COUR QUI S'ENNUIE, UNE HEINE QUI S'AMUSE
de plus en plus difficile, ses charmes extérieurs ne lui
:\t plus en Souvent, bien qu'en plaisantant, le
roi lui dit qu'elle est un laideron, qu'elle devient vieille.
De semblables expressions, au fond sans importance,
inqin tucoup la reine. Elle craint que le roi ne
;e ses regards vers quelque autre femme auprès de
laquelle il trouverait du plaisir. Pourtant, elle-même est
noncer à l'amour. Elle s'y adonne au contraire
de liberté depuis son avènement au trône. Tout
le monde connaît ici ses intrigues jusqu'aux détails les plus
mini.' n homme seul les ignore entièrement, c'est le
Les deux frères Godoy, officiers des gardes, se sont
r\t ses faveurs; mais dans ces der-
temps, le cadet a pris le dessus et pour le moment il
est seul en grâce auprès de Sa Majest né ne fut
nommé caporal de la Cour (fonction toujours liée au
grad. es la mort de Charles III et le cadet obtint
ette dignité, malgré son peu d'ancienneté au
-îrande difficulté d'arriver à ce grade pour
.is de haute naissance. Toute la famille
m jeunes gens a été comblée de bienfaits. I
questions du roi, on lui fit croire qu'il était en Me de son trône à cette famille qui e sous Philippe V en défendant son parti. La reine use de ce jeune homme qu'elle lui interdit toute t celle des femmes. En ce qui concerne son elle est jalouse par ambition. Quant a l'amant, elle e par sensualité, les avantages intellectuels n'y et, sous ce rapport, Sa Majesté est invulnéirmi ceux de ses amants que j'ai connus, aucun : lit beaucoup d'effet sur une femme d'esprit. 1 8 les oubliait facilement, quand on les éloignait de la . sous le règne précèdent (i). »
iiarles IV, la faveur de Godoy
de M. Tralcbewgky : I. F.tpugnt à Ctpo^ut dt la Révolution françai$c.
a8 l'abdication de bayo
fut extrémem de. Le 17 février 1789, Luis était
nommé surnuméraire à la compagnie des gardes du G
Le 9 juin. Manuel, qui n'était que cadet, devenait à son
iitméraire. Le i3 octobre, le père, Josepl des I . était fait ministre de cape et d'épée du
■>'il dos finances avec droit d'assistance » n à la
vacante [l)« I était dame d'hoiu
La sœur, qui avait ou une intrigue très avancé'
:•• la gftll te de
la reine. Joseph Godoy, un des frères du favori, qui n qu'un très maigre bénéfice a la cathédrale de Badajoz, est
cédait son oncle et ronde obtient un canonisât à Tolède. Le 18 janvier Manuel
àjudant gênerai des gardes du corps, bl dier des années. Le ifr mars, il est maréchal de camp. Le 4 mars, il obtient les clefs de gentilhomme chambellan en exercice. Le 2 août, il est sergent-major et lieutenant général des armées (2).
I ambassadeurs étrangers se préoccupent de cett» riere si rapide et du cynisme avec lequel s'affiche publiquement ta passion delà reine. L'envoyé français dlrtu île à Montmorin, dans une dépêche du 18 juillet. la création d'un comité secret de la reine formé par Godoy, la présidence d'un homme de paille. Au m . Marie- Louise fait cadeau à son favori d'une superbe berline avec son chiffre surmonte de la couronne royale. Il a six chevaux, admirablement harnachés attelés à sa berline. Quand la reine sort, il la suit dan lorsqu'il paraît à pied en public, il est entouré d'une foule
(1) Sur le» instances de «on fil*, il dut accepter la place de garde du sceau royal oui valait 15 000 livres. Dans le même temps, Manuel
i.nit -le la lotei pointements. Il était admis dnn« I ordre <!•■ S presque aussitôt pourvu d'OM command) politique de Marie-Louise de Parme, reine d'Espagne. |>.
(2) Lee étale de service de Godoy et les dates de see pron»
• établit <•!» f«Miill«-t.Hit !•■ i.ncrta <ie Madrid pow les années
COUR on S'ENNUIE, i s» REIN! Ql ! S*AH I
de solliciteurs et de courtisans (i). Chevalier grand-croix de l'ordre de Charles III depuis décembre 1791, grand d'Espagne de; , il fait de son père un gou- I des finances, le 8 mai 17^2. Lui-même, t en juillet; ministre d'État, honoré du collier de la Toison d'Or, secrétaire de la reine en \ le 23 mai, capitaine général du royaume. famille des Godoy devient sacrée. Le chanoine Godoy te son évéque, qui veut lui faire quitter une fille qu'il a installée chez lui et qui « offre des preuves non équivoques de l'incontinence de l'abbé ». Manuel, touttnt, change son frère de canonicat et le nomme à 1 oyeux chanoine, qui troque écus pour doune avec lui sa compagne. Là, nouveau scanéque de Séville, homme de mœurs sévères, se •.et une semonce. Le chanoine proteste et son frère le fait nommer à Tolède à un canonicat de 60000 livres, bénéopime que les deux précédents. La reine, à la luel, allait en faire un évéque et avait proposé la chose au roi, au retour d'une chasse, lorsqu'on apprit la mort du chanoine, brusquement décédé au cours d'une o, le plus jeune des frères de Godoy, nommé une des grenadiers, vivait à la Cour, ses 14 ans ne lui s d'exercer un commandement. Au couronnement de Charles IV, il servit d'écuyer à la reine qui le prit 1 anuel, qui trouvait suffisant d'avoir partagé les rs de Marie- Louise avec son frère Luis, à qui il avait le camp, mais avec défense de se montrer à la Cour (4), envoie en 1791 Diego au gouverneur de Ce ié par les Marocains. Le gouverneur
Geoffroy de Grandmaiton. L'AmbaêtaJe française en Espagne ■tt la Révolution, 58.
y recul av. le Grand de \- clo»»« 1 pro-
Ci la vallée d'Alrudîa, en même tempa qu'il était ut luiir.jui-. .1 A. \ ii • I tt : : U "'lia. (3) I ,e de Marie-Louise de Parme, reine ti Espagne, y
Hùque de Marie-Louise de Parme, reine d'Espagne, p. 80.
3o l'abdication de bayonne
ureuse. Aussitôt, Madrid porte aux nues le courage de Diego comme ceux du rustre de la guerre et du génér lant la
place. A la suite de ces . Diego est nomn.
comme la reine a ! vouloir le
personnelle!: air ce da;
or à son ! Ile du marquis de
Juan et l'investit lui-même d'un marquisat (i qui est alors à Madrid, âge; irtOllt
surveillant du doc de La Vauguyon. J faveur des Godoy : « Les deux n seigneurs
logent dans une maison en face le palais et il ment
le roi, ils ont un diner comme celui du m lanfl lequel ils reçoivent debout, les gens marquants de la Cour, qui vont se prostituer devant mne-
quins. Pour vous achever ce tableau, voici ce que j'ai vu, monsieur. Étant allé à trois heures avec M. l'ambassadeur et sa famille voir les diamants de la r« .me nous
étions à les examiner, on a crié : « Voilà la reim entre! » En même temps a paru Godoy qui a tin l'appartement où nous étions, le chapeau sur l honoré de quelques caresses familières des valets de chambre qui se trouvaient là à ouvrir la porte de l'appartement de la reine, qui entrait par le cote contraire. Il a tiré sur lui, l'air de négligence et de dédain la porte battante, nous regardant et cherchant par ses mouvement connaître son bonheur. C'est M. La Tulipe. gardes, qui va coucher avec MH« Jeanneton (2). »
Certes, Jeanneton n'est pas belle En [789, l'ambassadeur russe Zinoview traçait d'elle un portrait peu flatteur. 1 accouchement s des indisposi
même un germe de maladie, l'ont complètement il Son teint devenu olivâtre et la perte de s
e fvldiquc tic Marie-Louise de l'arme, ntM <t r.sjjag . (2) Le Français à Madrid, p. 43.
COUR QUI S'ENNUIE. UNE USINE QUI S'AMUSE 3l
rnier coup à sa beauté (i). » Godoy, au contraire, est à ;ue un fort séduisant cavalier. Souple, bien pris, aux traits réguliers, au teint mat, aux beau. il est
plus jeune que la reine, étant 1667
lie avait déjà seize ans (2). Le favori possède un certain temps, cette reine au cœur caprir liaison est devenue si publique qu'une ;tit le roi. Charles IV met la lettre 1 reine et lui conseille de se montrer plus iter de prêter aux mauvais pr a une crise de nerfs et dès lors, Charles IV plus reparler de rien (3). Par contre, quand Godoy est grand d'Espagne et membre du Conseil d'Ktat, Mariermet d'aller rendre visite à un personnage d'aussi grande importance. « Bien que la visite ne durât qu'un remarque Zinoview, les lois de l'étiquette en
it transgressées et cela produisit un grand effet sur ^utumés à pareille chose (4). » Quelques jours après, on lâche un chien Aranjuez e inscription sur le collier : « Je ne a ens à Godoy. » Faute de pouvo 1
ption, c'est le chien qu'on met en pri son (5). I . durant le séjour de la Cour à
Louise imagine de se promener avec Godoy escortés seulement par un exempt des gardes du corps. Ces prom hoquent tout le monde. La reine ail
qu'elles lui sont ordonnées par son médecin. Alors, des
par Tratchewskv. L'Espagne à tépoque de la Révot
ademiede ( aen, 189
• sert. L'Eepagn, . Il '-'"
jne à l'époque de la Révolution fronçait*, p. 14.
(4) Tratchewskv. L'Eepagne à l'époque fie la Révolution fra>
(5) ■ l.a | ien, dit Le Françaie à Madrid, est une de ces extravagances espagnoles qui peiut bien l'esprit du gouvernement • , p. 46.
L AIU.I. \
es et volent de bd la reine s'est rendue I Madrid
lavandières ac rs par les cri
tin. » La furieuse à
t sur ses plan, voie un r<
emprisonner les blanchisseuses ( i ).
main de la duchesse d'Albe n'est pc gère à cotte nouvelle campagne contre duchesse d'Albe n'a-t-elle pas à Paris un agent qui la renseigne sur les toilettes nouvelles que 1 aux émule- ,:. M io Berlin: Si bien que le j( Louise reçoit ses robes, les femmechesse se promènent au Prado et à la rui
I identiquement semblable d'Albe ne néglige rien pour être désagr ^a souve-
raine. Aucun sacrifice ne lui coûte quand
ses rancunes. Par deux fois, le , incendie par des malveillants que la poli int voulu
trouver. Par deux fois, elle l'a fait reconstruire plus magnifique et cette reconstruction amplifiée et embellie le seul défi dont elle veuille se donner 1
id incendie, le jour où elle inaugure ses salons, elle donne une grande fête. A minuit, elle renvoie ses in en leur disant : « Je ne veux pas laisser à d'autre de brûler ma maison; je me charge moi-même d« soin. » Une heure après, le palais brûlait (3). Ktle tire encore une autre vengeance de la reine. C'est l'e: Goya peint les fresques de la chapelle royale de San Antonio de la Florida. Le célèbre peintre est en train d son travail. Il n'a plus qu'à placer un ange debout pr. maître-autel. La duchesse l'aborde. « Il paraît, monsieur le
(1) Vie politique Je Marie-Louise de Parme, r* pagne, p. 11..
(2) Desdevizes du Désert. L'Espagne dé • . I. 167. (Z) Desdevizes du Désert. L'Espagne de / l>,,icn Rtfimê, I. 167. —
Morel-Fatio. Etudes sur l'Espagne, 2« série, p. 80.
OUI Qt'l . UNI RF:
. duc dr la AictuUm, prin.r de la Pair. -rnicero. grave par J. Sri m* (Hii.l NM. EiUmp«i.)
peintre que vous avez mis là toutes les p... de Madrid? — nement, madame, réplique Goya, mais il y a encore une pi vous l'ai réservée. » La duchesse d'Albe pose
•.»t sur U champ : . I lie fait plus. Kilo devient la maîtresse du peintre. Comblé de ses bienfaits, commensal da
(1) La si— rtpmgnol. p. 360.
Sa l'abdication di bayonne
son logis, Goya, qui ■ joui jusque-là de la faveur de Godoy, épouse les haines de la duchesse et tourne ses crayons N ses ennemis. Godoy la fait reléguer à Séville. Goya l'y suit (i). C'est d'après elle qu'il peint la Maja vêtue, la Maja nue. Le poète Quintana chante la beauté de la duchesse. « Le ciseau, dit-il, a pu représenter la gloire de ta beaui U prodigieux de tes yeux, qui enflamme à
Jamais, montre ton triomphe et tes victoires, au milieu des Grâces et des Amours (a). » Sa plus grande c'est
qu'elle obtient quand dans ses Ce Hogarth d'une période de décadence traçant le tal
ituresque du règne, montre Marie- Louise et Godoy en conversation amoureuse, Godoy en âne jouant d guitare et tant d'autres pages qui flétriront à jamais la mémoire de ceux que détesta la belle duchesse (3). Cette fois, la duchesse a joué trop gros jeu. Un peu après que la Chalcographie royale a acheté les cuivres des ( la duchesse d'Albe est prise d'un mal mystérieux qu médecins ne savent point enrayer (5). Mais si elle peut supprimer une ennemie, Marie Louise ne peut mettre un bâillon à l'opinion publique. Dès l'été de 1789, des pamphlets ont pénétré dans l'appartement du roi. Vainement. Marie- Louise a pris ses précautions pour canaliser ce scandale. « La reine, écrit Zinoview, a partout des espions qui apportent tout ce qui se passe dans la ville et toutes les paroles prononcées sur son compte. Le maître do de Madrid lui présente des rapports journaliers dans cet esprit; elle les lit passionnément. » Aussi note-t-on bi
(1) L. Matheron. Goya, ch. VII. Cet ouvrage «tut un l.s livret de chevet de Baudelaire.
(2) Conde de la Viûaza. Goya, tu tiempo, tu vùla, tut obrat, p
(3) Voir dans les Caprichot, notamment les planches S, 6, 38, 66 et le commentaire du manuscrit Adelardo Lopes de Ayala.
(4) Le 6 octobre 1803, la Chalcographie royale acheta les 80 cuivres des ( •ssmplairet tirés. Une pension de 12 000 réaux fut accordé au fils de Goya.
(6) Desdevises du Désert. L'Etpagne de r Ancien Régime. 1.1
UHE COUR QUI s'EVNUIE, UNE REI!*E QUI S'AMUSE 35
que la méfiance règne parmi tout le monde de la Cour, que la suspicion et l'agitation augmentent dans le peuple.
Au Palais- Royal, on mène la même vie monotone que sous le règne précédent. « On pensait, dit encore Zinoview. que la Cour deviendrait plus brillante, la reine aimant la os fêtes et les divertissements. Mais on s'est trompé : jamais elle n'a été si lugubre (i). » Seuls quelques membres de la grandesse et les ambassadeurs étrangers donnent des fêtes splendides qui choquent les dévotes (2), car le catholicisme espagnol a ses t puritains » dont la sévérité n'empêche point à côté d'eux les débauches et les Irid qui s'amuse. La capitale a tantôt l'allure née des milieux fonctionnaires et magistrats, tantôt elle agite les grelots de la folie, cherchant à s'étourdir et à oublier sa misère au sein des plaisirs. Entre ces deux mondes, d'attitude si tranchée, s'agite la foule des quémandeurs d'emplois ou de places : ecclésiastiques qui solliéfîces, militaires qui demandent de l'avancement, civils qui briguent des emplois. Ils sont tant qu'ils font vivre une foule d'hôteliers et de logeurs qui en viennent à former une sorte de classe intermédiaire, entre la jeoisie aisée et le menu peuple; tant qu'on imprime ie année à Madrid un Guide du solliciteur qui indique la marche à suivre pour parvenir à son but. Les trras qu'ils créent à la police sont tels que, de temps : donnance les bannit de Madrid. Mais, sortis me porte, ils rentrent aussitôt par l'autre (3). Godoy es malheureux en coupe réglée. < Il fait sa fortune, >view dans un de ses rapports, en vendant à et sans scrupules sa protection. » Rien ne se fait rs du favori. Il est tout, il peut tout, il fait tout.
(1) Tratchewtky. L'Espagne à l'époque de la Révolution fran ,
do Désert. L'Eepagne ioui r Ancien Régime. I,
'«••deviie» du DéMrt. L'Eipagne mous C Ancien Régi'
M l'abdication de bayonnf
ndant ignore, — il les ignorera jusqu'au Intrigues cachées de la reine. Il ne se d même pas que de pareilles intrigues soient p
n lui Ouvrait les V«UX, il faudrait
endre à une expl ut plus qu'il
pable du calme nécessaire pour étouffer le scandai
que « son extrême violence peut le pousser I la dern. lé (i). » Pendant le
CharUfl IV se montre fidèle et rigide observateur de la loi B II ne consent a user d'aucune dis; :r les
[1 affiche son mépris pour les incrédules qui lui font horreur. Il t pour les
membres du clergé : ce sont le ts qu'il ne
tutov -pendant, il n'a paa de confesseur atf
paiement il donne sa confiance à un | icin,
. c'est rarement deux fois le même. Il vit solitaire, plus familier avec les i gentils-
hommes, bien qu'il parle sur le même ton ai; d'Espagne et aux valets d'écurie, et qu'en ses heur.
M gaité. il leur distribue impartialement les taloches et les bourrades qui sont la marque de son contentement. Ce manque de dignité, qui déplairait ailleurs, fait
parmi les Espagnols qui l'appellent simplicité. Il est encore aimé pour la facilité avec laquelle il reç. main, tous les placets qui lui sont remis (2). « Les h< de loisir, dit /inoview, sont toujours remplie! par lai 0 pations les plus vaines. » Les plaisirs du roi son! des plus innocents. Pendant son long règne, cet Hercule aux formes athlétiques n'a pas une favorite. Aucun nom de femme n'est rapproché du sien. La chasse est toujours son passetemps favori. Plus tard, Beurnonville qui le qualifiera d'honnête homme se refusera à lui accorder d'autres notions que celles d'un bon garde-. ut piquer
(1) Dépèche de Zinoview, citée par Tratchewtky. (S) Geoffroy de Grand maison. L'Ambassade française en Espagne pendant la Révolution, p. 197.
son lièvre, faire une omelette et quelquefois du boud Il vit dans une intimité assez étroite avec son frère An*
me lui dans les occupa I
d'à il 1.
I , sans sou-
intel-
. Un
seul point les
:\tonto
.as la
chasse. Charles
IV a pour celle-
: on a
constaté chez
I XVI. Plus
tard, quand il voudra résumer
gne à Na-
n, il ne lui
tucune
des difficultés
Espagne a rencontrées.
» les jours,
. qu'il
partait
jeûner et après avoir entendu la messe, je chassais jusqu'à une heure et j'y revenais immédiatement
I al para aual.
w it rtittmblt i asitmbU.) Caricature de Godov et la reine. [Capriehot de CI
vee de Beurnonville à Tallayrand. uplé-
I .m l\. « itee par Geoffroy da Grandmaiaon. <>eoffroj da Grandmaiaoo. L Amba$$ade françaùe §m E$pagmt pendant la Révolution, p 201.
après mon dîner jusqu'à la chute du jour. Le soir, Manuel le soin de me dire que les affaires allaient bien ou mal et j'allais me coucher pour recommencer le lendemain, à moins que quelque cérémonie importante ne m gntt à rester (i). » La faveur de Godoy auprès de Charles IV, semble avoir tenu moins à ce qu'il faisait de la musique qu'à son rôle comme ministre et comme favori de la reine qui enlevait tout souci, toute préoccupation au roi. Aussi Godoy dut-il se croire le vrai roi d'Espagne, alors Charles IV n'en était que le premier cha la quarante et unième année, les premiers rhumatismes semblent devoir mettre un frein aux goûts de Charles IV pour la chasse à tir, il ne laisse point pour cela la paix aux daims de ses halliers; l'on établit, sur une hauteur, une batterie de canons chargés à mitraille, les rabatte : chassent les malheureux daims jusqu'au pied de la batterie et, à défaut du plaisir de la chasse, le roi a celui du carnage. A Aranjuez, on a bâti au bord du Tage un arsenal et, comme Charles IV adore vivre au milieu des ouvriers, c'est là qu'il fait construire et bricks en miniature qui
seront les modèles de la marine dont il veut d pagne. « Il existe à une grande demi-lieue d'Aranjuez porte Chantreau, une pissotière, espèce de lac long comme la pièce d'eau du jardin de Sceaux et cinq ou six fois large comme le bassin des Tuileries, tout rempli de bas-foi. impraticable pour y faire la moindre manœuvre. ( sotière est entre deux montagnes; pour faire honneur au monarque, elle a été pompeusement décorée du nom de mer d'Antigola; la flottille royale fait chaque année deux fois le voyage du Tage, pour y être transportée à dos d'homme et rame: s les chantiers; c ;ue le
monarque, à la vue de tout son peuple, se promène g] ment sur une de ces frégates qui e :quée par une
chaloupe à rames; et après deux ou trois tours en rond, il I se croit un grand marin pou ;é sur
(1; Bausset. Mémoire», I, 224.
UNE COUR QUI s'ENNUIK, UNE REINE QUI S'AMUSE 39
un mauvais petit lac. Ses officiers de marine sont tout fïers; c'est l'instant de leur triomphe et chacun d'eux se dispute l'avantage de partager les innocents plaisirs du irque de 41 ans (ri. » Après la chasse, un autre des* amusements royaux, c'est la crèche, le nacimento. S'il en faut croire Chantreau, son installation a coûté deux ou trois, millions et l'entretien est d'environ un million par anj « C'est une représentation de la Nativité de Notre Seigneur,;
avec de petites figures de plâtre et de stuc, maia modelées, avec le plus grand soin et un luxe de toutes choses qui ne peut être poussé plus loin
Le programme de la vie du souverain est tracé dans les
^pondances des ambassadeurs étrangers. A cinq
heures, le roi se lève, il entend deux messes, puis, il se fait
lire des ouvrages de piété ou des livres sérieux. Ensuite, il
ses ateliers, travaille, bavarde ou plaisante avec menui-
.uriers, mécaniciens. Une visite aux écuries et la tion des membres de la famille termine la matinée.
•jeune seul et de grand appétit, un appétit de Bourbon (3), d'autant plus remarquable que tous ses sujets sont gens habitués à la vie frugale et qu'ils ne mettent pas le
chaque jour (4). C'est l'heure où la reine donne
à Godoy. Tous les jours de l'année, quelque temps qu'il fasse, sauf pendant la Semaine Sainte où il suit les processions, le roi part aussitôt après son déjeuner pour la chasse. Douze gardes et deux exempts l'accompagnent en six voitures. Mais, entre les relais, les postes de
s Français à Madrid, 70.
1 Français à Madrid, 39.
I • Grandtnaison. L'Ambassade française en Bspagna Mon, 196. (4) < h do l»ueuf maigre, une poule étique, du •au-
bes, des . 1 l>on Castillan, plat national par • 'rai. dit un voyageur du xwi; I «nfle,
H* maison de Madi id j j trouvai quatre perso. r, on venait de s'asseoir, tout était servi. Il n y avait c qu'un oeuf et quatre pommes sur la table, s
gardes, les rabatteurs, la chasse mobilise 700 hommes et SOO chevaux. A l.t im;t 011 rei
Le roi n la reins .1 la
cor. l.i
musique. Jai
de réunion du
ministres. Chacun d'eux travaille roi en présence de la reine, qui ne tard tra-
vailler seuU bien que la si-
tturttstex] Jiee par le roi en quelques minutes (1). Le temps amènera d'ailleurs des ou fications dans le plan de la journée Quand la 1 1 aura perdu ses dents, — en 1800, il ne lui en restera plus une seule et trois ouvriers, attachés à la suite de la G seront sans cesse occupés à lui faire de ira, — elle
devra s'astreindre à un régime particulier. Alors, le roi dînera seul et c'est après son dîner qu'on servira la 1 qui mangera en présence de quelques caméristes (2). Cela
Bravissimo !
Charle» IV isicieus.
il.es ( aprichos de Goya).
(1) Archives des Affaires étrangère*, Espagne, t. 637.
(2) lung. Lucien Bonaparte et te» Mémoire», p.
SE REINE on S'AMUSI \l
rien aux concerts du soir, aux Jarneux quintettes de Boccherini, la musique étant devenue pour Char. « habitude tellement impérieuse que par
il fera venir ses musiciens dès sept heures du matir.
lieu, d'ailleurs, en tout petit comité. Rien ne rappelle les soirées de Versailles, le jeu de la reine ou des princ ijuez, on montre encore près de la Casa
del Labrador l'endroit où Godoy, sous un berceau d'aubépine, a joue de la guitare pendant les belles nu
ncert, Charles IV fait une partie d'hombre avec artisans tandis que quatre ou cinq autres causent entre roi, fatigué de sa chasse,
ruent ses cartes à la main. Les autres joueurs
rie font de même et ne se réveillent que lorsque
le m;: :el vient annoncer que le roi est servi. Apres
I \ donne ses ordres pour le lendemain
heures, le souverain des Espa;. ouche (2).
bfl 1 Al«|ui. r I T .li. \rand, 26 Vendémiaire, an
Anarchie partout.
le huit jours après la mort do Charl.
les ambassadeurs accrédités près la Cour pagne annonçaient à leurs puissances respectives que « la reine gouverne le roi et gouvernera bientôt le royaume (i) ».• Le premier ministre était alors le comte de Florida Fils d'un
tabellion, le comte de Florida Blanca n'était qu'un avocat parvenu et anobli. Lorsqu'un moine avait pronon son funèbre de son père, il l'avait loué chrétiennement de sa modestie, ajoutant cependant que, s'il l'eût voulu, il eût pu faire sonner ses titres et dire : « Je suis de la vallée de no dans le district des montagnes; les ordres de la Banda et de Saint-Jacques ont brillé sur la poitrine de mon douzième et de mon treizième aïeul qui ont été commandeurs; mon dixième aïeul a été majordome et homme de confiance de Henri III. .l'ai des alliances certaine maisons de Lara, de Henriquez et de Guzman, c'est-à-dire de ce qu'il y a de plus raffiné dans la (irandesse. Je suis parent du grand patriarche saint Dominiq :ne le
prouvent les témoignages les plus irréfutables » (2). Tok vanité grotesque et hypocrite de Florida Blanca, du U * arrivé » se peint bien dans cette tirade, sur la fin du règne de Charles III, devait :i autorité
plus établie que jai; dément, le 4 août 1788, ses adver-
saires avaient eu l'audace d de Madrid, une fable du lion et du renard, pleine d'allu-
(1) Baumgurten. Geichu rr fi anzosischen Révolution.
(2) Detdeyizes du Désert. L'Espagne tout l Ancien Régime, p. 126.
non déguisées à l'empire tyrannique qu'il exerça: le vi. t prophétisant sa chute prochaine et humi-
résultat de cette intrigue, les réunions de coure tenait che- lui le chef du parti aristocratique, blo de Abarca, comte de Aranda, n'avaient eu pour résultat que de faire inviter Aranda à se retirer en Aragon, et de briser de la sorte le faisceau des forces de l'opposii). Charles III, à ses derniers moments, avait recomié à son fils de conserver un ministre aussi habile, ainsi que les hommes d'État pourvus des autres portefeuilles : Caballero, Lerena et Porlier. Florida Blanca avait bien à craindre les rancunes de la reine, mais, comme l'écrivait Sandoz-Rollin, le 8 janvier 1789, le ministre rouvé le moyen de se concilier sa souveraine, t fait de grands progrès dans la faveur de ses ma au point de déconcerter ses ennemis. Et d'où vient cela? » :-Kollin expliquait comment l'intrigue de la reine avait mise dans la dépendance de Klorida Blanca qui pouvait éloigner tout soupçon du roi, comment tvait profite de l'occasion pour assurer la reine de son s ut il s'en était trouvé raffermi
emploi (2). Dès l membre précédent, Florida
ait dû ne plus se faire d'illusions sur son sort.
il avec la reine, il était resté trois heures à
s abattu, très embarrassé, comme un homme qui
rendre une détermination grave. Le 3o, au Con-
tguement de sa retraite. « Il n'en est pas temps
pondit la reine. » C'était peu encourageant,
mais le délai qui lui était accordé lui permettait d'appeler
ira Azara, qui était à Rome, et de l'installer au
de la justice. Aux finances, Lerena, qui avar
K'ftrtcn. Getchichte SpanUnê sur Zeit der frantô$i*chen
Uuuragurt. hte Spanien» zur Zeit der framôtitchen
. 236. — « On ignore la chute à Pari», et, »i Montmorin la 1 ait à faire marcher la raina d'Espagne m, ajoute la diplomate.
} ! mO« M RAYONNE
mal avec la rei t fait son accord ei haut
n fournissant tant à la reine qu
us de si K-ttr luxe et à leurs plaisirs.
ut ainsi pendant t
I avaient tUVfl I qu'à C€ que les Co;
pUmbri au Kctn .ssent
réunies dans le salon historique des Royaumes, sot.
■main du
sacre, pendant m duquel quatre gentilthomiiu
taureaux das
procureurs, quatre ministres, les gi notaires des Cortès apportèrent solennellement au roi le
populaire d'établir dans toute son intégralité L taliqil tît alors toute secouée par 1
ments révolutionnaires de France. La prise de la Kastille. qui avait coïncidé avec des émeutes en < e et dans
nombre de provinces au sujet du prix du pain, avait ment ému Madrid (2), et après les événements d'oci le roi Charles IV, en plein conseil des ministres, bondissant de son siège en grande agitation, se laissa aller à blâmer vivement son cousin Louis XVI de sa facilite a céder et de son imprudence. Et comme Floride Blanca exprimait cet avis que le roi de France aurait dû, tout au moins, gagner du temps : « Moi, s'écria Charles IV, j'aurais mieux aime risquer ma vie à la tête de mes troupes que
noncer ainsi à ma couronne (3). » Quelques jours plus tard, les Cortès étaient brusquement congédiées, d'ailleurs au milieu de l'indifférence générale. « Quel Cont écrivait le baron de Sandoz à sa cour, le 8 novembre, entre ces Cortès et l'Assemblée nationale |V l'ous les
membres étaient à genoux, le le visage
(1) Général Gomex de Arteche, Reino de Carlo IV, t. I, 18-2U. — Revue historique, j> lt, nrti.l.- de M. Tratchew«ky.
(2) Geoffroy de Grandmaison. L'Ambassade fran^ 'f'igne pendant la Révolution, p. 5.
(3) Baumgartcn. Getchichte Spaniens zur Zeit der fransô$i$chen Révolution.
penché vers la terre, lorsque le roi parut pour leur signifier leur congé m. » Bientôt, les officiers de l'armée espagnole étaient prévenus qu'ils devaient s'abstenir de parler de
nce. Les journaux recevaient l' de ne rien publier de ce qui issait de té des L'Inquisition redoublait d'activité bien qu'aucun ignol t ne happer à
ire.
: cela est
inutile, écrivait
ncolique-
ment Zinoview.
la jeunette
jours passion-
pour les
d'entrer en reivec la et de disci t.it d'une manière peu favorable pour le I
es prohibitions ne peuvent qu'accroître la si propre aux KspagnoU et provoquer les murmures contre la Cour et le ministère (a). »
L'ambassadeur de Louis XVI à Madrid, le duc de La Vau-
Le Comte de Florida Hl> Gravure de Juan Bar-
ooale. EfttampeO
iUunijrarlrn. Geichicktê Spanien» mut Zeit der fransô$i»chen (S) Tratrhewaky LKipagne à l'époque de U Hevolution française
46 l'abdication de bayonnf.
guyon, installé à l'ambassade depuis mai 1785 (1), s'y trouvait dans une position difficile. Son ministr tout dévoué à la personne du roi, désirait qu'il louvoyât le plus possible et que, tout en paraissant empêcher la Cour d'Espagne de céder aux propositions du comte d'Artois qui igrtf dès le lendemain de la prise de la Bastille, il sût fermer les yeux sur les agissements du 1 roi.
\ auguyon laissait donc les émigrés intriguer à leur guise (2), se bornant à répondre, quand il était sondé par des envoyés du comte . qu'un ministre du roi ne
tit rien faire sans autorisation légitime. De son côté, da Blanca, hautain et susceptible, était enchanté de prendre prétexte des moindres incidents pour ne rien faire et demeurer dans les considérations creuses (3). Charles III vivait encore, écrivait le comte de Vaudreuil au comte d'Artois, sa chevalerie, son amour pour son nom électriseraient tous ses ministres. Mais son fils, avec de la loyauté et de l'honneur, n'a pas le môme enthousiasme ni la même expérience (4). *
Les événements de France avaient fait du une véritable place forte armée en guerre, continuellement parcourue par des rondes et des patrouilles. La monarchie espagnole se gardait comme si elle avait été menacée par les mêmes accidents que la monarchie française. Et cependant combien était alors innocente et inoffensive l'opinion
(1) Morel-Falio. Recueil des instructions données aux ambassadeurs. Espagne, p. 365.
(2) Le Français à Madrid dit, au sujet du rôle de Lavauguyon : « L'Espagne plos que toute autre Cour mérite l'attention de l'Assemblée nationale; il faut à Madrid, dans la personne de l'Ambassadeur, on homme qui honore sa nation et non pas un reptile d<- OOW toujours prêt à la sacrifier à ses intérêt*. »
(3) Florida Blanca était très suspect aux propagandistes rrtioonaires. « C'est un grand c
déraisonne presque toujours, écrivait Ch M son
< abinet gouverne le monde et son mince génie peut à ; fournir des subsistances à la capitale ».
(4) Pingaud. Correspondance du comte de Vaudreuil n.rr lr 'ois, 1, p. 103.
publique! « A Madrid, dans tout le royaume, écrivait Sandoz, règne une tranquillité profonde. Le peuple espagnol vénère les saints, craint Dieu, est patient et docile. Une seule preuve de confiance de la part de la Cour suffirait pour faire renaître l'empressement d'autrefois à obéir, mais la Cour suit maintenant d'autres règles et poursuit un des-
nen différent. Elle répand même le bruit que Leurs
>tés sont si ennuyées de leur séjour à Madrid qu'elles ont décidé de se transportera Séville (i) ». Florida B lança avait obtenu la pleine approbation du roi, c'est-à-dire de Marie- Louise, pour sa politique. « C'est au roi de France, disait-il à Sandoz, de se montrer digne d'être soutenu. Il est aussi insensé qu'impossible de le faire monarque malgré lui » (2). Cependant, Florida Blanca, s'il en faut croire les dépêches de La Vauguyon, n'avait aucune influence sur la reine. « Elle accorde sa principale confiance à M. de Lerena, écrivait l'ambassadeur à Montmorin, et celui-ci s'est rendu indépendant de son premier protecteur 13). » Pourtant, les
rnents finissaient par peser sur Florida Blanca et bien que Vaudreuil ne crût pas à la guerre d'Espagne, le minisidrid faisait des préparatifs sur mer et négociait une entente avec le Portugal pour réunir trente-deux vaisseaux de ligne dan* la ranée afin de surveilU
l et au besoin de les bloquer. C'est à ce moment que Montmorin lui écrivait : « Si vous pouviez
lans mon àme ce qui s'y passe depuis dix-huit mois, vous me plaindriez et vous verriez que je suis toujours digne d'ctn' votre ami (4). » Un Français, peut-être un émis.s clubs, — car cela ne résulta pas du procès,
— attentait à la vie de Florida- Blanca à Aranjue:. L'assas-
Haumgarten. Getchichte Spanienn sur Zeit der fransbn-
K au m cartel). Getchichte Spanient sur Xeit der frantàutchen
(S) Geoffroy de Grand tnniton. /.' Amha$$ade françaii* en Ktpagne
(%) ■ < de Grandmaieon, p. 24.
sin le frappait d'un poignard entre les
« La blessure n'est point dangereuse, écrivait Vaudrcuil au
comte d'Artois; il a été sauvé des coups de l'assassin ;
igi d'un brave et f ulule mi (été sur le
scélérat, l'a arrêté et l'a empêché de se percer lui-m On tirera de grandes lumières de cet événement q\l
i colère de l*Espa| i). »
C'était, en effet, le premier résultat obtenu. Le comte
tois ■ I harles IV une subvention de \
pour activer ses arménien'
Conseil son plan de porter 3oo<><> hommes sur la frontière frane Tet.it du Trésor ne pern
3)le rappel de La Vauguyon, remplace par l> comme charge d'affaires, mécontenta très vivement
Charles IV, L'ambassadeur avait contre lui la m
tmbléc nationale. Louis W'I avait donc du le fier, ("est ce que Louis XVI ne put faire comprendre a Charles IV qui persistait à demander que le duc de La Yau-
n fût continué dans son poste (4). Kntre temps, les niaient bien franchir les P prendre l'argent? Charles IV s'impatientait, réclamait l'exécution immédiate du plan de Florida Blanca, la nomination d'un commandant en chef pour les manœuvre
entière et au commencement d'octobre non seulement les opérations n'étaient pas commencées, mais on avait très difficilement réuni 10000 hommes en Catalogne et 2000 en Navarre
(\) André Muriel, Historia de Carlo» IV, I, 11
(2) Correspondance du comte de Vaudreuil avec le comte d'Artois, I, 225.
(3) Baamgarten. Getchichte Spaniens sur Zeit der framôtitrhen Révolution.
(4) Geoffroy de Grandmaiton. V Ambassade française en F. f pagne pendant la Révolution, 24 a 34.
(5) Baamgarten. Getchichte Spaniens m Ut frantôtischen
\SARCMII l'VK
AL lait un nouvel incident., I «.-ptembre,
quand Louis \\ I avait prêté serment à la Constitution, l'ambassad-
le
duc de !
solennel
•st dé-
Madrid,
a Charl i
pour lui demander de laisser
comme a
qu'il redi lui un •ppu
. niant que cette lettre
le duc de l'ernan Icon- ^mme un rival, lui Jre immédiat do retour. C'est sur ces entrefaites qu'arriva l le nouvel ambassadeur français, M. d'Urtuicr octobre, il n
: comme chargé d'affaires l.'ttr.
.raphe de Louis KVI à Cl
tes attention à ce 'e vais vous dire, et conduisez-vous en conséqu
i y bajar.
ndre.) Caricaturo sur lo prince do la Paix. (Capriekos de Goya.i
i sec. Le mi le
ila Constitution qu'ui la foi ( ance à la letti
du ro 11 doit la : sous
la dicté* du Comité des AfJ ngères de l'Assen
nale. Le roi doit encore moins agi ace. Vous n'êtes e:. em qu'un ctUer,
tout au plus un agent. Vous avez entendu Klanca, M dir porte, pi :sque
-, M. d'I rtubize i). Cependant, sa mauvaise humeur il envoya un courrie: -t de
l'authenticité de la mission de dT rtubize ou plutôt il M il de ce prétexte pour • son
accueil et les effets de son refus (2). Sandoz n'avait-il pas raison dédire que la politique de Florida Kl. de la France était un mystère d'inconséquence.- (3).
Toute Tannée 1701 fut employée à examiner l'éventualité de fomenter la guerre civile en France, que l\ dérait comme le seul moyen de rétablir l'ordtt adopter des idées que le comte de Vaudreuil s1 d'inspirer au comte d'Artois 14). suivait cette politique sans enthousiasme. « Que vous du prince de Condé: lui demandait Sandoz vers le milieu de décembre 1790. — Rien, répondit Floride La politique du prince de Condé est d
:co et celle du comte d'Artois par M Qu'attendre de gens plus préoccupés de leur 1 que
(1) Haumgarten. Gesihichte Spanicns zur /.ett ,ler fran;»sischcH Révolution.
(2) Baumgurtcn. Geschichte Spatiicns zur Znt ,/ Révolution.
(3) Bauingarten. Geschichte Spanicns zur Zcit ,1c i fr anzxsischcn Révolu .
(4) Vaudr. uil • •< rivait : « J'en pagne ««st très intéressée au salât d<
que la Prusse sont au acharnées à sa perte » (11 juill. i
1790). c Le roi d'Espagn. de Sardaigne ici ont 1* »
sauveurs de la monarchie française s (14 mai 1'
ANARCHIE PARTOUT 5l
du rétablissement de leurs droits princiers? Je leur donne beaucoup d'argent et c'est autant de perdu, comme les h millions de réauxque leur a donné le roi de Naples (i) ». A Las Casas, Florida Blanca se plaignait aussi de la légèreté du comte d'Artois. Le diplomate défendait le prince. « Il ne faut pas, disait-il, juger le comte d'Artois sur ce qu'il était autrefois. Il n'avait pas alors reçu les s que l'expérience lui a données. Il a apprécié les quai :\ommes qui l'ont entouré pendant les dix-
huit derniers mois et enfin il s'est convaincu qu'ils n'étaient pas propres a traiter des affaires aussi importantes. Il s'est efforcé de chercher des hommes d'un talent supérieur de les trouver, il a été obligé de se servir de ceux qui témoignaient du zèle pour la défense de sa cause, uces où il voyait par expérience, que les malheureux ont peu d'amis. Tout le soin de ce prince a été rriger les fautes de ces agents inexpérimentés. Ceux qui ne le connaissent pas l'accusent bien à la légère (2) ». st au milieu de ces hésitations que la nouvelle de l'insuccès de la fuite de Varennes arriva à Madrid. 1 lorida Blanca était évidemment dans le secret. Quand le courrier, tout couvert de poussière, mit pied à terre dans la cour de , il allait se mettre à table. Son secrétaire lui dit à l'oreille : t Ils l'ont pris. » Pâle, ému, le ministre préun malaise, se réfugia dans son cabinet pour y lire en ht pèches et courut chez le roi : « Comment ne
s'est- il pas sauvé lui-même par une mort courageuse, a Charles IV. On ne m'aurait pas ramené vivant
cet héroïsme de façade, Charlee IV et Marie- Louise étaient terrifiés des proportions que les événements prenaient en France. Florida
l r framiÔêiêchem
(*) M .■/.,. IV. I. \kh.
(•) Geoffroy de Grandmaiion. I. Amba$*adt français* en Eepagnr • r la Révolution, 46.
ta se déc l. Haut v ertain d
volution d'I rtubi:e I Montmorin, la l6 juin. I frayeur
que je M put
.1* un homme qui vient susciter I
Floride lUanca a tblir à Madrid un Comit
lerchea qui ■ une inspection gén ut la
tribunal... Il m'a dit qu'il
lance, que la nation p
tble et qu'elle serait certainement ehàtiee (a) ».
attendant, la police espagnole fît une trnée aux
marchands limousins et auvergnats qui M livi au commerce dans les boury
persécution fut-elle plus théorique que pratique, la pli des intendances n'ayant point donne suite aux ordres qui leur étaient expédié! Les suivre eut été d'ailleurs plus
facile que de trouver les moyens d'une intervention armée.
dey. disait Sandoi dans une de ses d s est
par principe anti-français, et la reine partage cette vue par passion pour lui. Néanmoins tous deux ai déclarent opposés à des mesures agressives. Cela coûterait de ent qu'ils préfèrent employer à leurs plaisirs (4) ». I lorida Blanca est d'ailleurs trop léger pour être bien ardent. Quand Gustave III offre son épée pour « la bonne cause », le ministre espagnol dit à Zinoview : « Il n'a qu'a
attre a la tête du corps des émig ; quelque
trou en France. » Et la plaisanterie leur fine
(1) 1 • Grandmaison. L'Ambassade française en Espagne pendant la Hevulutinn, 44.
(2) Geoffroy de Grandmaison. L'Ambassade française en Espagne
( .1 -.iinliiiaiiiiii. I ' Ambassade française en Espagne
jirti.iaul la Uri-<<lu ti d |
(4) Banmgarten. GesehickU Spnniê <n ,/rr fi anzusischen
Revolut: .. I h 1791, daprèf il manquait 7 su i 1 1 1 < >
i destinés ou salaire des Daniel* dei ports; ili ■vaiwifl été
s.-t besoin». {Kevue hut»r
qu'ils pouffent de rire (i). Grâce à (TUlfubize, on a fini par connaître à Paris les dessous de cartes de la politique c'est alors que Bourgoing arrive à Madrid Ifévn
Il y a déjà des amis, puisqu'il a rempli l'intérim de l'ambassade d'octobre 1783 à mai i;85. Aranda fait très grand cas de lui. « Il m'a paru, dit-il à Iriarte, qu'on ne pouvait choix d'une personne mieux douée pour l'envoyer en .me. C'est un homme pondéré et modéré (2) ». Il est je de faire congédier Florida Blanca. Le tre espagnol avait cependant décliné les propositions du comte de Lautrec de faire insurger le Languedoc et le sillon pourvu qu'on mit à sa disposition 7000 fusils et »> piastres. Fort habilement, Bourgoing utilisa ses amitiés espagnoles. Il mit en jeu tous les rivaux de Florida Blan ses manœuvres n'eussent-elles point
euglement du ministre ne lui avait aliéné rit de Marie- 1 >uise. Se .tant menacé et jouant peut-être son va-tout, Florida Blanca entreprit d'ouvrir tu roi sur les désordres de la reine. Charles IV 1 prendre • vec le comte di I lorida
le lendemain, au point du jour, Godoy lutte vint trouver le ministre dans sa chambre et lui intima l'ordre de quitter aussitôt Aranjue:. « C'est une t rigoureuse disgrâce dont il est aisé de connaître la cause, écrivait \ audreuil. Il est très présumable qu'il r la reine d'Espagne qui, en réunissant son p lui d'Aranda, a écrasé le mû v»casseur.
:i compte, j'en suis enchanté et je crois que nous gagnerons beaucoup au change... Je vois plus que jamais 1 reine d'F.spagne est la personne la plus influente de
Iratcbcwtky.
tôt IV, l, 111 1 tpagnt à l'époque de la Révolution franatne de l'Ancien régime, I, 39. .11,6/.— Gonti d« Artocb*. Heino f\ 1.73.
54 WCATION DE BAYONNE
•on royaume... Tous les gf né* pour
cause croi est l'événement le plus heureu
pût arriver dans ces circonstances. M. d'Aranda est un grand se l'âme élevée et donnera, je l'espère, du
ement au Le comte d'Aranda, qui recueillait la succession de Florida B lança, se trouvait donc l'homme sur qui comptaient tous les pa: réalité, il avait donné des gages à tout le monde I » [g iple aimé de Volt fondateur en Espagne du it, les révolutionnaires français devaient voir en lui un frère par qui < la douane des pensées ne fermerait plus la voie à la vérité (2) ». Aranda n'était- il pas l'homme qui, après avoir chassé de Madrid, dont il avait la police, vagabonds, apaches (garitos), prostituées, avait expulsé d'Espagne, et on sait avec quelle brutalité, les Jésuites? Un tel homme nr pas être l'adversaire né du fanatisme et l'apôtre élu de la libre-pensée ? Qu'eussent dit les révolutionnaires français s'ils avaient entendu Aranda exposer ses vues à Sandoz : « Comme bon catholique, je vais exposer à un bon protestant ma façon de voir sur la politique de l'Espagne à l'égard de la France. Aussi longtemps que la France restera dans cet état de trouble et de dissolution, l'Espagne ne peut être pour elle ni une amie ni une alliée. Mais, je dois me conduire envers les Français comme envers les sujets d'une nation qui a, avec l'Espagne, des relations de toutes sortes, géographiques et autres, dont il est impossible de ne point tenir compte. Cela me fait un devoir d humain et modéré (3) ». Une autre fois, il allait un peu plus loin, disant : « Dans cet état de bouleversement des choses en France, on est forcé de souhaiter une guerre civil
(1) Correspondance de Vaudreuil, II, 67.
(3) Ètuda religieuses. Art. du père Delbrel »ur le comte de la Union, 1889. III. 250.
(3) Baumgarten. Geschichte Spaniens zur /.rit der franzôsischen
ANARCH1F. PARTOIT 55
je ne vois point d'autre moyen d'en finir. Quant à ce que peut et* doit faire l Kspagne en ces circonstances, cela se
t à rien. Le temps et la Providence seuls viendront à bout er ces têtes échauffées (i) ». Il est vrai que,
lorsqu'Arauda exposait les mêmes vues au ministre d triche, comme celui-ci voulait tirer de lui quelque chose de plus décisif contre la France, le comte se mit en colère :
e lui en ferait pas dire plus long qu'il ne voulait. Il commen* ire patience. Son interlocuteur devait se
souvenir qu'il parlait à un Aragonais (2). Zinoview n'était pas plus enchanté du nouveau ministre. « Aranda est faible, il ne connaît pas les affaires, non parce qu'il vient
rer récemment en fonctions, mais cela tient à la
^sition de son esprit. On ne saurait croire combien
ses anciennes capacités se sont évanouies, sans laisser
aucune trace de la gloire passée. Les autres diplomates ont
de lui une opinion encore plus mauvaise que la mienne.
moins ce vieillard a conservé une certaine ambition. Il ne parle que de la manière dont il va abaisser tel ou tel
tre. Il veut tout manier lui-même comme le duc
En vieillisse da s'était retrouvé militaire, autori-