CHAPITRE PREMIER
Historique
Déjà en 1801, dans son Traité des maladies des yeux, Scarpa rapporte, très brièvement du reste, une observauon ayant trait à l’extirpation d’une tumeur intraorbitaire avec conservation de l'œil :
« Jeune homme, exophtalmie descendante ; tumeur orbitaire appréciable à la paupière supérieure. Ablation en conservant le globe de l'œil. Guérison ».
Rognetta, en 1835, dans un chapitre additionnel du même traité, étudie plusieurs procédés pour l’ablation des tumeurs intraorbitaires. Il cite entre autres : celui qui consiste à pénétrer dans l'orbite par une incision faite à la base des paupières tendues sur la tumeur supposée saillante, parallèlement à la direction des fibres du muscle orbiculaire et respectant la conjonctive. Technique que d’ailleurs il condamne comme ne donnant pas un jour suffisant, ni, comme conséquence, une facilité assez grande à l'opérateur. Le procédé employé par Velpeau lui paraît déjà préférable : On sait qu'il consiste, tout en respectant la conjonctive autant que faire se peut, à aborder l'orbite par sa partie frontale, en incisant la commissure externe des paupières.
Dupuytren conseillait une incision portant sur la partie médiane des paupières et perpendiculaire à leur bord
libre. Maisonneuve, dans la Gazette des Hôpitaux du
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mars 1841, publie une observation de tumeurs orbitaires multiples, opérées par ce procédé des quatre lambeaux palpébraux. Il s’agit de la VOIE TRANSPALPÉBRALE.
A. Bérard (Ann. d'Ocul., oct. 1844), parlant du traitement des tumeurs de l'orbite, se montre le partisan et le défenseur de l’ablation totale, en masse, de la tumeur, à l'exclusion de procédés moins radicaux tels que la ponction et l’incision contre lesquels s'était déjà élevé Rognetta. 11 préconise, si la tumeur est perceptible, une incision palpébrale, faite parallèlement aux fibres de l’orbiculaire des paupières, concentrique par conséquent au rebord orbitaire. La difficulté commence, dit-il, au moment où venant d’inciser l’aponévrose orbito-palpébrale, il s’agit d'isoler la tumeur des tissus qui l’environnent, tout en respectant le globe oculaire et les troncs nerveux l’avoisinant, en particulier le nerf sus-orbitaire. Cette difficulté cependant n'est pas telle que l’on puisse en tirer argument de nature à faire rejeter cette technique.
Knapp (communication à la Société d'Opht. de Heiïdelberg, 1874), produit une observation de tumeur rétrobulbaire opérée par VOIE TRANSCONJONGTIVALE. Conjonctive et capsule de Tenon incisées entre le droit supérieur et le droit interne, la tumeur est sentie du doigt et isolée, elle avait le volume d’une noix. Un peu plus tard, il publiait une seconde observation assez analogue. Dans ces deux cas, aucune complication n'avait retardé la guérison qui fut complète en quelques jours. L'auteur ne nous donne aucun renseignement sur les résultats éloignés de l’intervention, en particulier de la mobilité du globe. À noter cependant qu'aucune section tendineuse n'avait été pratiquée.
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Nous ne pouvons ne pas parler ici de l'opération préconisée par le professeur Rohmer, de Nancy, dans la thèse de son élève Thierry (1892), car ici aussi est indiquée comme préférable la voie conjonctivale. L'incision différente de la précédente est faite au côté externe de la cornée, de haut en bas. Le muscle droit externe est chargé sur un fil et désinséré. Le globe peut ainsi être luxé et le doigt passer facilement en arrière de lui.
Ces deux méthodes, superposables l’une à l’autre, diffèrent non pas tant par ce détail de la forme ou de la place de l'incision que par ce fait que dans l’une (celle de Knapp) il n'y a pas à pratiquer de section tendineuse, dans la seconde, au contraire, on détache le droit externe au risque de voir plus tard une mobilité défectueuse et même une déviation permanente du globe s'établir à la suite d'une réunion défectueuse des extrémités tendineuses sectionnées.
Nous en arrivons maintenant aux procédés nécessitant une brèche osseuse pour la découverte et l’ablation des tumeurs rétrobulbaires (VOIE TRANSOSSEUSE.) Parmi les chirurgiens, les uns passent au travers de la paroi externe ou de la paroi inférieure, d’autres au travers de la paroi interne ou de la paroi supérieure, suivant la place occupée par la tumeur, par rapport aux parois osseuses de l'orbite.
De Wecker, dans son traité de chirurgie oculaire de 1879, conseille, lorsqu'on veut aborder la région profonde de l'orbite, de ne pas hésiter à inciser la commissure externe, augmentant ainsi les dimensions de lorilice palpébral, et même si cela n’est pas suffisant, à réséquer une