‹ L'abbé OlivierChapitre 14 sur 32 · LES FANTAISIES DU MALHELU · texte numérisé non relu

LES FANTAISIES DU MALHELU

Je me jotai à ses genoux en fondant en larmes.

— Mario-Rose, lui dis-je, je le jure que je ne suis lié h aucune femme, que jamais nulle créxlure humaine n*a reçu mes sermons.

— El ce[)on(lant ?...

— Et cependant... o [)ilié! aie pitié de moi î ne m*en demande [)as davantage.

— Nous ne serons donc jamais unis?

— Jamais.,, mais nous avons l'amour. Oh ! si tu savais ce que c'est que d'aimer et d'élfe aimé, dans le moinenUi):! on le dit et où ce mot devient le lien de doux existences.

— Faul-il donc sacrifier toute sa vie à ce moment?

— Il paierait des années d'enfer. Parle-moi , femme bien-aimée; crois-tu qu'il n'y a pas plus de délices dans ce constant regard de deux âmes qui s'aiment, au milieu du désert des hommes, que dans le luxe, les bijoux, les cachemires que tu refuses : va , crois-moi , laisse ce train d'équipage, de doraeiitiques, de^

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salons à ces femmes qui ne peuvent plus rien sentir et rien inspirer : c'est le bonheur de celles qui n'en ont plus.

— Olivier... nous î)Ourrons donc toujours nous voir.

— Toujours ; coînme Ix présent ; heureux et purs sous les yeux de ton père. Si quelque chose peut donner une idée du ciel , c'est la tendresse et l'innocence réunis. Aimerais - tu mieux, toi, céleste amie, toi, faite pour être la sainte .!e l'amour, ces sentimens mal faits, Informes , qui n'ayant en eux , nulle partie complète pour assurer leur constance, se font river sur le cou la chaîne .lu mariage , qui, pour trouver du bonheur dans l'être choisi, ont besoin d'y joindre les charmes d'un domaine, d'une rente, d'un hôtel.

— Oh non !... mais comment aujourd'hui dénouer avec Ramure ?

— Vous m'offriez dans votre lettre de rompre cet engagement.

— Je croyais qu'à cette contiance vous, ré*

LIS FA>TA1SIES DC MAIHFAR. 23f

pondriez par la vôtre ; que vous m'apprendriez enfin la position où nous sommes l'un vis-à-vis de l'autre, et qu'en déclarant à mon père que je refusais délinilivement Tunion de Ramure, je pourrais lui annoncer que c'était pour celle d'un honnne plus aimé; ou lui dire au moins quel motif me séparait de lui... heureuse pour son seul amour de renoncer à toute autre félicité.

Comme je me taisais d'un air sombre , elle ajouta :

— Je regarde de tous cotés et je ne sais où trouver un moyen de rompre cet engagement. Entre nous deux , nous n'avons pas une idé(\ Je suis une pauvre aveugle , et je ne trouve pour me conduire qu'un aveugle comme moi... Et les lettres sont envoyées... et les annonces vent se faire... et dans quelques jours... mon Dieu! mon Dieu! faites que les jours ne viennent pas... Oh! si je pouvais parler à mon père! Mais hélas! il voudra ^savoir le secret de tout ceci ; il me demandera quel est celui pour qui-

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je renonce à tout le reste , et quelle cause nous sépore? que pourrai-je répondre alors? si ce n'est qu'il ne m'estimait pas assez pour me le dire...

J'étais toujours h genoux, ou plutôt couché devant elle; ma poitrine se fendait de douleur; mon secret venait sur mes lèvres, et mes larmes l'arrêtaient. Lorsqu'elle prononça ces derniers mots, je levai le visage vers elle, dans une angoisse inexprimable en murmurant :

— Eli bien ! lu lui diras...

Alors nous entendîmes de loin les pas de monsieur de Bellefond , je m'éloignai précipi^ tamment.

ZTI.

Une ©mbrf à vos riîtis.

Il Tant mieux voir sortir, crcis-moi, quand la nuit tombe. Un |joignartl du fourreau, qu'un sjcctre d'une tombe.

Alexaadre Duuas.

On ! les cloches! les cloches ! j'entendrai donc toujours rouler autour de moi ce son funeste I Plus que toute autre influence du dehors , cell^ ci m'apporte de poignantes douleurs. Il me

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semble que c'est le malheur même de ma des- M tinéequi prend une mani feslalion , et devient saisissant aux sens. — Ce que j'éprouve à l'entendre , est la sensation que doit causer la voix de son maître sur i'esclave qui reposait à Tombre d'un arbre... Et quel maître! et quelle voix! Elle se fait entendre tout à coup , dans quelque moment de mansuétude et d'oubli ; elle vient comme un ordre d'en haut, invisible et surhumain , auquel on ne peut avoir la pensée de résister; elle vient me chercher dans quelque lieu que je me trouve ; elle pénétrerait dans la retraite la plus profonde où je serais allé m'ensevelir , dans les bras même de Tamitié , et sur le cœur le plus tendre qui m'aurait offert un asile , pour me ramener où la chaîne m'attend.

Du moins , si au pied de cet autel je pouvais prier, si ma volonté seule m'y conduisait, si j'allais , dans une ardente invocation , demander au ciel de me sauver de ce cruel amour... Qu de sauver cet amour du danger

l lir OMBllf A vos '.OTÉS. 245

qui le monace, et, qu'au plus sombre du sanctuaire , je pusse baiser le pavé du temple , aj)peler Di(Hi en secours, et pleurer... xMais non, je n'y vais (pie pour paraître en public, que chargé de lourds ornemens . que paré d'une raide étoffe où la croix se dessine en or sur le drap de soie; je n'y vais que pour célébrer cet assemblage d'anciens rites, de signes symboliques , de paroles commémoratives , qu'on nomme le culte catholique. Culte matériel , lourd encens , qui retombe sur la terre , malheureuse coutume qui a blasé la prière, congelé à jamais les élans du cœur , enfermé les soupirs dans le verset d'un psaume, mis à heure fixe l'élévation de l'àme vers Dieu , tandis que l'homme ne devrait jamais dire qu'une seule prière : « Mon Dieu , ayez pitié de moi. > Depuis une heure, ce son de cloche résonne dans ma poitrine, et il me semble plus formidable que jamais : il me paraît aujourd'hui chargé de funestes présages , et comme le tonnerre rapproché du monde de douleurs...

S44 ^KM OMBRB À VOS CÔiÉf.

Deux heures du matin.

Julien, je suis un misérable, un maudit. L'assassin qui poignarde courageusement son homme à visage découvert , est plus approuvable que moi. Je ne sais ce qu'il arrivera de ma mauvaise action , mais il faut que je te la confesse , car jusqu'à présent , Dieu seul la connaît , et cette situation nrefîraye; j efrémis de me trouver ainei tête à tête avec le juge.

Marie-Rose a retardé de quelques jours la célébration de son mariage, mais elle consentira peut-être de nouveau à son accomplissement , parce qu'elle est faible, parce qu'elle obéit h son père, parcequ'ellen'a point de motifs plausibles pour résister , et point d'espérance ailleurs^ parce que, tout en m'aimant, elle ne hait pas le spirituel écrivain.

Ce soir , je sortis pour fuir ce son de cloches qui m'accablait de sa puissance , et me poursuivait de ses présages de mort ; j'entrai dans

Lî^t OMtKK A VOS CUTÈS. tks

un cabinet de lecture, et je pris niacliinaleuient un numéro de Li Presse. J'y vis, dans un des premiers paragra[)lies , des injures di* rigées contre un de mes amis , et signées des initiales de Ramure. C'était encore une manière qui lui avait élé donnée de m'étre hostiie : il attaquait un homme que j'estime et que j'aime. Le jeune Morand , dont je t'ai quelquefois parlé, a fait avec moi une année de séminaire; au bout de ce temps, il nous a quittés pour se livrer entièrement à l'étude des langues orientales, et rentrer dans le monde dont il avait peine à se détacher. Ses connaissances replies ont fait désirer sa collaboiation dans un journal légitimiste , où il rend compte de tous les livres de linguistique. C'est lin* dont Ramure, dans ce numéro de la Presse, dénigrait le savoir et les prétentions.

Eprouvant le besoin de faire partager ma haine h quelqu'un , je pris la feuille provocatrice, et j'allai, vers huit heures, trouver mon docte orientaliste. Il niellait de ress{'n<'« du

â46 ¥îfC OMBRK A VOS CÔffi».

rose h ses favoris , et partait pour aller au Lai. Je lui lus Tarlicle , en appuyant sur les mots les plus offensans.

— Mon cher , me dil-il , tu devais venir il y a une heure , tu aurais trouvé le savant , et la calomnie portée contre son érudition , l'eût sans doute rendu furieux ; maintenant tu ne trouves que le dandy, qui a bien l'honneur de le saluer , car la comtesse l'attend.

— Elle attendra un quart-d'heure de plus, lis au moins cet article.

— îl faut encore que je passe chez Prévost pour acheter son bouquet.

— Tant que tu voudras , mais lis donc.

Il parcourut les hnpertinontes lignes, et je le vis ébranlé.

— Voyons, ajoutai-je, répondsquelquesmots.

— Eh bien, oi i, dit-il, demain.

— Non, pas demain, ce soir, car dans deu:i jours, on aura oublié ce dont il s'agit.

— Etpiîis, reprit-il, quand j^aurai écrit, il ffliidra aller porter cela aux prCvSses du journal,

\S\{ uMBHt A VOS (;<Vns. 2-i i

run «lu Croissant, et pcnlre l.i cire vierge de iTîcs boites , je te remercie de tout mon cœur.

— Morand, ton caraclcre est attaqué; on t'accuse de vendre du savoir hasarde, (|uand l'antre vient à te \nan([uer ; sojgcs h ton honneur.

— Eh bien ! dit-il , je sauverai mon honneur, si tu veux sauver mes bottes. Je vais répondre quelques mots» les signer, et lu les porteras h rimprimerie.

J*y consentis, et, après avoir revu Tarlicle, il fit une courte réponse , qu'il me donna à lire. Je la tiouvai faible'. Moi , je l'aurais écrite avec du fiel.

— Je pense, dis-je en la lui rendant, que cela ne signifie rien du tout , qu'il vaut mieux se taire que de répondre ainsi.

— * Alors voici la plunio , ajoute ce que tu vouJras; nu signature est au bas , on imprimera sans examen. Discute, attaque, riiiostc, fais derescrimc littéraire, scienliiiquo , etc. , moi , je vais danser.

Il sortit, l'enfant, et toute sa douce^aîté avec

Îi8 iîKii OAiBua A VOS eôrès.

lui. Jerestai pensifdansceltepelite chambre, qui me sembla devenue soudain sombre et froide ; je restai seul avec ma haine et mes tourmens. J'appuyai ma tête dans ma main , et m'abîmai dans ce regret de la vie, qui nous saisit dans les momens les plus accablans d'une destinée perdue. L'image de Ramure était avec moi; elle me saturait de toutes les douleurs; elle flamboyait comme une machine à torturer; j'avais son nom sous les yeux ; il me semblait voir rire ce nom sardonique et grimaçant , rire de ce que, d'aucune manière, je ne pouvais l'atteindre. . . A ores une heure de eauchemar , je ressautai scus le coup d'iine idée atroce qui venait de frapper mon cerveau ; mon cœur battait à m'étouffer ; il se passa des minutes avant que j'eusse le courage de fixer de nouveau cette idée , et de savoir ce qu'elle était... Je la sentais là, dans nm tôle et n'osai la soumettre à l'examen , de peur d'en avoir horreur, ou de la sentir s'évanouii'^ comme une chimère.

r5E OMDnp. A Tes cùrts. 149

Eiiliii, j'osai envisager celle idée : c'élait l'infernale insi)iralion d'ajoiilcr à celte froide réponse de Morand, quelques mots i)leins d'outrages qui deniandassenl tlu sang; et une voix inlérieure ajoutait : // y aura un duel. Ramure sera tué. 0 lumière fatale ! ô révéiation d'un génie féroce! Ramure sera tué; ce mot me rendait ivre comme uîi animal h la vue du sang. Je savourais à pleins (lois cet infernal bonlieui"; sa possession nie lit perdre l'esprit. Je pris la réponse écrite par Morand , et j'y inlercallai , en me livrant à mes inspirations , des paroles à sjufllelter un homme, à lui verser du plomb fondu dans les veines , ii le déchirer jusqu'à lui faire Ci'ier : Vengeance! El puis, fou de joie et de colère, je pris la papier provocateur, et je courus à limpri:uerie du journal; je jetait la note de Morand. Signée de son noin, elle l'ut de suite donnée au compositeur; la machine humaine et la ma* cliiue de fer se nilreut à fonctionner; et le crime ^ui consommé.

250 IÎS£ OMBRE A VOS COTKS.

Maintenant, en me retrouvant dvz moi, en revoyant toute close semblable, et dans l'état où je l'avais laissée, il nie semble ne pas êlro sorti d'ici : je ne crois plus avoir fait cette action ; je me regarde , je me touche, et ne puis me croire un assassin : et cependant, Julien , un pressentiment me le dit , le crime est con-» sommé.

Et Morand est au bal!... danse [»auvrc enfant.... la danse des funérailles. Va choisir un bouquet dans les vastes corbeilles, prend-Ie des ileurs les plus belles et les plus fragiles, il durera encoj'e plus long-temps que toi... oiïrele à la comtesse, et vois autant de jours de bonheur, qu'il y a de tiges dans son groupe parfumé; fais de rians projets; accepte des invitations de fêles ; souscris à des banquels; amasse bien des lendeaiains, cl tu es condamné à mort pour le j^)ur qui vient; un ami a signé iQU arrêt.,, il ne s'eiraçera pas.

rnc ojtfBRE A vos 4>ùrû$. 251

A midi.

Les mots iiiiercalés clans la noie de Morand^ ont portés leur fruit : le moment du combat Cfil (ixé; les témoins, les armes sont clioisis. Lo sort commence à traduire en fait , les paroles que j'ai entendues dans la chandjre de Moraad : Ihjaura un duel, Ramure sera lue.

Dans la nuit.

C'élnit re soir , vendredi , à six heuiTS ^ qu'on devait se rencontrer au bois de Vincennes. Jetais rei>oussé par ma profession, do cette scène solennelle; mais, en ce moment, il m'eût été impossible de rester dans une place où j'eusse eu l'air de goûter le repos. Dès cinq heures» j'allai errer autour de la demeure do Worand, pour apprendre plutôt son retour.... s'il revenait. Sa rue\les Minimes est assez déserte, et plein'j de vieux balimens et de mai-

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sons eu coiistructioas. Je m'assis sur un tas de pierres. Un ciel resplendissant m'oppressait de sa paisible magnificence; un rossignol de muraille , chantait au-dessus de ma tête.... Je laissai aller mon front dans mes mains, et je tojnbai dans des tourmens de cœur, dans des angoisses dignes d expier mon action, si elle avait pu être expiée...

Tuer un homme ainsi de loin ! en se cachant! Oh! qu'il est heureux celui qui peut se battre! Seul, sans bruit, de par sa simple autorité^ sous un toit de verdure , dans l'ombre d'un bois, il se venge d'une injure. Il lui piaît d'exposer sa vie pour sa fantaisie d'honneur; et son avenir, ses espérances, ses lendemains les plus précieux, il va tout offrir à son idole. ïl ^St tranquille, sans remords ; s'il attaque une vie, c'est en mettant la siesnie en avant. Oh ! qu'il est noble et beau le duéliste auprès de l'assassin !

Mais l'assassin approche encore de sa victiui4^ ii s'expose k ses coups; il s'expose à

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ceux (le la justice; l'empoisonneur niùinc, la liedesmcurlriers, agit encore, connnel le crime de sa main. Mais moi, qui me cache ainsi dans l'ombre pour tuer! assassin plus lâche que l'assassin, plus lâche que l'empoisonneur , misérable prêtre!

Cependant je n'étais pas né pour le crime, car j'en soulTre trop ; je n'avais pas dans le système osseux, le crochet aigu de la bète féroce : Castin, Lacolonge, Lacenaire, je ne vous ai jamais compris.

Parfois je m'inquiétais de ma figure au milieu de celle rue ; je souffrais de me montrer ainsi attendant, pâle, défait, à tous ceux qui passaient ; mais soudain l'idée du combat me revenait dans l'esprit; le tourmenlateur reprenait son instrument de supplice, et je ne sentais plus rien que sou fer jouge. Quatre heures se passèrent ainsi; l'ombre vint griser l'espace, et rien ne changea dans ma position. J'errai entre les inquiétudes que m'inspirait le danjcr de Morand , ei le pressentiment de

23i t^%K OMBRS A VOS' CUiÉS.

la morrde &on adversaire qui ne m'inspirait plus de haine ni de soif de sang; j*a vais goûté à ce breuvage , et il nfavait fait soulever la cœur de dégoût; je n'en voulais plus.

Vers neuf heures , le vif roulement d'un© voiture m'arracha à ma stupeur. ]\Iorand, sans me voir, sauta Ciu cabriolet , et monta chez lui précipitamment; je le suivis avec peine, mes jambes tremblaient, et les lourds battemens de mon cœur venaient encore appesantir mes j)as. Morand s'était jeté dans un fauteuil; sa pâleur était affreuse; ses yeux ternes n'avaient plus de regards; ses membres pendaient brisés; on eut dit qu'il avait laissé toute sa vie en expiation sur un tombeau creusé par lui.

Je savais déjà ce qui élait arrivé.

Il me regarda :

■—Blessé... dit-il.

— Blessé! répétai-je avec un accent de joie.

Il comprit cet éclair d'espérance et cet ardent désir : il répondit par un tourjiement de télé j légal if.

vsr. OMBnr a roi c6ixs. 255

— Blessé mortellemont , ajouta-t-il avec une tristesse i)énx3lranle... la balle est entrée sous la clavicule , on n'a pu l'extraire.

Nous gardâmes un bien long silence; puis , MoranJ se leva et dit dans une exaltation décliirante :

— Mon Dieu j comment cela s'esl-il fait! pourquoi l'ai-je tué? Je ne le baissais pas , cet bonnne, il ne m'avait jamais fait de mal... ces lignes! c'était si peu de choses; commentaije pu répondre à des épigrmames par un coup mortel

Il le demandait , lui , le faible enfant , l'arme innocente dont on s'était servie.

— Oh! conçois-tu combien c'est affreux, rhomicide l... J'ai j)eur ; il me semble que j'ai contredit les décrets de l'éternel... si tu savais va (pie je souffre...

— Si je le savais! moi! grand Dieu!

Après un moment de silence, il reprit:

— Olivier*, cst-C(^ quelle serait vraie, cetl(? fraternilé dont on parle entre les hommes?

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