‹ L'ablation des tumeurs de l'orbite: Avec conservation de l'œilChapitre 12 sur 46 · RO · texte numérisé non relu

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Toujours accolée au périoste orbitaire, l’aponévrose ne tarde pas à s'épaissir et à s’en différencier un peu plus nettement à la partie moyenne de l'orbite qu'à sa partie postérieure. Ainsi présentée, cette assertion est peut-être trop absolue. Nous devons ici établir une distinction entre les différentes parties des parois de l'orbite.

L’aponévrose qui double le périoste des parois interne et inférieure ne prend pas une individualité bien nette. Fortement unie au périoste par de nombreuses et solides adhérences, elle ne s’en laisse séparer que fort difficilement. Dissection toute artificielle qui ne peut aboutir, après que l’on a pu surmonter de grandes difficultés, qu’à isoler un ensemble de fins trousseaux fibreux entrecroisés en tous sens. Les mailles qu'ils déterminent ainsi entre eux ne sont comblées que par de fines toiles celluleuses. Pareille disposition se rencontre jusqu'au pourtour orbitaire ou à peu près.

Au contraire, la même aponévrose prend une importance beaucoup plus grande sur la paroi supérieure ou sur la paroi externe. Là, la dissection en est facile, se fait aisément avec le bout du doigt ; les adhérences avec le périoste sont peu résistantes et sont détruites sans aucune difficulté. Quand on procède à cette dissection, on sent très nettement, vers les parties périphériques, la résistance de la paroi osseuse, vers les parties centrales, celle plus molle de l’aponévrose que l’on vient de séparer. Elle se tend sous l'appui du doigt, elle y résiste. Il ne serait possible de pénétrer dans la graisse orbitaire qu'au prix d’un effondrement de cette membrane.

La glande lacrymale se trouve contenue en pleine

graisse orbilaire et ne contracte avec l’aponévrose que

des rapports de contiguïté. Disposition très avantageuse au point de vue opératoire, puisqu'elle permet de pouvoir pénétrer, dans la profondeur de l'orbite, au niveau mème de la glande si les circonstances viennent à l’exiger, sans que l'on ne courre le moindre risque de la lésep:

Arrivés à l'orifice antérieure de la fosse orbitaire, le périoste et l’aponévrose se séparent : le périoste se réfléchit sur le pourtour de l'orbite et tapisse la face externe des os du crâne et de la face. L’aponévrose, après avoir envoyé les ligaments dont nous avons déjà parlé aux muscles de l’œil, se replie sur elle-même, en abandonnant des fibres aux ligaments suspenseurs des paupières, contribuant ainsi à la formation du septum orbitale, et vient tapisser la face postérieure du globe oculaire ou elle s'amincit de plus en plus.

Il est donc évident que si, au cours d’une opération” on vient à effondrer le septum, au ras du rebord osseux, on pénètrera dans l’espace virtuel compris entre l’aponévrose et le périoste. Il faut cependant que l’incision respecte le périoste, faute de quoi, ce serait entre ce dernier et l'os que l'instrument pénètrerait.

Quant aux vaisseaux ou aux nerfs de l'orbite,ils cheminent en plein tissu graisseux, où il est quelquefois difficile de les apercevoir, par conséquent d'en éviter la blessure si l'intervention porte sur tout le vaste espace situé en dedans de l’aponévrose dont nous venons de donner une brève description. En somme, l'orbite est divisé en deux parties par cette formation : une loge antérieure qui contient le globe oculaire, une loge postérieure qui

contient tous les organes destinés à assurer sa fonction

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(nerf optique), sa nutrition (vaisseaux), ses mouvements (muscles et leurs nerfs). Chacune de ces deux loges peut être abordée sans que l’on ait à toucher à l’autre. Ce fait, évident pour la loge antérieure, l’était moins pour la postérieure.

Le rapide exposé que nous avons fait de la chirurgie rétrobulbaire nous montre bien que jusqu'à ces derniers temps, ce n’était que par une voie créée artificiellement au travers des formations qui séparent l'orbite antérieur de l'orbite postérieur que l’on pouvait arriver à porter un effort opératoire sur le second. M. le professeur Rollet est le premier à avoir utilisé la voie naturelle que son habileté sut lui faire découvrir, c’est une voie facile et sûre. L’exposé de la technique opératoire démontrera le premier point. Les résultats obtenus sont assez brillants pour qu'il ne reste aucun doute sur l'efficacité du pro-

cédé.

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