C'était bien l'homme à qui Charles III disait
« Tu es plus têtu qu'une mule aragonaise (4). » Charles IV,
qui l'avait soutenu quand il était dans l'opposition, avait
lui des scènes terribles depuis qu'il en avait fait son ministre. Ce louchon à la voix rogue n'avait rien de sympathique. Jadis on l'avait chansonné ainsi : « Mon amant .1 les yeux d'un président, l'un qui regarde au nord, l'autre au
lUamgsrtcn. Cetehichtt Spanien» zur Z.eit Jer franxôëischen Revoh.
(S) Huumgarten. Gesehichte Spanien$ zur Zeil der fraasôtitchen
(S) Tratcbewtkr. l.'rtpagne à C époque de la Révolution française ma pardonne, répliqua Araoda.jp connais l« plu* i< - La Majesté sa-
cra* «V. i Espagne at des Indes. Ferrer.
I lit, tomr III, 105.
t (i). » Il n'avait jamais été beau, |i passait même pour un ec son gros n«
COOlfl qu'il prisait. Son i:
tuuM.. >n premii [e à Paris,
trierai m quentait n odieuses
llontbrunetla Baudouin. Lapol sos rapp i.- fréqu
de la nu i II aime le
mont et chftllgi da tille comme de chemise (2). »
Ambassadeur il y avait n épicurien,
Ctant peu du qu'on dira ton. a 11 use dos foin ;it un
rapport do police, avec aussi p. ni que de
e dans lo choix. ...Plusieurs courtier occupées a lui procurer de petitos ouvi tous los matins par Saint-Jean, son valet de confia
Jamais doux fois la môme (:>). » L'hiver de 1774, il protô-
danseuae a l'Opéra, mais il rompait bientôt avec elle (4) et envoyait son griaon chez la demoiselle aforin, rue Jacob, au coin de la rue « La
demoiselle Morin, dit lo rapport do police, est uno brune piquante, petite, ayant do très beaux yeux el de belles dents, la bouche et le rire do la volupté dont l'ensemble forment uno figure aussi jolie qu'intéressante. Cette Lais a beauvite parmi los jeunes gens tant par son liber- 0 que par le long séjour qu'elle a fait chez la dama Gourdan (5). » Au printemp 1. d'Aranda faisait
(1) Ferrer. Cari,,* III, t. .,,..- III. 105.
1 M et 1 17. — Le» fi seigneur* espagnole étalent trèi débanebée. Si qaalqnni
daDMQMI OU rmiii-dieuiies. n \ • . If-.jurlU»» iU
-■-t»N durable*, bea ip étaient m in 1 1.-» ;. la Hclla
a | lii . l'on faisait I amont i la bobèaii <-t donl
les décute* capricieaeei el < b
Gertru«li'. Menqaiti la andala
lirai mmmotmt oélèbree. Moral-Fado. Étméêt "/r*<\
le* sur il 1 70.
(4) Morel i tiêê un VBêpmg
(5) Morel «les $ur l'F.tpagne, 2« •«•rie, p. :
champs par la magnificence de son train (i . mais il était loin de réussir auprès des dames de la Cour. « M. d'Aran.
écrit au l
dune
;ui a
lui à
Versailli
jour de son au-
randa est loin de sa réputaseu- :it il n'a pas dit une chose spirituelle, mais il a as le plus lourd et le plus commun. !
que je le crois un peu sourd et qu'il • ■
On
dit qu'il veut
toutes les têtes. Je réponds qu'il aui qu'il vou t fort rie ais il est bien
jaune, point de dents, l'air vieux, quoiqu'il
tns, un dragon dans l'œil (3). » Avec
les diplomates, il n'avait pas plus de succès. « J'ai connu
nés d'un caractère très difficile, écrivait Ver-
• -I.- Bonoi— , grmrê pur M.>l
D '!<• . K»t.iitipttS.)
le, $ur l Eêpmgn*. 3* ««rie. p. 153.
- de renU* {Rtvittm Ht Rtpanm, 1*72 VL\
(3) M Ktmic „,r 1 Kipmgnê, * ••ri.
l'abdication df 1AT0I
gennea à Ossun. J \à dans ma vie plu
C Ifs I urcs, c'est tout dire, mais je n'ai rtal VU de pareil a cet ambassadeur (i). » Il
•te. Paris dans o le rire. Ayant perd
la femme qu'il trompait à draps ouverts (2), il se ren trois mois vingt jours après à une p< ans.
On en fit des gorges chaudes. « Le choix d'une compagne dont l'âge est si peu proporttol
presque puérile dont il lui témoigne ses sentiments, écrivait Bourgoing à Vergennes, ont rendu pour ainsi dire ridicule aux yeux du public cet ami r d'ailler.
respectable à tous égards (3). » Le 6 décembre 1781 motivait sa de en termes crus sur l'absence d
femme (4). Il avait alors soixante-neuf ans.
Depuis son retour en Espagne, ses différends avec Florida Blanca avaient fait tant de bruit qu'on était un peu surpris de lui voir continuer la même politique. Vaudreuil revenait pas. « Il me parait, écrivait-il au comte d traigues, que M. d'Havre croit M. d'Aranda très royaliste. mais que la pénurie de l'Espagne quant à l'argent, au nombre et à la qualité de ses troupes, sa défiance sur les autres Cours et principalement celle d'Angleterre, rendent sa marche timide et incertaine. Mais M. d'Havre ne doute pas que quand l'Espagne verra que Berlin et Vienne agissent franchement, M. d'Aranda prendra le galop rien que par vanité (5). » En attendant, d'Aranda refusait de
(1) Mor. tudes sur l'Espagne, 2« séi .
(2) D'après les Mémoires secrets (28 août 1782), il fut l'amant distingué de Cléophile, ancienne danseuse de chez Audinot passée à l'Opéra, « ce qui l'a mise sur le trottoir et lui ■ j"<" «N doi laowi
tguéet. » Plus tard Cléophile quitta le théâtre et se < onsa< i aventures galantes. La Harpe alors la chant.. J'aime, j'aime Cléophile
I que pour l'aimer.
(3) Morel-Fatio. Etudes sur i 169.
(4) Résista de Espaha, If
(5) Correspond <>mte de Vaudreuil INf le eimtr i Artois,
II, 98 (M juin 17WL Il disait «boom : i Les dépèch-
nous apprennent que, quoique le royalisme la plus pur toit le prin-
ANARCHIE PARTOt T $Ç
s'engager, il se dérobait, il se refusait à répondre. Il se kit même déjà forcé de solliciter une entente avec la reine, pour que celle-ci cachât systématiquement au roi toutes les nouvelles de France. L'indifférence de Charles IV en fournissait les moyens. Mais encore, fallait- il pour cela soumettre à une surveillance attentive tous ceux qui s'approchaient de Charles IV (i). D'Aranda avait aussi à lutter contre l'aristocratie et les moines qui le regardaient comme un libre-penseur et un Jacobin. Enfin, il tenait en méfiance iéjà désigné au poste de premier ministre qui devait lui être conféré le 25 août, jour anniversaire du baptême de la reine. Cette date avait été choisie d'avance, -évolution du 10 août à Paris en précéda l'échéance. Aranda, profitant d'un moment où le roi se trouvait isolé a la chasse, lui remit un Mémoire écrit de sa propre main, lui exposait l'inconvenance et les dangers d'une nation. Charles IV fut fortement ému par lecture. Il refusa de recevoir la reine et, quand elle força sa porte, il lui déclara catégoriquement que Godoy ne serait point premier ministre. Encouragé par ce premier S le comte d'Aranda osa alors dire à Marie-Louise qu'il s'opposerait de tout son pouvoir à la nomination de ■). Les circonstances étaient difficiles. Malgré l'habileté de Bourgoing, la chute de Louis XVI avait failli la rupture entre la France et l'Espagne. Le système d'équilibre soutenu par le comte d'Aranda n'avait
l« M. d'Aranda, il croit qu'on peut, qu'on doit même loucher sans le dépouiller tout A fait et qu'il 7 a grand
Parti « tirer de ses richesse* pour la restauration des finanças an ligne. Tel est le principe du destructeur des Jésuites " sent pas qu'en détruisant les apôtres d'une religion toute inonui « ébranlé toutes les monarchies dans
• r a une pierre de 1 édifie
iiaumgHrten. Gtëckiekiê Spanieni tur Ziil dtr frmmsôêiêcken don.
^arten . 6 panieni tur Ztit dtr frantôêiichem
nom.
pas tardé à devenir impossible. Appelé au palais le i . vembre 1791, li ministre % on congé (n.
revanche de Marie- Louise et de Godoy.
i i mcoetsion de d'Aranda échut sans discussion
: i ministre ne devait pas avoir une plus nette que en ne faisait
impressu m l'observation de Sando:
Rolltn, il écoutait tout avec um lion et une in
rence qui les hommes et les affaires. Il n
d'ailleurs, nullement intelligent et n'avait aucune e d'instruction. Il n'aurait cependant pas demande mieux que de satisfaire tout le monde. « Ce jeune minis- BoUTgoing I Danton, a quelque se: :iten-
n extrême inexpérience, son inaptitude aux affaires ne peuvent échapper... Il cherche à fairnellement aussi peu de mécontents qu'il ible (*). »
ivait plus d'ambassadeur a Paris. Sv>n consul Ocariz avait eu ordre de protester contre les événements
nplis. Bourgoing n'était bientôt plus a Madrid qu'un observateur que l'on se refusait à entretenir d'affair Danton parlait de déclarer la guerre à l'Espagne. A la fin de i7«»2, l'intérêt seul de la reine et de < i la paix. Le ministre disait à Xinoview : « L'Kspagne soutiendra les efforts en faveur de la bonne cause, mais elle ne peut agir elle-même, car elle manque de troupes. De plus, elle est la voisine de la France. Pour la Rui autre chose. C'est le plus puissant état de l'Europe. Ses
urces sont inépuisables. En comparaison avec elle, nous ne sommes rien (3). * Il fut plus franc encore en causant avec les ambassadeurs d'Autriche et de Prusse. Il leur assura que c'était seulement la peur et la répugnai
pour la guerre qui lui faisait ménager la n-publique
(1) Général Gomez de Arterhe. Hein» i I 11".
(2» < ;i lm .i«nii. L'Amhm$$mdê française en Espagne
pcn.lnnt la Hévol
(3) Tratcbewkv. L'F.spaç (ur >le la Révolution française