LESCORIAL ET ARANJUEZ III
Au cours des mots qui avaient précédé, le prince avait repris ses habitudes laborieuses de travail nocturne. Quelles études pouvaient bien absorber ses veillées, puisque la traduction de Condillac était terminée. Les agents de Godoy s'en préoccupèrent et leur enquête ayant abouti, un pli fut mystérieusement déposé sur le bureau du roi dans lequel un anonyme dénonçait la conspiration : « Le prince Ferdinand prépare un mouvement au palais, uronne di i Majesté est en péril. La reine Marie-
e court le danger d'être empoisonnée. Il faut sans aucun retard entraver de pareils desseins. Le sujet ! qui donne cet avis n'est ni en situation ni en posture de acquitter autrement de son devoir (i). » Présentée cette forme, la nouvelle qui lui était donnée ne pouvait que bouleverser Charles IV. Le roi redoutait pardessus tout les agitations populaires. Il idolâtrait son fils a trouvait donc balancé entre ses craintes et ses rie- Louise, qui détestait Ferdinand, agit sur te 28 octobre 1807, Charles IV entra subitement son fils, sous prétexte de lui remettre un exemplaire dément relié à son intention des poésies composées au sujet des victoires espagnoles à Buenos-Ayres. Ferdinand était plongé dans des travaux d'écriture. Il se troubla I de son père, et le roi, voyant dans ce trouble une confirmation de ses soupçons, saisit les papiers de son gna dans ses appartements (2).
Les agents du prince de la Paix étaient bien informés, cotquiz était venu de Tolède à TEscorial, le temps n'avait pas été perdu pour la conspiration tramée. 4imé que le prince des Asturies n'avait qu'un seul moyen d'échapper au déshonneur d'épouser la belle-sœur de Godoy, c'était de se placer sous la protection du puissant voisin qui avait, à tant de reprises, tenu dans sa main la fortune du favori. Sur son conseil, le prince des
••.«letto Ufoenle. Hittoria de Etpaha. XVI. 190. [1) Modesto Lafucntt. Hittoria d'Ktpana. \W