‹ L'Abdication du Prince CuzaChapitre 6 sur 43 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

politique bismarckienne, qui en définitive sera seule, en dehors de la Roumanie, à recueillir les fruits des efforts contradictoires des diplomates.|

11 y a autre chose encore. Ces documents nous racontent l’histoire d’une conférence; ils éclairent d’un jour singulier — presque instructif pourrait-on dire — l'esprit des traités, l’attitude des Puissances à l’égard des problèmes brûlants, la valeur des compromis; ils nous donnent enfin ce spectacle curieux d’une assemblée, formée des diplomates les plus en vue de l’époque, dont les décisions ont été systématiquement ignorées, bravées, par un petit peuple qui était peut-être seul à savoir exactement ce qu’il voulait, et qui témoignait d’une agilité surprenante à nager entre les écuéils des convoitises, conjuguées ou opposées, des Puissances.

Les Roumaïns ne s’y sont point trompés. Un instinct très sûr les à avertis que l’affaire de 1866 marquait pour eux le début d’une nouvelle ère. Après cette date, on peut encore à peine parler de Puissances protectrices; onze ans après (1877), il n’y à plus de Puissance suzeraïine: quinze ans après (1881), il y a un Royaume de Roumanie. Il ést hors de doute que les hommes de 1866 songeaient à toutes ces perspectives. Qu'ils aient osé s’y arrêter, at milieu des circonstances d’alors, voilà qui témoigne d’un remarquable coup d’œil et d’une foi intrépide. Aussi rien ne les arrête : la politique traditionnelle du fait accompli, si heureusement expérimentée déjà par Cuza, est reprise avec un élan nouveau et une fougue qui remplit d’étonnement tous les cabinets et paralyse leurs réactions.

Mais ce triomphe n’eût pas été possible sans l’appui constant de la France. Tout en blämant à peu près tous les actes du Gouvernement provisoire, le Cabinet des Tuileries s’opposé constamment à l'emploi de moyens de coercition ét cette attitude résolue et intransigeante fait reculer l'Europe. Il ne nous a pas déplu de retracer les dernières circonstances dans lesquelles la diplomatie de Napoléon ITT a été énergique, et le sort à voulu que ce fût au bénéfice du principe des nationalités et en faveur d’une œuvre libératrice. L'Empereur a donné un Hohenzollern comme prince aux Roumains et paru livrer le pays à la Prusse :

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