ACTE CINQUIÈME
LE PRIEUR, sans répondre.
Le plus ancien de ces papiers est daté d’il y a vingt-cinq ans C’est une attestation d f une dame anglaise établie à l’étranger elle était veuve et sans famille. Elle adopta en Angleterre’ un jeune garçon de l’hospice des enfants trouvés, et le ramena avec elle en Suisse.
george s.
Le nom, le nom de cette dame?
LE PRIEUR
Madame Miller.
GEORGES
Le nom inscrit au livre de l’hospice I le nom de celle qui adopta le véritable Richard May ?
RISCHENBACH.
Que dites-vous Georges? que veut dire tout ceci?
GEORGES
Taisez— vous 1 taisez-vousî Et cet enfant, mon pere?
le prieur.
Un ami de madame Miller, M. Francis Leslie, s’intéressa vivement à l’enfant adopté, et voulut lui donner la position d’un fils. Pour cacher l’origine de celui, qu’à l’hospice on appelait Richard May, M. Leslie lui donna son propre nom, il épousa madame Miller.
GEORGES
Mon Dieu 1 mon Dieu!
RISCHENBACH, s avançant.
Pardon, monsieur le prieur, mais à ce compte, mon ami Georges... ou Richard... comme il vous plaira de 1 appeler, ne serait qu’un bâtard.
GEORGES
Karl 1
RISCHENBACH.
Laissez donc, cher enfant, on n’accepte une pareille situation que sous bénéfice d’inventaire. Il faut d irrécusables preuves.
LE PRIEUR
Lesquelles désirez-vous?
RISCHENBACH.
Mais d’abord, mon père, l'acte de mariage de ladite ma- dame Miller avec M. Francis Leslie.
LE PRIEUR
Le voici, monsieur, ainsi que l’acte d’adoption, (il les lui donne.) Apres?
RISCHENBACH.
Ensuite vient la question légale, à savoir si lesdits mari et femme ne sont pas vivants.
L'ABIME
LE PRIEUR
Hélas ! voici leurs extraits mortuaires à tous deux (uéme jeu.) Après?
RISCH EN BACH, à pari.
Un bâtard!...
LE PRIEUR, 4 Georges.
Du courage, mon enfant, (a Rischenback.) Je vous laisse le soin de le consoler, monsieur, il vous a nommé son frère. A vous de le soutenir, de le guider. A bientôt.
lise retire.