‹ L'abdication de Ris-OrangisChapitre 6 sur 17 · Y PROSPER · texte numérisé non relu

Y PROSPER

J'avais invité Prosper pour le lendemain ! soir.

Je ne lui avais encore rendu ni ses cinq louis, ni son dîner, mais il savait vivre et ne s'étonnait de rien.

On sentait, à travers les bourrasques de :ce crépuscule de mars, la divine fièvre du printemps, comme un grand corps tiède sous un linge mouillé, et j'allais, sans hâte, à travers les rues où des jeunes femmes déjà moins vêtues montraient des nuques jblanches débarrassées de fourrures.

Ce n'est pas un marronnier au feuillage trop tôt grillé qui annonce pour moi la saison charmante, mais je la devine tout entière dans la teinte plus claire d'un Corsage plus léger, et je trouve qu'il y a plus

de soleil et d'été autour d'un chapeau de paille, devant la grille du parc Monceau, que sur tous les blés mûrs et toutes les grappes des vignes.

J'ai toujours adoré le spectacle delà rue. Un attroupement m'arrêta devant un poste de police où stationnaient un rentier, une midinette avec son carton, un marmiton qui portait sur sa tête une corbeille d'osier, deux soldats et les quelques autres personnes qui composent généralement un rassemblement classique.

Je me mêlai au groupe et ne distinguai rien. Rien que des bicyclettes d'agents dans une salle, un tuyau de poêle qui barrait le mur, des règlements affichés, une casquette plate sur une table et une porte fermée derrière laquelle il se passait sans doute quelque chose.

Je m'informai discrètement.

- Monsieur, me dit le rentier à qui je ne m'adressais pas spécialement, on vient d'arrêter un satyre qu'on devrait...

Suivaient des aperçus moraux et une énumération de supplices chinois.

Je n'écoutai plus rien.

On avait arrêté un satyre !

Le poète Henri Heine, et les poètes ne mentent jamais, prétendait savoir que les dieux et les demi-dieux exilés existaient encore dans une île, et que Jupiter luimême, vieux et lamentable, s'était fait, pour vivre, marchand de peaux de lapins.

Enfin! J'allais savoir où ils étaient, les Immortels de l'Olympe, les belles déesses aux tresses d'or, Vénus, Diane et surtout cette grande Junon aux larges yeux, aux admirables épaules, aux fortes jambes blanches sur l'écran que faisait derrière elle son paon qui rouait, cette Junon que j'aime comme un artiste de la Renaissance et qui est pour moi la vraie déesse de trente ans aux formes épanouies.

J'allais savoir tout cela, puisqu'on venait d'arrêter un faune.

Je tâchais d'arranger quelques lam-

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beaux de grec, et je regrettais de n'avoir pas mieux suivi, au collège, la traduction des textes vénérables. Des rêves mythologiques m'emportaient, et les grands vers étoilés de Victor Hugo chantaient dans ma mémoire fidèle :

T a naïade qu'on voit radieuse sous 1 eau

11 pillait les appas splendides de 1 ete...

La porte s'ouvrit et l'/Egipan apparut entre deux agents.

Je savais que l'on reconnaît ces demidlenx à leurs pieds de bouc. Je regarda!... Cet être avait des bottines jaunes et je compris dans un éclair que le monteur respectable et indigné m'avait trompe sans le vouloir et que le prétendu satyre était tout simplement ce que les ieml les quotidiennes appellent, dans les fa.ts-

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divers judiciaires, « un triste individu •. Je le laissai partir entre ses deux compagnons vigilants et je m'en allai, songeant à ce pilote qui avait entendu une voix mystérieuse lui ordonnant d'aller à Gaprée annoncer à l'empereur de Rome que le Grand Pan était mort...

Je conduisis Prosper dans un bar près de la gare Saint-Lazare.

On pouvait y dîner derrière la salle où des jockeys glabres et maigres, l'air de vieux gosses rabougris et ridés, en complets brouillés de même couleur, des bookmakers célèbres et des boxeurs illustres juchés sur de hauts tabourets, buvaient des verres de whisky ou des gobelets de pale-ale. devant le comptoir où trônait master Atkinsey, le patron de l'établissement.

Tout ce monde parlait posément, avec un fort accent britannique ou américain, se donnait des tuyaux à voix basse, et de

temps en temps on surprenait de semblables dialogues : Croyez-vo, Bob?

— Certainement, John, je croyais.

— Alors, je mets cent livres sur Spark-

lett III?

Yes...

Prosper avait grande allure et semblait de la maison. Avec son fin visage rasé au sang, on ne l'aurait jamais pris pour un valet de chambre.

L'endroit était discret. J'ai horreur de ces immenses brasseries où l'on mange dans une atmosphère de réunion publique. Dès qu'on s'y est assis, on n'existe plus. On est l'as ou le 4. Il ne vous manque qu'un écriteau, une pancarte sur la poitrine.

Vous ne verrez jamais dans ces restaurants les vieux gourmets français, ceux qui indiquent le degré d'un vin en faisant claquer leur langue, et qui savent reconnaître, à la saveur particulière de la chair,

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sur quelle cuisse s'est appuyée pour dormir la bécasse qui est dans leur assiette.

Pareil à un capitaine marin sur le pont de son navire un soir de branle-bas ou de tempête, le gérant de ces usines lance des ordres :

— Le journal à l'as !

— Voyez la purée du 2, et la tête de veau du 8 ! L'addition du 4 !

Et la serviette à l'épaule, il frappe dans ses mains, feignant d'exciter ses complices, les garçons qui s'affolent sournoisement.

J'aurais voulu dîner au café Anglais, au temps de sa splendeur. Voilà mon rêve : être un vieux roquantin encore élégant et spirituel, avoir des rentes, et dîner en bonne compagnie au café Anglais, à l'époque où l'on pouvait apercevoir, à travers ses glaces, passer les héros de Magenta et de Solférino.

On recevait aux Tuileries ; le marquis de Galiffet, costumé en coq, faisait valser jfme de Metternich dans ses oripeaux de

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bohémienne, et le duc de Morny présidait le Corps législatif comme il eût présidé une séance du Jockey-Club.

Le baron Haussmann transformait Paris ; Gramont-Caderousse étalait des gilets incroyables ; on soupait à la maison Dorée, chez Tortoni; et Mlle Hortense Schneider détaillait les couplets d'Offenbach.

La Païva, Cora Pearl ou Anna Deslions conduisaient elles-mêmes des pur sang de mylord qui enlevaient un cabriolet plein de camélias, et Ton dansait le cancan à la Grande Chaumière et à la Closerie des genêts... Voilà l'époque dont j'ai toujours

rêvé...

Je racontai à Prosper mon dîner de la veille, en arrosant d'un pot de stout un véritable rosbif glacé.

Je ne déteste pas en passant les solides et honnêtes viandes anglaises, mais la vraie cuisine, l'alchimie magique, c'est la sauce réussie d'un plat français.

Prosper avait, pendant mon récit, un

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sourire supérieur et sans bienveillance. — C'est malheureux, dit-il, que des croquants pareils aient tant d'argent !

M. et Mme Bottier-Damars avaient été visiter une maison de campagne qu'ils désiraient acheter.

Mon ami s'indignait.

— A-t-on idée d'aller voir la pluie sur des champs, des meules et des arbres? La campagne, cela s'appelle Ouchy, Blagny, Étigny... personne no sait au juste, et tous ces patelins sont les mêmes, avec leurs veaux, leurs poules et leurs vieux en tricots qui comptent leurs sous...

Je suis tout à fait de son avis.

Il me semble que je mourrais si j'étais condamné à vivre à la campagne

J'aime les trottoirs mouillés. des grandes villes, en octobre ou en décembre, quand l'électricité s'allume ; les cafés où l'on peut fuir l'angoisse des soirées désertes ; et les squares où de vieux arbres verts de mousse s'effeuillent sur un banc de pierre.

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sur l'eau dormante d'une vasque et sur les épaules des statues, dans une odeur humide de pluie et de cimetière, suffisent à contenter le goût que j'ai de la nature. Je suis d'ailleurs fixé.

Les vers les plus vastes, les strophes que semblent animer les ondulations et les murmures des forêts et des blés, les pages pleines d'oiseaux, de sources et d'aurores ont été écrites dans un cabinet de travail, sous la lampe. C'est là seulement où l'on sait écraser une vigne de soleil, bleuir une nuit de lune et vaporiser un sous-bois mystérieux. Ce n'est sans doute qu'une opinion, mais je suis malade à l'idée de marcher seul, sur une route luisante de flaques dans lesquelles se reflètent les clartés mourantes et navrées d'un soir pluvieux.

Prosper reprit :

— J'ai dû rester à la campagne pendant cinq mois, j'ai cru que je n'en reviendrais pas...

Il parlait de façon pittoresque et racontait bien. Il était d'ailleurs bachelier, lui aussi. — J'étais, continua-t-il, au service du comte d'Herbaupair. Jamais je n'oublierai ce vieux fou.

Le jour de mon arrivée au château, la comtesse accoucha.

Lorsque l'enfant fut débarbouillé, je dus l'apporter à M. d'Herbaupair qui était cloué dans son fauteuil par son gros orteil goutteux. Il m'invita à poser le nouveau-né sur une bergère et à passer dans l'autre pièce. La porte fermait très mal : je vis et j'entendis exactement.

Le comte ajusta son lorgnon cercl»d'écaillé, examina son fils, et comme s'il eût eu devant lui un personnage capable de le comprendre, il commença :

« Vicomte, madame votre mère est une «garce. Je vous ai fait venir pour vous le « dire, car lorsque vous aurez vingt ans je « ne serai plus là et je vous dois quelques « explications.

« Le jour où je vis votre mère pour la « première fois, j'avais soixante-quatre ans. « Très vieux, n'est-ce pas? d'autant que « j'avais été attaché à l'ambassade de Vienne, et que j'avais mangé avec des « demoiselles de comédie plus d'argent que « vous n'en aurez.

« Je vis votre mère en allant régler mes « comptes au moulin de son père, le sieur « Firmin Bonnet, qui repose maintenant je «ne sais où, mais certainement pas devant

« Dieu.

« Vos armes, vicomte, sont légèrement

« enfarinées... »

Il tira de son gousset une incomparable tabatière d'émail et d'or et renifla une prise de tabac.

« — Je ne trouvai pas le meunier au

moulin le jour où je lui fis l'honneur de

« m'y rendre dans ma berline, mais, poudrée

« comme une de mes aïeules, la fille du sieur

« Bonnet me reçut.

Elle avait les bras nus, une chevelure de

LLE AVAIT LES BRAS NUS, UNE CHEVELURE DE SOLEIL, DES DENTS MAGNIFIQUES...

« soleil, des dents splendides et la nuque la « plus grasse et la plus duvetée du monde. « Lorsque les Pères vous enseigneront « plus tard à commenter Pascal, je vous «engage à méditer cette phrase: «L'esprit « est prompt et la chair infirme ». Elle est « dans l'Écriture et elle était chère à cet « auteur.

«Avec cela, votre mère, car j'ai épousé

« la meunière, n'avait point l'air rustique.

« Elle brodait convenablement et jouait

«d'un clavecin qui emplissait le moulin de

«musiques vieillottes et chevrotantes.

« L'espoir d'un prompt héritage que je « lui ferai encore attendre, Dieu voulant, « la décida, malgré sa jeunesse éclatante, à « monter légalement dans le lit où coucha « Louis XIII lorsqu'il traversa nos champs «avec son ombre rouge, le cardinal de « Richelieu. Il y a trois ans de cela et vous « arrivez seulement ce matin.

«L'aventure m'avait paru drôle, mais je « n'en suis pas plus fier qu'il ne convient

n2 L'ABDICATION

« depuis que j'ai trouvé cette lettre.

« Permettez-moi de vous en faire part.

« Elle est d'un galant qui n'a guère de « délicatesse, mais qui a des reins plus « drus que les miens. Le billet est court, « et j'y suis traité avec une verdeur de « langage qui rappelle nos auteurs gaillards « du seizième siècle.

«Écoutez-en les passages les plus conve-

« nables :

« Ma comtesse en velours, « En quittant, derrière mon régiment, la «ville où nous nous sommes tant aimés, « je t'envoie ces baisers par la poste. Ne « m'oublie pas trop. La vieille bêteblasonnée « qui garde ma belle ne sera pas toujours «là... Vite un dernier baiser, un de ceux qui « te faisaient rire, au creux de ton bras, et « à bientôt.

«Je me couche à tes pieds de satin

« blanc.

« Bobo. »

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Le comte prit une autre pincée de tabac et regarda l'enfant qui ouvrait un œil à peine dégagé du chaos, sur le coussin de la bergère.

«Je vous ai lu cela, monsieur, pour la «forme. Je fus présomptueux en épousant «votre mère, mais n'oubliez pas qu'elle est «comtesse d'Herbaupair, bien que vous «deviez toute la lumière de ce jour au séduc- « teur Bobo.

« Je suis vieux, monsieur, et j'ai beaucoup d'indulgence: que tout ceci demeure « entre nous. Ayez de la tenue... »

L'enfant se mit à crier, et le vieillard acheva tristement :

« — J'ai peur que vous ne soyez un «vrai Bonnet; vous braillez comme un âne « de meunier et vous pleurez sans raison « comme votre mère... »

Il sonna. J'écartai la portière et M. Melchior-Balthazar d'Herbaupair me dit solennellement :

« — Reconduisez le vicomte !... »

lu V ABDICATION

Si tu avais vu ce vieux toqué, comme il était beau. Gâteux, sans doute, mais d'un chic suprême ; un bonhomme comme on n'en fait plus aujourd'hui. Tiens, il me paraît admirable, quand je songe au patron actuel et à sa dame...

J'avais demandé une bouteille de Beaune et nous achevions une tarte aux fruits dont la pâte était cuite et délicieuse.

Cet agréable repas fut un peu troublé, à la fin, mais sans tumulte grossier et fort proprement.

Mahmout-Ali, un nègre qui luttait et boxait sur la scène d'un music-hall, était entré complètement ivre.

Il était difficile de lui faire comprendre quoi que ce soit et impossible de l'expulser. On aurait pu seulement empoisonner un verre d'alcool et s'en débarrasser pour toujours, comme on fait pour les dogues avec des boulettes de viande mélangées de strychnine, et cette idée avait germé plus d'une fois sans doute dans le crâne carré

de master Atkinsey, le patron de l'établissement, qui avait été chercheur d'or en Californie, contrebandier et policier à New-York, qui avait été certainement une foule d'autres choses moins avouables.

Mais Master Atkinsey était prudent et, s'il s'était souvent moqué des lois au cours de sa vie agitée, en des pays primitifs, il savait que, même pour une dégoûtante brute comme Mahmout, il y avait à Paris des médecins-légistes et des juges d'instruction, et il supportait l'abominable nègre, se contentant de le voler amplement.

Les plaisanteries du lutteur devenaient de moins en moins drôles.

Il avait tenu en l'air, sur son tabouret, le jockey Bob ; il avait menacé de le laisser dégringoler, riant de la mine effarée du nain en équilibre, près du plafond, avec son gobelet de whisky-soda et son chalumeau.

Il recommençait ce tour de force lorsque la porte s'ouvrit.

n6 L'ABDICATION

Une jeune femme blonde et un homme de taille moyenne gagnèrent le fond de la salle et demandèrent des viandes froides et de la bière.

Le nègre devait vouloir étonner les nouveaux venus qui ne regardèrent même pas le jockey Bob remontant pour la troisième fois vers le plafond.

Mahmoutqui observait les étrangers fut mis sans doute en appétit par la façon dont ceux-ci attaquaient les minces tranches de bœuf et il voulut souper.

Il mangeait, les coudes écartés, comme un porc. De temps en temps, il roulait une boulette de mie de pain entre ses gros doigts noirs, et rarement il ratait le garçon ou le patron qui clignaient un peu de l'œil, surpris par le projectile.

On sentait que tout cela n'était qu'un prélude et qu'il voulait autre chose. '

Sournoisement, il lança une boulette vers le couple qui ne le regardait même pas.

Elle tomba à côté d'une assiette, et l'homme qui versait de la bière à sa femme ne s'en aperçut pas.

Une autre boulette atteignit son chapeau accroché au mur, et cela fit un petit bruit sec.

L'étranger fixa la brute de ses -yeux lucides.

Le nègre feignait de boire, mais il sentait le clair regard posé sur lui.

Il y eut un moment de silence pénible...

Le monsieur blond s'était remis à souper tranquillement, mais cette audace et cette bravade calme exaspéraient le lutteur. Il arrosait son jambon de cognac pur et, avec l'ivresse plus lourde, la rage montait. Une troisième boulette frappa cette fois la joue de la jeune femme qui poussa un léger cri.

L'étranger posa sa serviette, dit quelques mots à sa compagne qui acquiesça d'un signe de tête, et, froidement, il marcha sur le nègre.

Les consommateurs devinrent livides...

On entendait brûler le gaz entre les branches de la lyre.

Le monsieur était fou ; il ne voyait donc pas la carrure de l'athlète?

Dans un français assez étrange, il proposa poliment à Mahmout-Ali d'aller demander pardon à Madame.

Mahmout éclata de rire.

Un premier coup de poing atteignit son mufle épais et tout de suite son nez écrasé saigna.

Il se précipita.

Nous fermâmes les yeux. Le nègre avait pu être surpris, mais à présent nous étions tellement sûrs de ce qui allait se passer. Rien de ce que nous imaginions n'arriva. L'étranger, toujours tranquille, s'était remis en garde, et Mahmout, en même temps qu'il s'écroulait, fauché par un habile coup de pied, recevait un autre coup de poing en pleine mâchoire.

Bob avait ouvert la porte, par prudence.

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Quelques jeunes gens s'arrêtèrent devant le bar. Tous connaissaient Mahmout-Ali pour l'avoir vu lutter sur la scène du music-hall, et, étonnés, ils entrèrent. Ce lut au milieu d'un cercle de plastrons blancs et de chapeaux de soie que le pugilat continua.

Le monsieur avançait toujours. Maintenant le nègre fuyait, son œil s'effarait sous les meurtrissures quand il voyait le boxeur s'apprêter à l'attaquer encore.

Il était presque sur le seuil.

Un dernier coup do poing le jeta A la rue.

On referma la porto.

Très calme, l'étranger alla s'asseoir à côté de sa femme qui n'avait pas bougé, et il commanda de la bière.

Nous apprîmes qu'il s'appelait Oswald Adington et qu'il était champion de boxe aux États-Unis...

Cette victoire élégante et rapide me fit plaisir.

Les cigares allumés, Prosper jeta sa serviette sur la table.

Je demandai l'addition et je payai.

Mais, je laisse le lecteur sur le trottoir, il lui déplairait peut-être de nous suivre...

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