CHAPITRE III
Technique de l'orbitotomie
du Professeur Rollet
Nous trouvons la technique de l’orbitotomie curviligne décrite de façon magistrale dans la thèse du docteur Grandclément (Lyon 1907), travail de la clinique ophtalmologique inspiré par M. le professeur Rollet. Luimême, à de nombreuses reprises, est revenu sur la question. Nous allons encore la reprendre, nous montrerons que la méthode des incisions cutanées curvilignes est une méthode vraiment anatomique. La voie d'accès qu'elle ouvre à l'opérateur, est une voie naturelle, préexistante en quelque sorte à l’acte opératoire, et qui ne nécessite donc aucune mutilation de la région. Les précautions habituelles d’asepsie chirurgicale seront comme toujours prises avec le plus grand soin. La région sourcilière, sur laquelle doit porter la section cutanée, sera soigneusement rasée et désinfectée à la teinture diode.
L'anesthésie locale n’est pas suffisante, parce que trop superficielle. [1 faut une anesthésie générale avec l’éther ou le chloroforme. A la clinique ophtalmologique, les malades sont d’abord endormis au kélène, l'anesthésie est ensuite continuée à l’éther.
Les instruments nécessaires ne sont pas bien nom-
breux ni spéciaux : Bistouri fort, deux écarteurs, une
rugine concave, ciseaux courbes, aiguilles à suture intradermique et fil de soie. Nous verrons plus loin que l'opération se fait d’abord au bistouri, puis à la rugine et enfin avec le doigt.
On assure préalablement une occlusion des paupières par deux ou trois points de suture au fil de soie, réunissant leurs bords libres. On protège ainsi la conjonctive contre des souillures possibles au cours de l'intervention. On protège aussi l'œil contre la complication à craindre d’un ulcère cornéen.
Deux cas peuvent alors se présenter : ou bien la tumeur fait saillie dans un des sillons orbito-palpébraux où elle est perceptible à la vue ou au toucher, ou bien
aucune saillie n'est appréciable.