‹ L'ABC de l'esprit et du cœurChapitre 45 sur 55 · RIVES · texte numérisé non relu

RIVES

R* — Lorsque nous avons écrit deschoses bien tristes avec une encre bien noire, il nous arrive do jeter unpeu de poudre brillante sur nos lignes encore humides avant de tourner le feuillet.

Ainsi jetons-nous quelques rêves sur les réalités de la vie.

L'espérance peut encore nous rendre malheureux : si elle allait nous tromper!... Le têve nous donne le bonheur immédiat, nous en jouissons) comme d'une vérité acquise pour quelques instants. L'espérance empêche de dormir; le rêve nous berce.

L'espérance tient du désir et provoque la fièvre ; le rêve est une possession douce et mélancolique qui défie la déception, car alors l'homme sait qu'il rêve et jouit à. la fois de son bon sens et de son imagination.

Rêver, penser, imaginer, découvrir — que de facultés chez ce Dieu, et de combien de puissances est formé ce ver qui s'appelle homme I

Les natures rêveuses n'ont aucune curiosité : elles voient tout en dedans. Elles parlent peu : elles vont droit à ridée, à l'image qui présente tout à la fois.

R. — (Test un vaste sujet d'observation que le rêve du sommeil qui nous compose des romans^ des drames, nous donne des rôles, sans que la mémoire qui surveille, puisqu'elle retient tous les incidents^ daigne nous rappeler à la raison*

REVERII

WL. — On médite dans une chambre ; on ne s'abandonne à la rêverie qu'à la fenêtre ; il faut qu'une idée soit inondée d'air pour passer à l'état de rêverie. Car l'âme est expansive, elle aime à errer comme l'abeille pour rapporter à la ruche les impressions dont elle compose la poésie»

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