‹ L'abime drame en cinq actes, en onze tableauxChapitre 89 sur 106 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

GEORGES cl LE MOINE, portant an registre, sont en scène, RISCHENBACH entre suivi de deux guides.

GEORGES

Eh bien ?

RISCHENBACH.

Eh bien, ils refusent de nous conduire plus avant. La neige, le vent s’en mêlent, et les poltrons ont peur!

JEAN-MARIE

Nous ne sommes pas des poltrons, monsieur, nous sommes simplement des pères de famille qui tenons à ne pas laisser nos enfants orphelins, et des hommes d’expérience qui savons ce que peut nous coûter une bravade inutile.

GEORGES, à Jean-Paul.

Et vous, qui êtes plus jeune, avez-vous les mêmes appréhensions que votre aîné?

JEAN-PADL.

Moi, monsieur, je ferai ce que fera le vieux. Les vieux décident, les jeunes agissent, telle est notre opinion dans la montagne.

‘ RI S CH ENBACH, à part

Ils n’iront pas. (Haut à Georges.) Vous avez déjà voyagé en Suisse, vous savez ce que cela veut dire?

GEORGES

Non, en vérité!

RISCHENBACH.

Us veulent tout simplement faire doubler leur paie.

GEORGES

Nous prennent-ils pour des enfants? (aux guides.) Voyez, le vent semble tomber ; c’est à peine s’il neige encore.

JEAN-MARIE, regardant à la fenêtre.

Vous aurez assez de vent pour arrêter votre marche, assez

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