‹ L'abbé TigraneChapitre 13 sur 21 · MI C AL · texte numérisé non relu

MI C AL

nous n'avons de temps à perdre. Vous pouvez vous expliquer tout de suite.

— Tiens! tu me dis vous, à présenté Et depuis quand?

— Depuis la mort de Monseigneur de Roque-

brun.

— Tu crois peut-être que je suis pour quelque chose dans les folies..., je veux dire les caprices de Capdepont?

— Vous convenez enfin que cet homme est fou ?

— Entendons-nous, mon ami , et ne nous emportons pas comme une soupe au lait. . . »

Tout en échangeant ces quelques paroles^ trèsanimées de geste et de ton, ils avaient rétrogradé jusqu’à la maisonnette de l’abbé Lavernède. Mical en ouvrit la porte avec l’aisance d’un habitué de l’endroit, et sauta prestement dans le vestibule. Les autres le suivirent en rechignant.

On entra dans une pièce du rez-de-chaussée.

t Eh bien, demanda l’aumônier des prisons, que voulez-vous? »

A cette question à brûle-pourpoint, les petits yeux de l’abbé Mical s’allumèrent. Mais, répri« mant une furieuse envie de se fâcher :

* Ma foi, Lavernède, dit-il, tu m’interroges absolument comme si je comparaissais devant un tribunal. Aurais-tu le dessein de me juger, par

hasard } S’il m’était possible de rire aujourd'hui, quand toute la ville est en deuil, je m’amuserais bien de la solennité de tes paroles et de ta fausse majesté.

— Ne vous gênez pas, Mical, riez : cela ne surprendra ni M. l'abbé Ternisien ni moi, » riposta l’aumônier des prisons, lequel, devinant que tous ses plans contre Capdepont échouaient, cherchait à envenimer la situation oour rendre la lutte inévitable.

Le professeur de morale avait la finesse du renard. Il flaira le piège, et, s’adressant à l’ancien secrétaire de Monseigneur de Roquebrun :

« Monsieur l’abbé, lui dit-il, je viens de la part de M. le Vicaire-Général capitulaire vous exprimer les regrets qu'il éprouve de vous avoir fait, ce matin, un accueil si peu digne de vous et de lui. La multiplicité des affaires et le travail incessant auquel il a dû se condamner depuis quelques jour% ont mis M. le Vicaire-Général en un tel état de faiblesse nerveuse, qu’il est des moments où tout le fatigue, l’irrite, l’exaspère. Le malheur a voulu que vous vinssiez à l’évêché dans un de ces moments funestes. D’ailleurs, pourquoi ne pas avouer que certaines paroles, attribuées à Monseigneur de Roquebrun et répandues d’une manière perfide à travers Lormières et le diocèse, avaient contribué à exalter encore M. l’abbé CapdeponD Mais le calme, qui ne l’abandonne

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