‹ L'ablation des tumeurs de l'orbite: Avec conservation de l'œilChapitre 14 sur 46 · LA TUMEUR EST PERCEPTIBLE · texte numérisé non relu

LA TUMEUR EST PERCEPTIBLE

L'incision des parties molles jusqu'à l'os devra se faire de telle façon que son milieu soit situé à la périphérie de la saillie tumorale. On n'a pas intérêt à en ménager l'étendue. On peut de suite la faire égale au quart au moins de la circonférence orbitaire. Il faut rigoureusement rejeter tout moyen de se donner plus de jour, autre que par l'incision primitive qui doit rester unique, mais aussi grande que la nécessité le commande. Donc, par d'incisions perpendiculaires, pas de section du canthus externe comme cela a été fait quelquefois par d’autres auteurs (obs. XX, page 70).

1° La suture palpébrale préalablement faite, le bistouri doit sectionner les tissus d'un seul coup jusqu'à l'os. Le

périoste devrait donc être sectionné. En réalité, il doit

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être respecté, et l'incision ne porter que sur l’aponévrose décrite au chapitre précédent.

Sur le pourtour orbitaire, elle est bien différenciée, il est possible et facile de la distinguer du périoste qui est fortement adhérent à l'os à cet endroit, mais qui ne l’est que faiblement à l’aponévrose.

2° Avec la rugine, on effondre le septum orbital. Le chirurgien pénètre ainsi entre cette aponévrose et le périoste, s'il a eu soin de bien placer son incision. Celle-ci ne doit pas être palpébrale comme l'incision d’Acrel. Elle donnerait accès en pleine zone dangereuse de l'orbite, 1à où on rencontre sans pouvoir les éviter, vaisseaux et nerfs très fins et très nombreux. L'incision doit porter en plein sur le rebord orbitaire, empiétant même un peu sur lui. Comme le recommande M. le professeur Rollet, elle doit même être plutôt frontale en haut, temporale

en dehors et jugale en bas.

Si ces conditions ont bien été respectées, l'instrument arrive, poussé par la main du chirurgien, dans l’espace compris entre le périoste et l’aponévrose orbito-oculaire. Une dissection minutieuse permet de les séparer l’une de l’autre. Souvent elles le sont déjà, car c'est là que. les tumeurs orbitaires viennent souvent s'isoler. Si elle ést plus loin, plus profonde, on se sert d’une rugine plate ou concave, suivant la paroi contre laquelle on se trouve, et l’on peut ainsi arriver jusqu'à l’extrème fond de l'orbite. La dissection de ces deux plans est facile à la paroi externe ou supérieure, elle l’est moins sur les autres, sans

offrir cependant de trop grosses difficultés.

: On s'arrête dès que l’on estime être assez loin pour

pouvoir isoler facilement la tumeur des tissus qui l'environnent.

Il y à intérêt à faire récliner l'œil par un aide, à mesure que le décollement aponévrotique se poursuit Pour cela, on peut se servir d'écarteurs de Farabœuf, de petites dimensions. M. le professeur Rollet leur préfère une simple cuillère à café, moins volumineuse et moins gènante, ou deux écarteurs spéciaux qu'il à fait construire.

Lorsque l'on commence ce décollement, il faut avoir le plus grand soin de ne pas léser les culs-de-saes conjonctivaux. Ils sont situés tout près de l’aponévrose orbitaire. Une blessure qui y serait faite aseptiquement, n'aurait certes pas de graves conséquences, mais Créerail néanmoins une lésion à éviter.

3° Jusque-là, le chirurgien a évolué complètement èn dehors de l'orbite proprement dit, il n'a, dit M. le pro fesseur Rollet,dù apercevoir le moindre lobule graisseux, pas le moindre muscle, provoquer là moindre heémor ragie, sauf la petite hémorragie de la section cutanée préliminaire.

On commence alors à isoler la tumeur sur laquelle on est parvenu des tissus qui l'environnent,

Get isolement se fera avec le doigt, tout au plus avee un instrument mousse, si des adhérences trop fortes en font sentir le besoin, mais le doigt est préférable,

On opère en effet sans le secours de la vue, au fond d'un puits. Le toucher seul peut là suppléer, il le fait très suffisamment et donne des renseignements assez précis surles différents organes que le doigt peut trouver devant lui. À bout d'intrument, au contraire, on

opère un peu à l'aveuglette, sans rien sentir d'autre que

la tumeur, que #4 consistance et surtout son volume ré vèlent suffisamment,

Lorsqu'on pratique au doigt l'isolement de Ja tumeur seules quelques petites artérioles où veinules peuvent saigner d’une façon insignifiante, Un tarmponnement de quelques instants suffit à orrêter cette hémorragie ; si elle n'est pas dangereuse par son abondance, elle peut tout de même devenir génante si elle se prolonge.

La tumeur, une fois isolée, est facilement attirée au dehors avec une pince, Si son volume cependant est trop fort pour qu'elle puisse passer à travers Ja brèche pratiquée à la base de l'orbite, on pourra toujours en pratiquer le morcellement,

Le doigt explore ensuite, et là un instrument ne serait

d'aucun secours, la sorte de cavité, qui, vide maintenant

aberrantes, Abandonnées, elles pourraient être ls cause de récidives in silu et feraient ainsi perdre au malade le bénéfice d'une intervention complète,

L'opération se terminera par la suture de la plaie cutanée, On pourra la faire intradermique, la cicatrice serait encore moins visible, De plus, elle sera entièrement dissimulée au bout de quelques semaines par les sourcils repoussés

On n'enlève pas les sutures palpébrales et un panse-

ment bien occlusif est appliqué,

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