CHAPITRE III. 2S
tes choses un degré d'intérêt que peuvent à peine concevoir ceux qui sont habitués à des scènes plus gaies et plus actives. Le jeune Roland était pour la dame Avenel ce que la fleur placée sur la fenêtre d'un prisonnier solitaire est pour le pauvre malheureux qui la soigne et la cultive, quelque chose qui réclamait et qui récompensait ses soins ; et en donnant à cet enfant des marques de tendresse , elle se sentait, pour ainsi dire , reconnaissante envers lui pour l'avoir tirée de ce triste état d'apathie où elle se laissait aller d'habitude pendant l'absence de sir Halbert Glendinning.
Cependant les charmes même du beau favori ne pouvaient bannir les inquiétudes toujours renaissantes que donnait à lady Avenel l'absence prolongée de son mari. Peu de temps après l'installation de Roland Grœme au château, un domestique, dépêché par sir Halbert, était venu annoncer que des affaires d'importance retenaient encore le chevalier à la cour dé Holy-Rood ^ L'époque la plus éloignée fixée par le messager pour le retour de son maître se passa 5 l'été fît place à l'automne , l'automne était au moment de fuir devant l'hiver, et cependant sir Halbert n'arrivait point.