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CHAPITRE XXXIV

PROPOS d'amour.

Oui, Pedro, venez ici avec le masque et la lanterne, re'clielle de corde el les autres outils qu'on manie au clair de la lune. Eli bien I jeune e'iourdî, tu peux tromper la vieille duègue, flatter la femme de chambre et corrompre le valetjmais jaciieqite moi, père de la jeune fille, je joue le rôle d'un gryplion,sans repos et sans sommeil 5 que, le eceur ferme à toute se'duction et à tout salaire, je garde le trésor cache' de sa beauté.

Drtdes , Le Moine espagnol.

Le cours de notre histoire nous reporte au château de Lochleven, où nous reprendrons la suite des événements depuis le jour remarquable où Dryfesdale en a été renvoyé. Il était midi sonné , heure habituelle du dîner ; cependant rien ne semblait préparé pour le repas de la reine. Marie elle-même était retirée dans son appartement , où elle était occupée à écrire. Sa suite , réunie dans le salon , était fort disposée à faire ses remarques sur le retard du dîner; car on peut se rappeler que le déjeuner avait été interrompu. « Je crois , sur mon honneur , dit le page , que voyant le peu de succès du poison, et craignant de s'adresser encore à un mauvais marchand pour faire leur emplette mortelle , ils veulent essayer maintenant de nous faire mourir de faim. »

Cette observation alarma tant soit peu lady Fleming ; mais elle se rassura en observant que la cheminée de la cuisine avait fumé toute la matinée d'une manière qui prouvait que cette supposition n'avait pas de fondement. Catherine Seyton s'écria soudain : « Les voilà qui traversent la cour avec les plats , précédés par lady Lochleven , parée de sa haute et raide fraise , de son tour de cou , de ses manches de gaze , et de son ample robe de velours cramoisi à l'ancienne mode.

— Je crois, sur ma foi , » dit le page s'approchant aussi de la fenêtre , « que c'est la même robe avec laquelle elle fit la conquête de l'aimable roi Jacques , et qui procura à notre pauvre reine un si bon frère.

— Cela ne peut être . monsieur Roland, » répondit lady Fleming, qui se rappelait parfaitement tous les changements de modes, « parce que les fartingalcs parurent pour la première fois quand la reine régente vint à Saint-André après la bataille de Pinkie, et alors ils portaient le nom devertugadins. »

Elle aurait poussé plus loin cette importante discussion, mais elle fut interrompue par l'arrivée de lady Lochleven , qui marchait devant les domestiqes chargés des différents plats, et qui^ ensuite, remplit TofTice du sénéchal en goûtant chacun des mets. Lady Fleming, en dame de la cour, témoigna son regret de ce que lady Lochleven s'était donné la peine de remplir cet emploi.

«« Après l'étrange événement de ce jour , madame, repartit la dame du manoir , il est nécessaire , et pour mon honneur et pour celui de mon fils , que je partage tout ce qui est offert à mon hôte. Youlez-vous bien avoir la complaisance d'apprendre à lady Marie que j'attends ses ordres.

— Sa 3Iajesté, » répliqua lady Fleming d'un ton emphatique, et pesant sur chaque mot . «^ va savoir que lady Lochleven attend ses ordres. »>

Marie parut aussitôt ; et s'adressant à son hôtesse d'une manière polie, qui même approchait de la cordiahté : « C'est agir noblement, lady Lochleven , dit-elle-, car bien que nous ne craignions aucun danger dans votre maison , nos dames ont été fort effrayées de l'événement de ce matin : votre présence, qui nous honore , pourra les rassurer et leur rendre leur gaieté. Veuillez prendre place. »

Lady Lochleven obéit aux ordres de la reine, et Roland remplit l'office d'écuyer tranchant , comme il avait coutume de le faire. Mais, malgré ce que la reine avait dit , le repas fut silencieux et peu agréable .- tous les efforts que fit 3Iarie pour entretenir la conversation échouèrent contre les répliques froides et sévères de lady Lochleven. Enfin il devint fort clair que la reine, qui avait considéré ces avances comme une condescendance de sa part, et qui se piquait à juste titre de son pouvoir de plaire, s'offensait de la conduite peu civile de son hôtesse. Après avoir regardé lady Fleming et Catherine d'une manière très-significative, elle haussa légèrement les épaules et garda le silence. Au bout d'un moment , lady Douglas prit la parole : <> Je m'aperçois, madame , que je suis un obstacle à la gaieté de votre réunion ; je vous prie de m'excuser, je suis une veuve isolée et à qui l'on impose

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