PROPAGATION DE L'INFECTION PAR CONTINUITÉ
Déhiscences et voies anatomiques préformées.
C’est souvent gràce aux déhiscences intra-craniennes que l'infection gagne la masse cérébrale. Elles ont été particulièrement bien étudiées par Mouret (communication faite au Congrès de la Société française d’oto-rhinolaryngologie, 9 au 12 mai 1910). On les note principalement chez les brachycéphales. Chez eux, le plancher de la zone moyenne est plus bas, le sinus latéral plus rap-
/4) Cf. Mouret, Montpellier. — Des voies de propagation de l'infection de l'oreille moyenne. (Congrès de Budapest, 1909, 1° fascicule, p. 25 à 50.)
FA Viper proché et la déhiscence spontanée du toit de fa caisse plus fréquente. Burkner, après avoir examiné 765 crânes, les trouve dans 21,8 °/, des cas, et Kœærner, après examen de 209 crânes, a donné la proportion de 8,6 °/, Il s'agit là de déhiscence au niveau du toit de la caisse.
Urbantschitsch signale un cas curieux où la partie du toit de la caisse voisine de l'orilice tubaire communiquait par une série de cellules avec la pointe de la pyramide pétreuse, et là une large déhiscence donnait accès dans la fosse cérébrale moyenne, en partie sous le ganglion de Gasser.
Bever, cependant, sur 160 cas d'abcès cérébraux où l'on suivait le passage de l'infection de l'oreille moyenne à travers la voûte de la caisse, ne trouve que deux déhiscences, soit 1,2 0/0 des cas.
À ces déhiscences en « troù de mite » du toit de la caisse, on peut ajouter celles qui proviennent du toit de la «trompe d'Eustache osseuse » et celles de la «fissure pétro-squameuse ». :
Les premières « dérivent plus spécialement de la persistance de l'une des fentes pétro-tympaniques principale et accessoire qui existent à la partie antérieure du toit de l'oreille moyenne au cours de la vie fœtale » (Mouret,.
Les secondes sont à distinguer chez l'enfant et chez l'adulte.
Chez l'enfant, c'est une fissure. Chez l'adulte, «on. trouve fréquemment des déhiscences échelonnées le long de la ligne de suture » ; elles «ne sont autre chose que des orifices de canaux vasculaires faisant communiquer l+ caisse avee la cavilé cranienne » (Mouret'. Quoiqu'il en soit, on comprend combien est grand le danger, puisque les suppurations oliques trouvent une voie loute faite
pour se propager dans le crane.
LCR
Pour Mouret (qu'il faudrait citer presque en entier), la plus dangereuse de toutes les déhiscences spontanées serait la déhiscence de la trompe d'Eustache, car l’infection, venant le plus souvent du naso-pharynx, toucherait d’abord la trompe avant d'atteindre la caisse.
Citons, enfin, les diverses déhiscences de l’aquedue de Fallope qui «ont une importance très grande, mais de valeur, inégale, pour la propagation des suppurations de l'oreille dans l’intérieur du crane». Il semble bien que ce soil là une voie facile pour l'infection. Elle satisfait l’esprit au point de vue de la pathogénie de labcès cérébral otitique. Kœrner ne pense pas ainsi et il appuie sa thèse sur les deux arguments suivants : d'abord, chez l'enfant où la fente pétro-squameuse existe à l’état normal, l'abcès cérébral n’est pas plus fréquent que chez l'adulte.
Et puis, il est difficile de dire, à propos des déhiscences sur l'os sec, si elles sont le produit d'une perforation pathologique ou si elles existaient normalement. Nous pensons que la théorie de Kærner est exagérée et que, selon toute vraisemblance, les déhiscences intra-craniennes ne peuvent que favoriser l'épanchement du pus dans le crâne. En effet, le pus fuse à travers les ouvertures de la face antéro-supérieure du rocher et se loge entre la dure-mère et l'os. Puis, la méninge dure se laisse ramollir, le pus va dans l’espace arachnoïdien, où bien, si de la méningite adhésive s'est formée, fuse vers la matière cérébrale.
Il en était ainsi dans un cas rapporté par MM. Marcel Carrieu et OEconomos à la Sociélé des sciençes médicales de Montpellier (3 déc. 1913), «où l'on troavait, sur la face externe et inféro-externe de la dure-mère,un pus fibrineux qui tapissait les méninges molles à ce niveau... a 4
RE Te existait un abcès localisé dans la partie inféro-interne du lobe occipital (abcès arachnoïdien). Cetle collection communiquait avec un grand abcès qui avait creusé toute l'épaisseur du lobe temporo-occipilal (abcès intracérébral) »