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Serpents, des hommes qui la nuit se transforment en fauves, des sorciers, des thaumaturges. Tout ce monde fantastique s’agite étrangement. Des tribus entières sont tuées, puis r'essuscitées ; on aime avec frénésie, on se vole les femmes. Celles-ci se laissent faire sans résistance ; peut-être qu’un peu de changement ne leur dépiait pas. Mais qu’une occasion favorable se présente, la femme volée coupe le cou à son ravisseur, se jette dans un bateau et revient, à travers mille dangers, retrouver son premier mari.
L'homme traite sa femme sans trop de gêne ; mais si on la lui vole, elle lui devient chère, et, pour la retrouver, il ne ménage pas ses peines. Il finit toujours, dans ses longues courses, par rencontrer un bon géant ou un bon uain plus ou moins thaumaturge, un renard ou un oiseau, qui parle comme les animaux du bon Lafontaine, et le prend sous sa protection. Quand le bonhomme arrive. au but, il s'arrange pour voir sa femme, attend la nuit et, de concert avec elle, préparesa vengeance, une vengeance terrible : la mort du ravisseur, des hommes, des femmes et des enfants qui lui tombent sous la main.
Les Esquimavx des légendes ne se contentent pas de courir la terre et la mer, ils vont dans leur paradis, qui est chaud, dans leur enfer, qui est froid, et en reviennent, mais sans grand profit pour notre curiosité.
Ce qui caractérise les légendes esquimaudes, c’est une genèse enfantine, la foi au merveilleux, la passion du meurtre, la gioutonnerie et l'amour.
M. Petitot a conserv : à ces récits leur parfum polaire,
autant du moins que le permet la pudeur de notre langue. Avec quelques traductions interlinéaires et une substantielle notice sur chaqre tribu, il nous donne une œuvre très originale et très intéressante.
Dans ses deux volumes M. Petitot fait de fréquents rapprochements entre les Esquimaux et les Asiatiques. Il ne dit pas que les habitants de l'extrême Nord viennent de la Mésopotamie, mais il le laisse entendre.
Nous ne sommes pas du tout de cet avis.
Les théologiens et les cosmographes ont beaucoup varié sur la situation de l’Eden, c’est-à-dire sur le point de la terre qui vit le premier homme. Ils l'ont placé dans une île inaccessible de l’Extrême-Orient, à l’est de l'Asie, en Afrique, en Océanie, à Hesdin dans le Pas-de-Calais, au pôle nord, dans la lune, dans le troisième et dans le quatrième ciel; Christophe Colomb crut le découvrir aux sources de l'Orénoque ; depuis le discours académique de Daniel Huet, évêque d’Avranches (1691), on le place en Mésopotamie.
Nous n’entrerons pas dans une discussion qui ne serait pas ici à sa place. Nous ne pouvons cependant nous dispenser de faire une remarque. On ne conteste plus une certaine parenté entre les races polaires et les peuplades de la période quaternaire dont les grottes des Pyrénées, de la Vézère et de l'Aveyron nous ont révélé l'existence, la constitution physique etles industries. Dans ses longues et savantes études sur l'archipel canarien, M. le docteur
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