‹ L'abime drame en cinq actes, en onze tableauxChapitre 95 sur 106 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

GEORGES, RISCHENBACH.

RISCHENBACH.

Je ne sais en vérité^ mon pauvre Georges, quel ton de circonstance adopter ici. Faut-il te plaindre ? faut-il te féliciter ?

GEORGES

L’un et l’autre, mon cher Karl.

RISCHENBACH.

Comment?

GEORGES

Qui m’eût dit qu’ün bonheur pouvait surgir du coup affreux que je reçois !

RISCHENBACH.

Je ne comprends pas.

GEORGES

Rien ne s’oppose plus à mon union avec Marguerite.

RISCHENBACH.

En vérité !

-GEORGES

Je ne devais réclamer sa main que le jour où j’aurais doublé ma fortune.

Eh bien?

GEORGES

Elle est doublée d’aujourd'hui.

RISCHENBACH.

D’aujourd’hui?

GEORGES

En perdant le nom de celui que je crus mon père, je gagne la fortune de mon pauvre défunt Richard, dont nous sommes tous deux les exécuteurs testamentaires.

Page 1