‹ L'abdication de Bayonne; d'après les documents d'archives et les mémoiresChapitre 9 sur 25 · M IAY · texte numérisé non relu

M IAY

l'ambassadeur de Fnu ont pari»

lui cl -sser,

. dépit de ma modestie et de l.i réserve que ; ne répondre que par oui et par non, il m'a tit un pi. m

que Vos Majestés ne

qui m passe, que du moins, elles ne croient pas qui enw n'ont pas confiance dans le gouvernement.

disent-ils, la ruine e et ils croient

qtM le rtmède est dans mes mains à moi, pauvret, qui no

ien dl rien. J'espère enfin que mon fila aura meilleure situation que U

: vérité, do le détacher de pareilles idées. I

ime, est pour que Vos Majestés s.

et n'ignorent pas ce que fait Manuel. La retraite où il

t le meilleur don que Vos M puissent lui

faire (1). »

Malgré tout l'art qu'il met à tout demand demander

rien, le prince de la Paix n'est pas rappelé au minist. :

nfîne alors dans le jardinage. C'est un bon père de famille, préoccupe de naissances et de progéniture, d'horticulture et de l'agrandissement de son domaine. Sur tous

doy plaisante agréablement dans sa lett; 9 septembre 1800. « Madame, écrit- il, quand j'étudiais le latin, je me suis beaucoup int x lettre

Jérôme. Le caractère de ce vieillard m'enthousiasmait et son entêtement, mémo vis-a-vis de I)ieu, prouvait bien la rectitude de sa raison. Qui sait si le saint n demandé que mon petit lui ressemble I iain,

j'espère que demain tout sera fini, car hier, il n'y eut rien et aujourd'hui voici un an de la fausse-couche. Enfin, Madame, j'aviserai et je vous renouvelle mes : mentspour tout ce que Vos Majestés ont la b Mais mettrai- je le grand uniforme le jour du ! Celui des Suisses sera-t-il suffisant Je le mais

soyons clairs, pourquoi vanter les choses avant d»

(1) Modetto Lafuente. Uistona de A'»/».;-... \M â,

DIPLOMATIE ET GàLANTPRIE 85

connaître ? Contentons-nous donc d'un peu d'excès, puis, si c'est lui qui est créancier, on lui donnera galas et

:is. Voilà ce que je pense, Madame, et j'attends la résolution de Votre Majesté pour ne pas me tromper. Je

0 à acheter le jardin, bien que le prix me tienne à

Mais on doit se mettre d'accord, car j'ai proposé une

n et j'irai le voir (i) ». L'enfant qui allait

e à Godoy fut une fille. Ce fut le seul enfant qu'il eut de sa femme. Il avait deux fils naturels de Pepa Tudo, fille d"un ancien militaire qui était intendant du palais du Buen Retiro. Josefa Tudo, d'un caractère doux et paisible, avait beaucoup contribué à calmer les violents et brusques emportements du prince de la Paix (a).

ne alors qu'il vivait dans cet exil doré, Godoy avait une sorte de faveur. Quand le gouvernement consu-

chargea Alquier d'offrir à Urquijo une Bible et un

aés chez Didot avec une fort belle boîte de

l'on n'oublia point à Paris de faire la part de

Godoy : il reçut une armure damasquinée (3). C'était aux

yeux d' Alquier un des personnages les plus importants de

quier politique madrilène. Traçant à son ministre, en frimaire an IX. le tableau de la 'Cour de Madrid, il s'expri-

ainsi : « La nécessité de cacher au roi, depuis trente ans, le dérèglement de sa vie, a donné à la reine l'habitude d'une dissimulation profonde. Nulle femme ne ment avec plus d'assurance et n'a une perfidie plus concentrée. Antidévote et même incrédule, mais faible et timide à l'excès,

trence du moindre danger lui fait éprouver toutes les

irs de la superstition... Tous les jours, elle écrit au

e de la Paix. On l'informe en échange des aventures de tout genre qui arrivent à Madrid; pendant que le roi

(1) Modeito Lafuente. Hutoria de Kipana, XVI, 7.

' iomte de Toreno. lliêt. du toulivement de l'Kipagne, Uad. franc., !. 81.

(S) Geoffroy de Grandtnaiton. L\mba$»ade françaue en Etpagnt pendant la Révolution, 1 Vl .

dîne, le premier secrétaire d'État a régulièrement versation d'environ une heure avec elle. Cette d< | est de rigueur. Le ministre ne tiendrait pas viny heures s'il voulait s'y soustraire... A tnU ans tl

des prétentions et une coquetterie qu'on pardonner à une femme jeune et jolie... Ses dépenses en lettes et en bii I énormes. Il est rare qu'un

i ambassadeur arrive sans deux ou robes (i). » Aussi, lors de l'arrivée des présents consulaires aux ministres et au prince de la Paix, comme la reine s'enquit si le Premier Consul ne lui enve: i, on

pressa de lui offrir un déjeuner de porcelaine de forme nouvelle et des robes de mousseline brodées très Uj

■ claires, comme on les portait à Paris. Durant tout le Consulat, ces présents se réitérèrent (2).

Le roi Charles IV, qui n'avait rien reçu, fit comprendre qu'il serait heureux qu'on lui envoyât des fusils de chasse de la manufacture d'armes de Versailles. Il ne voulut d'ailleurs pas demeurer en reste avec le Premier Consul. Il fit choix, en personne, dans les haras d'Ara njuez, de chevaux d'une rare beauté qu'il fit amener a Bonaparte par un adjudant de la grande écurie, assisté de vingt lefreniers et d'un artiste vétérinaire. Toute cette es. avait des livrées galonnées d'or avec cocarde oie et

jleurs de lys. Le gouvernement consulaire craignit que

(1) Dépêche du 8 Frimaire, an VIII. — On lit dans an autre rapport : « C'est la débauche dans toute sa laideur ; c'est le scandale le plUs r, nulle urbanité, nulle déllcatMM, nulle pudeur |

ni publique. Les mœurs sont corrompues sans être . Au-

cun ménagement, aucun voile ne dérobe cet al •• aux

yeux de la multitude et peut-être de toute l'Espagne il n eet j seule personne qui ne sache que pour alimenter 1 étrange sensibilité de la reine, ce n'est pas tr«>p dan I roi) et

des attentions passagères du prince de la Paix et du concours fréquent de l'élite des gardes du corps ■

(1) La reine d'Espagne figure en l'an IX pour 19958 franrs chei le citoyen Leroy, marchand de modes ; 29000 francs chei la dame Minette; 5 685 francs chex la demoiselle Lolive, mm 1171 francs chez le citoyen Duplan, marchand de fleur» artificielles.

DIPLOMATIE ET GALANTEP 87

l'exh'. :ris les rues de Paris, des armes des Bourbons,

ne fit II aurait bien voulu que les chevaux fussent

présentés au Consul en tenue de route. Charles IV n'en voulut point démordre, disant que si quelqu'un insultait en

.(ne les couleurs françaises il le ferait pendre, que le

onaparte n'avait qu'à en faire autant pour les

couleurs espagnoles (i). Cependant, au lendemain de

ngo, le gouvernement consulaire se montrait

! prince de Conti, réfugié en Catalogne ia un passeport pour traverser la France et se

tut, quelques troubles passagers dans la bonne harmonie des deux gouvernements. Lucien \ ayant publié, sans le signer, un Parallèle César, Cromwtlli Monk ci Honaparte qui émut beaun, le Premier Consul crut devoir le désavouer, rt bruyamment à Fouché comment il laissait lier librement de semblables pamphlets dont l'auteur ennes. « Mais, cet auteur, répliqua Fouché, c'est votre frère Lucien (3), • On n'envoya pas cet indiscret au château de Vincennes, mais on

sadeur en Espagr ose se fit si brus-

u>nt que le cabinet de Madrid ne fut pas consulta vait un passé révolutionnaire compromettant nouvelle de cette nomination. I ne le

membre 1800 : « ri sera fatale, tant

ons de cet homme que par le fanatisme de quatre prostituées t autant de coquins qui bravent

autorité \4). » Et, il suggérait une procédure ter le danger. « Sans perdre de temps, d

la Grandm • tbauade françaitc en Etpagnt

rançaiie en Etpmgmt

l.afuente. // • mes de \r « II. 2&I.

il. il me semble que le Gouvernement pourrai tr un

cour; ambassadeur que la n

individu ni laiss»- os Majestés, i

aucu; rture ne l'ayant \ et Vos M

lète avec le ment

irans. it que s'en re

• son plaindt nage désigné, dur.

g les qualités qu'exige cet emploi. Il n'a qu'un avantage particulier et tble, c'est qu'il est le frère

do Consul, C Ce d'autant plus nui

faveur il sera accueilli dans bien d^ que ce sera un moyen de troubler la tranquillité' publique.

ri qui n'a voulu se mêler d'aucune intrigue en I ■': au temps des chin des partis, mettant peut-ét:

intérêts de la république avant ses inl *, ne

devait pas s'attendre maintenant à une sembla proque. Bien que ce ne soit point ui une que N

.cevrait avec plaisir, ses idées sur ce point i tient s'il s'agissait d'un objet de grave importance pour uvernement et si les explications qu'exige la fiance précédaient. Je crois. Madame, que sans m davantage, voilà ce qu'il faudrait. » I :gnols ne

vaient se faire à cette idée que Bonaparte envoyât « en Espagne, comme si c'était un pays inculte, les béK et les perturbateurs de la tranquillité (i). »

Il était trop tard pour toutes les démarches. Récemment veuf d'une femme qu'il avait adorée (a), n'étant retenu par rien en France, Lucien s'était mis en route dès sa nomination et arrivait a ! le 2 décem était informé sur l'heure et le 4 il répond

(1) Mode»t<> L.ifu.i.te. BiêtorU de Eêpaia, XV, 375.

(2) • Le t> ttt passé il Une, é.rivjiit-il \t

douce des épouses. Le vide qa elle an pat rempli. Il ne

•e remplira jamais. Ajei I' • les fleur»

»eat pas! »

(3) 1 Cm Bonapartr , I i

</# Parme, reine d'Espagne.

Goya. [Uu*4m du Prado, • M

ÇO t' ABDICATION DE BAYO

portrait du nouvel ambassadeur me parait mal, très mal et pires encore les erreurs o\ i Vos Majestés, car il

n'arrive pas chargé de la colère de son frère, mais aw grands pr ne se lieront que par le n

gociations avec ta puissances qui traitent ci. . sans

que Vos Majestés les connaissent. Knfïn. çais est toujours Français, et aujourd'hui on ne garde pas sa parole quand les choses changent i . »

■tait bien info départ de Lucien de 1

n'avait eu que pour prétexte l'incident de son pamphlet. Si Bonaparte était heureux de l'éloigner de Paris, il surtout besoin de lui, pour une mi Iden-

tielle, sur laquelle on n'allait pas tarder à s'expliquer. début de son séjour à la Cour d'Espagne, Lucie: naparte ne parut préoccupé que de amené avec lui que sa fillette et la gouvernant Ce fut donc la femme de son secrétaire, Mmc Desportes, jeune Espagnole d'une grande beauté, qui fit les honneurs des salons de l'ambassade (2). Il en résulta que beau de ses compatriotes s'y trouvèrent comme chi t que

Lucien et son personnel furent aussitôt de plain-] l'aristocratie espagnole. Lucien se lia étroitement Mm« de Santa Crus. Le marquis, très vieux, rempli une charge au Palais, était un vrai type de cour femme, un peu sur le retour, était encore belle et d'un esprit charmant. Sans cesse Lucien allait prendre le chocolat chez elle. La marquise était une de plus élégantes de Madrid, et M»« Minette, la célèbre marcl. de modes de la rue Laffitte, fraudait la douane espa^ pour introduire pour elle, au delà de la frontière Ïette8 à la dernière mo. ris et que nulle ind n'eût déflorées (3). Introduite par un

(1) Lafuente. Mis: />ana, XV, 376.

(2) long. Lucien Bonaparte. Il

(3) Iung. Lucien Bonapar: i : mise de Bt rur semble avoir été plus qu'un-- nmie ; n qu •- 1 1 • - att«n-

Cruz

dont la chaleur prouve peut-être seulement que l'intelligente modiste avait le crédit large et facile pour la belle, nonchalante et dépensière créole qu'était M»- de Talctte était un des personnages les plus importants de l'ambassade. « Vous savez, écrivait le ministre, que tout ce qui tend à couronner la supériorité française en quelque genre que ce soit d'industrie, donne des ci: : bienveillance du Gouvernement. L'élégance

et l'urbanité françaises, dans quelque genre que ce soit, plaident on faveur de tout ce qui tient au rétablissement de nos modes qui sont un des objets les plus importants de nos a ^rtations (i). » Lucien accueillit donc de

.te nouvelle ambassadrice, bien qu'à part lui, il la jugeât commune et surtout très bavarde (»}. L'important était que les robes plussent. Comment n'eussent-elles pas charmé Marie- Louise. « Chaque groupe ou trophée de trois robes était composé d'un très élégant habit du matin, dit un déshabillé, d'une robe de promenade d'étoffe toute

ille et d'une autre robe extrêmement riche en bro-

aussi tout récemment produit par les

manufactures de Lyon et dite robe de gala. Au pied de

m de ces groupes une très grande corbeille de satin blanc à torsade d'or et d'argent contenait, avec les chaussà chaque costume, tous les accessoires de rigueur ou de fantaisie (3) ».

si étayé par une prétresse de la mode, bien accueilli

daità Pari* à ion ntour d K»pa?ne. • Salle, écrivait-il en 1801, fait <t$ en mantille. Tri Salle a sacrifié ton genre à un femme qui domine ton paysage. Il «'inspire pou:

■Ile de la raar«|> H plus mal

tableau est très gl peut-être le meilleur lu

., Il, 112.

(1) I i Bonaparte, II, 23.

le prêtresse de la mode, la citoyenne Minette était Klle était même fol de figure,

'te. mai» n'avait rien de distingué dans sa

ri.

, aparté. Mémoire m.

l'au;

parles salons, I ttcien m mil en devoir de remplir sa table mission. Elle fut facilitée par l'homme n

• si mal accueilli s

ible, oblii conquête ds < l'avais autant d'ami t lui, écrit il dans ses

moires, qu'il voulut b occa-

sion [i). i Mais qiK iissent ses efforts pout

Premier Consul à son lui qu'un

refus très sec à la demande qu'il lui faisait de son portrait pour le favori. « Je n à un

homme qui tient ion pi <ur au cachot et qui ern.

les moyens de l'Inquisition. Je puis m'en servir, je ne lui

que du mépris [%), »

souterrains que Godoy menait deux

ans & l .aient abouti. Apr-

fait entendre à la reine que de mauve ■■ allers lui

dérobaient la ju'ils étaient incapables de ta

les expédients nécessaires pour éviter des d îand

il s'en présentait, dans une lettre du 5 février i8oi, il avait pris, sans masque ni ambage. l'initiative de la lutte. « Je sais,

une. écrivait-il, que les ennemis de Vos M miens mettent à profit l'absence et que les intn leur train. Je crois qu'il faut tout de suite couper cour: mal. Jovellanos et Urquijo sont les chefs de l'association. Leurs partisans sont peu nombreux, mais il vaut n qu'ils n'en aient aucun. J'irai dimanche ou lundi à la ! dence et je voudrais mettre à profit le voyage pour connaître les décisions du Portugal, ruiner le complot qui entoure Vos Majestés et revenir sans plus de d des choses aussi importantes 3). »

Le résultat de ce voyage fut de h ier Godoj

(1) Lucien Bonapar ex.

(2) Iung. Lucien Bonaparte, II, 117. La lettre de Napoléon est du 8 avril 1801.

(3) Modetto Lnfuente. Hiêtoria de Etp

conseiller occulte en maître avoué. Urquijo e le nouveau secrétaire d'État est Cab Godoy. On donne comme raison à cette disgrâce le ; vais ■ fait aux propositions fi

çaiso Urquijo est arrêté (i). Quant au

favori Mallo, u appelait au xvm« siècle une

espèce. * Mallo, écrivait un diplomate français, ne aller à rien. Sa médiocrité convient fort b empressée de jouir de l'autorité qu'elle a ressaisie et au prince de la Paix qui, dégoûté depuis fort longtemps des fonctions personnelles d'amant : bien pu consentir

à avoir un remplaçant, mais non pas un rival. Mallo est majordome de semaine, ce qui revient à nos gentilshommes servant par quartier. On le paie en argent qu'il gaspille en bijoux, en chevaux, en voitures. Au reronné d'espions, n'ayant pas la liberté de se lier avec qui que ce soit, surtout avec des femmes, il est certainement l'homme le plus malheureux, car il est difficile de concevoir qu'il puisse trouver son bonheur dans l'exercice de son état (a). » A peine le prince de la Paix : à la

Cour, le malheureux Mallo se brouilla avec la reine. « La disgrâce de Mallo, écrivait Lucien à Talleyrand le 5 1801, a été l'effet d'une boutade de la reine, qui s'est repentie le lendemain. Le prince l'a aidé I rentrer en grâce. Cet homme seul lui convient (3). »

La politique française n'avait pas à s'occuper de cette nullité. Il en était différemment de Godoy, malgré le mépris que Bonaparte affectait à son sujet. L'idée, qui motivé l'envoi de Lucien à Madrid, était un arrangement à faire avec l'Espagne dans lequel Godoy devait avoir sa part. On fit, on effet, briller à ses yeux l'espoir d'une principauté. La victoire de Marengo avait mis à la dispos

(1) Geoffroy de Grand maison. L'Ambassade française en Espagne pendant la Révolution, 212.

(2) Iang. Lucien Bonaparte, II, 8.

(S) long. Lucien Bonaparte, II, 19.

DIPLOMATIE ET GàLANTEF ç5

du Prêt: al la plus grande partie de la haute

. Le plan de Napoléon était celui-ci : on agrandira les

:ne, qui abdiquera au profit de

son fils, gi :ieveu de Charles IV, qui deviendra de la

arid rétrocédera la

:ee en i;o3 et donnera, d'autre part, tout son

Angleterre, fallût-il pour cela combattre

Les agents français qui sont môles à la négociation, i , se rendent bientôt compte que Marie-

Louise est séduite par cette combinaison qui assure à sa fille un trône. Certains donc d'atteindre le butqu'ils visent, intendre dès le début des pourparlers qu'ils enissi tirer parti de la négociation. « J'avoue de Urquijo à Hervas, que bien que j'en orruption des hommes, je n'en sui:

ne de corruption que je vois, mais tut-il pas jouer avec K qu'on a en mains (2) ».

era moins scrupuleux encore et 1 Cour de

Lucien ravi. « .-il, je suis comblé

ii rompu la barrière de l'étiquette, je suis quand il me plaît, et en particulier, je parle a|t le roi et la reine. Le prince de la Paix, loin di alarmer, s'en réjouit (3).» Tout le personnel de l'ambassade est jeune, élégant, gai, mondain. Il y a là Desportes, Bacfutur mari d'Elisa, Sapey, le ; n mit. On . et un jour Lucien reçoit dans ses bras I espagnole qui fuit à l'Ambassade la jalousie de son m 1 scandale et il y aurait duel sans l'interven- Ie la marquise de Sa: ucien, au isirs qui ne s'arrêtent pas au pied du trône,

l •tba$taJe françaiit «A Espagne / 210.

uny. Lucien Bonaparte, 11, 43.

a cru phine qui

ad qu'au rebour ttriotes elle

Un jour la reine dit à i ma fille chérie. On ne | ni meilleure et je veux qu'elle soit heureuse (i) >< ■ t un peu vague. I i imant un jour d'avril t8oi le regret que ; ni veuf ni di i i( trop h<

ptendi uverture. Il en transmi ivelU

qui communique naturellement la Ict phine et la commission n'est pas pour rapporte entre beau-frère et belle-sœur.

laisser entraine] : voie du Ji\

n'est pas sans qu'il y ait eu plus d'un. :i (3).

; Paris, entretient de Talleyrand et tous ceux qui, dans sa pêne nt le

aboutir. La jeune princesse ne serait-elle pas un lien de plus entre la France et l'Espagne? Et la politiq .

1er Consul ne doit-cil. oir pour base l'union

sans limite des deux peuples? Le seul qui, semble-t-il, n'ait rien su ni des ouvertures, ni de la Charles IV qui compte de moins en moin plusieurs années que uiso Ta tout a fait di

Dans des conversations gaies et a:

>rd prouve que l'éclat, dont elle est environnée, suffirait pour éloi tentations si elle pouvait en avoir; puis.

(1) \vag. Lucien Bommpmrte, Il p,

] Godoy prétend, dans res, que l'idée lui lui proposé*

(S) Modesto LniutMit*'. B ■••» le*

I Arara. Cei Mémoires vont être prochainement traduit» en français.

Tabioâu do Kr«o«Uco Ooy*. (Mu*«« d« LilU.)

elle lui a démontré qu'user du mariage nuisait à sa santé et Charles IV, toujours complaisant, a consenti à |

mées que cela dure; il en a pris bituoV >e plus. D'ailleurs, il dit à qui

avec une bonhomie qui contrai^ Alqm >(uet à baisse: x, « que son

les est un sot, qui se laisse mener par sa femme (i) ». endant, lui dissimuler la négociation rel à la Toscane. Comment s'en inquieterait-il, puisqu bien qu'il ne soit pas an : es, dirige tout

dans la coulisse? ( ori qui t

Louise le schéma de la lettre quY i son

. le duc de I pour sonder ses intention

Voici en effet ce qu'elle lui écrit le 28 février: « Je ne mon cher frère, si, bien que les conditions du traité entre l'Empereur et la France (3) soient très avantageuses en ce qui concerne notre famille, nos façons de voir pourront être les mêmes. Mais la chose est faite : si tu asser

en Toscane, tu y deviendras roi. Nous a\ Iques

sacrifices pour acquérir ces avantages et je ne 1 ni le roi non plus, que tu puisse trder avec ind

rence. Mais, quoique le traite soit fait et qu'on attende sa ratification, il reste un point à fixer. Il faut que tu me répondes. Il y a longtemps que tu manifestes ton désir de ne pas quitter Parme. Ta tranquillité nous int. voudrions la rendre compatible, car, ignorant si le traité secret n'a pas disposé d je ne put!

la permanence. Mais, au cas où nous l'obtiendrions i cela te conviendrait, ton fils et ta fille, avec r. : -pis,

deviendraient rois de Toscane en renonçant aux droits qu'ils ont sur les États de Parme et alors tu «

la Cour d'Espagne cité par ! fiona-

partf, II, p. 10.

(2) Lr broaill lettre porte de la main du prince de la Paix cette annotation : « Madame, on ne peut ni n< > dira moins dans le cas présent. Je désire avoir réussi. »

(3) C'est la paix de Lané%

DIPLOMATIE ET GàLa 99

tranquillement toute ta vie durant, mais si tu veux venir

tout de suite à Florence, renonçant à Parme, tu peux l»

ta maison demeurera réunie comme jusqu'ici.

Tout cela est préventif, car nous ne savons pas si, même

arant. nous pouvons compter qu'on te con-

nt tu jouis, car n ions les clauses du

;tiv l'Empereur et la France et l'on pose la

tujourd'hui, par courrier extraordinaire. Mais il

répondes catégoriquement, si tu veux ou

tr en Toscane (i] ». D les négo-

it de mai, le prince et la princesse de Parme

rid pour aller prendre possession du nouveau

:me qui leur était échu, l'Htrurie. Bonaparte avait

de leur voyage qui comportait un séjour à

Paris. « Il voulait voir, à écrit la reine d'Ktrurie, quel effet

ice la présence d'un Bourbon (2).» Roi et

:it en route, terrifiés, indignés des calculs de

ii se souciait peu de mettre leurs jours en

n les envoyant < dans un pays où il avait déjà été

a\ massacre si atroce de leur famille (3) ». Ils

sous le nom de comte et comtesse de

md ils arrivèrent aux limites de la Gironde,

ils furent accueillis par le général Bessières et la garde des

et le général commandant la 1 10 division

Ils firent leur entrée à Bordeaux au son des

rt au bruit de l'artillerie (4). A leur arrivée à Paris,

ir terreur devait être apaisée, mais la reine

tierce. Le roi, accompagné par

lut se rendre seul à la Malmaison, et bientôt les

fêtes cèrent. Le 29, le Journal de Paris saluait les

letto Lnfurnl.-. Hittoria d* Kêpaha. \ (S) Général Gomex de Artecbe. Retnado de CêHê la Reine d'Elrurii, p. 9.

inMJéfeAu*,SPrtirklai

loo l'a n : DE BAYO

arrivants par la publication de ce quatrain du vie

Entre les det du plus grand de-. I

La Toscane Aujourd'hui, la vertu va

La reine d'Étrurie, remise de la fièvre, ;i ^n > à la

Bison le 28. Le 3o et le

I neuf lu- unie les jeun.

la loge de Bonaparte à I" d'Iphiffénie et dtl ballet de Télémaque. Le lendemain, Talina, I.afond et la RaucOUlt jouent pour eux <1J:. Thoàtre-Fram que I .afond ne soit p.

le public applaudit avec enthousiasme ce vers :

.mverains et n'ai pas voulu l'être (2).

Le lendemain, le roi d'Étrurie visite le Muséum

la bibliothèque de l'Institut où il feuillette ['Histoire ./es Poi le.f Quel bel ouvra

e-t-il (3). Lalande, jaloux d'avoir laisse l'honneur du mot historique à Lacépede. offre au roi d'Etrurie le 1 qu'il vient de faire du méridien de llorem. 5 juin, il y a grande parade militaire, visites officielle*, dtner aux Tuileries. Le 8, Talleyrand offre u: Neuilly. L'avenue et la cour du ch. ;U illumi:

Mmcv siro et Grassini chantent au concert. Dans les jardins décorés, entre les fontaines en nappes d'eau et les colonnes flamboyantes, des bergers étruriens dansent. la réception la plus splendide, c'est celh '.hier,

ministre de la guerre, donne le 14 juin pour l'annive: de Marengo. I mes de Paris se pressent aux jeux

militaires et aux 1 de l'aéronau : in. « La

(1) Journal de l'< iial m IV

(2) Journal de Paris, 11 Pr.iiri.d an IX. (S) Journal de Parié, 17 Prairial an IX.

IOI

» d« IL Coaway, gravé par (lardon*. (Bibliothèque Nationale. Estampes.)

dit une n Moniteur, étaient

à des fêtes données ;

[uis, dont

.• semble avoir doua* particulièretnetil

culte pu: grâce semble

sous un» nouvelle. » In

n avait montré aux

hôtes du 1 < ionsul « l'élite des beautés que cette cité

possè r l'élite des chefs de nos guerriers (1). »

v. Ils avai le corps dipl une

déplorable opinion du roi d

il. On : de son indolenc<

ar quH1 donnât un in.^ ni qu'il prit une plume. Il ne \ qu'aux plaisirs, au théâtre, ai est

un homme de mérite, fait tout ce qu'il peu: perd

son temps (2). » Ainsi Bonaparte avait l'impression qu'il installait un souverain incapable en Ltrurie. deuxième partie d€ la mission de Lucie: sultats plus satisfaisants: Charles IV avait bien senti à attaquer les A dans leur allié le I

dont le régent était son gendre. Mais il mme

condition que le pays ne serait pas morce lors,

Godoy voyait s'évanouir sa principauté, et le titre de généralissime, qu'on lui donnait pour le ( le laissait très froid (3). Ni les Espagnols, ni les Portugais n'avaient envie de se « Pourquoi nous battrions-m ai le généralissime portugais au général et] olano. Le Portugal et l'Espagne sont des mulets de charge. L'Angleterre nous a lancés, la France nous aiguillonne. Sautons, agitons nos grelots, mais, au nom de Dieu ! ne nous fa pas de mal. On rirait trop à nos dépens (4). » Godoy entendit ce langage. i5ooo Français venaient de traverser le nord de l'Espagne, accueillis en am accablés d'invitations (5). Il semblait qu'on n'avait plus qu'à

(1) Moniteur Universel, 27 Prairial an IX. La 17« demi-brigade, qui avait décidé de la journée de Marengo, jouait naturellement le premier rôle dans cette fête.

Modesto Lafuente. Historia de E$paha, XV, 382.

(3) Geoffroy de Grandmaison. L'Ambassade française en Espagne pendant la Révolution, p. I

(4) Mémoires de l'Académie de Caen, 18U5, p. 169. (6) Marbot, Mémoires, I, 138.

DIPLOMATIE ET GALANTE* Io3

prendre Lisbonne, Godoy arrêta soudain la campagne, malgré les éloges et les fleurs de rhétorique dont le couvrait le Moniteur, et s'installa à Badajoz. Deux mois plus tard, Lucien signait la paix.

Bonaparte se laissa aller à une épouvantable colère (i). « Le rôle d'un ambassadeur, écrivait-il, lorsqu'il remplit :is, aide, par là, le développement des plans ucien blâmé, désavoué, démissionna bruyamment s, on évaluait à 5o millions ce qu'il avait lié en Espagne (2). Les chiffres qu'il avouait étaient moins, élevés. « Pour le traité de Toscane, disait-il dans une sorte de confession adressée à son frère, j'ai reçu vingt beaux tableaux de la galerie du Retiro pour ma galerie et l'on fait monter cent mille écus de diamants pour moi. J'en recevrai autant pour la paix de Portugal. Sans douto ont était ma passion, je serais déjà million- . car j'ai fait la conquête de toute la famille et un mot oque suffirait pour que je fusse accablé de trésors. Il me suffit de vous dire que je n'ose pas regarder avec quelque attention une chose qui me plaît dans la peur qu'elle me soit aussitôt offerte. Je vais vous en citer un reine portait il y a quelques jours, pour la . je crois, une superbe montre enrichie de ne pus faire autre chose que ce que faisait tout le monde, l'admirer; c'en fut assez et la reine me força de sa main, et la plaça elle-même dans ma la reine m'ont proposé tous les ordres d'Espagne, celui de la Toison d'Or et cent mille francs de pensi répondu comme vous le pense: bien. Alors tés m'ont dit que tout cela m'était donné 1 et que, des que les circonstances me permett: de les accepter, ces grâces m'appartiendraient (3). ■ Lucien

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pendant ta Bt '223.

(S) M"* de Rémotat. Mémoire», I, 134.

(I) Le prince Lucien liemaparte, p. 4t.

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