LE BIAUIAGE ET LE SACERDOCE
ligion , dans ce moment , lui demande-t-on ce que son cœur a éprouvé de désirs et de palpitations , ce que la grfice a remporté de triomphes et souffert de défaites dans son grand combat avec la nature humaine? Non , sans doute , ce qu'on lui demande , c'est d'appeler à son tribunal le siècle où il vit , le caractère des hommes , la force des circonstances ; et de prendre dans l'essence de la religion éternelle et miiverseile de quoi leur commander h tous 5 c'est de mettre en harmonie le temps et le culte, et de les rehausser tous deux; ce qu'on lui demande, c'est que la foule qui s'en va, soit pensive de ca parole et remporte dans son sein quelque chose qu'elle n'avait pas en entrant.
— J'avais compris ainsi le prédicateur évangélique, dit Olivier et je l'ai cherché partout, mais il n'était dans aucun de nos temples; je ne sais s'il y viendra jamais.
Victorien se leva du banc où ils étaient assis.
M MAlUAr.E ET m: SACEIIDOCE. 551
— Il no faiil j)as (Jéscs[)éi'er, dit-il. El, étendant la main du cote de l'Orient, c'est (rici qu'ils arriveront : car voici une route où il y a toujours des voyageurs en marche pour apporter aux hommes ce qu'ils demandent.
Ils reprirent leur chemin, et leur conversalion se rétablit sur des intérêts plus immédiats et plus chers. Victorien oiïrit à son ami de se présenter chez monsieur de Bellefond , afin de connaître quelle révolution avait produit chez Marie-Rose le secret qu'elle avait découvert. L'état le plus cruel, le trouble deTàme, la folie, pouvait être la suite do ce coup. Victorien lui[)orterait, s'ilen était temps encore, lesconsolations de son cœur et de sa piété. Olivier accepta avec ardeur. Il dit à Victorien que, comme il avait pu le voir par une page du journal, son nom et sa réputation, h lui jeune prôtre de Saint-Germain-des-Prés, avait pénétré dans la maison de monsieur de Bellefond, sous les auspices les plus favorables. Ramure avait fait connaître le caractère exceplionnel