édit de Selden); celle de Pocock parut en 1058. sous ce titre : Contextio f/emmarum, sioe Eutxjcliii patriarchse Alexandrini Annales. Abraham d'Ekhel (MI donna une nouvelle édition, avec une version nouvelle également, en 16(il.
7. Jean Selden (1584-1654), célèbre jurisconsulte et orientaliste anglais.
8. Edouq,rd Pocock (1604-1091), théologien et orientaliste anglais.
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A ces sources imprimées, du Sollier ajoutait les renseignements reçus de ses confrères, missionnaires en P]gypte, en particulier du P. du Bernât, et les avis que Papebroch avait jadis obtenus de Ludolf^ Mais du Sollier était incapable de recourir par lui-même à la principale source de Fhistoire des patriarches d'Alexandrie, Fouvrage arabe de Sévère, évêque d'Eschmounaïm, qui était et qui est demeuré inédit jusqu'à ce jour ^.
Renaudot, qui avait l'avantage de pouvoir consulter les auteurs arabes, donna une dissertation infiniment supérieure à celle du P. du Sollier. L'analyse, suivie et substantielle, du récit de Sévère et de ses continuateurs: Michel de Tanis, Mauhoub fils de Mansour, Marc fils de Zaraa, forme la trame de son histoire. Il y ajoute, à l'occasion, des renseignements puisés chez les autres écrivains orientaux, Elmacin, Barhebrgeus, Abulbircat^ Makrizy. L'histoire se poursuit jusqu'à Cyrille, soixantequinzième patriarche, mort en 1243. Elle avait le mérite de former un tout bien enchaîné et solidement documenté. Elle était complétée par une liste des patriarches depuis Cyrille, jusqu'à Tucky, qui vivait dans les premières années du xvn^ siècle.
L'histoire des Patriarches fournissait à Renaudot l'occasion de raconter divers événements religieux ou même politiques accomplis pendant la durée de leur ponti-
1. Job Ludolf (16-?'(-l704), orientaliste allemand et protestant de grand mérite. S(m œuvre principale, pour l'objet que nous étudions, est : Bistoria setidopica, avec appendice, l(i81-iG!>4.
2. Un savant arabisant, M. Ch.-Fr. Seybold, professeur à Tûbingen, en donne actuellement la première édition dans le Co?"/)ms scriptorum (ï/irislianorum orientalium, publiés sous la direction de MM. Chabot, Guidi, Hyvernat et Carra de Vaux.
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ficat. 11 ne manqua pas de le faire, et s'arrêta volontiers à Texposé des questions dogmatiques ou disciplinaires soulevées par ses prédécesseurs. Son ouvrage reçut en général un accueil très favorable. Il n'est cependant pas exempt d'imperfections. Assemani a signalé, dans sa Bibliothecaorientalis^ plusieurs inexactitudes que Renaudot n'avait pu éviter, faute d'avoir pu consulter un manuscrit de la Chronique syriaque de Barhebra'us qui manquait dans les bibliothèques de Paris. Mais dans l'ensemble l'ouvrage est exact. Il est encore aujourd'hui recherché et consulté avec fruit.
11 ne nous reste à mentionner, pour compléter l'énumération des publications de Renaudot, que les Anciennes Relations des Indes et de la Chine^ le Mémoire sur les versions arabes d'Aristote, et la traduction de la vie de saint Athanase.
Le premier de ces ouvrages parut en 1718 '. Il contient deux relations traduites de l'arabe, des remarques du traducteur sur ces relations et des éclaircissements sur ce qui regarde l'histoire et les coutumes de la Chine, sur la prédication du christianisme et l'entrée des Maho-
1. Le titre complet est : Anciennes relations des Indes et de la Chine, de deux voyageurs mahumétans quiy allèrent dans le IX^ siècle, traduites d'Arabe avec des remarques sur les principaux endroits de ces relations. Paris, 1718, in-8°.