EDIMBOURG
Édina , capitale cliéri e de TÉcosse, salut à tes palais cl à les tours, où jadis aux pieds d'un monarque siégeaient les puissances souveraines de la législation. BCR.\S.
« Voilà donc Edimbourg ! » s'écria Roland comme il arrivait avec ses compagnons de voyage à une des éiTiinences qui dominent vers le sud cette grande capitale du ïïord 5 « voilà cette Edimbourg dont nous avons si souvent entendu parler I
— Oui vraiment I répondit le fauconnier, là bas est située la vieille Reckie ^ ; vous pouvez voir la fumée s'étendant sur elle à vingt milles de distance, comme l'autour plane sur une volée de canards sauvages. Oui , voilà le cœur de l'Ecosse , et chacune des palpitations que donne cette ville, se fait resseatir depuis les rives du Solway jusqu'au fond de la baie de Duncan ; regardez : là-bas se trouve le vieux château , et à la droite, sur cette élévation , est celui de Craigmillar, que j'ai connu pour être le séjour de la joie.
— N'était-ce pas là, » dit le page à voix liasse, « que la reine tenait sa cour.
— Oui, oui, elle était reine alors, quoiqu'il ne faille pas l'appeler ainsi aujourd'hui. Eh bien I qu'ils disent ce qu'ils voudront , plus d'un cœur fidèle s'affligera pour Marie Stuart, quand môme tout ce qu'on dit d'elle serait vrai -, car voye7-vous, monsieur Roland, c'était la plus aimable créature que j'aie jamais vue; et jamais dame dans le pays ne sut mieux apprécier le beau vol d'un faucon. J'étais à Roslinmoor, à la grande gageure entre Bothweîl (c'était pour elle une bête noire que ce Botlnvell), et le baron de Roslin, qui pouvait juger du vol d'un faucon aussi bien que personne en Ecosse. Le pari était un tonneau de vin du Rhin et une bague d'or, et il fut décidé avec éclat et loyauté. Il fallait voir la reine sur son palefroi blanc, qui volait comme s'il eût dédaigné
•J Jlot qui veut dire enfumc'e. Old-jRçekic est rc'pithè.e qr.e les Ecossais dottnenlà EdimlJOurg.A, m,
de toucher autre chose que la fleur de bruyère; il fallait entendre sa voix, aussi douce, aussi mélodieuse que le chant d'une grive, se mêler à nos cris joyeux. Et comme les seigneurs se pressaient autour d'elle I heureux celui qui en obtenait une parole ou un regard I on se laissait déchirer à travers les taillis, on risquait de se rompre le cou pour se montrer intrépide cavaher, et mériter un coup d'œil d'une si belle reine. Elle verra peu de chasses au faucon dans l'endroit où elle repose maintenant ! Oui , oui , la pompe et les plaisirs passent aussi rapidement que le coup d'aile d'un noble oiseau.
— Et où donc est confinée maintenant cette pauvre reine? » demanda Roland , prenant intérêt au sort d'une femme dont la beauté et les grâces avaient produit une si forte impression, même sui' l'esprit grossier et insouciant d'Adam Woodcock.
— Où elle est emprisonnée ? dit Adam ; mais... dans quelque château du nord, dit-on. Quant à moi, je ne sais pas où : et à quoi sert de se tourmenter pour ce qu'on ne peut empêcher ? Si elle avait bien employé son pouvoir, elle ne serait pas tombée dans une si grande infortune. On dit qu'il faut qu'elle abandonne sa couronne à ce bambin de prince , car on ne veut pas la lui confier plus long-temps. Notre maître a été aussi occupé que ses voisins dans cette affaire. Si la reine rentrait dans ses domaines , le château d'Avenel pourrait bien fumer pour cela , à moins que notre maître ne fît jon marché pour le mieux.
— La reine ]\Iarie enfermée dans un des châteaux du Nord I dit le page. j
— Dame, oui, du moins à ce qu'on dit. Dans un château situé au- delà de cette grande rivière que vous voyez là-bas. Du moins cela vous a l'air d'une rivière ; mais c'est un bras de mer, et l'eaa en est aussi amère que de la saumure.
— Et parmi tous ^es sujets, » s'écria Roland avec émotion , n'en est-il pas un qui ose risquer quelque chose pour sa défivrance?
— C'est une question déhcate, et si vous la faites souvent, maître Roland , je puis vous dire que vous serez vous-même cloîtré dans un de ces châteaux, à moins qu'on ne préfère vous tordi'e le cou pour s'épargner tout autre embarras de votre part. Risquer quelque chose ! Eh, mon Dieu I Murray a maintenant le vent en poupe, mon ami, et il vole si haut , que l'aile d'aucun de ses rivaux ne peut l'atteindre. Non, non, c'est là qu'elleest, et c'est là qu'elle restera, j usqu'à ce que le ciel lui envoie sa délivrance jou que