‹ L'Abdication du Prince CuzaChapitre 22 sur 43 · LA GANDIDATURE DU COMTE DE FLANDRE · texte numérisé non relu

LA GANDIDATURE DU COMTE DE FLANDRE

2 avril 1857. — VRINTZ à Buoz. N° 29. Confidentielle.

Par un rapport du Consul belge à Bucharest le gouvernement vient d’être informé qu’un parti considérable dans les Principautés se disposait à porter Mgr le Comte de Flandre comme candidat pour la nouvelle dignité de sou- . verain des Principautés Danubiennes. M. Poumay en revendique une partie du mérite, mais le Ministre des Affaires Etrangères rapporte la plus large part de cette intrigue à M. Blondeel. A la première impression de cette nouvelle, M. le Vicomte Vilain XIV voulut devant la Chambre décliner cette candidature au nom du gouvernement belge, mais il se ravisa et résolut d’attendre les événemens.

Je crois à cette occasion devoir avoir l’honneur d’informer Votre Excellence du résultat qu'ont eu jusqu'ici les démarches pour le rappel du Ministre résident belgè à Constantinople. Le Ministre des Affaires Etrangères n’ayant plus d’objection à opposer à la demande officieuse du Ministre résident ottoman, se retrancha derrière la protection que la Cour accordait à M. Blondeel et engagea M. de Kerckhove d’en parler au Ministre de la Maison du Roi : M. van Praet ne lui cacha pas qu’en insistant, il risquait de compromettre sa propre position, et que pour cette [128] considération toute personnelle il ferait bien, au lieu de pousser son Gouvernement à faire une démarche formelle, de l’engager à se désister de sa demande; qu’il ne devait pas se faire illusion ; que par suite de son origine belge et par suite des griefs personnels de M. de Decker contre lui, M. de Kerckhove, son individua-

lité se trouvait en jeu; qu’il lui conseillait donc de bien réfléchir à ce qu'il aurait à faire.

M. de Kerckhove accepta ce conseil et demanda vingtquatre heures pour réfléchir; il profita de ce tems pour s'expliquer avec M. de Decker et après avoir fait sa paix avec ce Ministre il annonça au Vicomte Vilain XIV qu’il né saurait laisser tomber la réclamation de son Gouvernement sans y être autorisé, et qu’à moins de recevoir de nouvelles instructions de Constantinople il devait insister officiellement sur le rappel de M. Blondeel.

L’Envoyé britannique n’a pas cessé d’appuyer la réclamation de la Sublime Porte et a même communiqué au Ministre ainsi qu’au Roi la dépêche que lui avait adressée Lord Clarendon, qui énonce l’avis qu’il serait convenable pour le Ministère belge d’avoir égard aux représentations du Gouvernement ottoman et de retirer son Agent qui avait perdu la confiance de la Porte, sans attendre une demande formelle de son rappel. Lord Howard m'a avoué qu'il supposait à la protection soutenue et si peu méritée [129] du Roi et du duc de Brabant en faveur de M. Blondeel des motifs secrets et peut-être compromettants pour la Cour.

Pour cette raison, je prends la liberté de faire observer à Votre Excellence que n’ayant plus reçu d’ordre de me mêler ultérieurement de cette affaire, je m’en suis abstenu et me maintiens sur l’engagement positif pris envers moi par M. le Vicomte Vilain XIV, qu’il n’hésiterait point à rappeler M. Blondeel à la demande d’une des puissances,

Veuillez, etc.

(V. Br. 1857, P. À, XXIT-17, f, 127-129.)

55 , 7 mai 1857. — VrinTz à Buoz. N° 33 A-B.

J’ai l'honneur de transmettre à Votre Excellence les remerciemens de M. le Vicomte Vilain XIV pour la communication qu'Elle à bien voulu me charger en date du 4 de ce mois de faire à M. le Ministre des Affaires Etrangères à l'égard de M. Blondeel, Le Ministre m'a dit que cet agent s'étant référé pour sa justification au jugement que M. l’Internonce portait dans ses rapports en Cour sur

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son compte, il avait cru devoir s’en informer à Vienne, de même qu'il avait recueilli aussi à d’autres sources officielles ses renseignemens sur la valeur des griefs de la Porte contre M. Blondeel.

En attendant, le Roi tient en suspens Sa décision relativement à la proposition ministérielle du rappel du Ministre résident à Constantinople, fondée sur une demande formelle de la Sublime Porte et sur l’accusation portée par Omer Pacha dans les Principautés contre M. Blondeel d’avoir intrigué à Galatz en faveur de la candidature de Mgr le comte de Flandre comme futur souverain des Principautés réunies. Le Ministre résident ottoman m'a donné lecture de toutes ces pièces, et comme le Ministre des Affaires Etrangères avait pris envers lui l’engagement positif de rappeler M. Blondeel pour le cas où il lui en ferait la demande formelle au nom et d’ordre de son Gouvernement, M. de Kerckhove ne saurait admettre aucun doute que M. le Vicomte Vilain XIV ne finisse par dégager sa promesse envers lui en révoquant M. Blondeel de ses fonctions actuelles.

[144] Il serait superflu d'ajouter ici que le ministre a reconnu de nouveau et explicitement toute la modération que, d'ordre de Votre Excellence, j'ai mise dans mes observations sur la conduite de cet agent belge,

Veuillez, etc.

(V. Br. 1857, P. À. XXII-17, f. 143-144.) 5 juin 1857. — VRINTz à Buoz. N° 41 B.

[La Porte a redemandé deux fois, par télégramme des 12

" et 28 mai, le rappel de Blondeel. Le 30, Vilain XIV faisait

savoir que le Roi ne trouvait pas les raisons suffisantes et refusait. La Porte a menacé de rompre les relations.] [187 v.] De même que l’Envoyé britannique, M. de Kerckhove cherche à pénétrer les motifs de la protection extraordinaire et peu méritée que le Roi accorde à son agent à Constantinople; si le premier croit la trouver dans d’anciens rapports et engagemens, celui-ci prétend savoir, et l’avoir mandé à son Gouvernement, que c’est en recon-

naissance de ces intrigues mêmes dans les Principautés en faveur de l’union et de la candidature du comte de Flandre, faites en conformité des instructions secrètes du Roi, que Sa Majesté [188] veut couvrir Son agent de Sa protection. Il m’a cité à l’appui de sa supposition des articles du « Nord » sur l’union, qui auraient été inspirés par le Cabinet du Roi. Je doute que ces suppositions aient un fondement quelconque...

(V. Br. 1857, P. A. XXII-17, f. 186-187.)

57 8 juin 1857, — VRINTZ à Buor. N° 43.

[Le Roi a refusé net la dernière demande du ministre ottoman touchant le rappel de Blondeel. Le ministère de l'Intérieur a fait passer au Moniteur du 7 juin (p. 1928) une note affirmant que jamais le gouvernement belge n’a songé à mettre sur le trône roumain un de ses princes, publiant notamment une lettre du 8 avril de Vilain à Poumay qui se termine par ces mots : « Vous voudrez bien également donner à entendre que Son Altesse Royale le comte de Flandre n’a jamais songé à la position que, d’après votre rapport, quelques personnes semblent vouloir lui attribuer. »]

(V. Br. 1857, P. A. XXII-17, f. 193-194.)

24 février 1866. — Télégramme. TALLEYRAND à DROUYN. 3 h. 40.

Le prince Gortchakoff désire connaître l’opinion de Votre Excellence sur la révolution accomplie à Bucharest : le Prince prisonnier, gouvernement provisoire, le comte de Flandre acclamé régent. Réserve absolue pareillement commandée au consul de Russie pour le moment.

DOCUMENTS DIPLOMATIQUES 185 24 février 1866. — Télégramme. DRoUYN à COMMINGES- GUITAUD.

A la suite d’un mouvement insurrectionnel qui a amené l’abdication du Prince Couza, le Sénat et l’Assemblée moldo-valaque réunis ont proclamé à l’unanimité le comte de Flandre prince de Roumanie. Quelles sont à cet égard les impressions et les instructions présumées de la Cour de Bruxelles ? Cherchez à les connaître, sans engager l’opinion

du gouvernement français.

(P. BL f: 120.)

24 février 1866, 6 h. 33 soir. — Télégramme.

La Tour d’AUVERGNE à DROUYN.

Le comte de Flandre fait savoir à Londres qu’il n’accepte

pas la couronne de Roumanie.

24 février 1866, 6 h. 37 soir. — Télégramme.

COMMINGES-GUITAUD à DROUYN.:

Le comte de Flandre refusera et compte entreprendre

de suite un grand voyage.

24 février 1866. — COMMINGES-GUITAUD à DROUYN.

M. Rogier m'a communiqué les deux télécrammes qu’il a reçus hier et aujourd’hui de Bucharest et dont j’ai l’honneur de faire parvenir ci-joint copie à Votre Excellence. Le Ministre des Affaires Etrangères m’a déclaré que le Prince ne comptait même pas attendre la proposition qu’on a l'intention de lui faire pour entreprendre son long voyage et qu'Il s’est montré d’ailleurs très peu flatté qu’on ait songé à Lui pour succéder au Prince Couza. $. À. R. voulait même dans son premier mouvement, et avant d’avoir reçu aucune communication officielle, faire paraître son refus au Moniteur.

Veuillez, etc.

(Quai d'Orsay, Belgique 1866, n° 245, f. 54.)

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