‹ L'Abdication du Prince CuzaChapitre 26 sur 43 · PB, L, L £ 2H · texte numérisé non relu

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28 février. — Mousrier à DrouyN. N° 21.

[Les représentants se sont réunis chez Aali Pacha. Moustier a reconnu les droits de la Porte, mais rappelé les réserves de 1861 et les modifications de 1864. Il à ajouté qu’on ne pouvait envoyer de commissaire avant d’être exactement informé de ce qui s'était passé à Bucarest. Aali Pacha et Prokesch ont soutenu qu'il y avait lieu d’appliquer le protocole de 1859 et le firman de 1861; les autres ministres se sont tenus sur la réserve. Aali Pacha a protesté contre l’appel fait à un prince étranger. Un télégramme adressé par les Représentants à leurs gouvernements a communiqué le désir de la Porte d'envoyer dans les Principautés un Commissaire et des délégués.]

(BP. C., I, f. 150-154.) (Lettre publiée dans les Archives diplomatiques, 1867, pp. 238-241.)

29 février. — Drouyx à TizLos. N° 2.

Je ne saurais, avant d’avoir pris connaissance du rapport que vous avez dû m'adresser et qui ne tardera pas je pense à me parvenir, apprécier le véritable caractère des événements qui viennent de provoquer l’abdication du Prince Couza. Quel que soit le jugement que l’on ait à porter sur ce mouvement et sur la condition des hommes qui y ont pris part, il est évidemment de nature à soulever des questions d’une extrême importance et dont le Gouvernement de l'Empereur doït se préoccuper aussi bien dans l'intérêt de la paix européenne que dans celui des Principautés.

Ces questions, Monsieur, se rattachent à un ordre de choses antérieurement prévu et réglé par le traité de Paris et par la Convention du 19 août 1858, sont du domaine du droit public européen et ne peuvent être autrement résolues que par l’entente commune de la Cour suzeraine et des autres Puissances signataires de ces actes. C’est ce que ne paraissent pas avoir compris les membres du gou-

vernement provisoire en ce moment établi à Bucharest et les assemblées qui siègent dans cette ville, en proclamant le comte de Flandre roi [sic] de Roumanie. On doit savoir déjà à Bucharest que ce jeune Prince a immédiatement manifesté la résolution de décliner l’honneur qui lui était offert; et l’on peut supposer que Son Altesse Royale, à part ses convenances personnelles, aura été frappée de l’irrégularité de la proclamation dont elle 2 été l’objet.

11 importe essentiellement, Monsieur, et vous voudrez bien ne pas dissimuler notre manière de voir à cet égard, que le gouvernement provisoire de la Moldo-Valachie soit bien pénétré de la pensée que son unique mission est d’assurer le cours régulier des services administratifs et de veiller au maintien de [152] l’ordre et de la sécurité publique en attendant que les Puissances réunies en conférence aient résolu les diverses questions que fait naître la vacance du trône hospodaral.

L'autorité en ce moment exercée par les hommes que les événemens ont passagèrement investis du pouvoir à Bucharest n’est qu’un dépôt dont ils sont responsables envers la Puissance suzeraine et les Cours garantes : ils empièteraient sur des droits qui ne leur appartiennent pas et méconnaîtraient leurs rôles s’ils cherchaient à résoudre par eux-mêmes des questions qui sont, lé le répète, d’un ordre international.

Ils s’attacheront avant tout, nous nous plaisons à l’espérer, à prévenir des mouvemens politiques et des désordres matériels qui ne pourraient avoir d’autre conséquence que de rendre plus difficile l’œuvre de la conférence, et peut-être de placer la puissance suzeraine dans l'obligation d'intervenir conformément aux prévisions du 6 septembre 1859.

Je vous prie, Monsieur, de vous expliquer en ce sens avec les membres du Gouvernement et les hommes influens avec lesquels vous vous trouverez en rapport. Il est essentiel qu’ils ne puissent conserver aucun doute sur les sentimens et les vues du Gouvernement de $. M.

17 mars. — Circulaire adressée par DrouyN à Hanovre, Hambourg, Copenhague, Stockholm, Francfort, Dresde, Cassel, Weimar, Darmstadt, (Carlsruhe, Stuttgart, Munich, Bruxelles, La Haye.

Les événements qui viennent de se produire à Bucharest soulèvent des questions dont on ne saurait méconnaître l’importance; elles touchent en effet aux actes constitutifs de l’organisation donnée aux Principautés'et à ce titre elles sont incontestablement de la compétence des gouvernements qui ont signé ces stipulations. Plusieurs fois déjà, depuis le congrès de Paris, les cabinets ont eu à s’occuper des provinces moldo-valaques, notamment dans la conférence tenue à Paris en 1858 pour préparer et conclure la convention du 19 août de la même année, et en 1859 pour ratifier la double élection de l’hospodar nommé à la fois en Moldavie et en Valachie. Dans ces diverses circonstances, comme dans les autres affaires d’un caractère plus restreint qui ont été traitées sur les lieux, l’esprit de conciliation a constamment prévalu et les puissances ont réussi à prévenir toute complication grave. En apprenant la crise qui à éclaté à Bucharest, le gouvernement de l'Empereur n’a pas hésité à penser qu'il y à lieu de recourir, ainsi qu’en 1858 et 1859, à une délibération commune. La plupart des Cours signataires des actes du Congrès de Paris nous paraissent partager dès à présent cet avis et nous nous plaisons à espérer qu’elles sauront, comme dans toutes les occasions antérieures, aplanir par leur entente les difficultés qui s'imposent à leur sollicitude.

(France 1863-69. Circulaires, n° 2126, f. 191.)

17 mars. — MENSDORF à MEeTTERNICH. N° 4.

Je crois devoir ajouter quelques observations plus confidentielles à ma dépêche précédente. Ainsi que Votre Altesse en a été prévenue par le télégramme du 24 février, l'Empereur, notre auguste maître, tient particulièrement

à ce que son Gouvernement marche d’accord avec celui de la France dans la question des Principautés danubiennes. En présence des éventualités menaçantes qui se dessinent en Allemagne et en Italie, il est essentiel, en effet, que nous restions avec la France sur un pied fort amical, et même en apparence plus intime qu’il ne l’est en réalité. Cette considération est si importante dans le moment actuel que nous devons, s’il le faut, lui sacrifier, ou du moins lui subordonner la politique traditionnelle que nous avons suivie jusqu'ici par rapport à la Turquie. Comme je le dis dans ma dépêche précédente, nos principes et nos intérêts particuliers nous portent à repousser en général très vivement toute mesure qui est de nature à porter atteinte à l’intégrité de l’Empire Ottoman. Dans des circonstances ordinaires nous n’hésiterions pas à nous prononcer de suite et très hautement en faveur de la séparation des Principautés et nous nous opposerions vigoureusement à [131] toute combinaison qui achèveraïit de briser le lien de suzeraineté subsistant encore entre la Porte et la Moldo-Valachie. Mais nous sentons aujourd’hui qu’une pareille attitude pourrait nous mettre en désaccord complet avec le Gouvernement français et nous ne voulons pas nous exposer à cette éventualité. Nous désirons donc que Vous usiez de votre influence auprès du gouvernement français pour le maintenir autant que possible dans une ligne de conduite conforme à nos idées. Mais si vous trouviez l'Empereur Napoléon et M. Drouyn de Lhuys décidés à maintenir l’Union, je Vous autorise à leur laisser entrevoir le concours de l’Autriche. Nous pourrions même, le cas échéant, pousser notre condescendance pour les vues de la France jusqu’à accepter l’idée d’ériger les Principautés en état tout à fait indépendant. Il devrait cependant être bien entendu que le souverain de ce nouvel Etat ne pourrait être pris ni dans une Maison notoirement ennemie de l’Autriche, comme par exemple la Maison de Savoie, ni dans une famille alliée de près à une Cour dont l'influence exclusive dans ces contrées est aussi peu dans l'intérêt de la France que dans celui de l’Autriche.

Même avec cette réserve, nous préférerions infiniment ne point avoir à faire cette concession et nous voyons donc

avec une vive satisfaction par votre dernier télégramme que le Gouvernement français continue à maintenir le principe de la suzeraineté de la Porte.

Il est également une combinaison pour laquelle l’'Empereur Napoléon ne devrait pas se flatter de pouvoir nous gagner. Je veux parler de l'offre [132] éventuelle des Principautés comme dédommagement pour l’abandon de la Vénétie. Votre Altesse sait à n’en pas douter quels sont à cet égard les sentiments de l'Empereur notre auguste maître et j'espère qu’on ne nous mettra pas dans le cas de nous prononcer à ce sujet.

Jusqu'ici il n’est question que de la réunion d’une contférence ad hoc qui s’occuperait exclusivement des affaires des Principautés. Cependant, vu l’état un peu troublé de l’Europe sur d’autres points, il ne serait pas impossible que l’on arrivât insensiblement à l’idée d’agrandir la sphère de cette réunion et de lui donner finalement les proportions d’un congrès chargé d'examiner la situation générale. Si cette idée venait à être émise par l'Empereur Napoléon ou son Ministre, je Vous invite, mon Prince, à l’accueillir avec une certaine réserve, mais à ne pas la rejeter de prime abord.

En effet, nous ne serions pas éloignés nous-mêmes, comme je le dis dans une de mes dépêches précédentes, en prévision de certaines éventualités, à soumettre aux délibérations des Puissances la question du Schleswig. Nous

pourrions donc trouver même quelque avantage à voir

cette affaire naturellement invoquée par une Assemblée dont la compétence s’étendrait à toutes les affaires de l’Europe. Une seule considération nous empêcherait d’adhérer avec confiance [133] à la proposition d’un congrès; c’est celle de la Vénétie, car il serait sans doute difficile d’exclure d’avance cette question du programme de la réunion. Si nous pouvions, cependant, recevoir à ce sujet quelque garantie un peu positive, notre principale objection serait ainsi écartée et nous ne mettrions plus

.d’obstacle, pour notre part, à la réalisation d’une des idées

favorites de l'Empereur Napoléon. La question de la Vénétie rend toutefois ce terrain fort délicat pour nous, car c’est un point sur lequel il serait nécessaire de s’en-

tendre d'avance et les idées de l'Empereur Napoléon diffèrent trop des nôtres à ce sujet pour qu’une entente nous semble possible autrement qu’en convenant de ne point toucher à cette question.

J’abandonne au tact consommé de Votre Altesse le soin de faire usage des indications que je lui donne. Elles pourront en tout cas, je l'espère, fournir quelques arguments utiles pour consolider l’état satisfaisant de nos relations avec le Gouvernement français.

Recevez... »

127 mars. — MEnsporr à Apponvyr, N° 2.

Ce qui vient de se passer à Bucharest me suggère une dernière remarque. Dans le moment où POrient est menacé d’une nouvelle crise, il ne peut pas être indifférent au Gouvernement britannique que toute l’attention et totites les forces de l’Autriche soient absorbées par les dangers qui la menacent en Allemagne et en Italie. Si le gouvernement anglais [40] compte toujours trouver dans le Cabinet impérial un auxiliaire qui le seconde dans ses efforts pour maintenir l’Empire Ottoman, il faut que l'Angleterre nous aide de son côté à écarter des périls dont l'approche peut paralyser notre influence en Orient, où y donner une autre direction à notre politique...

(V. L, Exp. I, f. 39, v. 40.)

19 mars. — MENSDORF à APPONYI. N°6 4.

Parmi les combinaisons qui pourraient être mises sur le tapis, à propos des Principautés danubiennes, il en est une contre laquelle nous devons nous prémunir d’avance. Je veux parler de l’offre éventuelle qui nous serait faite de ces contrées comme compensation pour l’abandon de la Vénétie. Votre Excellence savait, à n’en pas douter, quels sont à cet égard les sentiments de l'Empereur notre augusté maître eb j'espère qu’on ne nous mettra pas dans

le cas de nous prononcer à ce sujet. Il serait peut-être, toutefois, opportun de prévenir Lord Clarendon, dans un de vos entretiens confidentiels avec Sa Seigneurie, que toute idée de ce genre serait repoussée par nous fort catégoriquement.

J’abandonne au tact de Votre Excellence le soin de faire usage de cette indication si Elle le juge convenable.

(V. L, Exp. I, f. 42.)

17 mars. — Télégramme. PRoKEsOH à Mexsporr.

Par télégramme du 27 le Chargé d’Affaires ottoman à Saint-Pétersbourg annonce nouvelle proposition de la France, c’est-à-dire : conférence à Constantinople, agréée par la Russie qui pense néanmoins qu’il faut d’abord consulter la Cour suzeraine.

La Porte penche pour nous. Je tâche de lui faire comprendre qu'ici nous n’arriverions pas à la séparation, mais à la consolidation de l’Union, car nous n’avons contre le marquis de Moustier que le recours aux Puissances qui arriverait toujours trop tard pour changer la résolution prise en suite du rapport de l'Ambassadeur.

Télégramme de Berlin du 27 dit : l’Angleterre recommande l’application des réserves de 1861. A-t-elle voulu dire : les stipulations du firman ? Ces réserves tendent à annuler le firman pour le cas actuel de vacance.

(V: ©, Ber., L f. 84)

ler mars. — La Tour D’AUVERGNE à Drouyn. N° 40.

[Développement de la dépêche précédente (doc. 84). — Les consuls peuvent fort bien remplacer les commissaires. Clarendon n’a pas voulu promettre formellement à Musurus d’exclure d’avance le Prince étranger.]

; 93 2 mars. — Télégramme. Merrernicx à Mexsporr. N° 21.

Drouyn désire connaître le candidat de l’Autriche; il pencheraït pour Brâncoveanu.

…Sollten wir wünschen die Executirwalt einer provisorischen Leïtung baldmôglichst zu übergeben, so bittet er [Drouyn de Lhuys], ihm unsere Idee über geeignete Persônlichkeit mitzuteilen; der junge Brancovano dermalen im franzôsischen Militärdienst scheint ihm nicht ungeeignet, da er conservativ und uns geneigt ist. Er wünscht, dass Ew. Excellenz bei diesem Anlasse von seiner geheïmen Anfrage nichts erwähnen, da er den Schein der grôssten Selbstständigkeit bei der Conferenz bewahren will.

(V. P., Ber., L f. 150.)

2 mars. — ProKkEscx à Mexsporr. N° 9 B.

[Le désir « bien naturel » de la Porte est de profiter des événements pour régler la question de l’Union. L’Autriche y à le même intérêt. Le firman de 1861, base de l’union, a stipulé la séparation lors de la succession de Cuza; les représentants, sauf Prokesch, ont fait cette réserve qu'il y aurait lieu de la maintenir si elle avait donné de bons résultats. Ces résultats sont là, on peut difficilement les qualifier d’heureux. La majorité des Roumains veut la séparation; l’union est soutenue par le parti révolutionnaiïre et par ceux qu’il à achetés ou terrorisés : elle achèverait de consommer la ruine du pays. Il faut deux élections : le résultera indiquera ce qu’il faut en penser.]

(V. C., Ber., I, £. 94-102.)

2 mars. — Drouyx à MousrTier. N° 12.

[Transmet la circulaire du 27 février et le télégramme à Tillos. La Porte ne devra rien faire avant les décisions de la conférence. Drouyn s’est refusé à exprimer aucune opinion

devant Safvet, parce que la question était de la compétence des Puissances.] à (P. C., I, f. 161-162.)

Lettre publiée dans les Archives diplomatiques, 1867, I, pp, 240-241.)

3 mars. — Télégramme. MENSDORF à METTERNICH.

Ma dépêche d’avant-hier n° 3 Vous a déjà apporté notre consentement éventuel à la réunion de la conférence à Paris. Nous supposons que cette autorisation suffit. Il est bien entendu que l’adhésion de la Porte nous paraît indispensable.

D’après derniers rapports de Bucharest, il nous semblerait aussi utile qu’un pouvoir exécutif y fût établi provisoirement. Ainsi que nous Vous l’avons mandé dans une circonstance précédente, nous sommes disposés à favoriser les Bibesco. Mais la forme correcte serait de faire nommer un caïmacam par la Porte. Nous serions prêts à appuyer à Constantinople le choix de Brancovano.

(V. P., Exp. I, f. 142.)

3 mars. — Télégramme. PROKESCH à MENSDORr.

Télégrammes de Paris et de Londres du 1e arrivés à la Porte ottomane insistent sur conférence à Paris pour discuter la situation, éventuellement le Prince étranger. La Porte répond en démontrant l’urgence de l’envoi des Commissaires pour exécuter le ferman : ce que sa dignité et celle des Puissances exige. Quant à la conférence, elle déclare vouloir y participer en faisant d’après le conseil de M. Drouyn de Lhuys tout d’abord sa réserve au sujet du

Prince étranger.

(V. ©. Ber., I, f. 123.)

8 mars. — Drouyx à Trrcos. N° 8.

[L’abdication paraît avoir été accueillie sans résistance; il serait dès lors superflu de porter un jugement sur un

événement accompli dont il importe seulement de régler les conséquences. La conférence qui va se réunir offre plutôt une garantie aux Principautés, qui seraient plus en danger livrées à elles-mêmes. Le gouvernement provisoire devra donc s'abstenir de tout acte qui tendrait] à préjuger les résolutions qui seront prises au sein de la conférence. On doit être assuré d’avance à Bucharest que les droits des Principautés dans cette réunion trouveront des interprètes et au besoin des défenseurs, dont la tâche sera d'autant plus facile que les populations moldovalaques et ceux qui les dirigent auront fait preuve de

sagesse et de modération.

3 mars. — Drouyx à LA Tour D’AUVERGNE. No 21.

[Entente des Puissances. Drouyn ne s’est pas non plus engagé vis-à-vis de Safvet Pacha]... [233 v.] Quant à la Russie, M. le baron de Talleyrand me mande par le télégraphe que cette Puissance ayant consulté la Porte sur les intentions de laquelle elle ne se trouve pas suffisamment édifiée, désire que l’on s’entende avec le gouvernement ottoman. Sans s'opposer à la réunion de la conférence à Paris, le cabinet de Saint-Pétersbourg pense que, pour gagner du temps, la Turquie pourrait être autorisée par la conférence locale de Constantinople à envoyer dans les Principautés un commissaire accompagné de délégués. Il accepte d’ailleurs les principes posés par la France et l’Angleterre quant à l’œuvre réservée à la conférence européenne.

En exprimant le désir de faire dépendre de l’adhésion préalable de la Porte la résolution des autres Puissances, [234] le cabinet de Saint-Pétersbourg met en avant une opinion qui pourrait ce me semble être contestée à bon droit. Je suis le premier à reconnaître les égards que mérite la position particulière de la-Porte dans les Principautés et la part qu'il convient de faire à ses intérêts comme puissance suzeraine; mais il y a lieu de se demander si, lorsque le caractère européen d’une question est manifeste,

lorsque les Cabinets sont d’accord à ce sujet, il est loisible à l’un d’eux d'empêcher les autres de délibérer en commun par une opposition isolée à leur volonté unanime. Sans examiner une thèse que la Porte, au surplus, ne soulève pas, j'aime mieux aller immédiatement au fond de la pensée du gouvernement russe. Son désir évident serait que les délibérations eussent lieu à Constantinople et il est aisé d’en comprendre les raisons. La Russie aspire à replacer sur un terrain toujours favorable à son action les questions qui peuvent naître en Orient, et s’il était possible à revenir à l’ancienne tradition des négociations directes avec la Porte. Mais c’est là un système que l’Angleterre à combattu naguère avec nous. Le résultat de nos efforts réunis a été d’y substituer le débat en commun des grands intérêts qui se rattachent aux affaires de Turquie, et nous sommes persuadés que le Cabinet anglais est, comme nous, en garde contre tout ce qui tendrait à ramener sous ce rapport le gouvernement ottoman dans les anciens erremens.. [Au surplus la proposition russe n’aboutit qu’à une perte de temps, car les délégués auront à chaque instant besoin de consulter leurs gouvernements, ] P. L, I, f. 232-235.)

4 mars. — Télégramme. DROUYN à TALLEYRAND et à MoOUSTIER.

L’Angleterre et l'Autriche demandent itérativement que la conférence se réunisse immédiatement et d’urgence à Paris. Faïtes-moi connaître, sans retard, par le télégraphe, si la Cour de Russie (la Porte) veut envoyer ou ne ‘pas envoyer à son Ambassade à Paris l'autorisation d’y prendre part. La Prusse et l'Italie ont donné leur assen-

* timent.

(P. Pét., I, f. 131.)

4 mars. — Télégramme. MErTTERNICH à Mexspor r. N° 22

Idée du Kaïmakam si elle est admise à Constantinople sera acceptée et appuyée à la conférence. Man fürchtet,

dass Russland den provisorischen Zustand in Bukarest

verlängern will.

(V. P., Ber., f. 131 v.)

5 mars. — Trzcos à Drouyn. N° 13.

[Premières mesures financières du gouvernement; projets de garde nationale (165-166). — Mésintelligences diverses.]

La division n’est pas seulement dans le gouvernement; elle est plus grande encore dans le pays. Les Moldaves tendent à la séparation, et cette tendance est si prononcée que le Gouvernement provisoire ne saurait y résister [167] si la combinaison du Prince étranger étant écartée on en venait à la nomination d’un Prince indigène. Déjà une batterie de canons a été envoyée à Tassy.

Causant hier de cette disposition à la séparation avec un membre de la Lieutenance Princière qui était venu me voir, je n’eus pas de peine à lui prouver combien il était nécessaire de maintenir l’union. Il en convint, mais comme il est Moldave, il ne me cacha pas qu’il était indispensable de donner des compensations à la Moldavie, et qu’à cet effet la Cour de Cassation serait probablement transférée à Tassy.

Deux jours auparavant, j'avais reçu la visite de M. Ion Ghika, et comme je lui témoignais mon étonnement que M. Balatchano, envoyé à Paris, ne m’eût point fait visite, M. Ion Ghika me répondit qu’il avait craint que je ne lui fisse un accueil décourageant. Je lui répondis que je savais que le Gouvernement provisoire se plaignait de mon attitude, mais que n’ayant pas à entretenir avec lui des rapports officiels, je n’avais cependant pas cru devoir m’abstenir avec ceux de ses membres qui étaient venus [168] me voir à titre privé, d'observations puisées dans la nature des choses. Vous devez vous souvenir, mon Prince, que dans la première visite que vous m’avez faite, j’ai appelé votre attention sur les conséquences d’une révolution qui soulevait des questions qui ne pouvaient être résolues que par les Puissances garantes. Je vous ai demandé si vous

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considériez comme un point d'appui bien solide l’armée qui avait forfait à l'honneur; si la révolution améliorerait la situation financière et je vous ai dit : « Personne plus que moi n’a dit la vérité au Prince Couza; si je l’ai soutenu, c'est qu'aux yeux du Gouvernement de l'Empereur il existait en vertu d’un acte européen et qu’il représentait votre nationalité et le principe de l’Union. Mais, si peut-être seul j’ai fait arriver jusqu'aux oreilles du Prince des conseils sévères, le Gouvernement issu de la révolution n’a sans doute pas attendu de moi une lâcheté, et j’ai cru devoir entourer d’égards un Prince déchu mais auprès duquel je me trouvais encore accrédité tant que mon Gouvernement [169] n’avait pas reconnu le nouvel état de choses. J’ai donc fait mon devoir et je n’ai donné à personne le droit de supposer que je manquerais de convenances à l’égard de M. Balatchano que je connais depuis longtemps. . [Question des contrats.]

[170] Outre les difficultés inhérentes à la composition d’un gouvernement issu d’une conspiration militaire à l’instigation d’une coalition, il y en a d’autres qui proviennent de l’attitude de la Porte. Des troupes turques se rapprochent de Roustchouk et aux moindres troubles pourraient entrer dans le pays où elles viendraient facilement à bout d’un simulacre de résistance. C’est en vue d’une occupation [171] éventuelle que les quatre mille hommes ont été appelés, et si les Turcs rencontraient la résistance dont je parle, n’y aurait-il pas à craindre que les Puissances voisines ne trouvent un prétexte d’intervenir de leur côté? J’ai donc insisté sur la nécessité de maintenir l’ordre, l’union et de montrer de la modération.

Le Gouvernement actuel se compose d’hommes qui jouissent dans le pays d’une réputation de probité privée. Ces mêmes hommes ont-ils abandonné toute idée d’ambi-

tion personnelle ? Il est permis d’en douter.

(P. B., L, f. 164-171.) 6 mars. — Télégramme. MousTIER à DROUYN.

Safvet Pacha est chargé de vous faire savoir que la Porte accepte la conférence. Le conseil des Ministres se réunit ce

soir ét demain matin on enverra par le télégraphe à Safvet Pacha les instructions définitives qui vraisemblablement porteront sur les réserves à faire contre l'éventualité d’un Prince étranger.

6 mars, 3 h. soir. Télégramme. TALLEYRAND à DRoUYN=.

Le gouvernement russe accepte la conférence à Paris. Le baron de Budberg, muni d'instructions, part d'ici samedi. {

(P. Pét., I, £. 137.) 6 mars. — TALLEYRAND à DRoUYN. N° 19.

La chute du Prince Couza, annoncée et désirée depuis longtemps à Pétersbourg, à donné raison à la perspicacité de quelques-uns et aux rancunes de tous. La satisfaction d’amour-propre que leur accordait l'événement à été passagère; les embarras de la situation s'étant chargés de rappeler promptement un chacun à la prudence et à la discrétion. Dès ma première entrevue avec le Prince Gortchakoff, j'ai pu juger, à la réserve qu’il observait, combien il se préoccupait de la ligne de conduite qu'il avait à adopter. Les télégrammes que j’ai eu l'honneur d'échanger avec Votre Excellence, depuis la révolution survenue à Bucharest, lui ont fait connaître l'impression générale qu’en à ressentie le Vice-chancelier et l’ordre d'idées [139] dans lequel il à tenu à se placer immédiatement.

Le premier soin du Gouvernement russe a été de recommander la plus grande réserve à son Consul général, à Bucharest, et de s’informer des convenances de la Porte. Les réponses du gouvernement ottoman à cette demande courloise s'étant fait attendre, par suite d’irrégularités dans le service des télégraphes, le Prince Gortchakoff y a trouvé un prétexte pour différer de se prononcer sur la réunion, soit à Constantinople, soït à Paris, de la conférence : les télégrammes, disait-il, n'étaient pas d’accord entre eux sur le lieu définitivement proposé par l’Angleterre et accepté par nous. La dernière dépêche télégra-

phique de Votre Excellence et l’acquiescement du Cabinet de Constantinople à la proposition de Lord Clarendon ont fait tomber ces hésitations calculées et le Vice-chancelier s’est décidé hier à aller demander le consentement de l'Empereur Alexandre à la réunion à Paris de la Conférence [140] européenne.

En m'’annonçant ce matin l’adhésion de son souverain, le Prince Gortchakoff est de nouveau revenu sur les délais qui l’avaient retardé et sur l'obligation d’attendre, par courtoisie, les réponses de la Porte; il a ajouté qu’en demandant à Sa Majesté Impériale de charger son Ambassadeur à Paris de la représenter à la conférence, il avait été particulièrement guidé par la conviction qu’une affaire traitée sous les yeux mêmes de l'Empereur Napoléon ne pouvait manquer d’être envisagée avec les vues les plus élevées et les plus propres à amener une conciliation. Le Baron de Budberg part samedi pour la France, parfaitement édifié sur les intentions de son Gouvernement. Sa prochaine arrivée à fait juger inutile d'autoriser le Chargé d’affaires de Russie à prendre part à un débat où il n'aurait pu jouer [141] qu’un rôle muet.

J’ai communiqué au Vice-chancelier les deux dépêches que Votre Excellence m’a fait l’honneur de m'adresser, sous les n°5 11 et 12. Elles n’ont provoqué aucune objection de sa part; je puis même dire qu’elles ont rencontré son assentiment, sauf le passage de la seconde d’entre elles, où Votre Excellence constate qu’en réponse à la communication du firman du 6 décembre 1861, qui ne reconnaît qu’un caractère viager à la double élection du Prinze Couza, les représentants de la France, de l’Angleterre, de la Russie, de la Prusse et de l'Italie ont revendiqué pour ces Puissances « la faculté d’examiner de concert avec la Porte, en cas de vacance de l’hospodarat, s’il y a lieu de maintenir les modifications successivement introduites dans la convention de 1858. » Le Prince Gortchakoff prétend que les réserves consignées dans sa dépêche ne s’appliquaient pas tant, dans son esprit, au [142] maintien de l’Union qu'aux mesures coercitives que la Porte pourrait être amenée à prendre. Il se ferait quelques scrupules, m’a-t-il dit, de se prévaloir d’un consentement qu'il

avait contribué à obtenir autrefois, pour réclamer aujourd’'hui qu'il soit converti en engagement définitif. J’ai maintenu que notre appréciation était différente et que si la Porte avait été en droit d’entourer son adhésion de certaines réserves, nos documents diplomatiques nous avaient réservé la pleine et entière faculté d’examen sur la matière, lorsque le cas prévu viendrait à se présenter. Le Prince Gortchakoff n’a pas insisté, toute discussion lui paraissant prématurée, du moment où la conférence était appelée à traiter les nombreuses questions qui se rattachent à la vacance du trône hospodaral. Je n'avais point, pour ma part, à le presser sur ce sujet; car j ’avais été informé, de bonne source, que la Russie n’insisterait [143] sur la séparation des deux Principautés que juste assez pour faire considérer comme une concession un désistement arrêté à l’avance dans son esprit. Le Prince Gortchakoïff à terminé l'entretien en me disant : « Nous nous placerons sur le terrain de la convention de 1858 et des protocoles postérieurs, pour en réclamer la fidèle exécution. »

Ces premiers pas de la Russie font prévoir, Monsieur le Ministre, qu’elle cherchera à peser sur les déterminations du Divan et à l’arrêter au besoin, dans la voie des concessions, par l’appui intéressé qu’elle semble disposée à lui prêter. Cette attitude ne peut manquer de se modifier devant un accord entre les Puissances occidentales, si l’on est assez heureux pour le constituer.

Je prie, etc.

(P. Pét., I, f. 138-143.)

6 mars. — Apponyi à MEexsporr. N° 17 B.

[Londres, Paris et Vienne sont d’accord sur le fond de la question des Principautés]. [Clarendon] ne m’a pas soufflé le mot à propos d’arrière-pensées russes, dont le public continue à s’entretenir, en accusant le Cabinet de Saint-Pétersbourg d’avoir trempé dans les derniers événements de Bucharest, pour favoriser la candidature du duc de Leuchtenberg — le tout, comme de raison, sous les

auspices de M. de Bismarck.

(V. L., Ber., I, f. 120.)

DOCUMENTS DIPLOMATIQUES 217 6 mars. — DrouyN à LA Tour D’AUVERGNE. N° 22. Confidentielle.

Prince, Vous me faites l’honneur de m’annoncer par votre dépêche confidentielle du 27 février que Lord Clarendon vous a parlé d’une conversation dans laquelle j’ai entretenu M. l’Ambassadeur d’Angleterre de combinaisons territoriales relatives aux Principautés et à la Vénétie. J’ai été amené à toucher ce sujet par Lord Cowley lui-même qui d’ailleurs ne m’a présenté son opinion que comme ayant un caractère purement personnel. Feu M. Grey étant chargé d’affaires m'avait dit aussi avoir reçu de Lord Russel une lettre particulière où il se montrait favorable à cette idée. Le Principal Secrétaire d'Etat ne vous a point caché au surplus qu’elle avait depuis longtemps son approbation comme celle du Comte Russel; mais il à insisté sur les résistances qu’elle pourrait rencontrer pour le moment du moins de la part de l’Autriche. Nous sommes les premiers à reconnaître toutes les difficultés dont il y a lieu de tenir compte. Nous n'oublions pas notamment qu’en demandant à la Turquie de faire un sacrifice pour rendre possible ces arrangemens, les Cabinets devraient se préoccuper des dédommagemens auxquels elle aurait droit, et qu'il serait nécessaire en même temps de s’assurer que les intérêts et les vœux des populations dont on disposerait ne seraient pas en désaccord avec les convenances de l’Europe. Mais ce qui, dans l’état des choses paraît difficile ou même impossible peut changer d’aspect, si les circonstances venaient elles-mêmes à prendre un autre caractère. Nous sommes charmés de savoir que le Cabinet anglais verrait avec satisfaction, le cas échéant, se réaliser un semblable projet et nous ne perdrons point de vue une suggestion que les nécessités de la politique pourraient à un moment donné recommander à l’attention des Puissances.

218 " rL’ABDICATION DU PRINCE CUZA

6 mars. — Haas à Mexsporr. N° 12.

Dispersion par la force des réunions séparatistes de Iassy. Mouvements de troupes unionistes.

Wie ich Ew. unterm 27ten vorigen Monats sub n° 11/res. gehorsam zu berichten die Ehre hatte, beabsichtigte die conservative Partei, nachdem sich die Kunde von der Abdicirung Couza’s in Iassy verbreitet hatte, eine Denkschrift an die Pforte und die garantirenden Grossmächte zu richten, auf dass im Interesse der Moldau die Pariser Convention vom Jahre 1858 in Kraft gesetzt und durchgeführt werden môûge, falls die Wahl des neuen Fürsten nicht bestätigt würde. Ueber die von der conservativen Partei zu diesem Ende hierorts angebahnten Schritte konnte ich nachträglich Folgendes in Erfahrung bringen.

Nach verlässlichen Angaben fand am 23. Februar dieses Jahres Abends im Hause des bejahrten moldauischen Grosslogotheten Stefan Catargiu eine zahlreich vertretene Versammlung statt, welche nach langen und lebhaften Besprechungen zu dem Beschlusse gelangte, damit an die Porte und an die Repräsentanten der garantirenden Grossmächte in Constantinopol ein Schriftstück verfasst werde, worin die Bitte gestellt werden sollte, dass auf Grundlage der Convention die beiden Fürstentümer Moldau und Walachei wieder je einen Fürsten erhalten. Dieses Schriftstück sollte Tags darauf unterzeichnet werden.

Die zu diesem Zwecke versammelten Bojaren wurden jedoch während der Beratung durch den Besuch des zur unionistisch demokratischen Partei gehôrenden Regierungskommissär Manolaki Kostake Iepuriano überrascht, welcher sie unter Vorstellungen und Drohungen aufforderte die weiteren hôheren Entschlüsse abzuwarten und keinen Schritt zu wagen, welcher dem im Jahre 1857 von dem Divan ad hoc ausgesprochenen und auch von den gegenwärtigen gesetzgebenden Kôrpern der Moldau und Walachei durch die Proklamirung des Grafen Philipp von Flandern zum Fürsten sanktionirten Willen der Nation entgegen wäre.

Die hervorragendsten Mitglieder der Versammlung unterliessen nicht dem Regierungskommissär die Bemerkung entgegenzuhalten, dass sowohl die Pariser-Convention als auch der auf die Vereinigung der moldo-walachischen Kammern und auf die Centralisisirung der Regierung in Bukarest bezugnehmende grossherrliche Ferman von Jahre 1861 das Verhalten genau vorschreiben, welches für den Fall einer Vacanz der in der Person des Fürsten Couza vereinisten Hospodarwürde zu beobachten wäre, und dass demnach die Forderung der Moldauer sich bloss den Anforderungen jener Staatsacte zum Besten ihres Landes accomodire. Doch nützten keine Bemerkungen; die Versammlung musste auf Aufdringen des Regierungskommissärs ihre Beratungen suspendiren und sich sofort auflüsen. Die seither versuchte Bildung mehrerer Comites wurde von der Lokalregierung nicht gestattet, und in dieser Weise der Bevôlkerung Iassÿ’s jede Gelegenheit benommen die Unterzeichnung der in Uebersetzung anruhenden Petition zu bewerkstelligen. Um der Separatisten- Partei die Mittel zu entziehen ihre Ansichten und Wünsche durch etwaige Druckschriften zum Nachteïle des Unionsprinzipes kund zu geben, besuchte der hiesige Regierungskommissär Demeter Cozadini diese Tage in Begleitung des Polizeiprefekten Stourdza sämmtliche Druckereien in Jassy und erinnerte ihre Administratoren an die genaue Beïfolgung des Pressgesetzes, damit ohne Wissen und Erlaubnis der Praefektur keine Druckschrift die Presse verlasse. Auch säumte die provizorische Regierung nicht, die Commandanten der hiesigen Garnisonstruppen, die nach der Abdicirung Couza’s Anstand nahmen, ihr sofort den Eïid der Treue zu leisten, zu entfernen und durch unionistisch gesinnte Offiziere zu erzetzen. So wurden die Commandanten Obersten Duka und Mawriki in Disponibilität gesetzt und mehrere moldauische Offiziere der hiesigen Garnison durch walachische Offiziere ersetzt und zu andern Regimentern transferirt. Zu Verstärkung der hiesigen Garnison soll schon dieser Tage eine Artillerie- Division mit einer Feldbatterie aus Bukarest hier eintreften. All diese Massnahmen dürften zur Genüge dartun, dass man ÂAlles aufbietet, um jede Kundgebung zu Gunsten

eines eigenen Fürsten für die Moldau im Keiïme zu er- : sticken. So viel sich jetzt schon konstatiren lässt, scheint : die Moldauische Nationalpartei nur für den Fall mit der Wahl eines Unionsfürsten einverstanden zu sein, wenn hiezu ein fremder Fürst von den hohen Schutzmächten ausersehen würde. Die Wahl eines einheïimischen Unionsfürsten würde dagegen hierlands um so weniger befriedigen, als man von einem solchen keine Hilfe erwartet und vielmehr besorgt ist, dass die Moldau unter einer neuen demokratischen Unionsregierung einer traurigen Zukunft entgegengehen und zuletzt auch das verlieren werde, was die frühere Regierung noch verschont hatte. Angesichts einer solchen Eventualität erblickt die moldauische Nationalpartei nur in der Wahl eines eigenen Fürsten die einzige môgliche Garantie für das Vaterland, . die ihr um so wirksamer schiene, wenn die hohen Schutzmächte selbst über die Wabhl der Fürsten für die Moldau und Walachei übereinkommen sollten, da sonst die demagogischen Umtriebe der Unionspartei jede Fürstenwahl in der Moldau vereiteln kônnte.

Geruhen, etc.

(V. B., Ber., L, f£. 206.)

6 mars. — Lettre particulière de DroUYN à LA TOUR D’AUVERGNE.

Mon cher Ambassadeur,

Je ne crois pas sans utilité d'ajouter ici quelques mots à la dépêche confidentielle que je vous adresse aujourd’hui sous le n° 22. En vous parlant de circonstances nouvelles qui pourraient se produire et rendre possible la combinaison dont je vous entretiens, j’ai surtout en vue l'attitude respective de l’Autriche et de la Prusse. Je sais combien entre ces deux puissances, dans leurs dissenrtimens les plus graves, il y à loin de la parole à l’action. Il faut convenir cependant qu’elles se tiennent aujourd’hui un langage inusité et que l’on ne saurait regarder comme tout à fait impossible un conflit armé au sein de l’Allemagne. Si une guerre éclatait, il n’est pas douteux

que le Cabinet de Berlin rechercherait l’alliance de l’Italie et que l’une des conditions de leur accord serait de ne point poser les armes sans avoir assuré les duchés à la Prusse et enlevé la Vénétie à l’Autriche. La combinaison à laquelle le Cabinet de Vienne répugne aujourd’hui pourrait donc acquérir un très haut degré d’importance et d'opportunité et devenir en même temps qu’une compensation nécessaire à l’Autriche une garantie du rétablissement de la paix pour l'Europe. Mais cette combinaison ne pourrait-elle pas servir aussi à empêcher le conflit si elle était adoptée en temps utile? En ce qui nous concerne, nous sommes, à l'égard de l’Autriche, lorsqu'il s’agit de la Vénétie, dans une position qui nous commande des ménagemens particuliers : nous avons fait la guerre à cette Puissance en Italie et des démarches de notre part à ce sujet risqueraient, en lui rappelant ce souvenir, de mettre sa susceptibilité en cause. Le Cabinet britannique est donc mieux placé que nous pour prendre l'initiative auprès du gouvernement autrichien et je laisse à votre tact le soin de suggérer à lord Clarendon qu'il pourrait y avoir intérêt à profiter de l’état présent de l'affaire des Principautés pour s’en ouvrir sans trop tarder

à Vienne.

6 mars. — La Tour D’AUVERGNE à DrouUyN. NO 44.

Je me suis empressé de communiquer au Principal Secrétaire d'Etat pour les Affaires Etrangères le contenu de la dépêche que Votre Excellence a bien voulu m'adresser, sous le n° 21, touchant les Principautés. Lord Clarendon a appris avec satisfaction l’adhésion donnée par les Cabinets de Vienne, de Berlin et de Florence à la réunion de la Conférence à Paris. Bien que M. l'Ambassadeur de Turquie ait renouvelé à Londres, avec beaucoup d’insistance, les démarches qu'il avait faites précédemment dans le but d'obtenir, préalablement à l’ouverture de la Conférence, la promesse formelle que les traités et les arrangements existants seront respectés, et que, notamment, on s’abs-

222 L'ABDIOATION DU PRINCE OUZA

tiendra de soulever la question du Prince étranger, Lord Clarendon ne semble pas douter que l’assentiment de la Porte ne soit bientôt acquis à notre proposition. En refusant, pour la troisième fois, d'accueillir les suggestions de M. Musurus, il s’est efforcé de faire comprendre à cet Ambassadeur que son gouvernement aurait toutes les facilités nécessaires pour formuler ses vœux, aussitôt que les plénipotentiaires seraient réunis, et qu’en attendant, son intérêt lui commandait de témoigner aux Puissances garantes plus de confiance dans leurs dispositions à son égard. Quant à l’idée [245] mise en avant par le Cabinet de Saiïint-Pétersbourg d’autoriser la conférence locale de Constantinople à envoyer dans les Principautés un commissaire turc accompagné de délégués européens, Lord Clarendon m’a paru convaincu qu’elle ne produiraït aucun avantage pratique, et qu’au lieu de gagner du temps, nous en perdrions certainement en recourant à ce moyen, puisque, ainsi que l’observe très justement Votre Excellence, à moins d’une entente préalable entre les différentes Puissances, entente qui ne saurait s'établir en dehors d’une conférence européenne, il faudrait en référer constamment de Bucharest à Constantinople, et de Constantinople à Paris, Londres, Vienne, Berlin, Pétersbourg et Florence. En résumé, Monsieur le Ministre, le Principal Secrétaire d'Etat pour les Affaires Etrangères continue à penser, avec Votre Excellence, que la réunion immédiate de la conférence à Paris est, dans la situation donnée, la combinaison la meilleure et la plus pratique. Il m’a dit qu'il s'était déjà expliqué et qu’il s’expliquerait encore dans ce sens avec M. l'Ambassadeur de Russie. Je n’ai pas manqué, au surplus, d'appeler tout spécialement l’attention de Lord Clarendon sur la nécessité de ne pas laisser les Principautés livrées plus longtemps au hasard des incidents, et je lui ai fait remarquer combien il serait regrettable, lorsque la plupart des Représentants des Puissances se trouvent déjà en mesure de s’assembler à Paris, de voir l'ouverture de la conférence indéfiniment retardée par les hésitations d’une seule Puissance.

Les idées du Cabinet de Londres ne paraissent pas être, d’ailleurs, bien arrêtées, en ce qui concerne la solution

DOCUMENTS DIPLOMATIUESS 2923

des différentes questions qui doivent être [246] examinées par la Conférence; il semble, par exemple, conserver encore quelques doutes sur le plus ou moins d'opportunité pour la Conférence d’accueillir la proposition de la Porte tendant à appliquer à l’état actuel des choses dans les Principautés le protocole du 6 septembre 1859 relatif aux . infractions qui seraient apportées aux clauses de la conven- tion de 1858. De plus, Lord Clarendon, tout en admettant que la discussion reste libre sur toutes les questions, ineline évidemment à penser que la candidature d’un Prince étranger devrait être écartée, moins encore parce qu’elle pourrait préjudicier aux droits de la Porte qu’à cause des difficultés qu'il y aurait à faire un choix de nature à obtenir l'approbation de toutes les Puissances. Je croïs également que, sans méconnaître la valeur des réserves qu'ont provoquées, dans le temps, de la part de toutes les Puissances, à l'exception de l’Autriche, les déclarations contenues dans le firman d’union personnelle du 6 décembre 1861, il jugerait peut-être la stricte application de ce firman préférable au maïntien de l’union des deux Principautés établie au profit du Prince Couza; mais, sur ce point, comme sur tous les autres, Lord Clarendon, je le répète, considère que la discussion doit demeurer ouverte. J’ajouterai que, s’il se montre, dans ses appréciations, soucieux de concilier les droits de la Porte avec les intérêts des populations roumaines, il n’en paraît pas moins attacher le plus grand prix à marcher complètement d’accord avec la France.

Veuillez, etc.

6 mars. — ApPponNyI à MENsporr. N° 17 C.

Lord Clarendon ne m'’ayant pas fait, jusqu'ici, la moindre allusion à une combinaison ayant pour but l’échange de la Vénétie contre les Principautés danubiennes, j'avoue que j'ai préféré ne pas prendre l'initiative d’un sujet aussi délicat. Il sera toujours temps, lorsque la première insinuation d’une pareille proposition me sera faite, de l’accueillir comme elle le mérite. Jusque là le silence me paraît plus digne et plus conforme à nos intérêts.

Je crois au reste que j'ai moins à redouter une ouverture de cette nature de la part de Lord Clarendon que de celle de Lord Russel.

Agréez.… (V. L., Ber., L, f. 123.)

7 mars. — MENSDORF à Paris, Londres, Pétersbourg.

…Les rivalités que fait naître la vacance du siège princier pourront dégénérer avant peu en luttes violentes et l'exemple du passé à trop fait connaître à Bucharest la valeur d’un fait accompli pour qu’il ne se produise pas quelque tentative de devancer les décisions des Cabinets. Il me paraît donc urgent d’établir le plus tôt possible un centre d’entente où l’on pourrait arrêter de commun accord les mesures provisoires indispensables pour assurer le maintien de l’ordre. Même s’il devait se produire quelque divergence sur les questions de principe qu'implique le remplacement du Prince Couza, il n’en serait que plus nécessaire de ne pas laisser les événements préjuger les

délibérations des Puissances… (V. P., Exp, L f. 145.)

à 113 7 mars. — MerreRNICH à Mensporr. N° 9 D.

Lord Cowley est très satisfait de l’attitude du Cabinet français dans l'affaire des Principautés. Il affirme que selon ses convictions nous pouvons nous attendre à ce qu’on ne propose rien ici qui puisse être regardé comme contraire à l’intégrité et à la suzeraineté de la Porte — on n’insistera plus, comme autrefois, sur l’idée d’un Prince étranger — on ne maintiendra pas l’union à tout prix, malgré l’amour-propre d’auteur qu’on semblait y attacher. Quant à son Gouvernement, Lord Cowley croit savoir déjà que l'intérêt qu’il à de ne pas laisser toucher au statu quo territorial en Orient une fois sauvegardé, tout ce que l'Autriche pourra désirer dans ses propres intérêts sera appuyé par l’Angleterre avec toute la bonne grâce pos-

sible. Il pense que la meilleure politique à suivre par lui

eb moi au sein de la conférence serait d’appuyer en principe ce qui paraîtra convenir le mieux au bien-être, au repos et aux vœux légitimes des populations danubiennes, pourvu que les intérêts de l'intégrité ottomane et les exigences de hon voisinage soient implicitement sauvegardés.

Les événements de Moldavie semblent faire penser qu’une séparation deviendra nécessaire. Lord Cowley croit que la France n’y mettrait pas d'opposition, s’il devient évident que les Moldaves [167] la désirent. |

Agréez..

(V. P., Ber, I, f. 166-167.) 7 mars, 4 h. 30 soir. — Télégramme. La TOUR D'AUVERGNE à DROUYN.

[L’Angleterre a demandé à Pétersbourg que le Chargé d'Affaires russe soit autorisé à assister à la conférence en

attendant Budberg.] (P. L, I, f. 250.)

7 mars. — MovsTier à Drouyn. N° 22.

Pendant que la Porte recevait de Londres la nouvelle de l’accord des Gouvernements anglais et français pour réunir la Conférence de Paris, le général Ignatieff lui montrait une dépêche du Prince Gortchakoff annonçant que le Gouvernement français lui proposait de réunir la Conférence à Constantinople et s’efforçait, cette dépêche en main, de jeter le trouble dans les idées d’Aali Pacha. Les adhésions venues de Vienne, de Berlin et de Florence et les explications que j'ai fournies n’ont pas tardé à dissiper est venu me raconter lui-même ce qu’il appelait un malentendu. Il ne paraît pas toutefois avoir encore fait connaître à la Porte l’adhésion du Gouvernement russe. Aali Pacha à fini par renoncer à mebtre des conditions préalables à la sienne. Après quelques hésitations [168] il à

envoyé à Safvet Pacha l'autorisation nécessaire pour assister à la conférence...

Dans les conversations que j’ai eues avec Aali Pacha j'ai constaté que si la Porte se défend d’avoir donné aucun encouragement aux meneurs qui ont renversé le Prince Couza, il résulte cependant des aveux mêmes du Ministre des Affaires Etrangères que l’appui qu’on a donné à l’hospodar manquait d’énergie et de conviction. IL est impossible de ne pas voir clairement que la chute de ce Prince n’a pas provoqué ici tous les regrets qu’une atteinte aussi considérable portée à l’ordre légal dans les Principautés aurait dû inspirer au Gouvernement ottoman si intéressé cependant au maintien de cette légalité. Il y a done une certaine anomalie à le voir, les traités à la main, réclamer à son profit le bénéfice d’une vacance [169] qu'il ne doit qu’à la violation de l’état de choses qu'il était chargé de maintenir et dont le rétablissement serait peutêtre la seule mesure qu’au nom du droit strict il pourrait demander. Sur tout cela le langage d’Aali Pacha n’est ni très clair ni très logique et je n’ai pas manqué de le lui faire sentir. Il explique ses sentiments par l'inquiétude croissante qu'inspirait à la Porte l’épanouissement de l’indépendance dans les Provinces danubiennes et il se flatte que les derniers événements sont de nature à arrêter ou du moins à retarder ce développement. Je ne lui ai pas caché qu’à cet égard il se faisait peut-être de fâcheuses illusions et je l’ai engagé à ne pas se placer dans les circonstances actuelles au point de vue vraiment étroit que tout son langage révélait.

Il à répondu que la Porte n’aurait pas méconnu ce que l’union des Principautés de Valachie et de Moldavie et le développement de leur autonomie pouvaient avoir d’utile pour l’Empire ottoman, si ces avantages n'étaient malheureusement affaiblis par l’encouragement qu'y puisaient naturellement les aspirations d'indépendance de la Servie dont la [170] population slave plus hostile à la Porte que les Roumains était plus que ceux-ci accessible aux incitations étrangères et pouvait en propager l'esprit parmi les Bulgares de même origine qu’elle et placés comme elle sur la rive droite du Danube.

J'ai fait observer au Ministre des Affaires Etrangères que quelque fondées que pussent être ces préoccupations ce n’était pas par des combinaisons mesquines et éphémères qu’on empêcherait à la longue la force des choses de se faire jour et les tendances naturelles de suivre leur cours. Il n’était ni juste ni habile de faire payer aux Principautés Unies la peine des inquiétudes que donnaient la Servie et la Bulgarie, et si ces inquiétudes étaient si sérieuses, je m'étonnais que la Porte ne prît aucune des mesures qui pouvaient diminuer le danger. Elle ne tentait rien ou presque rien pour se rattacher les Serbes.

[171] .….Aali Pacha à à peine essayé de se défendre. Il paraissait extrêmement abattu et c’est aussi ce qu’a remarqué Lord Lyons qui m’a succédé chez lui. Je suis très content de l’attitude et du langage de mon collègue d’Angleterre qui semble se placer au même point de vue que moi et trouve également que Constantinople eût été un très mauvais terrain pour discuter les questions pendantes. Je crois que M. de Prokesch est d’un autre avis à cet égard. Il est venu toutefois me faire part avec empressement de l'entente de sa Cour avec la mienne. Il m’a été difficile au milieu de tout ce qu’il m’a dit de démêler le fond de ses pensées qui du reste ne sont pas toujours celles de son

Gouvernement...

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