‹ L'Abbé Eusèbe RenaudotChapitre 87 sur 138 · DERNIÈRES ANNÉES · texte numérisé non relu

DERNIÈRES ANNÉES

nait au contraire déplus en plus « gallican ». Etre gallican c'était, pour lui, concilier sa religion et son patriotisme. Nous l'avons vu tenant compagnie à Boileau malade et médisant avec lui des Jésuites et de la jeune génération des « modernes ». Après lamort de Boileau, ses sentiments jansénistes s'aiïermirent de plus en plus. Ses relations de famille et d'amitié, son intimité avec Arnauld et ses parents, l'austérité de sa conduite et de sa morale, ses souvenirs de l'Oratoire, son amitié avec les moines de Saint-Germain-des-Prés,tous plus ou moins suspects de pencher vers les erreurs de Jansénius, ne pouvaient que fortifier l'inclination naturelle de son caractère. Au reste, tout ce que l'Eglise de France comptait de plus vénérable et de plus estimé parmi ses docteurs et ses prélats partageait à cette époque le même sentiment.

Renaudot fut très satisfait des Réflexions morales sur le Nouveau Testament de Quesnel. 11 était heureux de trouver dans cet ouvrage un grand nombre de citations des Pères de l'Eglise, et chaque nouvelle édition, qui développait les réflexions et multipliait les citations des Pères, lui causait un nouveau plaisir. Il n'y vit pas ces erreurs doctrinales qui effrayaient plusieurs théologiens. Voltaire raconte qu'à une audience de Clément XI, l'abbé Renaudot trouva le pape lisant le livre de Quesnel, et entendit de sa bouche ces paroles : « Voilà un livre excellent. Nous n'avons personne à Rome qui soit capable d'écrire ainsi ; je voudrais attirer l'auteur auprès de moi^ » Et, ajoute Voltaire : « C'est le même pape qui condamna le livre. » Nous ne savons ce qu'il en est de

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