‹ L'Abcès Cérébral D'Origine OtiqueChapitre 23 sur 56 · LT DER · texte numérisé non relu

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nous pouvons le répéter pour l’abcès intra-dural. Même symptomatologie. Cet abcès, qui se développe entre la dure-mère et l’arachnoïde. a été surtout étudié, en Allemagne, par Kœærner et Heine. D'après Manasse, on pourrait faire le diagnostic d'après les aspects du pus : très épais et opaque, il s'agirait d’un abcès intra-méningé ; fluide, il s'agirait d’une méningite circonscrite.

c) Complications.

a) Du côté des méninges. — Ces lésions, étendues aux — méninges, peuventprêterà confusion. Dans la méningite, le pouls est irrégulier, ce qu’on n’observe pas dans l'abcès, à moins que celui-ci ne soit très compliqué. Le pouls de l’abcès est dû à la différence dans la participation de l’appareil nerveux cardiaque : la lésion, souvent localisée, n'atteint pas directement les racines du vague. Dans les abcès cérébraux, les réflexes abdominaux sont unilatéraux : 1ls précèdent et persistent plus longtemps que les réflexes rotuliens, tandis que, dans la méningite, ils sont bilatéraux et disparaissent vite. Enfin, la névrite optique est plus accusée dans la méningite et elle est bilatérale. Différencions maintenant l’abcès cérébral d'avec les diverses méningites. D'abord avec la méningite aiguë : ici, peu de difficultés. Nous savons, en effet, que les abcès du cerveau ont, en général, une allure insidieuse, lente, sans grand fracas, Dans la méningite aiguë, au contraire, l'allure est vive, la température est élevée, le délire intense, le pouls rapide, les mouvements respiratoires troublés, prenant parfois le rythme de Cheyne- Stokes.

La méningite tuberculeuse est plus difficile à diagnostiquer. Son allure lente, sa fièvre modérée, la céphalée,

l'abattement, la dénutrition et l'amaigrissement du malade peuvent en imposer pour un abcès cérébral.

La confusion devient extrême lorsqu'on se trouve en présence d'un malade atteint d'une méningite tuberculeuse et porteur d'une otorrhée. On se souvient que souvent la méningite tuberculeuse s'accompagne de paralysie oculaire et de crises épileptiformes, signes de peu de valeur, il faut en convenir.

C'est ici que le laboratoire nous fournira un aide précieux pour l'étude du liquide céphalo-rachidien.

Extrêmement délicat, pour ne pas dire impossible, est le diagnostic entre l’abcès cérébral et la méningite séreuse. Ce terme de «méningite séreuse », créé par Quincke, est mauvais. Cette dénomination prête à confusion, puisque, comme le dit Moulonguet, il ne s’agit pas d’une méningite vraie, mais bien d’une «fluxion collatérale », d'un «œdème collatéral périostique » ou de troubles circulatoires. Quoi qu'il en soit, ici nous retrouvons les signes d’hypertension intra-cranienne, c'est-à-dire l'abattement, le ralentissement du pouls, la dépression physique et intellectuelle, la stase papillaire, etc . Nous n’aurons pas, malheureusement, de renseignements précieux venus du laboratoire, et c'est seulement à l'inter vention qu'on pourra reconnaître la véritable nature de la maladie. Peu importe, d'ailleurs, l'erreur de diagnostie, l'intervention est la même dans les deux cas. Nous ne ferons que mentionner la méningite cérébro-spinale, dont le début brusque, la rachialgie et surtout l'analyse du liquide céphalo-rachidien suffisent à reconnaître. ,

Mais les méninges ne sont pas seules victimes de l'infection.

B) Du côté des sinus. — Les sinus peuvent être

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