A.— SON IMPORTANCE
D'après ce que nous venons de dire au chapitre de la symptomatologie, on voit combien il peut être important de poser de bonne heure le diagnostic d’abcès cérébral, de ne pas attendre que des signes précis se manifestent pour intervenir. Souvent, les symptômes sont frustes et, pour avoir temporisé trop longtemps, on voit le malade mourir subitement. e
BE == NSASDIRFICUETÉ
Malheureusement, grandes sont les difficultés du diagnostic. On peut dire avec Ferreri (Communic. Congrès de Budapest, sept 1909) que le diagnostic des complications endo-craniennes est entravé par trois obstacles sérieux : a) parfois, l'abondance et la rétention du pus dans la caisse et dans la mastoïde donnent naissance à des phénomènes réflexes ou à des symptômes méningitiques qui disparaissent dès que l’on a procédé à l'évidement pétro-mastoïdien ; b) «chez les otorrhéiques, les
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manifestations encéphaliques sont souvent d'origine névropathique, neurasthénique, hystéro-traumatique, urémique, sans qu'il existe nulle relation anatomique entre les troubles nerveux et la lésion auriculaire » : c) enfin, on peut rencontrer des abcès sous-corticaux d’origine otique, « pour lesquels, malgré un examen soigneux, on ne peut noter aucun signe particulier autorisant à conclure à une complication encéphalique ou qui demeurent muets jusqu'à la mort à moins que des phénomènes réflexes ayant une origine apparente toute autre ne se déclarent.
Le diagnostic de l’abcès sous-cortical est encore augmenté de cette difficulté que, se produisant dans une zone parfaitement tolérante, il peut, sans produire trop de dégâts et sans donner signe de vie, désagréger là subsstance blanche et passer complètement inaperçu. C'est, dans ce cas-là, qu'on peut dire avec Murri : « Le médecin peut guérir, mais, d'ordinaire, il estinapte à diagnostiquer l’abcès cérébral chronique. »
Autre difficulté : Chez le jeune enfant et chez le vieillard, il est difficile de contrôler les troubles de la parole, de l'écriture ainsi que les maux de tête localisés, et cela à cause de la grande excitabilité de l’encéphale chez les enfants, et de l’évolution subie, chez le vieillard, par le système nerveux.
Enfin, malgré les progrès de la neurologie, et bien que nous ne soyons plus à l’époque où Fantoni, parlant du cerveau, le définissait ainsi: «obscura testura, obscuriores morbi, fonctiones obscurissimæ », 1l faut reconnaitre que la séméiologie cérébrale estencore bien incomplète.
Cependant, dans bien des cas, les difficultés du diagnostic peuvent être levées. [ei, comme dans beaucoup d'autres affections, le laboratoire portera son secours à
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la clinique, et, grâce à cet appui mutuel, nous pourrons poser, souvent avec certitude, le diagnostic d'abcès du cerveau.
Voyons d'abord quelles sont les affections susceplibles d'étre confondues avec un abcès cérébral chez un malade porteur d'une lésion suppurée de l'oreille; nous étudierons ensuite les résultats fournis par l'examen du liquide céphalo-rachidien et du sang ; nous verrons enfin comment, dans la mesure du possible, le diagnostic d’abcès cérébral étant établi, on peut arriver à poser le diagnostic de siège.