REINE QUI S AMUSE ID
ta garde (i) et d'autres jeunes courtisans et jouait avec eux ■ princesse, toujours présente à ces amusements, y apportait une grande animation. Le duc de Beja: juis de Teba, don Augustin de Lancastre
esse des parties du prince. Ces jeux leur tient de prendre sur lui de l'influence et la princesse trouver un singulier plais ns.
de Teba, homme fait pour plaire, fut U dit-on, sur qui se portèrent les regar Marie-
se. ll'crut qu'en répondant aux avances de la prinitant un nom sur la liste des femmes autrement aimables qui lui av rerait un tnt avenir. Il avait compté sans l'indiscrétion de Marieleurs d'une premi ion semblaient e son rang la mettrait à l'abri des critiques, oint les brocards d'une cour d'autant plus santé que son existence était monotone. Sûre de son rc sur le prin uiricsqui ne savait voir que par
r les mauvais 08, mais elle ne put éviter qu'ils ne vinssent aux Oreill taries III. Il eut bien vite fait d'envoyer le
uis gouverner une lie des Antilles en lui ordonnant de ingt-quatre heures pour son commandent ne mit fin au scandale que pour être la cause originelle d'un scandale nouveau. M
meipée pour se reprendre de sitôt au goût du comte de Lancastre, qui, vers ce tempsqu'il venait de quitter, les grâces et les agréments d'un seigneur qui avait coi:
lime, écrit Darlymphe dan» son Voyage en Espagne, t et souvent plu*). CV»t I agréable emploi général, il» «ont
née de galante i •■r l'emportement d.
(2) | •<• le Parme, reine d'Etpagne, p. 34.
i6 l'abdication II
v et badiné tv hal de R
pat à ae voir proposer la
.tit point merveill un des plu
de la fortune et il se bersa de V(
en tirerait le qui lui et. lient ne. U M per-
sonne de façon trop .i
jurent erent. dans la personne d'un
rneur général à enrichir, de la
ii Marie-Louise conçut du départ de ses I rie une violente colère contre José Moiïino. I Ion lier ministre, qui
I :harles III. M dit, ou plutôt il n'avait pas mis sous les yeux du rc preuv ontait. Il conservait en
une ( la princesse avec un i
de ce ci inné contre ce que la prin-
urrait quelque jour entreprendre contre lui
uatelli. alors exempt des u corps, que la pi. es Asturn
plus excitantes œillades. Il y avait alors a Madrid deux des daines, qui donnaient vraiment le pas e. Pendant toute la fin du \\n :;t de véritables salons a la mode franc ichesse d'Ossuna et la duchesse d'AlK ■nt de grâce et d'esprit. Ellee étaient toutes deux fort belles, fort riches et fort puissantes (3). PignaielU, qui
(1) Viepoltlii/i.
(2) / '«tf*. publi.
ibli à Madrid avant 17s> j ,tr Uarcelone à un le la libe
assidu des clubs de Paris.
La duchesse d'Ossuna, raconte M"*- d Abrantts. avait bal ■ B. Ses enl I d«J |>tuir in.ulir d.
maison était meublée avec des brumes de Galle, des meubles de ! ird, de» étoffes de Levacher et er.
KLI.NK
s 4MUS1
int un sot, car c'est lui qui prit l'initiative Je faire
canal impérial d'Aragon, faisait une cour assidue
\lbe. Celle-ci ne s'était mêlée jusque-là
RR -;T/Tv;';^ ™
^^^z^-^^^TW^^^^H^KmKm
I </u l'alats d'Aninji.
irr do wiii» tiède. (Bibliothèquo Nationale. EiUmp«i.)
x querelles des deux coteries madrilènes qui prenaient
r Komero, qui pour Costellares, les d
mode, (il qui pour IVpa Figuera, qui pour
1 Rosario, les comédiennes en vogue. Quand
; la jalousie de la duchesse en
ar la princesse des As tu ries, la
fit une résistai;
s que sa beauté lui inspirait pour une
Li mutée de l'Ktcorial poatèd* an •n compagnie de» plut fumeux torero*
■. ait de la belle du de le péninsule.
rivale aussi disgraciée de la na:
princesse des Asturies et se résolut à lui disputer son amant. A| sa charge d'exempt des gardes du i
à la Cour, Pignatelli se laissa séduire princesse.
le s'abandonna avec lui à Unîtes les jouissances de l'amour, dit un iporain. Fécond en imagixi
ce genre, l'exempt rpi était à ses yeux un
présent fort rare qu'elle se promettait bien de » Sous un tel maître, elle aurait bientôt surpassé les plus habiles courtisanes; ses disposition ruses
dans ce genre (i). » Au cours de leurs ardents »
lit don à son amant d'une boîte d'or enr de diamants. Pignatelli s'empn.
à la duchesse d'Albe. D'abord, il ne voulut p le qui
il le tenait; puis, il avoua l'origine du présent, en continuant à feindre d'avoir résisté aux entrepris. princesse. La duchesse ne s'y trompa pas. Tout en prête à rendre ses bonnes grâces à Pignatelli, elle lui tint longtemps la dragée haute et ne céda à condition d'échanger la boîte d'or enrichie contre un brillant qu'elle portait à l'un de ses d telli, qui goûtait à son prix la tendresse vrai noble maîtresse, ne tarda pas, cependant, à retomber sous le joug de la princesse des Asturies. Marie- Louise lui arrach. explications embrouillées sur l'origine du diamant qu'il portait. Elle le contraignit de lui en faire don. ainsi découvrir la personne de la Cour à qui il aw tenu. Au baise-main suivant, elle se para du diamant de la duchesse et quand le tour de celle-ci fut venu les doigts de la princesse, la bague lui trahison de Pignatelli. Aussi, à leur prei fit-elle une scène violente qui le détermil Marie- Louise. La princesse, prenant l I lui laissa point la faculté de se retirer et .om-
it) Vit politique de Marit-Louite de Parme, reine d'l$pagne, p. 3b.
COUR QUI S'ENNUIE, UNE REINE QUI S'aMUSE If
pagn pectacle. Le lendemain, Pignatelli rece-
vait ce billet de la duchesse d'Albe : « Rien ne peut fixer un cœur qui met sa félicité dans l'inconstance. Les serments les plus saints sont facilement oubliés à la vue de [tti flatte l'orgueil. De même, j'oublie celui qui juré fidélité et amour. Je ne veux plus vous voir. >2 veux plus vous voir. Adieu pour jamais. » Pignase présenta quatre fois chez la duchesse : sa porte lui demeura fermée. Il la guetta aux abords de son palais; ell huit jours sans sortir. Mais enfin, il
lui fallut bien reprendre son service à la Cour. Là elle ne lit manquer de rencontrer l'exempt des gardes. La pren elle s'éloigna sans lui parler; la seconde,
après avoir été accablé par ses reproches, Pignatelli obtint qu'il u chez elle le soir. C'était la certitude du
ion.
rs, ce fut à la princesse des Asturies à réclamer Ile le fit mander, lui reprocha ses absences Cour et le contraignit à faire de nouveaux traits à la duchesse d'Albe. Pignatelli prit cette fois ses précautions pour que la belle duchesse n'en fût point informée. Elle oint renoncé à sa vengeance.
Il y ^rs à Madrid un coiffeur français dont les
t payés à prix d'or par les femmes qui voula mode. On lui donnait jusqu'à une once (80 francs) par séance. Il coiffait également la princesse des Asturies et la duchesse d'Albe. Un jour que le coiffeur duchesse pour y travailler de son •ut soin Je laisser négligemment sur sa toilet
ornée de diamants que la princesse des Asturies
donnée à Pignatelli. Klle l'avait remplie de pommade.
'aire s'exclama sur la richesse de la pomma -
« N'est-ce que cela? fit la duchesse. Si vous me
: de vous servir de celle-ci pour vos pommades,
us en donnerai une semblable pour votre tabac. » Le
orta la pommadière et n'eut rien de plus
pressé que de s'en servir chez la princesse des Asturies.
10 DICAT10N DE BAYO
Celle-ci la reconnut et, questionnant U - it di
qui il la tenait. Marie Louise fît alors de violents i à Pignatelli qui s'excusa comme il put. A l'en! n'avait pu i I la duchesse d'.\
du moins, il avait su en taiiv ance. « Et le dia-
mant? » fit la princesse lli soutint qu'il a\
la bague à Pa: ne d'en !
princesse des Asturtes n'en crut rien et, sur ses instances, le pr remit auprès de son péri pour faire en'
la charge di dame du palais à la duchesse d'Albe, sous lit dfl mauvaises nneurs (i).
\ têê était de celles dont on dit qu
ont la cuisse légère* ElU était de ces grandes dames de la
; spagne qui affectaient, comme les hommes, de vivre au milieu des toreros, qui imitaient leurs gest leurs il parlaient l'argot le plus bas de la
Elle subissait la mode du nnijisnn\ crise analogue à ce qu'était pour la France la mode poissarde. Elle favorisait
idé de II . prenait cet air déluré des filles qui
encombraient à la nuit le Prado, copiait leur balancement de hanches, leurs toilettes et leurs pr léa. Plus
qu'une autre, elle avait cette démarche enlevée qui fait
•nbler une femme s'avancant dans les rues a un joli navire dont le vent enfle les voiles et dont la proue fend l'eau (2). Bien posé sur des hanches arrondies et pleines. le beau corps de la duchesse « faisait de l'air en marchant. 1 Charles III l'avait en piètre estime. Il savait bien qu'elle était toujours à la tête de toutes les int: les gens de qualité pour faire opposition à de police (3). Il savait aussi tout ce que l'on pouva
(1) Vie politique de Marie-Louise de Paru. /' F spagne, p. 38-71. Y F *
(2) A. Morel-Falio. La satire de Jmellanos, 12.
(3) Charles III t'était mis en tête de supprimer la <pe et le chapeau rabattu. Contrevenir à ses ordonnances fut alor» Ikiffl acte d'indépendance et d'opposition m ^uvernemeut absolu. I vint même à une émeute qui fui presque une révolution.
COUR Ql'I S'ENNTIF. INF REINE Qll s'aMISE 2!
cher à se* mœurs. La duchesse d'Albe se vit donc enlever la charge de dame du palais. Elle était trop fîère pour montrer le moindre ressentiment à Pignatelli de ses indi*à ne vouloir point s'apercevoir de et l'exempt des gardes du corps continua ses tie double jusqu'à ce qu'un nouveau tour de i'Albe mît le comble à la fureur de Marie- Il était d'usage que les Cours de France et d Kspagne ps en temps des cadeaux et des sours, comme entre parents qui entretiennent une amitié sympathique. Marie-Antoinette, qui avait adressé à Charles IV un de ces albums de Trianon qu'elle faisait hâtelet (i), envoya un jour à la Cour d'Esi de montre en acier artistement travail : nière création de l'article de Paris. mem! tmille royale se virent distribuer ces
chair. ul parmi les courtisans, Pignatelli en reçut
une. N'appartenait-il pas irrégulièrement à la famille ichesse vil la chaîne d'acier sur le jabot de itelli et comprit d'où venait le présent. Elle avait à un agent tout dévoué à ses ii : lie lui donna
ordre r pour elle, à quelque prix que ce fût, une
le les lui adresser par un courranc étrier. Une fois les chaînes ichesse, elle les distribua à ses domestux gens de la princesse des Asturies. C»
un crime de lèse-majesté. Marie-l.v
fit une enquête sur l'origine des chaînes, et apprenant que
ent des cadeaux de la duchesse d'Albe, elle comprit
1 insulte la visait. Sa fureur s'appesantit sur Pigna-
t en avoir assez d'un amant qu'on
lit pas et, lui imputant l'injure qu'elle avait
i dans la liste des personnages