LE LENDEMAIN
II» — Kn tout, c'est quelque chose de bien décisif qu'un lendemain. Le sentiment du lendemain s'élèire et crott souvent sur les débris des opinions de la veille comme les saules et les cyprès sur les tombes.
Le lendemain, c'est le réveil, c'est le deuil, c'est la vérité toujours triste, c'est la réalité toujours décevante.
Il n'y a qu'un beau lendemain, et il n'est pas sur la terre ; c'est le lendemain de la mort : le corps est refroidi, l'âme est aux cieux. *
!<• — La première question du lendemain, en amour, est celle-ci : Que pensez-vous de moi?
C^est à l'heure où Thomme se trouve incapable de penser, que la question se pose mollement des lèvres sur les lèvres. — Au fond, cela revient à dire : Comment me trouves-tu? Suis-je assez belle pour expliquer notre amour? Aussi, pas un homme n'entreprend de répondre à ces choses-lft par des paroles*. • ou c'est un sot ; et je sais bien ce que la femme pense de lui à l'instant même.
II. — En amour, les premières ne sont jamais les dernières ; *- le dernier, si Ton veut vous croire, ô nos amies, — est toujours le premier au contraire. Vous le dites, du moins, et l'on est heureux de le supposer.
Et puis, le fond de la crédulité humaine est réellement inépuisable.