PES
12 mai. — EDpEr à MENSDORFr.
Attitude ambiguë du baron d'Avril.
…Was Baron d'Avril betrifft, ist der franzôsische Consul an eine Walachin verheiratet, deren Familie keine Aussicht hat hier zur Fürstenwürde erhoben zu werden, die demnach einen fremden einem einheimischen Fürsten vorzieht. Abgesehen davon, scheint er nicht sicher zu sein, ob wirklich die Wahl des Prinzen von Hohenzollern dem Kaiser Napoleon nicht genehm wäre. Die Unsicherheit in seinen Auffassungen kommt auch in seiner Haltung zum Vorschein. Der Sohn des Fürsten Bibesco soll ihm übrigens kategorische Aufträge von Herrn Drouyn de Lhuys im Sinne des Conferenzbeschlusses überbracht haben.
(V. L, Exp, L f. 179.)
13 mai. — Dépêche d’AaLr à SAFVET. A lire à la conférence.
« La Sublime Porte est toujours pour un prince indigène à vie, si l’union est demandée par l’assemblée, suivant la dernière décision de la Conférence. Comme conséquence naturelle de ce point de vue, nous sommes pour deux hospodars également indigènes dans le cas où la séparation serait votée. Le Gouvernement impérial ottoman ne ferait cependant aucune objection à ce que l’assemblée ait la faculté de désigner un indigène, sous le titre de Gouverneur ou d’Hospodar pour trois, quatre, six ou sept ans, si l’élection d’un hospodar à vie rencontre pour le moment des difficultés invincibles. »
[Un télégramme chiffré ajoute que le vote en faveur d’un Prince étranger est entaché de plus d’une illégalité et ne saurait modifier la ligne de conduite de la Porte (£. 349 v.- 350 r.)]
13 mai. — Télégramme. EDer à MENSDORF.
Election du Prince Charles par l’assemblée.
Die Versammlung hat heute den Prinzen von Hohenzollern gewählt. Die Majorität der Moldauer Deputirten ist
nicht nach Bukarest gekommen.
(V. B., Ber., L f. 662.)
15 mai. — Télégramme. Enr à MENsDoRr.
Agissements du Gouvernement provisoire. Si la Porte cède, autant décréter immédiatement l’indépendance des Principautés.
Während die Regierung schon am 10. das Schreiben der Pforte vom 7. erhalten, hat sie es erst heute, nach der Wahl von vorgestern, der Versammlung vorgelegt, Man bemüht sich durch Vorspiegelungen beim franzôsischen Consulate Frankreich zu bestimmen, dass es die gefürchtete Ocupation verhindere. Gïibt die Pforte nach, so wäre es besser, sie erklärte, um sich weitere Demütigungen zu ersparen, gleich heute die Unabhängigkeit der Fürstentümer.
(V. B., Ber., I, f. 680.)
15 mai. — Télégramme. Mexsporr à METTERNICE.
Le comte Apponyi nous mande que Lord Clarendon nie toute initiative pour Conférence ou Congrès et l'efficacité dans le moment actuel. Fürst Gortchacov scheint für Kongressidee eher eingenommen, behauptet aber dass wenn wir uns energisch weigern, Venetien abzutreten, Russland uns unterstützen wird.
L’indiscrétion du journal La France relativement à la Silésie nous paraît être une véritable perfidie si elle à sa source au Ministère des Affaires Etrangères. Il nous paraît difficile de dissimuler entièrement à M. Drouyn de Lhuys que l’attitude du Gouvernement français dans ce moment est de nature à nous inspirer peu de confiance dans la loyauté de sa politique.
On nous télégraphie de Bucharest que la majorité des députés moldaves ne s’est pas rendue à Bucharest. C’est un motif de plus pour annuler l'élection du Prince de Hohenzollern. La France pourrait dans cette affaire nous donner un témoignage de ses intentions.
(V. P., Exp. I, f. 449.)
15 mai. — Prokescx à Mensporr. N° 27 A.
Une lettre de Mme Cornu à Aali Pacha dépeint le Prince de Hohenzollern comme un favori de l’empereur Napoléon IIT, comme un grand ami de la France et de la Porte. Mais Aali Pacha doute qu’un instrument de la France « soit nécessairement agréable au Sultan ».
…Gestern Morgen sprach mir Aali Pacha von einem Schreiben, dass eine Madame Cornu, eine politische Frau aus dem kaiserlichen Palais in Paris, deren sich der Kaiser auch manchmal als Werkzeug bediene, an ihn gerichtet, worin sie den Prinzen von Hohenzollern als einen Liebling des Kaisers schildert, als einen jungen Mann von ganz franzôsischer Gesinnung, der sich vor einiger Zeit habe als Franzose naturalisiren wollen, was aber der Kônig von Preussen nicht zugegeben. Sie empfahl ihn als einen Freund [326] der Pforte, der sich eine Ehre daraus machen würde, Vassall des Sultans zu sein. Aali Pacha scherzte über die Zuversicht der Dame, dass ein franzôsisches Werkzeug der Pforte notwendig angenehm sein müsse.
(V. C., Ber., L, f. 325-326.)
16 mai. — REvERTERA à Mexsporr. N° 19 B.
[Goréakov ne cache pas que l’échange de la Vénétie contre les Principautés serait un cas de guerre]. (V. Pét., Ber..I, f. 337.)
16 mai. — Mousrier à Drouyn. N° 55.
[Attitude assez calme d’Aali devant les événements.] (P. C. I, f. 351-352.) Lettre reproduite dans les Archives diplomatiques, 1867, I, p. 256.)
16 mai. — Télégramme. Avriz à DROUYN.
M. Ion Ghika m’annonce que le Prince Charles a débarqué aujourd’hui à Tourno Severin sur le territoire roumain.
(2. B. Il, f. 70.)
16 mai. Télégramme. MeTTernioH à MEnsporr. N°0 77.
La réunion du congrès rencontrera des difficultés. A la conférence, . Metternich et la Porte protesteront contre les événements de Bucharest,
Les Ambassadeurs d'Angleterre et de Russie ont pris ad referendum les poïhts sur lesquels on est tombé d’accord. Der Minister des Æussern sagte mir das Zustandekommen des Congresses würde mit vielen Schwierigkeiten zu kämpfen haben.
Morgen Conferenz auf Einladung der Pforte. Ich werde mich natürlich dem Proteste gegen die Vorgänge in Bukarest anschliessen. M. Drouyn de Lhuys dit qu’il se joint à l’annulation du vote. |
(V. P. Ber.,, I, f. 511.)
16 mai. — MerTernicH à MeExsporr. N°0 25 G.
Je sortirai peut-être demain un peu de cette réserve, en face de la comédie de Bucharest. Les quelques mots que M. Drouyn de Lhuys m’a dit, ce matin, me font cependant présumer qu’il n’objectera pas à l’invalidation du vote.
Le Ministre m’a certifié que le prince de Hohenzollern avait refusé. Je ne le croirai que lorsque ce fait sera constaté par le Moniteur, ce que je lui ai dit.
(V. P. Ber., L f. 572.)
17 mai. — MerTernion à Mexsporr. N° 26 E.
La question est posée ainsi :
Il paraît que le Prince Hohenzollern accepte, sauf assentiment de la Porte et des Puissances garantes. La Porte et ces dernières le repoussent.
Il faudrait tâcher maintenant de donner du courage à Constantinople et de leur faire transmettre un ultimatum à Bucharest, approuvé par la conférence. C’est un peu notre pensée à tous, quoique personne n'ose l’exprimer. Il faudrait vraiment quelqu'un d’autre ici que ce brave Savfed Pacha, qui ne comprend rien et qui ne sait pas même s’avancer lorsqu'on lui souffle ses propos.
[603] C’est la conférence qui a eu la bonne volonté de trouver au milieu des paroles incohérentes du Plénipotentiaire ottoman une protestation contre le vote, de laquelle nous nous sommes hâtés de prendre acte, en y adhérant.
Que l’on désigne Mussurus pour le seconder, car la Puissance suzeraine ne prenant aucune espèce d'initiative, nous ne pouvons à la longue faire nous-mêmes les questions
et les réponses.
(V. P., Ber., I, f. 602-608.)
17 mai. — MENSDORF à METTERNICH.
M. l'Ambassadeur de France a été chargé d’appeler confidentiellement mon attention sur la conduite de notre Consul à Iassy. D’après les informations parvenues au Gouvernement français, M. Haas aurait assisté à la réunion séparatiste tenue à l’hôtel Rosnovano dans la soirée du 10 avril et il aurait pris en général une attitude prononcée dans le sens de la séparation, ce qui causait un désaccord regrettable entre la manière d’être à Iassy des agents autrichien et français (1).
J’ai eu plusieurs fois occasion dans ces derniers temps de communiquer à Votre Altesse des rapports de M. Haas et bien qu'il ait souvent eu à constater dans sa correspondance les tendances séparatistes qui se font jour en Moldavie, rien ne peut nous faire croire qu’il se soit départi de son rôle d’observateur et qu’il ait pris une part active dans les récentes agitations.
(1) Ce sont les propres termes d’une note remise par Gramont et annexée à cette lettre.
Nous savons, au contraire, que dès les premiers indices alarmans, M. Haas s’est efforcé conjointement avec ses collègues et notamment avec le Consul d’Angleterre, de représenter tant aux boyards les plus influents qu'aux membres du gouvernement la nécessité de prendre les mesures nécessaires afin de prévenir les troubles et de rétablir la tranquillité. Nous devons, en même [460] temps, remarquer qu’à la suite de l’émeute qui à ensanglanté les rues de Iassy, tous les Consuls se sont concertés pour adresser un télégramme identique à leurs Gouvernements, à l’exception du seul consul de France qui n’a pas cru devoir se joindre à ses collègues.
D'après ce qui précède, le Gouvernement impérial pense que la conduite de M. Haas ne mérite aucun reproche et que les informations recueillies par le Gouvernement français doivent reposer sur une appréciation erronée. S'il n'existe pas toujours entre les agens d’Autriche et de France une entente aussi parfaite que nous le désirerions, nous ne saurions en imputer la faute aux nôtres qui nous semblent suivre exactement leurs instructions dont le sens ne diffère point des vues que nous communiquons à Votre Altesse.
Les rapports que nous recevons de Bucharest et dont les copies se trouvent annexées à ma dépêche suivante, nous paraissent indiquer aussi une regrettable divergence entre la conduite de M. le Baron d’Eder et celle de M. le Baron d'Avril. J’appelle sur ce point l’attention de Votre Altesse, et je ne puis m'empêcher d’éprouver quelque surprise en apprenant que l’Agent français est loin de décourager les manœuvres du parti qui veut faire triompher la candidature du Prince de Hohenzollern, malgré la décision formelle et unanime de la Conférence. En continuant à parler des sympathies de la France pour le choix d’un Prince étranger, M. d’Avril approuve à Bucharest ce que M. Drouyn de Lhuys condamne à Paris et ces contradictions ne sont pas de nature à nous inspirer de la confiance.
Recevez.
(V. P., Exp, I, £. 457 et 460.)
17 mai. — MENSDOoRr à METTERNIOH.
[Transmet un rapport d’'Eder, insiste sur la politique roumaine du fait accompli et dit à Metternich de faire remarquer que si les Principautés continuent à se jouer des Puissances qui ont garanti les actes internationaux, il y a lieu d'examiner s’il convient de laisser les Principautés jouir plus longtemps de ces mêmes actes.]
(V. P. Exp, I, f. 461 et 467.)
17 mai. Télégramme. Avriz à DROUYN.
Les Tures se concentrent à Roustchouk et à Toultcha.
J’ai reçu votre télégramme du 16. J’ai vivement conseillé au gouvernement provisoire d'éviter toute manifestation provocante. De peur d’être surpris il prépare secrètement une concentration.
Une lettre de Fuad Pacha arrivée ici, le lendemain du vote, dit que l'élection d’un Prince étranger anéantirait les traités et la garantie européenne. Cette déclaration me paraît nécessiter que la Porte s'explique sur Particle 27
du traité de Paris.
(P. B. IL f. 75)
18 mai. — Drouyn à Ion GHica.
[La conférence ne peut reconnaître l'élection du prince
Charles.
(PB rIL'É 8)
18 mai. — Drouyx à Mousrier. N° 33.
[Compte rendu de la 8° séance de la conférence.] (P. C., I £ 255-356.) Lettre publiée dans les Archives diplomatiques, 1867, I, pp. 255 sq-
382 L'ABDIOATION DU PRINCE CUZA
19 mai. — Télégramme. MovsrTier à DrouyN.
Les troupes turques sont prêtes; mais Aali Pacha proteste qu’il n’a pas l’idée d’en faire usage en dehors de ce que décidera la Conférence. Seulement il semble compter que l’enchaînement logique des choses amènera les Puissances à permettre l’occupation. La Russie paraît la pousser dans
cette voie.
19 mai. — Avriz à Drouyn. N° 21.
…J’ai revu ce matin le Prince Ion Ghika et je lui aï dit ce que Votre Excellence m'’écrit au sujet des Princes de Hohenzollern. Du reste, on s’attend ici, sinon à un refus formel, du moins à une réponse équivalente. On sait aussi que, tout en maïntenant son opinion en faveur du Prince étranger, le gouvernement de l'Empereur ne peut imposer sa manière de voir aux autres Puissances. Depuis mon arrivée, je n’ai eu qu'à confirmer sur ce point de vue les informations transmises fidèlement par les agens moldovalaques conformément au langage que Votre Excellence leur a toujours tenu. On commence aussi à revenir de l'espoir qu’on a eu de voir arriver inopinément le Prince Charles. |
D'un autre côté les Roumains reconnaissent qu’ils ne sont pas en état [83] d’opposer à une invasion ottomane des forces suffisantes. Si l’on parle d’une résistance armée, ce n’est pas dans l’espoir d’un succès, mais seulement avec l’idée de constater le cas de force majeure.
Les circonstances que vous connaissez n’ont pas permis aux agens étrangers d'empêcher les Roumains de faire tout ce qu’ils voulaient et tout ce qu’ils pouvaient. Je crois qu’on ne doit pas le regretter; car c’est dans le plein exercice de leur libre action et sans pouvoir se plaindre qu'aucun obstacle ait été apporté ni à la manifestation de leurs vœux, ni à leurs mesures de précaution que les Roumains arrivent eux-mêmes à constater tristement, mais nettement leur
impuissance diplomatique comme leur impuissance militaire.
Il faut assurément prévoir de grandes difficultés pour le choix d’un hospodar indigène; mais l’on n’en est pas moins entré dans la phase de la résignation forcée, et l’on cherchera demain à tirer le meilleur parti de la situation. Si la Turquie procède sans emportement et en suivant les stipulations internationales, on peut prévoir que la situation va se détendre.
J’ai parlé tout à l’heure de résistance armée. J’appuie fortement de mes conseils les gens raisonnables; je dis [84] que le cas de force majeure peut être constaté sans qu’on se batte et qu’une occupation turque compromettrait l'Union.
Votre Excellence jugera peut-être utile de préparer les choses de manière à ce que l’Assemblée puisse faire une retraite honorable, à ce qu’on n’impose pas un hospodar indigène avant que les députés aient été mis en demeure d’en élire un eux-mêmes, enfin à ce que les Turcs ne cherchent pas à entrer si l’on se soumet à la décision de la Conférence. Il me paraît, du reste, que, dans ce cas, une occupation serait en contradiction avec les stipulations internationales.
Dans ces circonstances, je prie Votre Excellence de me dire jusqu’à quel point, au nom de la Conférence ou au nôtre, je puis promettre, si l’on se soumet à temps, que l'Union sera confirmée définitivement par les Plénipotentiaires et que les Turcs ne chercheront pas à entrer sur le territoire moldo-valaque.…
(P. B, IL f. 82-85.)
20 mai. — Télégramme. Ion Grrca à BALACEANT.
Charles Ie est débarqué à Turno-Severin aujourd’hui. Il sera mardi à Bucarest. Il à écrit au Sultan. M. Golesco est prévenu de la lettre de Son Altesse.
384 L'ABDICATION DU PRINCE CUZA 91 mai. — Drouyx à LA TOUR D’AUVERGNE et à GRAMONT. N° 60.
Une dépêche télégraphique de Bucharest qui porte la date du 16 mai et que j'ai reçue seulement hier au soir m’annonce que le Prince de Hohenzollern a débarqué à Torno-Severino, petit port du Danube situé sur le territoire roumain non loin de la frontière de l’Autriche. D'un autre côté, d’après des journaux allemands, le jeune prince, lieutenant dans l’armée prussienne, aurait obtenu du Roi Guillaume un congé illimité. Vous savez quel à été jusqu'ici le langage de M. de Bismarck au sujet de la candidature mise en dernier lieu en avant dans les principautés. Le Cabinet de Berlin s’est toujours défendu d’y voir une affaire regardant la Prusse et engageant sa politique à un degré quelconque. M. le Comte de Goltz s’est constamment exprimé dans le même sens au sein de la Conférence et, s’il ne s’est pas élevé avec la même vivacité que plusieurs autres plénipotentiaires contre le système du Prince étranger, il s’est cependant associé complètement à la déclaration qui a été adoptée. Ce n’est donc pas sans surprise que j'apprends l’arrivée du Prince de Hohenzollern en Valachie. D’autre part Son Altesse est membre de la famille royale et occupe un grade dans l’armée. Je ne m'explique pas que le Prince aït pu, surtout dans les circonstances présentes, s’éloigner de la Prusse sans l’autorisation formelle du Roï; et si en effet elle a été accordée, nous devrions croire que la Cour de Berlin serait aujourd’hui disposée à favoriser les vues des Moldo-Valaques. Dans l’état des choses, cette politique aurait une portée particulière et je dois me demander si en présence des protestations réitérées de la Russie contre toute idée d’un Prince étranger, le Cabinet de Berlin se serait prêté à cette démarche du Prince de Hohenzollern sans s’être assuré de la tolérance ou du concours du Cabinet de Pétersbourg. Je vous prie d'entretenir M... de cet incident et je vous serais obligé de vouloir bien me faire considérer comment il l’envisage.