Nouvelles élections en vue de deux Assemblées
ternich à adhérer à la quatrième proposition avee les modalités propres à assurer la liberté des votes moldaves et à écarter d'avance le choix d’un Prince étranger. Tâchez . que le Gouvernement anglais se maintienne dans cette ligne. Le Prince étranger ne nous semble point compatible avec le principe de l'intégrité de la Turquie.
(V. L, Exp. I, £ 68.) 27 mars. — LA Tour D’AtVEerGNE à DRoUY—N. N° 63.
Je n'ai pas manqué, ainsi que Votre Excellence m'y
invitait par sa dépêche du 24 de ce mois, sous le n° 32, de donner connaissance au Principal Secrétaire d'Etat pour les Affaires Etrangères du rapport que l’agent de l'Empereur à Bucharest vient de vous adresser, concernant les dispositions dont les hommes qui forment le gouvernement provisoire paraissent animés. Je lui ai demandé, en même temps, si le gouvernement de la Reine avait reçu de son Représentant dans les Principautés des renseignements analogues. Lord Clarendon à bien voulu me dire que M. Green était disposé à croire, avec M. Tillos, que le gouvernement provisoire et l'assemblée de Bucharest étaient, en effet, favorables à l’union sous un Prince étranger, mais que c'était là une tendance très regrettable à laquelle nous devrions, les uns et les autres, résister autant que possible. J’ai signalé, une fois de plus, à Lord Clarendon le danger qu’il y aurait à déclarer, d’une manière absolue, que nous considérerions comme non avenue la nomination d’un Prince étranger, lorsque nous savions d’avance que tel serait le choix qui sortirait vraisemblablement de toute assemblée moldo-valaque. Lord Clarendon m'a alors répété que si la France avait consenti, dès le principe [341], à agir à Bucharest, d'accord avec les autres Puissances, on aurait pu prévenir toute mañifestation de ce genre; que maintenant la chose était sans doute plus difficile, mais qu’il pensait cependant qu’elle ne serait pas impossible. En tous cas, il s’était personnellement prononcé à Pétersbourg, à Vienne et à Constantinople en faveur d’un Prince
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indigène et malgré son atdent désir de marcher d’accord avec nous, il lui semblait impossible de changer aujourd’hui de langage. Il était, de plus, convaincu que, dans les circoïstantes actuelles, en présence des dispositions de certains gouvernements à fouler aux pieds tous les droits, les grandes Puissances avaient pour devoir de donner le bon exemple à l’Europe, en témoignant de leur respect pour le maintien des traités; que la nomination d’un Prince étranger à l’hospodarat était contraire à la convention de 1858, qu'elle impliquerait l’hérédité, amènerait nécessairement l'indépendance des Principautés, que la Servie serait entraînée infailliblement elle-même dans te mouvement, que ce serait, enfin, le démembrement de l’Empire Ottoman que l’Angleterre s'était toujours efforcée de prévenir. J’ai répondu à Lord Clarendon que, si les Roumains voulaient bien se donner un Prince indigène, nous ne nous en réjouirions cerbainement pas moins que l’Angleterre; mais que; du moment où il résultait clairement, aussi bien de ses informations que des nôtres, qu’ils choisiraient un Prince étranger, la question se réduisait, suivant moi, à décider si nous devrions employer la force pour leur imposer : ñotre volonté ou s’il ne serait pas préférable, plus conforme à l'intérêt de la Porte elle-même, [3421 de faire, si je pouvais m’exprimer ainsi, la part du feu et d’accepter, le cas éthéant, un Prince étranger, en prenant soin de stipuler, en faveur des droits de la Puissance suzeraine, toutes les garanties que nous croirions nécessaires. J’ai ajouté que, dans mon opinion, la nomination d’un Prince étranger n'étant, en quelque sorte, que le complément de l’union déjà consentie pat les Puissances ne constituerait pas à proprement parler une violation directe des actes qui réglaient la position des Principautés, et que le meilleur moyen, au surplus, de consolider l’Empire ottoman était de donner satisfaction, dans üne mesure raisonnable, aux vœux des populations roumaines. Lord Clarendon, évidemment un peu ébranlé par ces observations, à simplement insisté‘ sur les difficultés que nous aurions à rallier l’Autriche et surtout la Russie à nos idées et sur l’impossibilité pour lui, en raison de ses déclarations antérieures, de se prononcèr, quant à présent, dans notre sens; mais il &,
paru, en même temps, reconnaître que la question méritait d’être sérieusement examinée, et qu’en fin de compte il ne serait peut-être ni prudent ni raisonnable de s’opposer, dans une forme absolue, à la nomination d’un Prince étranger.
27 mars. — Tizzos à DROUYN. N° 19.
[Ignatieff à reçu une dépêche en clair de Gorëakov lui prescrivant de pousser la Porte à consulter les populations. Il est clair que la Russie encourage le séparatisme pour faire pièce à la France.] Mais le Prince Gortchakoff pourrait se tromper; il n’est pas besoin de consulter le vœu des populations, il a été toujours au fond le même, car si l’union a été faite d’une manière inintelligente, si la Moldavie et surtout la ville de Iassy ont beaucoup perdu, si les principales familles moldaves ont été atteintes dans leur fortune et dans leur vanité, si enfin quelques prétendans considèrent leurs chances commes meilleures s’il y avait deux hospodars au lieu d’un, il n’en est pas moins vrai que depuis trois ans il y à eu, par le fait de l’unité de l’administration, de l’unification des codes et de la création de la cour de cassation, une impulsion qui, tout en froissant quelques intérêts, à opéré une fusion qui rend l’union nécessaire, et dans les classes intelligentes ce sentiment est : si prononcé qu'il s’affirme dans toutes les occasions importantes, comme on l’a vu par les proclamations du gouvernement provisoire qui, en cela, n’a fait que rendre hommage à un besoin national.
Toutefois il ne faudrait pas se faire d’illusion sur la force de ce sentiment si la combinaison d’un Prince indigène [237] venait à prévaloir, car elle froisserait un sentiment très national aussi, le désir d’un Prince étranger, et la Russie a trop d'influence en Moldavie pour ne pas en profiter.
Si l’on voulait établir sur le trône un Prince indigène, il faudrait avoir recours à la force, en outre on ne fonderait
rien de durable. Les intrigues des prétendans recommenceraient et le Prince indigène, attaqué comme l’a été le Prince Couza, quel que fût d’ailleurs son mérite personnel, succomberait en peu de temps, en supposant même qu’il parvint à s'établir dans le pays.
D'une autre part, en admettant que les Puissances tombent d'accord sur le choix d’un Prince étranger, les difficultés seront-elles aplanies et pourra-t-on compter sur une solution définitive ? Il est permis d’en douter. A la vérité, l’union sera sauvegardée, mais ce Prince pourrat-il gouverner avec la forme constitutionnelle dans un pays où le sens moral manque complètement, où les mœurs politiques n’existent pas, où il n’y a pas de libertés municipales qui puissent servir de base à une constitution, où les hautes classes et le clergé sont profondément corrompus, où le peuple est ignorant, où il n’y à pas de bourgeoisie, mais [238] seulement une classe d'employés habitués à la rapine et en vivant; d’ailleurs, au bout de peu de temps, ce Prince sera haï ici comme tout étranger, les familles influentes chercheront à le circonvenir et à lui inspirer l'esprit d’intrigue et de coterie...[239] Il devra surtout éviter de flatter les idées d’indépendance, de conquête et d’un grand rôle à jouer dans toute complication européenne, idées caressées par le Prince Couza et qui sont très en faveur dans un pays où la vanité est le mobile principal de tous les sentimens. La tâche d’un Prince étranger sera donc bien difficile, mais à tout prendre cette combinaison est la seule qui puisse offrir quelque garantie d'ordre et de durée.
[En attendant, le gouvernement n’est pas en sécurité et pourrait bien subir le sort du Prince Cuza] [240] La haine contre les étrangers ne connaît plus de bornes; on cherche à les atteindre dans tous leurs intérêts et il me revient de bien des côtés que le gouvernement, qui se dit désolé des décisions récentes des Assemblées au sujet des contrats, a été l’instigateur secret de ces décisions. En tout cas je suis très disposé à croire qu’en cette occasion M. Ion Ghika a joué le double jeu qui lui est familier.
27 iars. — Apbronvi à Mewsbporr. No 24.
[Clarendon est toujours dans les mêmes dispositions, mais ne sait que faire, parce que les Principautés peuvent faire échec à la Conférence] .« Même si celle-ci était uhanime et qu’une occupation turque parvint à mettre sur le trône un Hospodar indigène, ce règne ne durerait qu’autant que l’occupation et dès qu’elle cesserait, le Prince ainsi imposé serait chassé et ce serait à recommencer! Lord Clarendon ne voit donc pas d’issue à ces difficultés et donnerait tout au monde pour qu’on lui en suggérât une qui fût possible et praticable pour maintenir les décisions [202] du traité de Paris. Il convient que le Prince étranger n’est que l’achéeminement à l’entière indépendance des Principautés, et celle-ci obtenue, peut-on croire que la Servie resterait longtemps tranquille ? et que devient alors le principe de l’iitégrité de l’Empire ottoman que toute l’Europe s’est engagée à maiïntenir ?.. » Il est impossiblé de parler plus correctement que lord Clarendon, de mieux se rendre compte des inconvénients et des dangers de la voie dans laquelle il se trouve entraîné faute d’énergie, d'initiative et d’entrevoir un mode de solution réalisable qui soit conforme à ses sympathies.
Je lui représentai que si la résistance au Prince étranger aväit sés dangers, le système contraire avait les siens. La, Russie ne reconhaîtrait pas le choix de ce Prince et l’Ambassadeur de la Porte a ordre de quitter la Conférence dès que le principe du Prince étranger y sera adopté. Je tiens ces informations de mes deux collègues, et en outre [203] M. Musurus assure qu’il suffirait d’un peloton ture pour vaincre toutes les résistances et le Baron Brunnow prétend qu'avec cinquante piastres il se fait fort de proclamer à Bucharest le boyard qu’on veut, et cela avec enthousiasme ; il ajoute même que M. Musurus lui-même serait un des meilleurs choix que l’on pourrait faire.
Mais Lord Clarendon est d’avis que la chose ne serait pas aussi facile que l’assurent ces Messieurs, et que les Principautés ne sont plus ce qu’elles étaient lors de l’occupation russe sous le Général Kisseleff, époque à laquelle M. de
Brunnow les a connues. Elles ont une armée qui, bonne ou mauvaise, vaut les troupes turques, elles sont mieux organisées révolutionnairement, elles se sentent appuyées par l'étranger et connaissent mieux leurs forces.
« M. Drouyn de Lhuys, continua Sa Seigneurie, parle toujours du respect dû aux nationalités et aux vœux des populations. Eh bien, je lui [204] ai fait demander ce qu’aurait dit le Cabinet français si, lors du mouvement si unanime et si spontané qui éclata en Grèce en faveur de l'élection du Prince Alfred, nous avions consenti à ce choix, par respect pour Le vœu des populations ? »
(V. L, Ber., I, 201-204.)
27 mars. — REVERTERA à MENSDORF. N°0 10 A.
.…M. le Vice-chancelier admet parfaitement que nous devons avoir certains ménagements pour la France, mais il est d'avis que l’attitude prise par le Prince de Metternich équivaut à une soumission complète. Il n’est pas moins exaspéré contre le Comte Goltz, et dit que les deux Ambassadeurs allemands ont engagé une véritable lutte de complaisance pour les désirs de l'Empereur Napoléon.
« La Conférence, poursuivit-il [143], a l’air de s’occuper de tout autre chose plutôt que des Prineipautés danubiennes. Le Baron Budberg est seul à défendre les traités et les droits des populations moldo-valaques. Si Lord Cowley ne l'avait pas timidement secondé en relevant l'opportunité des deux assemblées électives, personne n'aurait plus dit un mot et la France gagneraiït la partie sans rencontrer d’autre opposition que celle de la Russie. A quoi mène dans ces circonstances la conformité de vues dont je reçois sans cesse l’assurance aussi bien à Vienne qu'à Berlin ? Les instructions des Ambassadeurs sont excellentes, celles au moins que je connais, et leur attitude est pitoyable. Il est évident qu’au lieu de s'occuper du but avoué de la Conférence, ils ne songent l’un et l’autre qu'à captiver la bienveillance de l'Empereur Napoléon. Leur
calcul les trompe. Au lieu de rendre service à leurs gouvernements respectifs, ils trahissent leur dignité... »
[144] 11 me répondait toujours que nous nous faisions d’étranges illusions si nous croyions obtenir quoi que ce soit de l'Empereur Napoléon en nous courbant devant lui. « Il suivra son chemin, sans se laisser détourner ni par vous, ni par la Prusse. Quand même il semblerait pencher en votre faveur, ou désirer le maïntien de la paix, soyez convaincus que la guerre des Puissances allemandes lui donnera un prétexte agréable de poursuivre ses desseins ténébreux. Il ne vous protégera ni plus ni moins que la Prusse, mais il vous exploitera tous les deux. »
Voilà, Monsieur le Comte, comment le Prince Gortchakov et avec lui l'Empereur [145] Alexandre envisagent notre position à Paris. Il m’assure que la diplomatie française déploie dans les Principautés une activité prodigieuse pour prévenir les décisions de la Conférence. Une grande faute a déjà été commise, selon lui, c’est de n’avoir pas discuté et écarté solennellement l’idée d’un Prince étranger. Si la France se montre disposée à ne plus revenir sur cette idée, à condition que l’Union des Principautés soit maintenue, il y a là une de ces arrière-pensées dont les Puissances ne sauraient trop se méfier. Les Moldo-Valaques seront convaincus, et les agents français les soutiennent dans cette conviction que l’Union n’est qu’un acheminement vers le Prince étranger. La question ne sera donc qu’ajournée et nullement résolue. Le Vice-chancelier est persuadé. que cette manœuvre aboutira à faire élire le même hospodar dans les deux Principautés, si des mesures effcaces ne sont prises pour éclairer les populations sur le véritable sens des élections. Il croit que si les deux assemblées sont convoquées à Bukarest, l’effet en sera le même comme s’il n’y avait qu’une seule assemblée moldo-valaque. Dans l’un et l’autre cas, les Moldaves seront empêchés d'agir en liberté. La présence d’un kaïmakam lui paraît aussi désirable qu'à Votre Excellence, « mais, dit-il, la proposition doit en être faite dans la Conférence, et si j’en charge le Baron Budberg, personne de ses collègues ne le soutient »..….
(V. Pét., Ber., I, f. 142 v-145.)
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27 mars. — ReverterA à Mexsporr. N° 10 D.
[Conflit entre Budberg et Goréakov. Celui-ci a menacé de donner sa démission et aussitôt les instructions d'Alexandre à Budberg ont été celles que Gorëakov voulait]. [161]. Le danger est écarté, pour un certain temps au moins. Le nom allemand de M. de Budberg est aussi peu du goût de la Russie actuelle que son évangile politique qui se résume ainsi : panslavisme, alliance française, haine à l’Autriche. Ces idées qu’il défend avec une chaleur pas toujours sincère, lui ont valu des succès [162] dont il vit encore, mais elles ont l’air d’un anachronisme dans le moment actuel, et les circonstances devront bien changer avant qu’elles puissent redevenir utiles à leur défenseur. Si M. de Budberg avait triomphé tantôt, le Cabinet russe se. serait entendu avec la France sur le sort des Principautés et n'aurait eu garde de lutter, la convention de 1858 en main, contre leur union perpétuelle.
(V. Pét., Ber., I, f. 160-162.)
28 mars. — TALLEYRAND à Drouyn. N°0 28.
…Le Vice-chancelier m'a paru regretter vivement que M. l'Ambassadeur de Russie n’ait point insisté de prime abord sur la nécessité de résoudre, avant toute autre, la question de la nationalité du Prince à élire en remplacement du dernier Hospodar. [206] Selon le Ministre des Affaires Etrangères, il était indispensable d’élucider ce premier point avant d'entrer en discussion sur le maintien de l’union des deux Principautés, et de formuler la proposition de consulter les populations. « En effet, m'a dit le Prince, nous n’avons besoin de recourir ni à nos Agents ni à ceux des Moldo-Valaques eux-mêmes pour savoir qu’ils sont unanimes à désirer l’union de leurs provinces sous le sceptre d’un membre d’une famille souveraine de l’Europe. Le fait est incontestable ; mais le doute commence à l'hypothèse de l’union sous un hospodar indigène. Si l’on
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veut s’enquérir loyalement des vœux du pays, il faut donc commencer par lui déclarer qu'il peut, ou qu’il ne peut pas, choisir le chef de son gouvernement en dehors du cercle tracé par les traités. » Il est plus que probable que le Baron de Budberg recevra [207] l’ordre de replacer la question sur ce terrain dans la plus prochaine conférence.
Quant au mode de consultation, le Vice-chancelier ne s’est pas montré moins explicite, et c'est très vivement qu’il a repoussé l’idée de charger la Chambre actuelle du soin d’élire l’'Hospodar et de se prononcer sur le maintien ou la rupture du lien qui unit les deux Provinces. Il eonvient avec vous, Monsieur le Ministre, que ce serait le moyen le plus court de sortir d’embarras, mais il conteste que ce serait le meilleur; il préfère done voir la Moldo- Valachie livrée à l’agitation inhérente dans tout pays à toute élection plutôt que de reconnaître à [l’Assemblée nommée par le Prince Couza le caractère d’une représentation sineère des populations roumaines. « Nous savons, m'a-t-il dit, comment il a compris cette Chambre et par quels moyens de corruption il y à fait [208] pénétrer ses créatures. Les mesures que prend en ce moment l’assemblée réunie à Bucharest, en rompant tous les contrats passés par le précédent Gouvernement, suffiraient au besoin pour nous édifier sur l'esprit politique et les tendances administratives dont elle est animée. »
[Goréakov croit que maloré ses défauts, le moment n’est pas opportun de modifier la loi électorale; maïs les députés devront pouvoir voter séparément, à Iassy et à Bucarest] … renonce à appuyer la réunion de deux Assemblées ad hoc, la dualité étant de nature à soulever des objections; ce [209] seraient deux sections d’une même assemblée autorisées à voter séparément. [Il se plaint des mesures terroristes du gouvernement provisoire.] Des rapports adressés [210] par les agents Russes à Iassy, Galatz et Ismaïlah viennent d'arriver au département des Affaires Etrangères. Ils constatent l'extension du mouvement séparatiste. Ces pièces ont été envoyées aux principales Légations, par conséquent à M. le Baron de Budberg, qui est autorisé à en donner connaissance à Votre Excellence.
(P. Pét., I, f. 205:210.)
28 mars. — MousTier à Drouyx. N° 28.
MM. le sénateur Costaforoci (1) et Costaki Epuréano envoyés par le Sénat et le Corps législatif des Principautés pour faire connaître à la Porte les vœux des populations moldo-valaques, sont arrivés il y a quelques jours à Constantinople. Aali Pacha qui avait refusé de reconnaître M. Golesco, en sa qualité d'agent du Gouvernement provisoire, m'a dit qu'il lui semblait que les envoyés d’une Assemblée ayant un caractère légal ne sauraient être traités de la même manière que M. Golesco, du moment surtout où ils apportent au Sultan les hommages des Principautés en même temps que leurs vœux. Le Ministre des Affaires Etrangères m'a fait demander si je trouvais quelque inconvénient à ce que ces Messieurs fussent reçus par le Sultan qui se bornerait à leur répondre que, d'accord avec Ses alliés, il a déféré à la conférence de Paris l'examen de cette importante affaire et que les populations moldovalaques [206] doivent attendre avec calme le résultat des délibérations de la conférence.
Je me suis borné à recevoir cette communication, sans témoigner ni approbation ni désapprobation…
[Correspondance du 13 [février] (2), de Bucarest, interceptée et copiée par les soins de Moustier et transmise avec la lettre du 28 mars :]
La tranquillité matérielle continue à subsister mais les esprits sont inquiets, les défiances que l’on sait exister dans le sein même du gouvernement ont leur écho dans le public et se traduisent déjà en faits plus ou moins accentués. Les deux éléments qui sont au pouvoir sont en lutte ouverte : les boyards d’un côté, les révolutionnaires démoerates de l’autre. Il y a eu des tiraillements sérieux dans le
(1) Sic. Lire : Costaforou.
(2) Cette date du 13 février (deux jours après les Érenpments) paraît bien problématique. La suite prouve que la correspondance est du 13 mars.
. choix des agents, dans les nominations de préfets; on s’est fait, en fin de compte, de mutuelles concessions, mais les difficultés ne sont qu’ajournées. Ce sera déjà un certain embarras pour le gouvernement provisoire que d’avoir des préfets boyards dans la plupart des districts et des préfets démocrates dans quelques autres. Jusqu'à cette heure les hommes de l’ancien régime ont la corde. Dieu gait si les démocrates, par quelque coup énergique imprévu, n’arriveront pas au but qu’ils se proposent d’atteindre. D’après ce qui se voit les boyards s’efforcent d’assurer le maintien de l’ordre public et aussi d’amener une nouvelle situation. politique qui leur restitue le rôle prépondérant que le prince Couza leur avait enlevé aux applaudissements de tout le pays, par le plébiscite du 2/14 mai 1864 et par la loi rurale. Dans ce but ils ont exhumé des cartons et donné à l'étude au Conseil d’État un projet de constitution jadis élaboré par la commission centrale de Fokchani, avant l’union des Principautés. Adopter cette constitution ce serait revenir sur les principales réformes politiques et sociales du règne qui vient de finir. Les libéraux de toutes nuances ne l’entendent pas ainsi et il faut s’attendre, sauf des.concessions imprévues, à de vives discussions sur cette matière; d'autant plus qu’une certaine mesure colorée d’un prétexte de libéralisme avait déjà démontré aux démocrates que leurs collègues du 23 février s’efforcent de tirer à eux toute la couverture. Voici le fait. Le gouvernement du Prince Couza avait autorisé les communes à établir un octroi sur leur territoire, c'était là une mesure qui complétait la loi rurale d’une part parce que les auberges, les cabarets, les boutiques des villages étaient jusque là le monopole exclusif des grands propriétaires; elle créait d'autre part aux communes rurales des ressources indispensables pour l’entretien des églises, des écoles, laissées désormais à leur charge, et pour la création des chemins vicinaux, des fontaines, etc., etc. [208] La loi rurale avait bien émancipé le petit commerce des villages, mais quelques communes riches avaient seules pu établir des cabarets et des boutiques. Le reste, la presque totalité des villages, subissait encore le monopole des anciens grands propriétaires. Le gouvernement provisoire supprime l'octroi dans
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les communes sous prétexte de diminuer les charges qui pèsent sur le paysan. Ce qui arrivera dans la pratique, c’est ceci : le propriétaire qui possède les cabarets et les boutiques ne paiera plus de droits d’octroi à la commune. Les juifs, partout fermiers de ce trafic, ne diminueront pas leurs prix, et la commune verra ses ressources énormément amoïindries, sinon complètement supprimées. Le paysan roumain qui est très fin et très raisonneur fait déjà ses réflexions et comme les propos font rapidement la boule de neige en ce pays, on s’est inquiété de la loi rurale. Le ministre de l’intérieur, ému par les rapports de ses préfets, s’est empressé de leur adresser une dépêche télégraphique circulaire pour rassurer les populations rurales. De son côté le parti démocratique talonne les boyards et leur demande Ia prompte réalisation d’engagements pris, paraît-il, avant l’éclosion du complot. Il y a quelques jours le Romänul, journal qui appartient à M. Rosetti, lun des ministres, gourmandait cette pauvre Chambre qui vote cependant tout ce qu’on lui donne à voter, mais la gourmande allait frapper tout droit le gouvernement provisoire : « Nous voyons avec douleur, disait le Romänul, que la Chambre perd un temps si précieux en occupations futiles, quand des questions si importantes demandent une prompte solution, la loi sur la garde nationale par exemple. » C’est là en effet le cheval de bataille du parti démocratique et cette question dont je vous ai déjà entretenu a amené certaines mésintelligences dans le gouvernement provisoire. Dans le plan du parti démocratique la garde nationale doit compter trente à quarante mille hommes, les boyards veulent la restreindre à trois mille environ, en faire en un mot une garde bourgeoise. A la Chambre les avis étaient aussi partagés. M. Tell, l’un des chefs de l’opposition sous le dernier règne, ce qui lui donne un rôle important dans les circonstances actuelles, se déclarait tout à fait contraire à la garde nationale; il demandait l’armement de tout le pays. Les esprits s’échauffaient et il était important de s’entendre avant que la discussion en fût ouverte à la Chambre. Vendredi soir une quinzaine de députés les plus influents furent appelés au palais et une sorte d’entente fut établie; le samedi la dis-
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cussion [209] de la loi commença. Il est vraisemblable que nous aurons simplement une garde bourgeoise.
On se demande si le parti démocratique acceptera cette solution. La suite des événements nous donnera la réponse; bien des gens ne paraissent qu’à moitié rassurés. On raconte que M. Rosetti qui avait fait pressentir sa retraite dans son journal à voulu donner sa démission et qu’il à été contraint par ses collègues de rester au pouvoir et de partager jusqu’au bout la responsabilité d’une situation à laquelle il à travaillé plus que personne. Mais les lieutenants de M. Rosetti, les chefs des quartiers et des faubourgs seront-ils aussi faciles à conduire? Le mot de république a été prononcé; déjà on parle d’encouragements envoyés de Paris par M. Bratiano à M. Rosetti de la part de leurs amis de Londres et d'Italie, on critique tout haut bien des actes du gouvernement provisoire et on à affiché ces dernières nuits des placards imprimés qui portaient en toutes lettres : « Josu caïmakamia! » (à bas la lieutenance princière!). Ce sont là de fâcheux symptômes; aussi le gouvernement provisoire, qui ne veut pas se laisser surprendre comme l’a été le Prince Couza, lance-t-il chaque jour de nombreuses patrouilles dans les rues.
Dans la presse on voit poindre en même temps une opposition qui attesterait s’il en était besoin que le sentiment public commence à voir clair dans la révolution qui s’est opérée sans qu'il s’en doutât. Les articles pleuvent contre les boyards et la boyarie, et bien des gens supposent que le gouvernement provisoire en est déjà à regretter l’absolue liberté qu’il à concédée le premier jour aux journaux. Parmi ces feuilles la Trompette des Carpaïhes se signale par la vivacité et le mordant de ses attaques, et pose chaque . jour au gouvernement des questions fort embarrassantes. Le Moniteur semble avoir pris à cœur de faire rire le public aux dépens du gouvernement par les déméntis qu’il publie de jour en jour, d’accord en cela avec le Romänul, contre les personnes et les journaux qui prétendent que le Comte de Flandres a refusé le trône de Roumanie. Chaque matin la tromvpeite des Carpathes reproduit tous les journaux de l’occident qui constatent le refus du prince belge et somme le gouvernement de publier la réponse télégraphique de
Son Altesse Royale. Rien n’y fait, la feuille officielle petsiste à dire que le Comte de Flandres n’a pas refusé et à l'appui de [210] ceci le gouvernement provisoire à fait voter par la Chambre ét le Sénat les subsides nécessaires à une députation qui ira présenter à Son Altesse Royale le vote du parlement roumain.
Les journaux d'Occident ne laissant plus aucun doute sur le refus du Comte de Flandres, l’opinion publique s’est mise en quête d’un nouveau candidat et il y en a deux en cé moment Sur le tapis: Un princé de Nassau, le prince Nicolas je crois, le même dont on parla jadis comme jouissant de l'estime particulière de l'Empereur Napoléon et un prince de Hohensollerh-Sinmaringen (1), le prince Frédéric dont la famille se rattache par les Beaühärnais à la famille impériale de France. Le peuple roumain qui a des idées fort étroites en fait de religion ne sera pas moins désappointé sans doute à leur sujet qu’au sujet du Comte de Flandres quand il apprendra que ces deux Candidats ne sont pas chrétiens; n’est pas chrétien en Roumañie, pour lés masses, quiconque n'appartient pas à l’église orthodoxe, gouvérnée pendant trente ans par le roi catholique Othon. La fin malheureuse de ce monarque a servi naturellement de réponse à ceux qui tiennent pour un prince vraiment chrétien. IL faut constater que dés gens qui touchent où qui sé rattachent au Boyarisme prennent à tâche d'affirmer ou de répéter que tous les horimes qui sont en position de concourir pour le trône, en cas d'élection d’un Prince indigène, se sont mutuellement juré de maintenir fermemeñit le principe du Prince étranger et de décliner, le cas échéant, toute candidature. Ce serment aurait ün caractère esséntiellement platonique, si Cotiime deux des principaux ministres l’annonçaient il y à trois jours däns le salon d’un des vice-présidents du Sénat, la France, l'Angleterre et l'Italie s'étaient nettement prononcées, samedi dernier à Paris, dès l’ouverture de la conférence, pour üñ Prince étrañiger. Il est vraisemblable pour ne pas dire certain que la Porte, la Russie et surtout l'Autriche soutiendront noñ
(1) Sie. Plusiéurs détails prouvent que 14 copie dé cette léttre d été dictéo, ce qui explique les fautes d’orthographe des noms propres.
moins énergiquement la cause contraire. On ne peut même pas douter que ces Puissances ne soient hostiles au maiïntien de l’union et qu’elles ne secondent de toutes leurs forces les ferments de séparatisme qui commencent à poindre très visiblement en Moldavie comme parmi la plupart des Moldaves d'ici. C’est sans doute pour combattre ce sentiment de désunion que le gouvernement provisoire vient d'organiser des comités d’assistance chargés de faire partout [211] des collectes pour venir en aide aux populations des districts du nord de la Moldavie décimées par la famine. La récolte avait complètement manqué dans ces contrées et le gouvernement du prince Couza avait fait acheter et distribuer une grande quantité de céréales. Le Prince personnellement avait envoyé 6.000 francs aux habitants pauvres de Iassy à l’occasion du 24 janvier dernier et avait fait ouvrir des souscriptions qui avaient produit fort peu de chose en Valachie. Il faut espérer que la souscription ouverte par le gouvernement provisoire et pour laquelle il déploie beaucoup d'activité aura des résultats plus satisfaisants.
Le gouvernement provisoire ne s’est pas contenté de remplacer par des hommes à lui les agents que le gouvernement du Prince Couza entretenait à l'étranger, il envoie à Paris et à Constantinople des députations chargées d'éclairer la conférence internationale et la Porte. MM. les sénateurs Boïeresco ancien ministre et vice-président du Conseil d'Etat du Prince Couza, L. Stege, membre de la cour de cassation et ancien ministre du même prince, se rendent à Paris; M. le sénateur Coltaforoci et M. Coltake et Pouréano (1) également anciens ministres iront à Constantinople. M. Coltake et Poureano est le même qui présidait en décembre l’assemblée élective et qui dut quitter ce poste qu’il devait à la confiance du Prince à cause de l’excessive partialité dont il fit preuve pour l’opposition pendant les débats de l’adresse. Il est de plus parent très rapproché du Prince Couza. MM. Coltaforou et Boieresco sont avocats et professeurs (le 1er doyen) à la faculté de droït de Bukarest;
(9 Sic. Il s’agit des sénateurs Costaforu et Costache Epureanu. C£, p. 277, n° 1.
ils se font fort de prouver à la Porte et aux représentants des grandes Puissances qu’il faut compter avec É peuple roumain.
Le bruit s’est répandu avant-hier ne que les puissances avaient reconnu le gouvernement provisoire. La vérité est que les agents et consuls généraux ont déclaré aux autorités qu'ils avaient pour instructions de se renfermer strictement dans les relations nécessaires à l’expédition des affaires courantes. Ils ont, il est vrai, envoyé dimanche dernier une note collective aux autorités; mais cette note adressée au ministre des Affaires Etrangères du gouvernement provisoire, n’impliquait point du tout la reconnaissance officielle de l’état de choses actuel. Elle se bornait à transmettre aux autorités de sages avis des puissances garantes, le conseil [212] de veiller au maintien de l’ordre et de la sécurité publics et elle leur rappelait qu'ils devaient se renfermer absolument dans les affaires administratives. Plusieurs des agents en particulier ont engagé le ministre des Affaires Etrangères à laisser de côté la loi sur la garde nationale et le projet d’une nouvelle constitution. L’un d’eux ajoutait que ces questions sont autant de bulles de savon sur lesquelles les puissances garantes n’auront qu'à souffler pour les faire évanouir. En dépit de ces sages conseils, la loi se discute et la constitution s’élabore. — Une grosse question sur laquelle les agents ne sont pas précisément d’accord avec les autorités c’est celle de divers contrats conclus par le gouvernement du Prince Couza avec de grandes maisons financières et industrielles de France et d’Angleterre. Un conseil de jurisconsultes aurait déclaré que ces contrats sont valables mais que les ministres qui les ont signés doivent être mis en jugement; cela peut mener loin. Quoi qu’il en soit, les agents de France et d’Angleterre ont nettement exprimé leur opinion sur la validité de ces contrats, et le premier a même vivement protesté contre la mesure violente par laquelie on à arrêté les travaux municipaux concédés à la maison Godillot. On affirme que le ministre de la Guerre déclare qu’il considère comme nul et non avenu le contrat conclu entre le gouvernement du Prince Couza et M. Godillot pour les fournitures de l’armée. — L’armée paraît tou-
280 L'ABDIOATION DU PRINCE OUZA
jours fort embarrassée du rôle qu'elle a joué et dans lequel l'ont entraînée sans qu'elle s'en doutât quant à la masse quelques-uns de ses chefs. Il y a encore eu ces jouts-ci un duel à Iasy entre deux officiers. Ici les chasseurs sont pleins d'animosité contre le 1er de ligne et le 2e lanciers, les deux corps que le colonel Salomon avait maintenus dans le devoir. A trois reprises les chasseurs qui habitent les mêmes casernes ont tenté d'enlever le drapeau du 2e lanciers et il y a eu collision. Ces jours derniers des soldats du bataillon des chasseurs qui sont en majorité des Moldaves recevaient de vifs reproches d’un de leurs compatriotes au sujet de leur conduite du 23 février, jour où ils avaient la garde du palais. Ces soldats ont répondu qu'eux et plusieurs de leurs officiers ignoraient tout, qu'ils ont été étonnés de voir tant de monde dans les appartements mais qu'on leur a dit que des malfaiteurs s'étaient introduits dans le palais et qu'on allait les arrêter; qu'ils ont vu passer dans l'obscurité (il était 2 heures du matin) un homme enveloppé dans un manteau mais qu'ils n’ont pas reconnu le Prince. — La chasse aux Français continue. L'instructeur de l’intendance, M. Serveille, est congédié malgré son contrat.
Le Prince et la Princesse Couza sont à Vienne.— Le procès Librecht doit commencer dans deux jours.
(P. ©, I, À 307-212.) ET 29 mars. — Mexsporr à Merrernion. N° 6.
[Partage l'opinion d’'Eder, suivant laquelle d’une part là Porte en se prononçant d'emblée contre l'union ne fera que renforcer le parti révolutionnaire, d'autre part la Moldavie ne manifestera vraiment ses tendances séparatistes que si on lui impose un prince indigène]. (V. P., Exp. L f. 252.) 59 mars. — Mexsporr à MEiTERNIOH.
[Drouyn de Lhuys a exposé fort clairement ses idées en faveur de l’union et du Prince étranger. Nous répondons :
le Prince étranger, c’est la rupture avec la Turquie et le commencement du démembrement, les autres populations chrétiennes devant fatalement en faire autant. L'union peut être maintenue, mais il faut d’abord examinèér si elle à été bonne avant de se prononcer].
Nous sommes d’ailleurs fort réconnaissants de la franchise avec laquelle M. Drouyn de Lhuys nous a exposé ses idées. Votre Altesse sait déjà tout le prix que nous attachons à rester d’accord dans cette affäire avec le Gouvernement français. Nous lui avons, de notre côté, franchement fait connaître nos objections, mais nous sommes loin de nous poser en adversaires des idées françaises et les communications que j'ai échangées avec Votre Altesse depuis ma conversation avec le duc de Gramont me donnent tout lieu de croire que la question de l’union ne deviendra pas une cause de divergence éntre l’Aütriche
et la France.
(V. L., Exp, I, f. 74-75.)
29 mars, — MExsporr à APPONY—I. N° 5.
Votre rapport du 20 de ce mois n° 20 C nous à entièrement rassurés sur l’accueil que le Gouvernement britannique pourrait faire aux insinuations tendant à représenter les Principautés danubiennes comme un objet de compensation pour la Vénétie. Le langage que Lord Claréndon à tent à Votre Excellence ne laisse rien à désirer eb nous pouvons nous féliciter sincèrement de voir que de pareilles idées ne rencontrent aucun éncouragement de la part du Cabinet de Saint-James.
Veuillez, je vous prie, faire savoir au Principal Secrétaire d'Etat la vive satisfaction que ses paroles nous ont fait éprouver. Nous pouvons nous dispenser de présenter de nouveaux arguments contre un projet que Lord Clarendon a si justement apprécié et nous devons croire qu’une opinion si bien motivée re subira pas de modification.
Recevez.
(V. L,, Exp. 1, f. 86.)
30 mars. — Drouyx à Movusrrer. N° 21.
[Safvet Pacha à apporté un mémoire sur les inconvénients de l’union, se bornant d’ailleurs à conclure contre le Prince étranger. Drouyn a répondu en défendant ce principe et en rappelant que les Puissances étaient moralement engagées à maintenir l’union, à moins d’un désir contraire exprimé par les Principautés.]