TROUBLES GASTRO-INTESTINAUX
Anorexie, nausées, vomissements bilieux et surtout vomissements de vers, la diarrhée séreuse, glaireuse, striée de sang avec rejet d’ascaris, sont les premiers signes à apparaître; mais ce ne sont que des signes d’ascaridiose intestinale. Ils peuvent persister pendant toute la durée de Ja maladie. Mais en général ils s’atténuent avec la formation du pus, si bien que lorsqu'on nous amène les petits malades ils peuvent être complètement disparus. C'était le cas chez notre nourrisson. On conçoit l'importance de faire une enquête rétrospective et de les
rechercher systématiquement chez tout enfant fiévreux
et dont le foie est hypertrophié, surtout les vomissements de vers, signe sur lequel nous n’insisterons jamais assez. | Spontanément ou par l'administration d’anthelminthique, l'enfant émet par l'anus un grand nombre d’ascaris, une quinzaine par jour, dans le cas de notre petit - malade; 16 à 30 dans le cas de VIERORDT, ce qui dénote une infestation très abondante. Mais surtout il vomit des
ascaris : 4 à 5 par jour chez notre nourrisson, 23 en un mois dans le cas de BABONNEIX. Le vomissement d’ascaris indique une localisation élevée des vers. C’est un signe important que nous avons retrouvé dans les antécédents de notre malade et dans cinq de nos observations; il doit être considéré non pas nécessairement comme un signe d’abcès mais comme le témoignage le plus souvent de l’ascaridiose hépatique.
Si nous avions eu notion de l’existence de vomissements d’ascaris chez notre petite fille, nous n’aurions pas fait d’erreur de diagnostic.
’ ë \e 4° LA DOULEUR HÉPATIQUE. |
Chez notre petite fille, le foie était à peine sensible. L'acuité de cette douleur et sa localisation sont difficilement appréciables chez les nourrissons. Chez les petits enfants, spontanément des douleurs que l’on devine être à type de coliques peuvent apparaître, se traduisant:par des cris et des pleurs. Avec beaucoup de patience et en ayant soin de distraire l’enfant, on peut, en palpant avec douceur la région de l’hypocondre droit, localiser la douleur au niveau du foie qui paraît plus sensible.
Pratiquement, on ne peut rien conclure. Chez notre petite fille, le foie nous a paru légèrement douloureux. SCHEUTHEUER parle de douleurs intestinales chez son petit garçon de 4 ans; BOTELLI de coliques chez une fillette de 4 ans et demi; VIERORDT a trouvé l’hypocondre droit douloureux chez son petit de 2 ans; Nicozr : des douleurs abdominales chez un enfant du même âge. Les autres observations n’en font pas mention.
C’est donc un signe inconstant chte le nourrisson, très vague, sur lequel on ne peut pas compter; mais que l’on doit recherchér avec soin. La certitude d’un point douloureux bien localisé et permanent dans les cas de gros abcès superficiels nous permettrait de pratiquer avec précision la ponction.