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C'est le lobe sphéno-temporal qui abrite le plus souvent l’abcès d’origine otitique, et cela nous explique la symptomatologie fruste et les difficultés de diagnostic.
En effet, en l’état actuel de nos connaissances, aucun rôlé important n'est dévolu à cette région du cerveau, et l'on peut voir évoluer sans troubles fonctionnels sérieux des abcès volumineux.
C) Volume. — La grosseur de l’abcès peut varier des dimensions d’une noisette à celui d’un gros œuf de poule, ce qui était le cas de notre malade. On comprend les dégâts considérables que doivent produire de pareilles collections purulentes.
D) Contenant. — Ces collections sont le plus souvent enkystées et le pus est limité par une zone d'encéphalite interstitielle qui forme une sorte de membrane limitante, marquant la borne entre le tissu sain et l'abcès.
Si l’abcès est de date récente, on à une membrane molle, rougeàtre, congestionnée par suite de sa grande vascularisalion et qu'on ne peut isoler.
A mesure que l’abcès vieillit, la paroi limitante s'épaissit, devient scléreuse, compacte, isolant parfaitement le pus du tissu nerveux avoisinant, et, dans quelques cas, on la voit s'indurer à la suite d'infiltration calcaire. Y-a-t-il une nouvelle poussée infectieuse? La membrane risque de se déchirer et de donner lieu à l'issue du pus qui formera de nouveaux abcès.
Macroscopiquement. — Une coupe du cerveau passant par la région malade nous montre, en allant de la substance blanche avoisinant l’abcès, au centre de celui-ci : une zone blanchâtre, normale qui devient de plus en plus sombre à mesure qu’on approche de la paroi d’enkys-
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tement. À ce niveau-là, le tissu cérébral est modifié, grisätre avec des plaques et des stries brunes, qui ne sont autre chose que des vaisseaux dilatés et gorgés de sang.
Enfin, on trouve la membrane proprement dite de couleur rouge noir, parfois épaisse de 5 à 6 millimètres.
Microscopiquement. — L'étude histologique des abcès du cerveau a été faite par Klippel et reprise par Wicart et Milhit. Ces auteurs distinguent trois zones qui sont, en allant du centre à la périphérie, d’abord une zone de nécrose qui est formée par l’abcès proprement dit, puis une zone d’enkystements, zone de défense et de limitation du processus infectieux.
Enfin, une zone d'irritation des tissus périphériques.
La zone périphérique varie d'épaisseur suivant le point considéré : « Etroite là où l’abcès est encapsulé, elle est au contraire très épaisse quand la paroi d’enkystement est mince. À son niveau, on note des obturations portant sur les cellules, les fibres nerveuses, la névroglie etles vaisseaux.» Les cellules nerveuses vont devenir globuleuses et ont subi une chromatolyse diffuse. Les fibres nerveuses, fines et grosses, sont altérées et présentent par place des renflements. Les cellules de la névroglie ont proliféré et se sont multipliées dans un but de défense. Enfin, les vaisseaux sont extrêmement dilatés, gorgés de leucocytes, de lymphocytes avec quelques plasmazellen.
La zone moyenne ou zone d'enkystement peut être divisée en deux couches. « L’externe, la plus voisine de la zone d'irritation, est fournie par des cellules du tissu conjonctif jeune. Elle est presque avasculaire. La couche interne, au contraire est extrêmement riche en vaisseaux.» C'est là qu'on trouve les lacs sanguins décrits par Klippel à
Lapta propos de l’abcès traumatique du cerveau et qui ne sont que des veinules dilatées.
Enfin, la zone centrale où d'abcès proprement dit «est représentée par une couche de polynucléaires tassés les uns contre les autres. On y aperçoit quelques rares mononucléaires. »
E) Contenu. - Le pus de l’abcès peut être d'aspect variable. Parfois séreux, sanguinolent, il est le plus souvent, comme dans le cas que nous publions, verdâtre, épais, d'odeur infecte. Cela dépend évidemment de la flore microbienne, car le pus peut être ou fertile ou stérile. Fertile, si-nousavons affaire à des associations microbiennes : streptocoques, staphylocoques, bacilles anaérobies, etc. Stérile, si l'abcès est d’origine toxinique ou bien si l'agent pathogène est un de ceux qu'on n'a pas encore découvert.
Les microbes le plus souvent trouvés sont, par ordre de fréquence : le streptocoque, le staphylocoque, les diplocoques. Pour Hasslauer, les abcès aigus se distingueraient des abcès chroniques en ce qu'ils sont d'ordinaire monomicrobiens, contenant du streptocoque, du diplocoque ou du staphylocoque ; s'ils sont polymicrobiens, ce sont encore ces trois germes que l’on rencontre. Par contre, dans les abcès chroniques, les formes mixtes prédominentavec divers bacilles : pyocyanique, protéus, colibacille. Celte constatation confirmerait la théorie de Lentert que la vitalité des germes, grande au début, diminue et dégénère rapidement, de sorte qu'ils sont bientôt remplacés par les germes de la putréfaction, germes saprophytes, venant de la bouche. La différence des germes paraît jouer un grand rôle dans la genèse de la poche de l'abeès et dans son évolution clinique : le diplocoque favoriserait la pro-