ADO TE
Lettre publiée dans les Archives diplomatiques, 1867, I, pp. 248 sq.
30 mars. — Télégramme. Ticcos à DroUyN.
[Dissolution de la Chambre.] (P. B., L f. 243.)
30 mars. — DrouUyN à TILLOs.
[Approuve la protestation de Tillos contre la rupture des contrats, régulièrement passés, et qui ne peuvent être caducs du fait d’une révolution.]
31 mars. — Tizcos à Drouyn. N° 20.
[Il n’y avait pas moyen de travailler avec l’ancienne Chambre; mais le gouvernement dira sans doute qu’il à agi sous la pression de la France et de l’Angleterre (248-250). Le gouvernement peut profiter de ce répit pour prendre quelques bonnes mesures, mais il sera piquant de le voir se servir à son tour de l’article 3.]
31 mars. — Drouyx à TALLEYRAND. N°0 24.
[Regrette les dispositions de Goréakov] Nous avons conservé la plus favorable impression des rapports que
M. le Prince Gortchakoff a bien voulu vous rappeler, et j'ajouterai que la reconnaissance pour les services rendus ne pèsera jamais à notre souvenir. Je tiens toutefois à établir ici, monsieur le Baron, qu’en employant nos efforts en 1858 pour faire prévaloir l’union des Principautés, nous ne poursuivions aucun intérêt particulier. Nous n’en avons d’autres dans ces contrées que ceux qui nous sont communs avec toutes les puissances. Nous avons conseillé de réunir la Moldavie et la Valachie sous un seul et même gouvernement, parce que cette combinaison nous paraissait la plus conforme aux vues bienveillantes des Cabinets pour les populations et la plus propre à faire régner parmi elles la tranquillité qui est une condition de paix pour l’Orient. En un mot nous avons agi uniquement en vue [217] d’un intérêt général et européen. Il nous à paru d’autant plus naturel à cette époque de voir le Cabinet de Saint-Pétersbourg appuyer nos idées en faveur de l’union qu’il a été le premier à prononcer ce mot. La Russie en effet nous a devancés dans l’exposé des raisons sur lesquelles se fonde le vœu des Moldo-Valaques. J’en trouve la preuve dans le règlement organique élaboré pour la Valachie en 1832 sous les inspirations du gouvernement russe. En voici les termes. eux-mêmes :
« L'origine, la religion, les mœurs, l’unité de langage de ces deux Principautés, l'identité de besoins sont des éléments suffisans pour cimenter une union plus grande; union qui n’a été empêchée et retardée jusqu'ici que par des circonstances défavorables. Les résultats heureux qui en découleraient pour les deux Principautés, les conséquences avantageuses qui dériveraient d’un rapprochement plus intime entre ces deux peuples ne peuvent être mis en doute par personne. Nous avons donc posé les commencemens et les bases de cette union dans le règlement organique, en établissant des assises uniformes de législation dans les deux provinces. »
Il était impossible de s’exprimer avec plus de raison et de force et ayant à développer dans la seconde réunion de la conférence la manière de voir du Gouvernement de l'Empereur, je n’ai pas cru pouvoir mieux faire que de m'en référer à ce passage du règlement organique de la
284 L’ABDICAÂTION DU PRINCE CUZA
Valachie et de le citer textuellement. En défendant avec nous l’uñion en 1858, le Cabinet de Saint-Pétersbourg souténait doric une opinion qui lui était personnelle pour le moins autant qu'à nous; je ne saurais voir dans les circonstarices auxquelles lé prince Gortchakoff à fait allusiof üne raison dé sé montrer moins attaché à une idée dont la Russié à pris l'initiative én 1832. Ellé l’avait puisée au süfplus dans le vœu justetient [218] pressenti des populations et nous fous félicitons dé savoir qu’en définitive elle est disposée, comme toutes les autres Puissances, à s’en rappoïter sur ce point au vote que là conférence
déciderä de provoquer.
(P. Pét:; I, f. 216-218.)
21 mars: — Drouvyx à TaznayRAND. No 95.
[Instructions analogues à celles envoyées à LA Tour
D'AUVERGNE, cf. doc. n° 177.] Etre (P. Pét., f 219-226.)
18 avril. — Drouvyx à La Tour D'AGvERGNE. No 33.
Je n'hésite pas à regretter que le gouvernement de Buchärest ait pris sur lui de renvoyer l’assemblée actuelle. Il eût été désirable qu'aucune détermination ne fût adoptée autrement que sur l'invitation où avec l’assentiment de la conférence. J’ai déconseillé cette mesure dès que j'ai su qu’il en était question; mais il était déjà trop tard et l’avis qué j’ai donné à l’agent des Principautés à Paris a dû se croiser avec le télégramme qui nous appoïrtait la nouvelle de là dissolution. Il est juste d’ailleurs de reconnaître, tout ën regrettant ce fait, qu'il n’a pas en réalité une grande importance. On pouvait penser, et telle était l’opinion du Cabinet de Vienne, que l’assemblée moldo-valaque n'avait plus une autorité suffisante dans les circonstances actuelles; en outre la plupart des Puissances inclinaient, d’après nos informations, à demander que la tâche de se prononcer sur l’union et de nommer l’hospodar fût confiée à une assemblée nouvelle. Les hommes du gouvernement
provisoire n'onb donc eu peut-être d’autre tort que de devancer la décision de la conférence. Ne faut-il pas tenir compte au surplus des difficultés d’une situation révolutionnaire ? et n’avons-nous rien à nous reprocher, nous, plénipotentiaires des Puissances qui sommes réunis depuis trois semaines sans avoir arrêté encore aucune résolution ?
[5] [Une proposition a bien été faite; mais les plénipotentiaires sont sans instructions].
[6] Je ne vois pour mon compte que trois partis à prendre. Ou bien il faut accorder au gouvernement provisoire une pleine et entière liberté d’action, en consentant d'avance à reconnaître ce qui sera décidé par les Principautés elles-mêmes sur leur organisation politique. Nous sommes prêts pour notre part à adhérer à cette ligne de conduite si on veut l’adopter. Ou bien il faut prendre la direction des événemens, et alors il est important de ne pas laisser les questions s'engager; il y a lieu au contraire de s’entendre dans le plus bref délai. Le troisième parti consiste à se réserver de dénouer les difficultés par la force, et ce système aurait des conséquences sur la portée desquelles on ne sauraït se méprendre; car la force, ce serait en apparence la Turquie autorisée à entreprendre une occupation militaire, et en réalité la Russie mise à même de peser de tout son poids sur les arrangemens définitifs. Ce n’est pas, en effet, l'intervention armée de la Porte qui calmera les esprits et fera régner la paix dans les Principautés. Elle y provoquera des désordres et des résistances, et le résultat inévitable de cet état de choses sera de ramener à un moment donné les troupes russes à Iassy et à Bucharest et de les appeler à y jouer un rôle décisif. Je ne puis me persuader que le Cabinet anglais soit disposé à suivre une politique qui conduirait à un pareil but, et dès lors il doit, ce me semble, vouloir avec nous ce qui est nécessaire pour empêcher cette question de prendre une tournure aussi fâcheuse. Que désirons-nous ? Nous n’avons dans les Principautés aucun intérêt particulier, mais seulement la part d'intérêt général qui nous est commune avec les autres Puissances. Nos efforts ont avant tout pour objet de prévenir les [7] difficultés qui pourraient éclater dans ces provinces et les commotions qui ont été plus d’une fois
les suites des crises antérieures. C’est dans cette pensée que nous conseillons une solution de nature à rendre les populations satisfaites et à assurer entre elles et la Porte le maintien de la bonne harmonie qui est une condition de paix pour l’Orient. N'est-ce point là, envisagée dans ses tendances générales, cette même politique que nous avons suivie de concert avec l'Angleterre dans les affaires de la Turquie ? n’est-ce point en ce sens que l'influence des deux Puissances devrait s’exercer encore aujourd’hui? Nous attachons, quant à nous, un très grand prix au concours du Cabinet anglais dans les délibérations actuelles. La langage de Lord Clarendon avec Vous me le fait espérer et je ne puis croire que ses dispositions se soient modifiées. IL eût été préférable assurément que l’assemblée de Bucharest ne fût pas dissoute sans un accord préalable avec la Conférence. Tel est, je le répète, l’avis du gouvernement de l'Empereur. Mais de ce qu’une révolution à fait, pacifiquement d’ailleurs, un acte révolutionnaire, on ne peut pas dire que la situation soit véritablement changée...
(P. L,, IL f 4-7.) 2 avril. — Eper à Mexsporr. N°0 45.
Les démonstrations guerrières paraissent avoir pour but d’influencer les décisions de la conférence.
[Proclamation aux troupes. Revue] Es hat allen Anschein, dass die in Paris befindlichen Moldo-Walachen hieher geschrieben, man müsse einerseits kriegerische Gesinnungen an den Tag legen, andererseits Volksdemonstrazionen zu Gunsten der sogenannten Nazionalwünsche hier einleiten um auf die Beschlüsse der Pariser
Conferenz einzuwirken.
3 avril. — Eper à MEexsporr. N° 46.
Les boyards craignent l’ambition de Bratianu.
Herr I. Bratiano ist gestern Abend aus Paris hier eingetroffen. Seine Ankunft hat die Bojarie in einige Be-
stürzung versetzt. Sie befürchtet, dass Herr Bratiano sich mit Hilfe seiner Gesinnungsgenossen zum Fürsten [403] der Fürstentümer proklamiren kônnte.
3 avril. — DROUYN aux ambassadeurs français. N° 36.
[Les événements gagnent de vitesse les travaux de la conférence. Le mieux ne serait-il pas de laisser faire, quitte à intervenir en cas d'infraction ? Qu’on ne dise pas que la conférence à abouti par là à un échec; elle a accompli les réserves de 1859 et reconnu le bien-fondé de l’union].
(P. L, IL f. 13-16.)
3 avril. — La Tour D’AUVERGNE à DroUYN. N° 65.
[18B] A cette occasion, le Principal Secrétaire d'Etat m'a de nouveau exprimé son regret que la France ait laissé percer ses sympathies en faveur de l'élection du Prince étranger. C’était là, dans son opinion, un encouragement pour les Roumains à fouler aux pieds leurs obligations vis-à-vis des Puissances garantes et à persévérer dans la voie regrettable dans laquelle le Gouvernement provisoire paraissait vouloir s’engager. Il a, d’ailleurs, repoussé l’idée d'abandonner aux Principautés le soin de décider ellesmêmes de leur organisation politique. Il considère, au contraire, comme indispensable que la Conférence fasse sentir son autorité à Bucharest, et que, dans ce but, ses réunions soient plus fréquentes qu’elles ne l’ont été jusqu'ici. La Russie spécule, suivant lui, sur la lenteur des travaux de la Conférence pour assurer le triomphe de sa politique. L'accord, de la France et de l’Angleterre peut seul écarter les dangers qui nous menacent de ce côté, et il continue à souhaiter sincèrement le maintien de cet accord.
(P. L, IL, f. 18A.18D.)
288 L’ABDICATION DU PRINOB CUZA
4 avril. — Movwsrier à DrouyYN DE LHUys. No 32.
…ÆEn apprenant la dissolution de la Chambre Moldovalaque j'ai fait demander à Aali Pacha comment il envisageait cet acte de la Lieutenance princière. Le ministre des Affaires Etrangères semblait disposé à trouver, sur les informations que lui avaient fournies M. Golesco, que le gouvernement provisoire avait sagement agi. Aali Pacha ayant eu connaissance depuis des observations échangées au sein de la conférence à ce sujet, à fait savoir à Safvet Pacha que la Porte pensait, d’une part que l’on devait tenir compte au Gouvernement provisoire des nécessités impérieuses que lui imposait le maintien de l’ordre publie, de l’autre elle croyait qu’il aurait dû s’abstenir de [227] convoquer une nouvelle Assemblée avant de connaître la décision de la conférence en ce moment réunie à Paris.
M. Golesco ayant lu à Aali Pacha une dépêche par laquelle M. Jon Ghika, ministre des Affaires Etrangères, donne pour raison de la détermination du Gouvernement à l’égard des Chambres leurs tendances ouvertement révolutionnaires qui menaçaient l’ordre public et leur décision en ce qui concerne les concessions faites par le Gouvernement précédent aux étrangers : décision qui ne peut que créer des difficultés aux Principautés de la part des Puissances garantes intéressées.
(2. Ci I, f. 226-227.)
6 avril. Drouyx à Mousrier. No 22.
[Drouyn envoie à Moustier copie de la dépêche envoyée par les Puissances à leurs agents au sujet de la dissolution de la Chambre roumaine.]
6 avril. — ProKescx À Mensporr. N° 17 A.
Les dépêches dont Votre Excellence a bien voulu m’honorer en date du 25 et 29 mars me fourniraient au besoin
des données suffisantes pour éclairer la Porte sur les chances qui attendent la question des Principautés dans la Conférence de Paris. Ses informations directes me dispensent de cette tâche. Elle ne se berce pas d'illusions; elle sait que l’Union, malgré le vœu non douteux des Moldaves, sera sanctionnée de nouveau, et que les Puissances voisines, dominées par un intérêt plus pressant, y souscriront comme elles y ont souscrit depuis neuf ans; l’Autriche et la Porte à leur corps défendant et en pleine connaissance du sacrifice que la position de l’Europe leur imposait.
Je n’admets pas comme possible que les Puissances qui veulent l’Union ignorent que ce n’est pas de l’Union pour elle-même dont on se soucie dans les Principautés, mais que cette [222] combinaison, et même le Prince étranger, n’ont de valeur aux yeux du parti qui aux yeux de la France représente les deux pays, que comme marchepied à l’indépendance. Avec le Prince indigène cela ira un peu plus lentement et à travers une nouvelle crise; avec le Prince étranger cela ira plus vite; mais le but sera toujours le même, la création d’un Etat roumain au Bas-Danube. Après le sort que toutes les stipulations internationales au sujet des Principautés ont eu depuis le traité de Paris, on ne pourra trouver mauvais que ni la Porte ni le parti d’action à Bucarest fassent grand cas des garanties dont on entourera probablement les nouvelles concessions.
Veuillez.
(V. C., Ber., I, f. 221-222.)
7 avril. — APPONYI à Mexsporr. N° 25 D.
Je n’ai pu recueillir de la part de Lord Clarendon que des données assez vagues sur la marche de la question des Principautés danubiennes. Cependant, si je peux ajouter foi aux paroles de Sa Seigneurie, il me semble pouvoir constater plutôt une amélioration dans ses dispositions et un peu plus de volonté de résister aux exigences françaises. Il m’a assuré que depuis la chute de Couza il y avait lutte ouverte et corps à corps entre lui et M. Drouyn de Lhuys sur la solution à donner à cette question des Prin-
cipautés qui était venue si inopportunément compliquer là situation européenne. Il avait été jusqu'à menacer le Cabinet français de se séparer entièrement de lui, s’il pérsistait à soutenir l’idée du Prince étranger. Lord Clarendon se flatte que c’est à l'attitude ferme des plénipotentiaires anglais et autrichien qu'est due la [229] dernière communication adressée par la Conférence au Gouvernement provisoire de Bucharest, et qui s'exprime d’une manière assez correcte sur les intentions de la conférence de n6 pas dévier des stipulations des traités. Mais malgré cela Sa Seigneurie ne voit pas d’issue à l'impasse dans laquelle on se trouve placé. L'intervention turque lui semble impussible si l’on ne veut amener des complications encore plus grandes, car il croit que les Principautés finiront toujours par avoir raison de la Conférence, si elles persistent dans leurs exigences, ce qu’elles feront à coup Sûr, se sentant äppuyées par la France et ses acolytes, la Prusse et l'Italie: Lord Clarendon déplore là lenteur des négociations. Voilà près d’un mois que la Conférence est rassemblée ét elle n’a tenu que trois séances, et on n’y à rien fait de décisif! II accuse surtout la Russie de ces lenteurs et lui impute de poursuivre des arrière-pénsées et de ne vouloir [230] semer que la confusion et l’anarchie. Cette Puissance, selon lui, ne veut la séparation que pour pouvoir dominer plus aisement en Moldavie, et c’est ce qui porte, je crois, Lord Clarendon à préférer l’Union, si elle pouvait être obtenue avec un Prince indigène. Il se flatte d’ailleurs qu’on trouvera difficilement un Prince étranger de quelque valeur qui voulût accepter la position de vassal de la Porte et consentît à gouverner cette race corrompue et à demi barbare. 1 considère comme convenu que tout Prince appartenant aux familles souveraiñes des Puissances garantes serait pär cela même exclu de la candidature, et invoqué à cét égard le précédent de ce qui à eu lieu pour la Grèce. Par cela même il ne saurait être question, selon lui, mi du Duc de Leuchtenberg ni du Prince Amédée de Savoie, ni d'un membre dé la famille Murat.
J’ai fait mon possible pour prêcher un peu de courage à mon [231] interlocuteur en lui signalant l’importance du résultat à obtenir et les conséquences qu'il pourrait
entraîner. Je lui ai donhé lecture de plusieurs extraits des pièces que Votre Excellence à bien voulu mettre à ma disposition par ses dépêches n°5 3 et 4 du 29 iars, mais je crains d’avoir obtenu peu dé succès. Ainsi que je l’ai constaté plus d’une fois, ses intentions sont excellentes, mais üne sorte de découragement domine chez le Principal Secrétaire d'Etat; il craint tout : l'occupation turque, les intrigues françaises, l’obstination invincible des Principautés, les arrièré-pensées de la Russie, le dépérissement de l’Empire ottoman, et au milieu de toutes ces appréhen- Sions il ne sait quel parti prendre ét n’ose s’arrêter à une résolution courageuse et énergique.
Agréez..
(V. L,; Ber., I, f. 228-281.)
7 avril. — Reverrera à Mensporr. N6 11 B.
Ba maladie du prince Gortchakov de laquelle il ést heu: reusement rétabli, ne lui à pas fait oublier ses griefs contre les membres de la Conférence de Paris.
Il est d’abord très mécontent du Baron Budberg de n'avoir pas discuté à fond et coulé l’idée du Prince étranger. Les agents français en Moldo-Valachie continuent, d’après lui, à faire propagande pour le maintien de l’Union en promettant aux Roumains le Prince étranger comme prix de leur persévérance. On ne parviendra à séparer les Moldaves des Valaques qu’en leur ôtant tout espoir dans cette direction, et c’est la première chose que la Conférence avait à faire. M. de Budberg a reçu l’ordre d’y revenir pour réparer la faute commise. Ses nouvelles instructions étaient encore en route, lorsque sur la première nouvelle de l'agitation [179] qui se manifestait à Bukarest, la Conférence fut réunie en troisième séance. M. le Vice-chancelier critique vivement cette résolution prématurée. Au lieu d’une abdication du Gouvernement provisoire qu’on craignait, c’est la dissolution de l’Assemblée législative qui à eu lieu, et la Conférence a donné le triste spectacle d’une hâte fébrile qui ne relève pas sa dignité. L'Europe constituée en aréopage, dit le Prince, se donne l’air de suivre
l'impulsion d’un petit Etat de troisième ordre. Comment parviendra-t-elle de cette façon, à exercer une autorité dont elle se montre si peu assurée elle-même!.. (f. 178-179).
[Goréakov est si agri qu’il le dit même à l’ambassadeur de France, ce qui est une faute élémentaire; parlant trop, il laisse voir à la France ce que justement il devrait lui cacher. Il est d’ailleurs « inépuisable » sur la Moldo-Valachie (f. 179-181). L’union des Puissances contre la France redonnerait du courage à la Porte, et c’est l’Autriche surtout qui devrait montrer le chemin. Elle y est plus intéressée que la Russie, qui ne combat que pour l’honneur de son drapeau (f. 181-182)]. Qu'il y aït un ou deux Princes en Moldo-Valachie, qu’il y aït la République ou autre chose, la Russie y est préparée, et n’aura rien à craindre. Les Principautés sont l’œuvre de la Russie, qui les à faites par ses batailles et par ses traités avec la Turquie. Elle les avait dotées d'institutions meilleures que celles qu’on y a substituées par [183] la suite. Et si le protectorat collectif de l’Europe n’était venu s’y mettre à la place de celui de la Russie, la tranquillité y règnerait encore et l’Europe aurait un embarras de moins sur les bras.
C’est une leçon d'histoire qui trouvera peu de disciples
au-delà des frontières russes.
(V. Pét., Ber., f. 178-183.)
9 avril. — BALACEANU à DROUYN.
[Communication d’une dépêche des Affaires Etrangères expliquant la dissolution de la Chambre. L’un des motifs est sa « haine inintelligente contre tout ce qui est étranger » (1).]
9 avril. — METTERNICH à Mexsporr. N° 15 C.
En face de l’irritation excessive produite ici par la résistance du baron de Budberg et de sa défense très énergique (1) Tillos avait éventé le piège en signalant que le gouvernement manœu-
se 2. manière à rejeter la dissolution sur le dos de la France (cf. doc, n°
du principe de la séparation des Principautés danubiennes, Lord Cowley s’est rencontré avec moi dans l’idée de ne pas prolonger indéfiniment des séances sans résultats, régulièrement devancées d’ailleurs par les événements et des décrets du Gouvernement provisoire à Bucharest, qui ne semble pas vouloir tenir compte de nos résolutions. Lord Cowley en référa à son Gouvernement et lui donna l’idée de proroger la conférence, tout en posant certaines limites infranchissables. Comme le baron Budberg s’y rallia, abandonnant ainsi la campagne qu’il avait entreprise contre l’union, campagne qui [258] n’aurait abouti qu’à engager la France à appuyer la question du Prince étranger, M. Drouyn de Lhuys se rangea aussi de notre côté et nous pûmes poser aussi correctement que possible les conditions
de notre attitude passive.
(V. P., Ber., L f. 255 et 258.)
9 avril. — Trzros à Drouyn. N° 21.
Une dépêche télégraphique de Paris en date du 5 avril, transmise ici à la rédaction du Moniteur, porte : « A la suite de la dissolution de la Chambre à Bukarest, les signataires du traité de Paris publieront une déclaration solennelle remettant toute la responsabilité pour l’avenir au gouvernement provisoire et aux populations des Principautés, leur rappelant les traités qui garantissent l’intégrité de l'Empire ottoman. La conférence s’est ajournée pour attendre les événemens ultérieurs. »
L’Agent d'Autriche a reçu du comte de Mensdorf une dépêche qui semble confirmer cette nouvelle. Enfin une dépêche de Vienne du 6 dit qu’un général russe à apporté une lettre autographe de l'Empereur Alexandre à l’Empereur d'Autriche et qu’il en à déjà remis une au roi de Prusse.
Sans m’arrêter à cette dernière dépêche qui peut aussi bien avoir [275] trait à l’affaire des Duchés qu’à celle des Principautés, j’appellerai l’attention de Votre Excellence sur les conséquences que peuvent avoir un ajournement de la Conférence et une déclaration remettant au Gou-
vernement provisoire et aux populations la responsabilité pour l’avenir.
Je n’ai pas à revenir sur ce que j ’ai dit au sujet de l’inutilité de consulter de nouveau les populations et sur le piège caché sous cet expédient qui tend à combattre la politique de la France, tout en ayant l’apparence de faire une concession aux principes qui la guident; c’est une manière d'exploiter un état de troubles passager et un esprit de séparation dû momentanément à l’inhabileté avec laquelle l’Union a été pratiquée, mais qui n’est plus dans le vœu des gens sensés, ni dans celui des populations si elles étaient consultées en dehors de ce moment de crise. Enfin les Puissancés, en donnant le statut de 1864 à Constantinople n’ont-elles pas donné des institutions toutes en prévision du maintien de l’Unité et qu’il serait aujourd’hui presque impossible de désorganiser ?.…
[276] ….On attend de Paris M. Bratiano, son chef, et on lui prépare des ovations populaires, les esprits modérés s’en alarment et les séparatistes exploitent ces alarmes; on dit aux Moldaves que tout sera absorbé par le radicalisme valaque, que les Assemblées chargées de la nomination d’un Prince, dans le cas où l’idée d’un Prince étranger serait écartée, devront voter sous la pression populaire et que M. Bratiano l’emportera. Les Moldaves qui jusqu'ici n’ont point chez eux de parti radical, s’effraient beaucoup d’une pareille éventualité et pour la conjurer, ne viendront pas à Bucharest, mais tiendront à se [277] constituer en assemblée séparée.
Il n’est pas douteux que le Gouvernement provisoire fasse tous ses efforts pour maintenir l’Union, mais pour cela il devra maintenir le principe du Prince étranger.
Je disais tout à l'heure que son existence était sans cesse menacée. Cela se comprend facilement ; nombre de gens sont mécontens; les officiers, honteux du rôle que quelques-uns d’entre eux ont joué, sont animés d’un esprit de réaction. Les derniers Ministres du Prince Couza, menacés d’être mis en jugement, ont quitté le pays ou conspirent; le Général Floresco voudrait, m’assure-t-on, se mettre à la tête d’un mouvement qui renverserait le gouvernement provisoire, y substituant une administration dirigée par lui et qui, sans
vouloir rétablir le Prince Couza, déclarerait qu’elle attend avec confiance une décision des Puissances, se bornant à maintenir l’ordre et la tranquillité.
Je crois le Général Floresco trop dépourvu d'énergie pour donner suite à ce projet, mais le Gouvernement provisoire est sans cesse en alerte, les troupes consignées et, pour aggraver encore la situation, l'argent lui manque; ce qui ne l’empêche pas de faire des fanfaronnades. Il y a quelques jours, le Ministre de la Guerre donnait un état des forces dont pouvait disposer [278] le pays; il comptait quarante mille hommes de troupes régulières, de gardes frontières et de dorobants, cent vingt pièces de canon et les réserves des districts, composées d'anciens soldats et propres à faire la guerre de partisans si les Turcs voulaient entrer dans le pays et imposer une autre solution que celle du Prince étranger.
Pour qui connaît le véritable état des choses, ce dénombrement est puéril, mais il y a une grande agitation et une grande inquiétude. M. Haralambie, un des membres de la Lieutenance, tient les discours les plus belliqueux et paraît décidé à faire une démonstration quelconque. En somme,
je ne vois pas d'autre moyen de maintenir l’ordre que d'admettre le principe du Prince étranger, mais la Turquie y consentira-t-elle et trouvera-t-on un Prince qui consente à être son vassal ? On avoue franchement ici que, sous le principe du Prince étranger, se cache l’idée d'indépendance sinon immédiate, du moins prochaine et, il faut bien le reconnaître, cette indépendance existe de fait, sauf le tribut que beaucoup de gens ici proposeraient de capitaliser.
Le danger le plus imminent est celui du radicalisme qui est fortement organisé, tandis que ses auxiliaires d’hier et ses [279] adversaires d’aujourd’hui sont très divisés. La partie saine du Gouvernement provisoire aura-t-elle le dessus ? C’est. douteux, si le sort des Principautés est remis en ce moment aux populations. L'influence russe tend à dominer en Moldavie par l’idée de séparatisme et ici elle pousse aux aventures en affectant de les considérer comme inévitables.
296 L’ABDICATION DU PRINCE OUZA 10 avril. — EDper à MEexsporr. N° 51.
Malgré les déclarations du Gouvernement provisoire, Eder croit que le Prince Etranger conduira à l’indépendance. Golescu et L. Catargi lui ont dit que le choix du Prince importait peu, pourvu que ce ne fût point le duc de Leuchtenberg, mais qu'aucun indigène n’était capable d’assumer la tâche dévolue au pouvoir suprême.
Gestern besuchten mich zwei Mitglieder der provisorischen Regierung; nämlich General N. Golesco und Herr L. Katartschi. Sie äusserten, es wäre nicht zu zweifeln, dass die neue Versammlung den Wunsch wegen eines fremden Fürsten und der Fortdauer der Union wiederholen werde. Zugleich beteuerten sie, dass Niemand im Sinne habe, auf Lôsung des bestehenden Verhältnisses der Abhängigkeit zur Pforte hinzuwirken. Wenn auch diese Beteuerungen für die unmittelbar bevorstehende Zukunft aufrichtig gemeint sein sollten, liegt es nach meinem unmassgebenden Dafürhalten in der Natur der Dinge, dass nach Erlangung eines fremden Fürsten das nächste [4321 zu erstrebende Ziel die Unabhängigkeit von der Pforte sein wird. Welchen fremden Fürsten die Mächte — im Falle der Gewährung der Wünsche des Landes — den Fürstentümern zugestehen würden, wäre, meinten diese Herrn weiter, ganz gleichgültig, wenn es nur nicht der Herzog von Leuchtenberg wäre, weil man in einem russischen Fürsten ein Werkzeug erblicken würde, welches die Bestimmung hätte die Fürstentümer zur Absorpzion von Russland vorzubereiten. Dass man hier einen fremden Fürsten wünscht, habe nicht in Unabhängigkeitsrichtungen sondern in dem Umstande seinen Grund, weil in den Fürstentümern keine Persônlichkeit vorhanden, welche die erfôrderliche Autorität besitzen würde, um die hôchste Stellung im Lande einzunehmen, und sie mit Aussicht [433] auf Dour festzuhalten…
(V. B., Ber., I, f. 431-433.)
10 avril. — TALLEYRAND à Drouyxn. N° 32.
[Goréakov réserve son jugement] En thèse générale, m'a-t-il dit, je suis d'accord avec vous, sur bien des points,
et serais prêt, sous les réserves que j'ai faites, à signer les conclusions de M. le Ministre des Affaires Etrangères. Ainsi, je suis pour la consultation des vœux des populations; mais la consultation loyale et libre de toute pression extérieure et intérieure. Je suis pour qu’on laisse autant que possible aux Moldo-Valaques la responsabilité de leurs destinées; je suis pour le développement de leur autonomie, dans les limites tracées par les conventions et jadmets qu'ils peuvent, avec le concours des pouvoirs établis, modifier sans intervention leur loi d'administration intérieure; mais je ne puis, en aucun cas, consentir à ce que les Puissances se soumettent aux faits [241] illégaux qu’il plaira au Gouvernement provisoire de leur présenter comme accomplis et irrémissibles. Je partage, en cela encore, l'opinion de M. Drouyn de Lhuys : ce serait une situation qui porterait gravement atteinte à l’autorité morale et à la dignité même de la Conférence. Voilà pourquoi je désire que la lumière se fasse et que l’on renonce à une phraséologie vague et élastique. Il faut des déclarations catégoriques et de nature à détruire d’irréalisables illusions qui entraîneraïent les Principautés et à leur suite les Puissances dans de sérieux embarras. Ainsi la Porte vient de m'informer officiellement que son Ambassadeur à Paris avait reçu l’ordre de protester et de se retirer de la Conférence si la question du Prince étranger n'était pas résolument écartée. Je trouve en effet qu’il n’est que temps de lui donner satisfaction à cet égard, ete., ete. ».….
(P. Pét., IT, f. 239-241.)
11 avril — Movwustier à DrRoOUYN. N° 36.
J'ai reçu la dépêche que vous m'avez fait l’honneur de m'adresser sous le n° 21.
Aali Pacha de son côté avait reçu de Safvet Pacha un long rapport sur la conversation qu'il avait eue avec Votre Excellence. Aali Pacha en était assez ému, y voyant un parti-pris du gouvernement français de se rallier à la combinaison du Prince étranger. Il disait que les Puis-
sances étaient libres d'imposer à la Porte cette combinaison, mais que celle-ci ne pouvait participer à un tel arrangement et devrait se retirer de la conférence dès qu’il en serait question.
J’ai répondu que jusqu'iei le gouvernement français ne s'était prononcé qu’en faveur du maintien de l’union et que les autres questions étaient, au moins quant à présent, réservées; que cela n’empêcherait pas le Ministre des Affaires Etrangères de l'Empereur de faire ressortir, dans ses conversations particulières avec l'Ambassadeur de Turquie, le danger pour cette Puissance de se heurter contre le vœu unanime de la population roumaine et de repousser a priori une combinaison qui seule pouvait offrir quelque chance de durée. — Il importait, ce semble, à la Porte, plus qu’à qui que ce soit, qu’un état de [239] choses solide s'établit dans les provinces danubiennes; elle y trouverait pour ses frontières du nord la sécurité que les puissances, et la France en particulier, avaient toujours désiré lui assurer.
Aali Pacha qui autrefois semblait s'être pénétré de la justesse de ce point de vue mais qui depuis un an a peu à peu changé de langage, m’a répété les objections qu’il m'avait déjà faites relativement à l’union. Il croit que la fondation d’un petit état au nord de la Turquie est un danger et un embarras sans compensation. Il à été jusqu’à dire qu'il préférerait voir son pays limitrophe, sur toute la ligne, des grands états voisins avec lesquels on entretiendrait des rapports moins difficiles et moins compliqués. à
Je dois observer que tout cela a été dit dans une conversation sans aucun caractère officiel et témoigne plutôt des dispositions d’esprit du Ministre des Affaires Etrangères que de ses intentions véritables. Je le crois toujours disposé à se résigner à l’union si on le délivre du cauchemar du Prince étranger.
Veuillez, etc.
Cette dépêche a été en partie publiée dans les Archives diplomatiques, 1867, I, p. 249.
11 avril. — Prokeson à Mensporr. N° 18 A.
…Aali Pacha est persuadé — et il faut dire que personne ici ne pense autrement -— que la nouvelle assemblée moldovalaque, vu son origine, votera le Prince étranger. Il s’attend que les Puissances accepteront ce vote, les unes avec plaisir, les autres avec résignation.
Je préférerais, me dit Aali Pacha, qu’on donne ces provinces à l’Autriche. Cette exclamation, très naturelle dans sa bouche, ne révèle cependant qu’une pensée personnelle. La Porte est sous le poids d’un étourdissement complet. Malgré l’expérience de dix ans, elle n’est pas encore parvenue à se débarrasser de l'illusion qu'il faut à la politique une base de droit, et de la [226] logique dans l'exécution. Elle se dit : « La semaine dernière l’on nous a proposé cinq points —— nous y avons répondu — ces cinq points contenaïent encore une ombre de garantie; aujour-
d’hui l’on nous annonce qu’on s’est ajourné jusqu’à ce que l'assemblée de Bucarest qui n’est pas encore réunie et ne sera que l'instrument de quelques intrigants, aura émis son vote sur les vœux des populations moldaves et valaques. La conférence abdique donc son mandat dans les mains du triumvirat actuel, composé d’hommes qui ne représentent rien dans le pays et sont bien plus intimement connus aux centres conspirateurs à Paris et à Londres qu'aux populations moldaves et valaques. Il est vrai, on leur recommande le respect pour les transactions internationales qu’on viole en même temps. On leur parle du désir pour le repos et la prospérité des Principautés, mais on livre ces provinces à l'exploitation de quelques faiseurs en politique agressive ». L'impression des nouvelles de l'Allemagne se mêle à ces accents lugubres. Aux populations des Duchés de l’Elbe l’on a refusé le vote qui, à lui seul, aurait rendu la convoitise insolente de la Prusse stérile; mais on porte de deux mains le privilège extraordinaire du vote à d’autres [227] populations dix fois plus barbares et cette fois-ci ce principe, appelé subversif lorsqu'il pouvait produire du bien, est proclamé conservateur et constituant quoiqu'il produira un provisoire de
désordre et fera aboutir à la création d’un Etat de contagion permanente pour l’Autriche autant que pour la Tur-
quie… (V. ©. Ber., L £. 225-227.)
11 avril. — Circulaire de Ion Ghica à ses agents (extrait).
…Cet ordre n’a pas été troublé jusqu’à présent, malgré les efforts actifs d’un Consulat que je n’ai pas besoin de
nommer...
13 avril. — MENSDORF à APPONYI.
Vous trouverez sous ce pli copie d’un rapport de M. le Prince de Metternich (1) qui nous finforme des motifs qui l’ont porté, ainsi que son collèsue d’Angleterre, à désirer l'interruption momentanée des séances de la conférence de Paris. Nous ne disconvenons pas qu’il pouvait y avoir des inconvénients sérieux à laisser se prolonger des discussions qui, sans offrir la chance d’arriver à une entente prompte et unanime entre les Puissances, tendaient à envenimer la situation et à jeter particulièrement le Gouvernement français dans une voie dont nous tenions à le détourner. D’un autre côté, nous ne pouvons constater qu'avec un profond regret la preuve évidente donnée ainsi par les Cabinets de leur impuissance devant des événements qu'ils étaient appelés à contrôler et à régler. Cette attitude de l’Europe ne peut qu’encourager les partis en Moldo-Valachie à ne tenir aucun compte des représentations officielles. Ils concevront l'espoir fondé d’être entièrement libres d’agir à leur gré et de pouvoir imposer à la Porte, ainsi qu’à toute l’Europe, leur volonté, quelle qu’elle soit, pourvu qu'elle se traduise en faits accomplis.
Les rapports ci-joints en copie qui nous parviennent de Tassy et de Bucharest vous donneront d’amples renseignements sur la situation des Principautés. Vous y verrez
(1) Paris, 9 avril n° 16 C, cf. doc. n° 188.
aussi que les éléments de résistance dont on fait tant de bruit ont fort peu de consistance réelle et auraient été incapables de présenter un empêchement sérieux à l’accomplissement des volontés de l’Europe. Il est à craindre que l’agitation ne fasse encore de progrès plus rapides après cette espèce d’abdication de la Conférence et ne produise ainsi des désordres au moins aussi graves que ceux qu'on à voulu éviter en laissant le champ libre à l’action du Gouvernement provisoire et à la manifestation des vœux populaires.
(V. L., Exp. L f. 107.)
13 avril. — DROUYN à AVRIL.
[I serait aussi regrettable de voir les Roumains en lutte avec l’Europe sur la question du Prince étranger qu’exposés à compromettre l’union avec un Prince indigène (283-284). Pourquoi les Puissances ne prendraient-elles pas un moyen terme et ne feraient-elles pas « l’essai d’un hospodarat à temps, en consacrant de nouveau l’union par leurs votes et. en réservant expressément leur opinion sur le Prince étranger »? Ce temps pourrait être de 4 ou 5 ans.]