‹ L'ABC de l'esprit et du cœurChapitre 34 sur 55 · LA MER · texte numérisé non relu

LA MER

IH. — Elle essaie tous les jours d'envahir le globe terrestre et de reprendre ses vieilles possessions de droit divin : c'est le flux. Vaincue dans cet effort gigantesque, elle tente de remonter vers les cieux : c'est le reflux.

Mais une voix lui crie: tu n'iras pas plus haut; tu n'iras pas plus loin, et l'Océan murmure comme un Titan dompté. Il ronge son fVein et tout ce qu'il peut du rivage.

On a dit à propos du flux et du reflux: l'océan respire. Ce grand souffle vivifie la nature entière.

La vapeur appliquée à la navigation est comme

une insulte aux caprices de l'océan ; elle lui a fait du tort dans rimagination des peuples civilisés.

Les bains qui s'installent incessamment et qui pullulent déjà sur les côtes porteront un nouveau préjudice moral à la mer, — Ramenée à l'état de piscine et de voie navigable par toiis les vents, elle ne fera plus rêver nos enfants.

Si le progrès industriel cx)utinue on parlera de mettre un fond de boisa l'Océan.

Quand l'homme aura fini de ramener toute chose au point de vue de l'utilité, l'ennui envahira le terre; les peuples ressembleront à ces rentiers qui n'ont pas chez eux un seul petit meuble qui ne soit pour l'usage {domestique. Ils auront fini et ils seront finis.

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