‹ L'abbesse de JouarreChapitre 6 sur 75 · PRÉFACE, III · texte numérisé non relu

PRÉFACE, III

j'oiTreau public est probablement le seul de cette série que j'exécuterai. J'ai encore un grand ouvrage d'histoire religieuse à faire. J'entrevois la possibilité de le terminer. Je ne me permettrai plus désormais de divertissement.

Ce qui doit revêtir, à l'heure de la mort, un caractère de sincérité absolue, c'est l'amour. Je m'imagine souvent que, si l'humanité acquérait la certitude que le monde dût finir dans deux ou trois jours, l'amour éclaterait de toutes parts avec une sorte de frénésie ; car ce qui retient l'amour, ce sont les conditions absolument nécessaires que la conservation morale de la société humaine a imposées. Quand on se verrait en face d'une mort subite et certaine, la nature seule parlerait; le plus puissant de ses instincts, sans cesse bridé et contrarié, reprendrait ses droits; un cri s'échapperait de toutes les poitrines, quand on saurait qu'on peut approcher avec une entière légitimité de l'arbre entouré de tant d'anathèmes. Cette sécurité

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