‹ L'Abcès du lobe frontal d'origine fronto-ethmoïdaleChapitre 16 sur 20 · NAS · texte numérisé non relu

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premier symptôme de l’envahissement intracranien et celui qui a motivé l'entrée du malade à l'hôpital. Et cette papillite aurait sans doute été constatée dans bien d’autres cas, si l'examen ophtalmologique avait été pratiqué.

H faut reconnaître d’ailleurs que ces altérations papillaires n'indiquent qu'une chose, c'est l'existence d'une lésion intracranienne, mais qu'elle ne peut par ellememe nous renseigner ni sur la nature, ni sur le siège de cette lésion.

On peut mettre encore sur le compte de la surpression intracranienne l'apparition de certaines secousses toriques ou cloniques se produisant des deux côtés du corps, à l'inverse de celles qui se montrent du côté op- . posé à la lésion et qui relèvent du groupe des signes de localisation. (Luc).

8. — Symptômes de localisation. — Les symptimes de ce troisième groupe sont encore moins fréquents dans l’abcès venant du sinus frontal que dans les abcès d'origine otique. Le Iobe frontal est à ce point de vue une zone latente, dont la destruction ou l'irritation, si eile n'intéresse pas des régions bien systématisées comme la zone rolandique, ne se traduit généralement par aucun phénomène paralÿtique ou convulsif. C’est ce qui explique que ces phénomènes n'ont été constatés que dans les cas où l’abeès s'était développé dans cette région, ou bien s'était étendu jusqu’à elle par ses grandes dimensions.

Parmi les troubies convulsifs nous trouvons les secousses cloniques dans le côté opposé à la iésion signalées par Ropke, Kæbel, Lue (2 fois), Lecgaard, Lannois ct Sargnon. Luc en donne une fois l'explication par

la présence d'un abcès s'étendant jusqu'à l’avant-mur et comprimant vraisemblablement la capsule interne. Sauf dans le cas de Lannois et Sargnon, l’abcès siégeait à droite; cette prédominance de troubles convulsifs dans le cas d’abcès à droite a-t-elle une raison dans cette seule localisation ?

Il faut signaler ce fait bizarre observé par Donalies l'apparition de crises convulsives dans la moitié gauche du corps provoquée par un abcès du lobe gauche, c'est-à-dire du même côté. Donalies ne peut expliquer ce phénomène. Leegaard l’a également constaté chez un de ses malades : secousses dans le bras gauche pour un abcès du lobe gauche; l’auteur pense qu'il faut ineriminer la méningite qui, le jour où apparurent les secousses convulsives — la veille de la mort — devait déjà s'être très étendue. |

A côté de ces phénomènes convulsifs on a noté des troubles parétiques ou hémiplégiques, par exemple dans les faits de Killian, Coffin, Lue, Mac Coy, Van den Wildenberg, avec participation de la moitié correspondante de la face chez les malades de Ropke, Cahen, Hoffmann,- Redtenbacher, Hammersfahr.

Dans les cas où l’abcès siège à gauche et s’il arrive à intéresser ou à avoisiner le pied de la æ circonvolution frontale, on pourra constater des froubles aphasiques.

C'est peu fréquent; dans la statistique de Luc on note quatre fois l’aphasie sur 16 cas d’abcès du lobe gauche (faits de Schindler, Reinhardt, Cahen, Hoffmann). Dans le premier cas, aphasie transitoire causée par un gros abcès situé au voisinage des deuxième et troisième circonvolutions frontales. Dans le deuxième, aphasie anam-

nestique pour un abcès de la base de la deuxième frontale. Dans les faits de Cahen et de Hoffmann, il s'agissait d’aphasie motrice, malgré que dans le cas d'Hoffmann la troisième circonvolution frontale ne fut pas directement intéressée. Hammersfahr avait observé chez son malade, en même temps que de la parésie faciale droite, une aphasie anamnestique partielle, ce qui lui fit diagnostiquer un abcès à la partie postérieure de la troisième frontale : à l'opération l’abcès fut trouvé au point soupçonné.

Chez le malade de Van den Wildenberg il y avait de. l'aphasie motrice : au niveau de la zone rolandique on touva un abcès extra-dural et un abcès intra-cérébral superposés.

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