‹ L'abbéChapitre 105 sur 250 · CHAPITRE XVin. iOô · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVin. iOô

lent contre l'honneur du baron dont j'ai si long-temps mangé le pain. S'ils sont mes inférieurs, je dis qu'ils en ont menti, et je soutiendrai ce que je dis de mon bâton 5 s'ils sont mes égaux , je le dis encore qu'ils en ont menti, et je leur prouverai l'épéeà lamain, s'ils le veulent ; s'ils sont mes supérieurs. . . » A ces mots il s'arrêta.

« Continue hardiment, dit le régent ^ que ferais-tu si ton supérieur disait quelque chose qui attaquât directement l'honneur de ton maître?

— Je dirais qu'il est mal de calomnier un homme absent, et que mon maître est en état de rendre compte de ses actions à quiconque le lui demandera bravement face à face.

— Et ce serait bravement parlé ; qu'en pensez-vous , Morton ?

— Je songe que , si ce jeune gaillard ressemble autant à un de nos anciens amis par l'astuce de son caractère qu'il lui ressemble par le front et les yeux, il peut y avoir une grande différence entre ce qu'il pense et ce qu'il dit.

— Et à qui trouverez-vous qu'il ressemble tellement ? — Au fidèle et loyal Julien Avenel.

— Mais ce jeune homme appartient au territoire contesté.

— Cela peut-être ; mais Julien était bien capable d'aller chasser jusque-là , et il était heureux lorsqu'il avait une belle biche à poursuivre si loin que ce fût.

— Bah I dit le régent, discours frivole ! Holà ! Hyndman... Seigneur de la curiosité , reconduisez ce jeune homme à son compagnon. Et ayez soin tous deux, » dit-il à Roland, » devons tenir prêts à vous mettre en route au premier signal. » Puis, lui faisant signe d'un air gracieux de se retirer, il termina l'entrevue.

t84 L'ABBE.

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