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LE RETOUR

La lune de la moisson, sur son de'clin, luisait encore larçe et brillante j le cor de la sentinelle se fit. entendre au milieu de la nuit 5 et tandis que les deux battants de la porte s'ouvraient, les pieds des chevaux faisaient retentir le pave'. Leyden.

«Et vous aussi, Roland, vous voudriez être soldat?» dit à son jeune pupille la dame d' Avenel, qui, assise sur un banc de pierre à l'une des extrémités de la plate-forme de la tour, voyait l'enfant essayer, avec un long bâton, d'imiter les mouvements de la sentinelle, tour à tour portant, présentant ou baissant sa lance.

4 Ancien palais des rois d'Ecosse, aujourd'hui encore maison royale. C'est un des anciens c'difices d'Edimbourg, près duquel sont les ruiues du paviUoa où Darnley c'poux de Marie Stuart, pauta ea l'air, a. m.

« Oui, milady, » répliqua l'enfant; car il s'était maintenant familiarisé et répondait hardiment et promptement aux questions de sa protectrice , « je veux être soldat, car il n'y a de gentilhomme que celui qui porte une épée à son côté.

— Toi, gentilhomme ! » dit Lilias qui , comme à l'ordinaire, était auprès de sa maîtresse; « un gentilhomme comme j'en ferais un d'une cosse de fève, avec un couteau rouillé.

— Allons, nele tourmentez pas^Lilias,ditIadamed'Avenel; car, ou je suis bien trompée, ou il est d'un sang noble : voyez comme vos injures lui font monter le rouge au visage.

— Si j'étais la maîtresse, madame, répondit Lilias, une bonne baguette de bouleau lui donnerait des couleurs d'une manière plus utile.

— En vérité, Lilias, dit la dame, on dirait que ce pauvre enfant s'est rendu coupable de quelque offense envers vous; ou bien s'il ne peut obtenir vos bonnes grâces, je ne me trompe pas en disant que c'est précisément parce qu'il est très-avant dans les miennes?

— A Dieu ne plaise I milady, répondit Lilias; j'ai vécu trop longtemps avec les gens de qualité pour trouver à redire à leurs folies ou à leurs caprices, pour un chien, pour un oiseau, ou un enfant. »

Lilias était une espèce de favorite , une domestiqne gâtée, qui souvent se donnait plus de liberté avec sa maîtresse que celle-ci n'était disposée à en permettre. 3Iais ce qui ne plaisait pas à la dame d'Avenel, elle faisait semblant de ne pas l'entendre , et c'est ce qui arriva dans cette circonstance. Elle résolut de veiller avec plus de soin et plus d'attention sur l'enfant , qui jusqu'alors avait été principalement conlié à la garde de Lilias. <> Il doit, se disaitelle, être né d'un sang noble ; ce serait lui faire injure de penser autrement d'une taille si bien prise et de traits si intéressants. Le caractère passionné auquel il s'abandonnait quelquefois, sonméprisdudangeretsonimpatiencede toute contrainte, avaienten eux quelque chose d'aristocratique. Assurément l'enfant était né dans un rang élevé. » Telle fut sa conclusion^ et elle agit en conséquence. Les autres domestiques , moins jaloux, ou moins scrupuleux que Lilias, agirent comme font ordinairement les gens de cette classe : ilssuivirent le courant et flattèrent, dans leur propre intérêt, le caprice de leur maîtresse. Par suite, l'enfant se donna bientôt ces airs de supériorité que la vue d'une déférence générale manque rarement d'inspirer. On aurait dit effectivement que

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